Belote

Je me suis fait salement larguée il y a quelques semaines. Sept kilos perdus en quelques  jours, plus d’appétit, des nuits morcelées par les insomnies, beaucoup beaucoup de joints pour endormir la douleur au cœur, une triste mine… ça ne va pas fort.

Trois potes me proposent un week-end à la campagne avec deux autres filles que je connais de loin. Trois potes avec qui j’ai déjà plus ou moins fricoté, et qui, surtout, me font mourir de rire. L’occasion de me changer les idées. J’accepte.

W. est vaguement un ex, j’ai couché une fois ou deux avec G., mais jamais avec F. Par contre, je partage régulièrement mon lit avec lui. Nous avons une amitié très tendre, et, sans être jamais allé au-delà d’un baiser du bout des lèvres, nous passons des nuits fondus dans les bras l’un de l’autre.

La maison comporte trois chambres que nous distribuons ainsi : les deux filles dans l’une, W. et G. dans l’autre, F. et moi dans la dernière, dans le même lit.

La soirée passe, je ris aux éclats, et après tant de semaines insomniaques, je file me coucher avant tout le monde. Repue de la joie partagée avec mes amis, je sombre dans le sommeil sans aucune difficulté.

Quelques heures plus tard, je sens F. se faufiler dans le lit et se blottir contre moi. J’ouvre un œil, la pièce est dans l’obscurité totale, alors je me rendors.

Zzz… zzz… zzz… zzz… zzz…

F. s’est réveillé. Il me serre dans ses bras et cherche à m’embrasser. Dans un demi-sommeil, je tâche de lui rendre son baiser. Mais cette fois, F. m’embrasse goulûment. Avec la langue. Je suis étonnée par tant de hardiesse après toutes ces nuits chastes, mais, pas bégueule, et consciente du bien que pourrait me faire une étreinte amicale sexuelle dans cette période de deuil amoureux, je me laisse embarquer. Nous nous lançons dans un corps à corps langoureux, puissant, silencieux. Seuls les draps qui se froissent et nos bouches qui s’emmêlent rythment l’obscurité.

Puis je m’allonge sur le dos, la tête de F. délicatement posée contre mon sein, que j’entoure de mes bras. Je lui passe la main dans les cheveux.

Tiens, il n’a pas de cheveux…? Mais pourtant, il a des cheveux, alors pourquoi j’ai l’impression que là, sous mes doigts, il n’en a pas ?
Le brouillard se fait dans mon esprit.
Je repasse ma main sur son crâne… pas de cheveux.
Je baisse les yeux, il lève la tête.

Gros sursaut.

C’est G.

Epilogue : passé le fou rire, et un peu de gêne, aussi, G. m’a raconté que ma nuit s’était jouée à la belote. Venant d’eux, je trouve ça assez charmant. Les deux autres filles, par contre, n’ont pas compris que je puisse passer mes journées câlinée par F. et mes nuits avec G… ou F.

Moi j’ai bien rigolé.

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Un commentaire pour Belote

  1. jo dit :

    Excellent, la belote peut parfois rapporter plus que le poker ! Hé hé

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