Mère Teresa du cul

Une seconde.

Parfois, le désir pour quelqu’un peut apparaître en une toute petite seconde.
Et je ne vous parle pas d’un coup de foudre, ni même de l’infamie de la pumpitupitude

Non, je vous parle de ce petit truc chez l’autre qui éveille en moi tout un émoi. Et qui me vaut l’affectueux sobriquet de Mère Teresa du cul.

One more tribute to minha irmaozinha do coraçao…

Ce (parfois pas si) petit truc, c’est la tristesse. De l’autre.
Elle peut avoir plusieurs causes, être plus ou moins intense, si j’ai de la tendresse pour le triste en question, souvent, je fonds.

Je suis un cœur d’artichaut.

Encore plus si la raison du désarroi de mon ami cher est de l’ordre de l’insatisfaction sexuelle.
Je me souviens de F. Un chouette mec, que j’adorais, mais pour qui je n’avais pas d’élan libidinesque particulier. F. était en couple depuis fort longtemps, avec une casse-bonbons, apparemment. Et un jour, au détour d’une conversation, F. m’a annoncé qu’il n’avait presque pas couché avec sa femme depuis… 12 ans. L’âge de son fils. Et que les rares fois où ça s’était passé, il s’était entendu dire par son étrange moitié de « se dépêcher et de ne surtout pas la toucher ».

D’abord, l’incompréhension totale…

Puis, une seconde plus tard, l’étincelle.

Je n’avais qu’une envie, redonner à ce super gaillard de 40 ans le sentiment d’être désirable… et désiré.

Quelques mois plus tard, il s’est séparé, et j’ai pu lui rendre avec plaisir et émotion ce qu’il avait perdu depuis bien longtemps : la confiance en son potentiel érotique. Ça n’a pas été simple, on ne gomme pas en quelques étreintes des années de rejet et de saccage en profondeur. Mais l’année suivante, il a rencontré une nouvelle petite pépée, savoureuse et généreuse à souhait. Et ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants…

N’allez pas croire qu’il s’agisse de charité. Ça n’en est ABSOLUMENT pas. Je ne me force pas. Jamais. Je crois même qu’au contraire, je m’enivre du plaisir de réveiller ces corps frustrés et ces cœurs meurtris. Parce c’est facile, probablement. Mais aussi parce que c’est diablement émouvant.

Je crois aussi que c’est pour ça que j’aime les putes. Je sais bien que c’est du pur romantisme naïf d’imaginer ces dames comme les généreux réceptacles des peines du monde. Je sais bien que ça n’est pas si simple.
Mais je trouve que faire jouir un homme triste, sombre, apeuré ou timide pour la simple beauté du geste est noble. Même si quelques billets sont échangés.

Je crois en la force vitale de libération par l’orgasme. Je crois au besoin impérieux de se sentir aimé et désiré, chaque jour mais encore plus ceux qui sont marqués par la douleur. Je crois que, comme le fait de dormir sous un toit et de manger à sa faim, être touché, étreint, caressé, est une nécessité absolue.

Alors quand je le peux, je fais ma Mère Teresa du cul*.


—-
*Mes hommages à cette grande dame, qui a fait bien plus que distribuer quelques orgasmes ça et là…

Cet article, publié dans Du sexe, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Mère Teresa du cul

  1. Zyk dit :

    Quelle dommage qu’il n’y ait pas plus de personne aussi ouverte. Cela éviterais bien des problèmes.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s