Mon Brésil #9

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Lundi 13 juillet 1998

Rêve étrange.
Je rencontre un de mes profs de capoeira de Paris
 (un homme de seize ans mon aîné, qui me trouble énormément, mais à qui je me force à ne plus penser, car sa femme – que j’apprécie – est enceinte de quelques mois). Il approche sa tête de la mienne et fait mine de m’embrasser. Je le regarde, interrogative. Il m’annonce qu’il m’a toujours désirée, appréciée. Il m’embrasse… Puis il se met à pleurer, longtemps, en silence.
Je lui demande où sont sa femme et son futur bébé. Elle est morte… Émue, je le serre dans mes bras.
Nous nous retrouvons dans un hôtel du boulevard de Clichy, sur le lit. Je le déshabille, et nous faisons l’amour. Je suis sur lui. Je ferme les yeux. Je les ouvre à demi et aperçois le visage de… mon père. Je referme les yeux immédiatement, les ré-ouvre avec prudence, et ce n’est – heureusement – plus mon père.

Mardi 14 juillet 1998

Nous nous levons très tôt pour partir à Ouro Preto, une ville paraît-il magnifique, à l’architecture coloniale. Bateau jusqu’à Angra Dos Reis, car jusqu’à Rio. À la gare routière, nous nous apercevons avec consternation que le prochain départ pour Ouro Preto n’est que le soir même, à 23 heures. Quatorze heures à attendre.

Chargées et fatiguées, nous faisons quand même un petit périple dans Rio. Mais cette ville est tellement immense, et la rodoviaria tellement loin du centre, que nous errons dans des rues pas très belles, respirant les pots d’échappement des camions fous.

Retour à la gare routière, plus que dix heures à attendre. Nous écrivons des lettres, tentons de prendre quelques photos. L’heure du départ arrive. Le car est plein et nous n’avons malheureusement qu’une place chacune. Liza et moi manquons devenir folles, nous sommes épuisées mais incapables de dormir assises.

Mercredi 15 juillet 1998

Nous arrivons finalement à Ouro Preto tôt le matin, dans un état de fatigue intense. Après une longue marche dans la ville, nos sacs à dos pesant sur nos épaules, nous décidons de prendre la première pousada libre, quel qu’en soit le prix.

Le soir, nous allons dans un restaurant au kilo (on paye au poids de ce qu’on mange) puis les filles vont faire un tour dans la ville alors que je vais me coucher. Je me sens extrêmement fatiguée.

Je rêve que je suis au Brésil avec Liza et Catherine, mais dans une ville qui ressemble à Londres. Nous allons dans une fête, et je sors un sachet de coke à l’entrée. J’en renverse partout en essayant de faire un transvasement d’un paquet à l’autre, j’en perds une partie. Le videur me dit que les flics risquent d’arriver dans peu de temps. Je vais me réfugier dans notre voiture, et tente de faire des lignes, avec difficulté. Liza en sniffe une, et je sniffe tout le reste, c’est-à-dire beaucoup. Délice…
Je me réveille dans un très beau lit, avec Assis. Neguinho est dans la pièce aussi. Il est 18 heures, et je m’aperçois que j’ai loupé mon train de midi et demie. Je panique… Je propose à Assis de m’accompagner, de prendre un autre avion avec moi pour la France.
Il me regarde avec un détachement horrible, et me dit que même s’il venait en France, ça ne serait pas pour vivre avec moi.

Réveil triste.

Jeudi 16 juillet 1998

Nous passons la journée à nous reposer et à visiter cette ville superbe, mais nos finances ne nous permettent pas de payer la chambre plus longtemps. Nous décidons de partir pour Montes Claros le lendemain. Je suis anxieuse, d’autant plus que je reviens à l’académie plus tôt que prévu.

Je rêve de mon retour.
Assis vient nous rejoindre Liza, Catherine, et moi. Nous marchons l’un à côté de l’autre. Il me dit le plus gentiment du monde qu’il n’a pas encore résolu ses problèmes avec Da Cruz, et qu’il ne pourra certainement pas voyager avec moi.
Je prends un trip avec les filles. Nous n’arrêtons pas de rire.

Vendredi 17 juillet 1998

Nous prenons le car qui arrivera à Montes Claros vers 19 heures, à l’heure de la ronde du vendredi. Liza et Catherine se demandent ce qui les attend là-bas, et moi encore plus…

Un taxi nous dépose devant l’académie. Je vérifie que mon ennemie n’est pas là, puis nous entrons dans le jardin. La ronde est sur le point de débuter. Les gamins sont curieux de voir la tête des nouvelles Françaises.

Assis est dans le bureau. J’ouvre la porte avec un immense sourire, ravie d’arriver avec quelques jours d’avance, certaine de lui faire une agréable surprise. Il écarquille les yeux quand il me voit, reste immobile. Je l’embrasse, mais il ne réagit pas, se laissant faire mollement… Interloquée, je lui présente Liza et Catherine, ainsi qu’aux enfants et aux amis d’Assis, puis la ronde commence.

Les enfants ont envie de tester Liza et Catherine, mais elles sont assez fatiguées, et préfèrent jouer un autre jour. Je fais un beau jeu avec Assis.

À la fin de la ronde, il entame un discours. Il raconte notre pari sur la coupe du monde de foot. Il annonce que comme la France a gagné, il doit partir avec moi (le pari disait le contraire, mais je m’abstiens de le lui rappeler…). Je sais qu’il rigole, mais je sens comme un flux de bonheur m’envahir. Naïve R…

A suivre…

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9 commentaires pour Mon Brésil #9

  1. Fabien dit :

    « Je lui demande où sont sa femme et son futur bébé. Elle est morte… » ah ah ah il est trop le cerveau dans les rêves 🙂 problème = solution 😀

    • R. dit :

      Là où c’est moins drôle, c’est que la femme en question est vraiment décédée un an plus tard. Ce qui m’a « permis », effectivement, de vivre une histoire avec l’homme, histoire douloureuse s’il en est : pas facile de passer derrière une morte follement aimée…
      Mais bon, heureusement je suis la pire cartésienne qui existe, du coup je n’y vois aucun signe troublant ! 🙂

    • R. dit :

      Et puis c’est drôle, je m’attendais plutôt à une réaction sur la 2e partie du rêve, celle où il y a the father inside… 😀

      • Fabien dit :

        no ça c’est d’un commun 🙂 (j’te raconte pas les (le en fait) souvenir (de rêve aussi) que ça m’a évoqué avec ma mère ;))

  2. non non dit :

    sauf que… c’est plus compliqué que ça: le rêve ne parle que du dormeur… au dormeur; et ça devient très différent la lecture du rêve dans ces conditions; je dis ça pour avoir tenté de comprendre de cette façon avec un ami un peu branché là-dessus… bien plus intéressant qu’une interprétation formelle!

  3. zoumpapa dit :

    Moi ce qui m’épate, c’est que tu t’en souviennes de tous ces rêves. Perso je suis une vraie passoire, c’est rare quand j’en ai encore un collé dans la tête au réveil.
    (bon maintenant vu le climat anxiogène dans lequel tu régnais…)

    • R. dit :

      Pour tout te dire, j’ai écrit mes rêves pendant 5 ans, tous les matins, de 17 à 22 ans. Grâce à ma mère qui m’y a incitée, voyant que justement, j’avais une activité onirique intense, qui me marquait. Ce qui était formidable, c’est que plus je les écrivais, plus je m’en souvenais précisément. Et ce qui est fou, c’est que quand je relis les premiers mots d’un rêve sur un de mes carnets, tout me revient d’un coup. C’était pourtant il y a bien longtemps… 🙂
      J’ai arrêté de les écrire quand je me suis mise à bosser, je n’ai plus trouvé/pris le temps le matin. Et aujourd’hui, avec mes deux monstres qui me sautent dessus à peine un œil ouvert, je dois parfois faire un effort surhumain pour « fixer » le rêve dans ma mémoire. Parce que c’est là que tout se joue : au réveil.

      • Marie dit :

        J’aurais du lire les commentaires plus tôt! J’ai la réponse à la question que je te poses sur « Mon Brésil #13″… Never mind!

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