Coulis de framboise (fin)

(Previously on ze story)

Je ne me démonte pas – pas mon genre – et verse le coulis sur mon bras, Ha. et Ni. le savourent, puis Vi. s’y colle aussi. Vi. qui est presque vierge. Vi. qui semble se laisser embarquer un peu malgré elle dans ce qui est en train de se tramer.

Les garçons veulent qu’on leur rende la pareille, et Sa. les met au défi d’enlever leur tee-shirt. Défis évidemment relevé, coulis de framboise sur le torse… Je sens Ni., jeune fou obsédé par le sexe, qui visualise déjà tout ce qui pourrait se passer si on continuait ainsi. Il peine à réprimer son excitation. Ha., plus orgueilleux, moins généreux, suit le mouvement l’air de ne pas y toucher, mais ne peut cacher son petit sourire impatient.

Sa., auto-proclamée maîtresse de cérémonie, sourire carnassier de celle qui sait où elle va, se penche sur Ni., puis Ha. et lappe le coulis qui dégouline.
Le jeu m’amuse, détourne mon attention de la peine du récent suicide, je m’y colle à mon tour. Et Vi. suit.

Ni. ne perd pas le nord – Ni. ne perd JAMAIS le nord -, il propose qu’on migre dans sa chambre, sur son lit, où nous serons « plus à l’aise ». Nous le suivons, et à ce moment là, je me demande bien jusqu’où ça ira et – surtout – jusqu’où je serai capable d’aller. Je pense aussi à Vi., qui nous suit sur la pente partouzesque, et je me dis qu’on fait n’importe quoi, qu’on devrait lui épargner ça. Mais je me contente de le penser, et je ne fais rien pour.

Sa. est toujours excitée comme une puce, ses yeux bleus écarquillés, un sourire légèrement crispé.

Nous sommes tous les cinq sur le lit de Ni., et les garçons nous invitent à retirer nos tee-shirt à notre tour. Nous nous retrouvons toutes en soutien-gorge et pantalon, je vois Ni. qui commence sérieusement à frétiller, et Ha. qui contient son enthousiasme.

Après un épisode de coulis de framboise sur nos ventres féminins, Ni. fait remarquer que nous ne sommes pas vraiment à égalité, que pour ce faire, nous devrions retirer nos soutien-gorges et montrer nos seins.

Les miens sont petits mais beaux, fermes et encore maintenant même après 18 mois d’allaitement au total ouais je me la pète mais ça fait du bien parfois, alors je les exhibe fièrement. La pénombre s’est faite dans la pièce, la nuit a commencé à tomber dehors, mais je distingue les bouches gourmandes de mes deux amis. Ni. verse un peu du liquide sirupeux sur mes tétons, qui se dressent pour l’occasion, le laisse dégouliner… je suis à genoux sur le lit, face à eux, aussi à genoux… Ils approchent leurs bouches de mes seins, et je trouve cette image très belle. Ils posent délicatement leurs lèvres sur mes pointes, et tètent et lèchent, recueillant le coulis rouge sur leur langue chaude. Je ferme les yeux, et je m’imagine faire l’amour avec eux deux. A cette époque, je n’avais encore jamais goûté aux joies de l’amour à trois… J’entrevois le mélange des corps, la confusion des membres, les caresses, les étreintes, la complicité. Je pourrais me laisser aller…

Et j’ouvre les yeux.

Dans la pénombre, alors que Ha. et Ni. sont encore sur mes seins, je distingue clairement le regard effaré de mes deux copines, adossées au mur. Vi. semble en pilotage automatique, Sa. a l’air de se poser des questions, semble mal supporter de s’être fait voler la vedette pendant quelques secondes…

Ca me glace. Et me fait revenir à la réalité en moins de temps qu’il n’en faut.

Je m’écarte du centre du lit, et les garçons rient en criant : « suivante ! »

Sa. se tortille, et envoie Vi. au front. Vi., toujours muette, sort ses seins lourds, dont je sais qu’elle n’est pas fière – à tort -, je la sens mal à l’aise, elle ne sourit pas, elle fait « comme nous ». Ha. et Ni. répètent le manège fruitier.

Puis se tournent vers Sa.

Sa. qui décrète d’un coup qu’elle ne montrera pas ses seins. Et que de toutes les façons, elle n’ira pas plus loin.

Blanc…

Je sens l’énervement poindre chez Ni. L’agacement de celui qui a un barreau d’enfer, s’est fait mille films après qu’on l’eût bien incité à s’en faire, bien allumé, et qui se retrouve la queue entre les pattes et les bourses douloureuses.

Ha. ne réagit pas, toujours avare de ses sentiments.

Vi. non plus, mais pas pour les mêmes raisons.

Personnellement, je suis soulagée. Je me serais volontiers vue faire l’amour avec mes deux potes, mais le souvenir du regard de mes amies me refroidit et m’indique que j’aurais difficilement pu aller plus loin devant elles.

Tout le monde remet ses habits, Ni. sort de la chambre en premier, bougon, et, le connaissant bien, je le comprends. Il s’assoit sur son canapé, roule un joint pour se calmer. Je l’y rejoins, fais de même, pour m’occuper les mains.

Vi. met son manteau et nous dit qu’elle préfère rentrer chez elle. Ca me pince un peu le coeur, de ne pas avoir su la préserver de cette piètre amorce de partouze…

Sa. roucoule, reprend son air de chien battu sur le thème de « suis-je une salope ? », se love dans les bras de Ha., qui joue le jeu, lui caressant la tempe ou lui lissant une mèche de cheveux.

Je sens Ni. bouillir, tirer comme un malade sur son tarpé, j’essaye de le faire rire un peu, le taquine, même si au fond, je suis assez mal à l’aise.

Au bout de quelques joints, je décide de rentrer chez moi, Sa. veut venir avec moi.

Nous laissons Ha. et Ni., et descendons dans la rue à la recherche d’un taxi, car il est tard, maintenant. A peine la porte cochère passée, Sa. me dit :

« – J’ai envie que Ha. vienne dormir chez moi…
– Ben… dis lui !
– J’ose pas…
– …
– Tu veux pas lui dire toi ?
– Euuuh… si, mais t’es sûre ????
– Oui, dis-lui… »

Je prends mon téléphone portable, compose le numéro du domicile de Ni., qui décroche :

« – Allo ?
– Ouais, c’est R., désolée de te déranger, mais ya Sa. qui veut que Ha. aille dormir chez elle et elle ose pas lui dire…
– Ah je comprends mieux toute cette mascarade, putain, c’est abusé, si elle veut juste serrer Ha., pourquoi elle nous embarque dans son truc ???
– … Tu le dis à Ha. ?
– Ouais, quitte pas… … Il arrive ! »

Sa. me sourit un peu niaisement. Ha. sort de l’immeuble, frétillant. Nous nous engouffrons dans un taxi, qui me dépose chez moi avant de les emmener vers le lit de Sa.

Je rappelle Ni. qui bout toujours, lui dit que je suis d’accord avec lui, que c’était pas très correct de lancer le mouv’ et de nous laisser tous en plan après, sauf l’objet de son désir… Même si ça m’a bien arrangé.

C’était vraiment une drôle de journée…

Epilogue : 12 ans plus tard, Sa. et Ha. sont toujours ensemble, mais nous ne sommes plus très amis, eux et moi. Vi. est l’heureuse épouse d’un autre de mes potes. Ni. est toujours dans le même appartement, à 50 m du mien, et nous sommes toujours copains comme cochon. Je n’ai jamais remangé de coulis de framboise, et le regard de mes copines – quand j’y repense – me glace toujours. Du coup, je ne suis pas sûre de faire un jour une partouze. Ou alors juste avec des hommes…

Comment ça, ça s’appelle un gang-bang ??

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10 commentaires pour Coulis de framboise (fin)

  1. usclade dit :

    Du coulis de framboise au regard glacé, ça doit pourtant être délicieux? Et puis on imagine que ça doit fondre assez vite, la glace, non? (et dans la bouche, et dans la main… 🙂
    Bref, sans parler forcément de parité, il ne faut pas se décourager pour promouvoir au moins la mixité !
    Beaux souvenirs, j’adore ces récits d’une insouciance de jeunesse où on touchait du doigt des situations aussi improvisées que brûlantes…
    Aujourd’hui, pour vivre une telle scène, c’est planifié 3 mois à l’avance et faut s’envoyer 250 e-mails (au bas mots) pour que ça se réalise, et encore 🙂

    (d’ailleurs, à ce propos, j’ai du coulis de framboise en réserve, pour ceux que ça interesse 🙂

  2. R. dit :

    C’est bien ce qui me freine dans mes velléités de libertinage… moi j’aime l’imprévu, et mes humeurs hormonales et cérébrales sont trop fluctuantes pour prévoir 3 mois à l’avance (!!!) une partie de baise… 🙂
    Sinon, je pense que je pourrais accepter d’autres femmes, bien sûr, c’était surtout pour la chute. 🙂 Mais je crois qu’il vaudrait mieux qu’elles ne soient pas « mes amies ». Car même si j’ai su « sexualiser » presque tous mes potes, même si j’adore parler cul crument avec mes amies, je serais assez gênée, je crois, de les voir jouir et qu’elles me voient m’abandonner… Je ne sais pas pourquoi d’ailleurs, c’est un peu con.

  3. dit :

    Pour faire le lien avec un post précédent, ne pas vouloir partager avec ses petites camarades, ce ne serait pas une définition possible de la salope?
    🙂

    • R. dit :

      Alors là je m’insurge ! Je suis la plus grande partageuse de l’univers intersidéral, je suis la première à refourguer mes amants et mes amis à mes copettes… 😀
      Je dis juste que j’aurais du mal à me laisser aller et jouir devant elles. Et j’ai même ajouté que c’était con et que je ne savais pas pourquoi j’avais ce « blocage ».
      Après, ma chère Zé, si c’est une invitation, on peut toujours en reparler… 😉

  4. dit :

    … je reste malheureusement une salope judéochrétienne, rapport à la confiance en soi principalement.
    Mais pas pu résister à une petite pique!

    • R. dit :

      J’aime bien quand tu me piques… d’abord parce que je sais que c’est bienveillant, et surtout parce que ça me permet de clarifier mon propos. 🙂
      Quant à la confiance en soi, il parait que j’ai l’air d’en déborder, mais c’est rien que du mensonge. Ma vie serait tellement plus simple, sinon ! 😀
      (promis, si je fais une partouze un jour, je t’invite…!)
      🙂

  5. Fabien dit :

    Ca m’étonne pas que ce soit à cause des « regards » que votre plan ai foiré… Dans le sexe les yeux ont un pouvoir juste énorme… Ca mériterait même un article tiens 😉

  6. Lili Mac dit :

    bouquin

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