Trois…

C’est un des plus beaux moments de ma vie.

Nous sommes en vacances, en Corse, fin août. Une dizaine d’amis, certains en couple, d’autres célibataires. Ces derniers ont d’ailleurs été placés dans la même chambre, afin de laisser aux couples toute leur intimité.

Nous sommes 4 dans cette chambre : deux filles et deux garçons.

Ces vacances sont sous le signe de la volupté : bonnes bouffes, bains de minuit en tenue d’Ève, feux sur la plage, rigolades, plongeons dans la rivière, virées en mini-jeep, virées en mini-jupe… le bonheur.

Les deux garçons qui partagent ma chambre – appelons les A et T – connaissent de loin ma propension à la bagatelle, ou au moins mon goût immodéré pour les discussions de cul. Et, pour rire, me taquinent sur un éventuel trio sexuel. Ils tâtent gentiment le terrain…
Je leur réponds toujours que j’ai ce fantasme depuis quelques années déjà, que j’ai été plusieurs fois sollicitée par des amis de confiance et, ma foi, plutôt bien de leur personne, mais que je n’ai jamais transformé l’essai… que je ne sais pas si j’en suis capable.

Ce fantasme m’est venu aux alentours de la vingtaine. Alors qu’avant cela me paraissait absolument inconcevable, je suis retombée sur une scène des Valseuses (non, pas celle à laquelle tu penses…) et j’ai eu une révélation. Quand Depardieu et Dewaere retrouvent Miou-Miou après le suicide de Moreau, et pleurent dans ses bras…
Je me rappelle m’être dit que c’était d’une tendresse absolue… magnifique…

Mais j’avais peur de ne pas vivre quelque chose d’aussi émouvant.

Les jours passent, et A et T me titillent chaque jour un peu plus. Les bains de minuits nus, la douche extérieure et les effets de ma phase pump it up conjugués à ceux du soleil font flancher ma crainte petit à petit.

Certains amis sont partis, et des chambres se sont libérées. Nous ne sommes plus qu’A et moi dans la nôtre, et T en partage une avec une amie chaste.

Une nuit, après une délicieuse soirée, T vient dans notre chambre pour nous dire bonne nuit. En partant, il glisse un « à tout de suite » qui me fait glousser comme une godiche.

A et moi commencons à nous caresser, gentiment. J’entends tous les autres aller se coucher en cette heure tardive. Puis le silence…
Puis, la porte de ma chambre qui s’ouvre.

T se glisse dans mon lit, nous y sommes trois, et nous nous enlaçons. J’en embrasse un pendant que l’autre m’étreint, puis j’embrasse l’autre. Je fais en sorte de ne pas en laisser un de côté, alors j’use de mes mains, mes jambes, mon ventre, ma bouche… Nous sommes dans le noir complet. A m’attire vers lui, son ventre contre mon dos, il me serre, me câline, embrasse mon cou, respire mes cheveux… pendant ce temps, T dirige sa bouche entre mes cuisses, agrippe mes hanches, et use de sa langue avec talent. Je sens l’orgasme monter, et ces 4 mains, ces 4 lèvres qui me fouillent et me mouillent le rendent d’une intensité exceptionnelle.

Je reprends mes esprits et évoque la condition de mettre des préservatifs si nous devons aller plus loin. Car à ce moment, je n’ai plus beaucoup de réticences.
T en sort deux de sous le matelas, placés quelques heures auparavant… je trouve ça absolument craquant, alors je ris, doucement pour ne pas réveiller nos amis.
A et T se font des politesses : vas-y, non je t’en prie, si si j’insiste, tu es sûr ? Alors j’y vais…

Je me retrouve alors sur le ventre, A collé à mes reins, battant la mesure, T dans ma bouche. Ils soupirent… Nous sommes en sueur, nous rions, nous arrêtons de bouger dès qu’un bruit nous indique qu’il y a du mouvement dans la maison, pour reprendre savoureusement… je tremble de plaisir, je jouis de leur en donner, je souris de tant de générosité.
Nous sommes dans un délicieux méli-mélo moite et chaud.

Explosions.

Nous nous écroulons, toujours dans le noir complet… et nous nous étreignons tendrement. Le jour commence à pointer, j’ai des fourmis dans les mains, comme lors de mon premier orgasme, et mes yeux clos pétillent.
T nous embrasse, rejoint sa chambre, et A et moi nous endormons dans les bras l’un de l’autre.

Petit-déjeuner, nous nous retrouvons à la grande tablée… coups d’œil complices, je me frotte les mains car les fourmis ne m’ont pas quittées. Grand sourire de mes deux généreux.

C’est un des plus beaux moments de ma vie.

Photo : Les Valseuses – Bertrand Blier

Cet article, publié dans Du sexe, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

7 commentaires pour Trois…

  1. Yimei dit :

    En lisant ton blog, je me demande ce qu’en pense ces femmes qui ont peur de faire peur aux hommes. Elles seraient tellement décomplexées en te lisant

  2. Rod dit :

    Zéro tabou quant tout se fait avec envie et si naturellement… une jolie histoire…

  3. Zézé dit :

    … dans la chambre de ma grand-mère!

  4. Irmazinha de coração dit :

    J’avoue que dit comme ça…

  5. Aurélien dit :

    Très mignon 🙂

  6. Ping : Tribute #15 | Du sang, du sexe et du lait maternel

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s