Douche

Nous avons fait l’amour trois ou quatre fois d’affilées, puissantes retrouvailles teintées d’urgence, empreintes de nostalgie d’avance… Nos heures sont comptées, nous le savons, je le sais, alors nous nous agrippons l’un à l’autre, fermement décidés à se savourer jusqu’à plus soif. J’ai le cœur gros, et je dédie tout mon corps à sa jouissance. Je veux lui laisser une marque indélébile, qu’il se souvienne de moi en tremblant, mon corps gracile et vaillant imprimé sur sa rétine. Que l’image de mes fesses s’empalant sur son sexe, de mes cuisses musculeuses ouvertes, de mon dos ondulant, de mes cheveux voilant mon regard par dessus mon épaule pour mieux le voir prendre son pied le fasse bander sans répit, à tout moment. Je veux que mon odeur – qu’il aime tant – envahisse son cerveau de façon entêtante, que ma douceur et ma bienveillance l’inonde, que ma poigne rythme ses souvenirs, que la saveur de ma peau reste à jamais gravée sur ses papilles.

Toutes mes forces convergent vers son plaisir, son plaisir est le mien, quand il gémit je dégouline, quand il jouit je le rejoins, quand il prononce mon nom au moment où il explose je me liquéfie.

Nous sommes là, haletant, les membres courbaturés mais le ventre plein, la tête vidée par cette savoureuse lutte, lutte non pas l’un contre l’autre, mais contre le temps qui file et grignote nos derniers moments. J’ai pleuré, un peu, j’ai joui, beaucoup, il a joui, extrêmement, et mon corps tremble de fatigue, d’émotion, de froid…

Je l’embrasse fiévreusement et m’éclipse sous une douche brulante. Ma peau a besoin de cette chaleur apaisante, de ces gouttes qui courent et glissent sur elle, mes muscles doivent se détendre et mon cœur se desserrer.

Le rideau est fermé, la vapeur monte, mes yeux sont fermés, le pommeau de la douche collé à mon cou, l’eau irradiant mon corps, coulant le long de mes lignes, gouttelant au bout de mes seins. Ma tension s’échappe, je fais le vide…

Il ouvre le rideau et vient me rejoindre, nu, beau, souriant. J’ouvre les bras, le love contre moi, et je me referme sur lui, l’engloutissant en mon sein. Je place le pommeau de douche au-dessus de nos deux têtes, et l’eau ruisselle sur nos joues… Nous dansons quelques minutes ainsi, tempe contre tempe, mes cheveux s’accrochant entre ses lèvres, ses mains courant le long de mon dos.

Et encore une fois, je n’arrive pas à résister. Ma main se dirige vers son sexe ramolli par la chaleur mais prêt à repartir sans effort. Je le saisis doucement, malaxant ses testicules, pressant son gland. Il durcit, il rit. J’embrasse son cou, sa clavicule, son épaule, son torse, mes jambes se replient pendant que mes lèvres descendent, baisant son ventre chaud et rassurant. Son sexe tressaute, du bout de ma langue j’en chatouille le bout, alors que l’eau de la douche se répand sur mon visage. Puis je l’aspire, et je le sens se contracter… Le sucer est un délice, l’impression qu’il réagit à chacun de mes mouvements, à chacune de mes initiatives… Je joue, fais durer, il se tend, s’épanouit, rit encore, puis soupire… Je le bois, les cheveux plaqués sur mon front, accroupie, m’agrippant à ses cuisses, et me délecte des variations de son souffle.

Il me chuchote qu’il a envie de moi, là, maintenant, tout de suite. M’attrape sous le menton et me force à me relever, puis me retourne contre le mur carrelé et s’offre ma croupe. Je plante mes yeux dans les siens et attrape son sexe, que j’introduis lentement dans le mien… Il avance, doucement, puis m’emplit, profondément. Ses deux mains déployées sur mes hanches, son sourire gourmand, l’eau rebondissant sur mes fesses, dégoulinant sur son torse dans un tableau d’une beauté surprenante…

Le temps est suspendu. Balancé par le rythme des à-coups. Le cliquetis de l’eau qui coule vaporisant les basses sourdes des cognements.

Explosion nucléaire.

Je sombre…

Cet article, publié dans Du sexe, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

11 commentaires pour Douche

  1. Fabien dit :

    Ne le prends surtout pas mal (je trouve ça très intéressant (même excitant)) mais je me demande : qu’est ce qui fait que tu ai envie de raconter tout ça toi ? (si tu en as la moindre idée 😉 ) Un petit coté « exib » ? (en décalé dans le temps parce que c’est « montré » « après coup » 😉 😀 ) … Ou pour prolonger le plaisir en imprimant la mémoire par écrit ? Ou pour exciter les gens qui lisent ? Ou… quoi ? (si c’est pas indiscret.. (m’enfin au point où on en est lol 😀 ))

    • R. dit :

      Pour un peu tout ça… Pour le plaisir d’écrire, pour le plaisir de revivre ces moments, même si certains me font encore un peu mal, pour sortir tout ce qui bout en moi. Et si ça excite ou parle à d’autres, ça me fait chaud au cœur, bêtement.

  2. Léa dit :

    C’est très beau. J’en ai les larmes aux yeux. Merci.

  3. Iilimac dit :

    Bouquin !

  4. jo dit :

    Il fait très chaud sous la douche !!!

  5. Merveilleusement bien raconté. Talent.

  6. Iilimac dit :

    Disons que dans mon secteur éditorial, c’est un peu compromis (si j’ose dire) mais si tu tiens le rythme sur tout un livre avec une bonne architecture de texte, ça devrait intéresser d éditeurs, en tout cas je te le souhaite. Je te fais signe après les vacs. Bizzzz Lili

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s