Mon Brésil #31

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Assis me redit à quel point il souhaite être avec moi, et qu’il abattra tous les obstacles pour me récupérer. Je rigole, il ne manque plus que les violons. Je trouve ça ridiculement douteux, mais je ne peux pas nier que l’idée d’un happy end avec lui m’apparaît de plus en plus sympathique.

– « Assis, tu n’as pas d’argent pour vivre, comment veux-tu te payer un billet d’avion pour la France ?
– Je me débrouillerai pour ça…
– Et où vas-tu vivre, là-bas ? Avec quel argent ?
– Je travaillerai, sur des chantiers par exemple. Je suis bosseur, tu sais. Je fais pas mal de chantiers avec mon beau-frère, et tout le monde trouve que je suis très efficace. Comme en plus je suis silencieux, les gens m’apprécient. Pour le logement, je pourrai toujours aller chez des capoeiristes.
– Si tu le dis… »

Je ne me sens pas concernée par son désir de venir en France et je lui montre. Ce qui ne nous empêche pas de nous serrer dans les bras l’un de l’autre. Puis de glisser dans la petite pièce, notre ancienne chambre, obscure. J’ai envie de lui…

Il est assez gêné, n’ose pas me toucher malgré le désir qui dégouline de son visage… et du mien. Nous sommes debout, collés l’un à l’autre, suant et encore vêtus de nos tenues de capoeira. Lèvres contre lèvres, ventre contre ventre, sexe contre sexe.

J’ondule contre lui, son sexe enfle, le mien luit sous mes habits. Je fais courir mes doigts sur son ventre parfaitement dessiné, il embrasse mon cou, je frémis, ferme les yeux, le caresse. Il soulève mon tee-shirt, passe la main sous ma brassière de sportive, frissonne.

La moiteur exacerbe la tension érotique qui règne dans la pièce.

J’appuie mes fesses sur le rebord de l’évier, attrape son sexe fier, vais et viens d’une main tandis que l’autre s’affaire à libérer le mien. Mon pantalon tombe à mes chevilles, puis ma culotte, et j’envoie valdinguer le tout d’un coup de pied.

Et je sais qu’aucun préliminaire ne sera nécessaire.

Je le dirige entre mes cuisses, et bascule ses hanches fermement pour qu’il me pénètre. Aucune difficulté. Ça glisse.

Il gémit. Attrape mon bassin et à son tour va et vient. Ma tête bascule en arrière, et quand je sens que mon plaisir monte, ma main vient se loger entre mes replis et intensifie les mouvements de cet amant toxique, de ma folie brésilienne. Il la regarde, je le regarde, il me regarde, nos yeux sont flous. Il accélère, je l’observe, mords mes lèvres, contient mon orgasme imminent, presse de mes muscles intérieurs son sexe gonflé. Il rit, soupire, bande les muscles de son cou, et cette image si belle déclenche l’avalanche.

Nous explosons de concert, pris de tremblement, plus moites encore qu’il y a quelques minutes.

Silence… Et relâchement.

Nous nous décollons… le préservatif trône seul sur son sexe.

Il rigole :

– « Ça fait tellement longtemps que j’en rêvais… Je ne pensais même pas que ça arriverait !
– À ce point là ?
– Oui… Je ne pensais plus pouvoir te serrer dans mes bras… Et ça fait très longtemps que je n’ai pas fait l’amour.
– C’est ça…
– Ça fait des années, je te jure…
– Enfin, ça fait trois ans maximum puisque tu as eu une fille avec Da Cruz, qui n’est pas la Vierge Marie.
– Oui, tu as raison, c’était la dernière fois…
– Assis, tu es dingue, et tu ne vas pas m’embarquer, tu sais… »

Je me rhabille, le laissant nu. Je ne veux pas me lover contre lui, je veux faire de ce moment un simple coup, fort agréable, mais sans émotions.

– « J’aimerais tant dormir avec toi…
– Tu rêves, Assis… Rhabille-toi, maintenant. Et arrange-toi pour que personne ne trouve ce préservatif, ni son emballage. »

Je fume à nouveau une cigarette. Nous rangeons l’académie, éteignons les lumières, et sortons de l’enceinte. Il a mis les preuves de notre parenthèse sexuelle dans un papier qu’il va jeter dans l’égout situé à quelques mètres de la porte de l’académie.

– « R., tu me tortures… tu me fais jeter notre fils.
– Non, là, tu ne jettes que tes spermatozoïdes, coco… Notre fils n’existe que dans ta tête. »

Il sourit, me raccompagne devant chez les petits. Nous nous bécotons pendant quelques minutes encore, discrètement, même si la rue est totalement vide. Je lui dis que je dois y aller.

– « Ahhh, heure maudite !
– Je sais… mais c’est la vie. On se verra demain, d’accord ?
– D’accord… je t’aime R.
– Bonne nuit Assis. »

A suivre…

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7 commentaires pour Mon Brésil #31

  1. Gawel dit :

    Comme tu le mates ! Héhéhé…
    C’est ça qu’il faudrait arriver à faire, prendre son plaisir, en donner (parce que c’est tellement bon) et s’arrêter là.

    Yes i would…
    If i only could…
    I surely would…

  2. dita dit :

    c’est vrai que là on te sent incorruptible 🙂

  3. J. dit :

    Tu « veux faire de ce moment un simple coup ». Seule ta volonté compte ? Hum hum hum… bien sûr. Permets moi d’émettre un doute sur ton détachement. Mais comme tu dis « si seulement… » Avec des points de suspension emplis de sens.

  4. usclade dit :

    Quel scénario haletant ! Toi, tu vas finir par te faire remarquer auprès des producteurs de Plus Belle La Vie ! En tous cas s’ils t’embauchent comme scénariste, préviens-moi, ils gagneront un téléspectateur 🙂

    • R. dit :

      Hmmm… bon, c’est pas la référence que je préfère, mais s’ils alignent les zéro, pourquoi pas, hein. J’aurais rien contre un petit bonus thunesque, en ce moment. Tu connais le producteur ? 🙂

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