Come on baby light my fire, mais pas trop quand même…

Allumeuse.

Je crois que c’est ce qu’on dit communément d’une femme séduisante qui n’irait pas jusqu’au bout de ce qu’elle semble promettre. Mouais…

Personnellement, je milite depuis des siècles pour le droit à la dragouille. Ça fait pétiller la journée, et ça peut être sans conséquence. Quelques compliments par ci, un joli déhanché, un sourire, une allusion par là, voire un mail légèrement ambigu, et la grisaille s’ensoleille. Ca fait plaisir à celui ou celle avec qui le jeu se joue, ça galvanise, ça picote, on se sent belle, ou au moins bonne, en tous les cas capable d’éveiller un sens chez l’autre, on sent son sang palpiter sous sa peau, le rose aux joues. On vit, si j’ose dire.

Et ça ne mange pas de pain… Et ça n’est pas de l’aguiche.

Ce qui pourrait à la rigueur en être, c’est, par exemple, de dire explicitement « je vais te sucer comme jamais on ne te l’a fait », et, une fois l’homme défroqué, prendre un air outré et faire comme si on n’avait jamais évoqué l’idée de tricoter la chose avec sa glotte. Parce qu’on a le droit dire ça et de finalement ne pas s’en sentir capable ou désireuse rapport à l’odeur (j’en profite pour rappeler que bite bien lavée, bite mieux sucée). Mais alors il faut l’expliquer aussi clairement que la promesse : « je suis désolée, j’ai cru que je voulais/pouvais, mais en fait j’m’a gourré, c’est la faute à Voltaire et son ruisseau et de mes narines qui sont au bord du suicide ». C’est pas très très gentil pour l’hôte et il est encore temps de lui offrir un savon, mais au moins, on ne fait pas comme s’il avait halluciné sur notre langue pendante et nos yeux de loup-garou tout droit sorti d’un Tex Avery quelques heures plus tôt (l’ami de Mickey).

On a bien le droit d’illuminer un peu les conversations. Mais parfois, ça coince…

Au hasard, prenons mon cas. J’adore parler de cul, encore plus par écrit, et parfois même crûment. Je trouve toujours quelques amis pour papoter, et, comme je le disais l’autre jour, parfois, ça les émeut. Et en général, ça en reste là, tout le monde repart content, l’un plus visiblement que l’autre, certes, mais le sourire aux lèvres.
Il m’est arrivé de me voir reprocher par mon interlocuteur le fait d’avoir eu une discussion équivoque – mais sans promesse – sans mettre en pratique dans la foulée. Damn…
Ou encore, quand j’étais plus jeune, et surtout célibataire, que des hommes me chauffent sérieusement alors que je ne leur demandais rien, qu’ils me demandent de juste les laisser me faire jouir, alors que je ne leur promettais rien en retour, qu’ils insistent lourdement face à mon refus correct et poli, au point que je finisse par accepter leur cadeau.

Délicieux cadeau…

Mais rien n’est gratuit, n’oublie pas. Pas grand chose en tous les cas.

Une fois l’orgasme consommé, certains de ces messieurs m’ont trouvée… égoïste. Et m’ont traitée d’allumeuse, si ce n’est par les mots, au moins par le regard.

Pourtant, j’avais été claire dès le départ.

Et je n’ai pas été une allumeuse… ils m’ont grattée, m’ont enflammée, et je me suis éteinte rapidement après. A la rigueur, j’ai été une allumette…

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3 commentaires pour Come on baby light my fire, mais pas trop quand même…

  1. Rod dit :

    Très jolie conclusion 🙂

  2. Gawel dit :

    Ah, c’est donc ça, j’ai déjà été une allumette. Et j’ai toujours refusé d’en avoir honte (merde alors !). Mais c’est pas facile.

    Mais il m’est aussi arrivée de me sentir obligée d’aller plus loin que ce que je ne voulais pour ne pas passer pour une allumeuse (j’étais bien plus jeune)…

    Parfois j’aimerais expliquer tout ça à ma fille pour qu’elle sache ne donner que ce qu’elle veut quand elle veut plus tard mais… elle a trois ans. Ca attendra que j’ai trouvé les mots et le moment adéquat !

    • R. dit :

      Je te l’accorde, Gawel, épineux sujet… Moi-même je ne suis pas sûre, malgré mon âge, de réussir à TOUJOURS m’arrêter là où je le souhaite. Même avec le père de mes enfants… c’est dire !

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