… ou pas.
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La vie est un peu compliquée, mais la petite meuf derrière l’écran fait ce qu’elle peut pour revenir avec des billets plus consistants, promis.
Thanks god :
Tribute to Eloise, par Kay Thompson.
… ou pas.
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La vie est un peu compliquée, mais la petite meuf derrière l’écran fait ce qu’elle peut pour revenir avec des billets plus consistants, promis.
Thanks god :
Tribute to Eloise, par Kay Thompson.
Ca fait longtemps, et j’ai l’inspiration soupirante, alors comme je le dis 8 fois par jour à mes fistons : c’est ça ou rien.
Et le plus petit des deux, ce petit malin qui semble être tout droit sorti de la cuisse de son père – alors qu’en fait, il est sorti de ma zézette, hein, ya aucun doute, je m’en souviens très bien, j’avais toute ma gauche à vif -, me répond systématiquement "rien"… Je sens que je vais bien me marrer dans 10 ans.
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Visuel : Pochette de disque du groupe Meringue, Alcohol & us.
J’ai eu mes règles et quelques seins à 13 ans.
Banal.
Hyper douloureuses, du genre à me tordre littéralement en quatre, suées, tremblements et envie de dégueuler.
Ma mère me laissait un peu en plan, rapport qu’elle était du genre à se soigner à l’eau chaude et au tofu, alors ma belle-mère me filait un médoc pour contrer la souffrance. Mais 6 mois après le début de la prise trihebdomadaire, ledit médoc a été retiré de la vente.
Flippant.
Quand j’avais 13, 14, 15 et même 16 ans, j’ai eu quelques amoureux vite fait tavu, mais il m’est surtout arrivé plusieurs fois, lors de soirées par exemple, de sauter sur des mecs qui pourtant ne me plaisaient pas tant que ça. Je dégainais de façon totalement soudaine, provoquant ainsi une gêne palpable, voire des refus. Et moi de plonger dans un immense chagrin d’être éconduite par ces garçons dont j’étais amoureuse depuis 10 minutes alors que je leur promettais la lune, flattant ainsi mon masochisme mental légendaire. Alors que je savais que j’avais du potentiel, au moins technique pour avoir été à bonne école, de l’affection à revendre, de la bienveillance – ce mot si cher à mon coeur -, et que je les voyais se faire mener par le bout du nez par des gonzesses qui ne donnaient pas grand-chose si ce n’est absolument rien makach walou.
Il y a aussi eu des fois où je n’ai pas été éconduite, mais où je me suis étonnée de mon audace soudaine, alors même que je manquais beaucoup de confiance en moi – même si ça ne se voyait pas.
Parfois faut creuser un peu, les mecs…
Et puis à 17 ans, suite à une nuit de torture menstruelle alors que j’étais seule chez moi, j’ai décidé de prendre la pilule pour terrasser ces connasses, même si je n’avais pas de mec.
Ma vie sexuelle s’est logiquement développée, je grandissais, gagnais en assurance et liberté, et malgré quelques errances douloureuses, j’ai réussi à mieux profiter de ma si belle libido.
Même si j’avais des moments où je sentais bien que je n’arrivais pas à me contenir.
Un jour, ma grande copine, minha irmazinha do coraçao qui prenait la même pilule que moi, m’a fait remarquer que c’était en début de plaquette qu’on était pump it up à mort.
Les hormones, tout ça…
On a eu du bol, une grande partie de mes copines se sont vues prescrire d’autres pilules et se sont persuadées qu’elles n’aimaient pas VRAIMENT baiser.
Quand j’ai arrêté la pilule pour faire un bébé, j’ai compris que les hormones de synthèse c’était du pipi de chat par rapport aux vraies hormones vraiment produites par mon vrai cerveau et ses vrais adjudants.
J’ai pas boudé mon plaisir.
Et là, d’un coup, récemment, ça m’a percutée.
En fait, quand j’avais 13, 14, 15, voire 16 ans et que je sautais sur des mecs qui pourtant me laissaient de marbre, c’était juste que… j’ovulais !
Et si je fais le tri, je crois que toutes les fois où je me suis écartée du sacro-saint droit chemin, c’était que je me noyais dans mes hormones lutéinisantes.
Ca n’excuse rien, hein. Je sais bien qu’il y a un truc génial qui s’appelle le libre arbitre. Mais ça explique deux trois trucs, quand même.
We are fuckin’ animals.
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Visuel : Elzo de Bruxelles
Je n’offre presque jamais de livres que je n’ai pas lus.
Je suis d’ailleurs toujours étonnée quand les gens le font à l’aveugle. C’est vachement risqué, quand même. Surtout pour un roman.
Je tiens grave de grave à ma dignité. Et si je peux supporter qu’un ami ne soit pas aussi enthousiaste que moi sur une lecture qui m’aurait transportée (c’est pas de ma faute si mes amis ont parfois des goûts discutables), je vivrais assez mal d’offrir une grosse bouse sans m’en rendre compte.
J’ai tendance à penser que les goûts littéraires sont un intéressant reflet – parmi d’autres – de la personnalité.
Ca me rappelle cette fois où, pour m’offrir un livre, une amie m’a raconté avoir décrit ainsi à son libraire ce qui pourrait me plaire :
- "Blonde de Joyce Carol Oates, mais aussi Les chroniques de l’asphalte de Benchetrit sont des livres qu’elle a beaucoup apprécié, et elle adore les histoires de femmes fortes, mais fragiles, mais fortes, mais fragiles…"
Passé l’éclat de rire, j’ai constaté que c’était un assez bon résumé.
Preuve en est, le livre en question – D’acier, de Silvia Avallone – m’a bien plu.
Mais ça aurait pu foirer.
Du coup, je ne prends presque jamais le risque.
Quand je suis tombée sur ce livre, La vie sexuelle des super-héros, c’est autant le titre que le slip affublé du logo supermanesque séchant au son de la garrigue qui m’ont attirée.
Je l’ai acheté, commencé, et même si je sentais bien qu’il ne serait pas dans mon top five, je trouvais le début plaisant à lire.
Et c’était juste avant noël.
Tu sais, ce truc génial où il faut offrir des tas de cadeaux à un tas de monde surtout quand tu as 22 familles qui ne souhaitent pas trop se croiser (ou que tu ne souhaites pas trop voir à la même table en présence d’alcool que certains ont mauvais, relou ou provocateur).
Je ne vise presque personne.
Bref, fallait que je trouve un cadal pour mon beau-père – aka le-père-de-mon-mec et non pas le mec-de-ma-reum -, que je savais friand de polar.
Alors je lui ai offert le jour de la naissance du petit Jésus, devant ma belle-famille au grand complet, en me fendant d’une petite phrasounette sur le titre genre "t’inquiète, il n’y a rien de choquant, c’est plutôt un roman policier, ha ha ha…"
Mon beau-père est donc le père de mon mec (faut suivre un peu, hein !) et valide à mort l’histoire des chiens et des chats qui ne seraient pas cousins.
Aussi taiseux que mon ours.
Il y a eu un petit flottement, il a ri sincèrement, les autres aussi, et on est passé aux cadeaux suivants.
Le lendemain, j’ai continué ma lecture, tranquillou bilou, et c’est là que je suis tombée sur la scène – riche en détails – du fist fucking de Batman.
Dorénavant ça sera donc "absolument jamais".
Rapport à ma dignité.
Je me souviens du jour où j’ai entendu cette phrase pour la première fois.
"Quand je me branle, je pense à toi."
Mon pote me chuchotait ces mots, un peu honteux. Et moi je me liquéfiais.
Je ne suis pas sûre qu’il ait dit ça pour me ferrer. C’était plutôt un aveu. L’homme avait une fracture de désir dans son couple, lassé d’être l’éternel moteur, et il m’expliquait ainsi qu’il devait puiser ailleurs pour arriver à décharger toute la tension qui l’habitait.
Quand il a vu mes joues rosir et mon oeil s’allumer, il m’a regardée mi-perplexe, mi-amusée.
"R., tu es la seule meuf que je connaisse qui aime qu’on lui dise ce genre de chose…"
On était jeune, genre vingt-troisenaires, et c’est vrai, j’étais étonnée quand des copines semblaient écoeurées à l’idée qu’un homme – et parfois même le leur – puisse les convoquer en pensées juste pour aller au bout de son plaisir.
Elles avaient l’air de se sentir salies, comme si le mec en question s’était mouché et oublié dans leurs cheveux soyeux. Alors que tous ses futurs petits mozart pataugeant dans leur liquide blanchâtre avaient terminé leur course bien sagement dans la bonde de la baignoire.
Ouais, j’ai des potes qui se branlent souvent sous la douche.
C’est drôle, ça ne me viendrait pas à l’esprit. Je suis plutôt bed-style.
Faut dire que mes excursions solitaires produisent certainement moins que les masculines…. Mais je m’éparpille.
C’était mon pote, donc, et je découvrais qu’il me faisait régulièrement bosser ma souplesse légèrement vêtue en équilibre sur ses synapses, tout ça d’une seule main.
J’ai senti mon sang se réchauffer, et mon cortex s’assaillir d’images toutes nouvelles. Non pas par leur scénario, je suis une obsédée de longue date, rappelle-toi. Mais par l’identité de leur protagoniste. Cet homme jusqu’à présent presque asexué devenait un matador, torero torride dans ma petite arène personnelle.
Oui, je suis taureau.
Et je n’ai rien contre certaines mises à mort.
La vie a continué, mais l’ambiguïté cyclique était indéniablement amorcée. Lubricité ponctuelle et complice, respect des distances imposées, désir forcément accru.
Le cerveau, ce grand joueur…
Nous savions que nous ne devions pas, l’homme était pas-très-joyeusement-maqué de longue date et bien que ne connaissant sa moitié que de très très loin, je tenais ma ligne de conduite de ne pas dévier les hommes de leur droit chemin.
Sans les en empêcher pour autant, lesdits hommes étant toujours majeurs et vaccinés.
Et je me rends compte d’un coup que je n’ai jamais couché avec un mineur ! Et qu’il est un peu tard pour m’y coller.
Voire en leur compliquant un peu la tâche, rapport que je l’ai pas dans la poche quand j’ai des pensées à confesser.
J’y peux rien m’ssieur le commissaire, c’est plus fort que moi.
Parfois, nos pieds se croisaient sous la table d’un déjeuner. On sursautait en s’excusant. Et inévitablement, nos orteils se retrouvaient au bout de quelques secondes, l’air de rien, sans qu’on n’ose se regarder.
Et puis un jour…
On rentre de soirée, l’homme échoue chez moi très tardivement avec une autre copine et un autre copain. Tous alcoolisés et bien enfumés. Les deux mecs dans mon tout pourri canapé, la nénette dans mon lit.
J’entends au petit matin ma copette se barrer en loucedé, problablement consciente que son cher et tendre pourrait s’inquiéter de ne pas la voir arriver.
Puis le pote, assurément pour la même raison.
Je me rendors…
Dans mon demi-sommeil, je sens une présence qui se glisse derrière moi.
Mon ami se colle à moi timidement, puis plus volontiers.
Plonge sa tête dans mes cheveux, hume la peau de mon cou.
Les yeux toujours clos, j’attrape sa main que je rabats sur mes seins.
Cambre mes reins.
Ondule mon bassin contre le sien.
Constate sa rigueur.
M’émeus de son souffle saccadé, comme contenu.
Sa main descend tout contre mon flanc, traverse mon nombril, s’attarde sur mon ventre.
Je tremble.
Ses doigts écartent l’élastique de ma culotte, doucement, précautionneusement, comme s’ils attendaient mon feu vert.
Ma jambe s’écarte, ma main s’égare dans les méandres du tissu de son caleçon.
Se plaque contre son érection.
Prometteuse érection.
Sa main reprend son chemin plus sûre d’elle, constate que mon silence n’est pas signe de refus, que mes plis et replis s’humidifient.
Qu’à cet endroit là, oui là, exactement là, il y a comme un centre névralgique, véritable variateur de mon excitation qui s’intensifie.
Et il s’amuse.
Et c’est au tour de mon souffle de se couper. Inspirations saccadées. Discrets rires incontrôlés.
Puis je ne ris plus.
Son bras étrangle mon cou pendant que ma gorge se déploie. Sa voix tout au creux de mon oreille qui bourdonne.
Il me tient.
Je monte.
J’explose.
Bouche ouverte, ébahie, je suis moite et le sens tout aussi moite derrière moi.
Me retourne pour l’attraper.
Mais il m’arrête.
Me dit qu’il doit d’abord se doucher.
Je souris. Attrape sa main. L’emmène dans ma salle de bains.
Ouvre l’eau de la douche, le déshabille alors qu’il me regarde interrogateur.
Fais tomber mes derniers remparts, l’invite à entrer dans ma baignoire.
Il sourit, je le rejoins, nous inonde.
Ses mains courent sur moi, concentré, je l’embrasse à pleine bouche. Me frotte à lui, le revigore, l’aspire.
Debout, eau ruisselant sur nous, je colle mon dos à la fraicheur du mur carrelé, pose un pied sur le rebord du bassin, et l’entre en moi.
Il soupire, il gémit.
Moi aussi.
Nous sommes en V, torses écartés pour mieux nous observer, ses mains sur mes hanches et nos sexes connectés.
Et toutes les petites rivières qui dégoulinent entre nos pleins et nos déliés pour converger là où nous-même nous rejoignons.
Je le regarde attentivement. Ses yeux s’embuent, son visage se floute, son cou se crispe.
Ca me foudroie.
Il accélère sa cadence, mes bulbes se gonflent, je le sens monter, ça me fait grimper, j’apporte ma touche finale, il rit.
Il jouit.
Et putain… moi aussi.
L’autre soir, j’ai senti poindre une amorce d’angoisse.
Cerveau qui s’emballe sur un point précis, coeur et gorge qui se resserrent, regard fixe imbibé de fatigue.
Bug.
La bicyclette se lance dans ma tête…
Je suis rentrée chez moi, j’ai roulé une grosse pelle à mon taga-my-BFF et me suis lancée dans un tableau Excel pour y voir plus clair dans les possibilités.
J’ai mis des couleurs, des formules, toussa toussa.
Sur un sujet qui, loin d’être mathématique, est difficilement quantifiable.
Déjà, j’étais pas fière.
Mais au petit matin, alors que je passais une nuit tranquille sans enfants pour me sortir du sommeil, je me suis réveillée et j’ai commencé à modifier le tableau dans ma tête.
Pendant deux heures.
Je me suis levée, dépitée.
Je me demande si ça vaut le coup de conserver mon abonnement vélib’, du coup.