Quarante-neuf-naire

J’ai 24 ans, il en a 49. Nous travaillons ensemble depuis peu, et même s’il m’est plutôt sympathique, son physique me laisse absolument de marbre. Pas mon style.

Je suis alors en couple avec un trente-neuf-naire, et… c’est pas trop ça. Il a beau être, pour le coup, tout à fait mon style – sportif, timide, crâne rasé, barbe de 3 jours, ténébreux, bucheronnesque… – la relation est compliquée par une situation triste, sans compter le sexe, qui foire franchement.

Et un jour… je rêve de lui, zi oldest one.
Et comme d’habitude, je suis incapable de la fermer. Au détour d’un ascenseur, juste avant de sortir, je lui dis en riant que je l’ai croisé cette nuit…

Il sourit.

Me suit.

M’invite à développer…

Je lui parle de la table, évasivement.

Je me sais infernale et je n’y peux rien.

De retour à mon bureau, j’entends l’inévitable cling annonçant l’arrivée d’un email.

Ping-pong ; qui sait me lancer dans une danse épistolaire bien menée me piège presque instantanément.

La discussion s’échauffe. Je suis habitée par mon rêve, qui, bien que banal, n’en est pas moins troublant : allongée nue sur ma table de bureau, jambes ouvertes et gorge offerte, il agrippe mes fesses, plonge sa tête entre mes cuisses et m’amène au septième ciel grâce à sa bouche experte et son souffle brûlant. Encore une fois, c’est le rêve qui déclenche le désir, inexistant jusqu’alors – du moins consciemment. J’ai toujours pensé que la face cachée de mon cerveau était plus forte que moi.

Invitation à boire un thé le lendemain après le boulot. Chez moi. IL s’invite chez moi. Et j’accepte.

A peine la porte fermée, l’homme m’étreint, et je réponds volontiers. Pas de baisers, mais du sexe. Que j’espère brut et expérimenté.

Nous tourneboulons contre l’immaculé de mes murs, jusqu’à ma minuscule chambre. Il dévore mon cou, sa cuisse fermement glissée entre mes jambes, fait tomber mon jean, tee-shirt et culotte qui valdinguent. Je suis nue, debout, plaquée contre une porte, et après avoir constaté mon excitation du bout de ses doigts, l’homme tombe à genou, m’ouvre et s’applique à réaliser ce rêve que je ne lui ai pourtant pas conté dans les moindres détails.

Il est finalement plus doux que je ne l’espérais, mais doté d’une technique indéniable, me faisant grimper à deux reprises, fort, vite et bien.

Je le repousse sur mon lit, profite de mon humidité pour l’enfourcher sans entrave après la pose de l’éternel préservatif, ondule en plongeant mes yeux dans les siens, tout sourire, même un peu de rire. Et il jouit à son tour, même s’il ne bénéficie pas – le pauvre – de mon amour de la pénétration, survenu quelques années plus tard. Il pétille, vantant ma sexyness et mon cœur à l’ouvrage, mais soupçonne que je n’y étais pas vraiment.

Je ris, et ne nie pas, le sens du devoir toussa toussa… Le remerciant néanmoins pour ce très agréable moment.

Puis je sors de mon lit, à quatre pattes, cherchant ma culotte.

Il soupire, me trouve belle, me contemple. Met sa main sur ma cuisse et, avec l’œil tendre de Pascal le grand frère, me susurre :

– « Tu ne tombes pas amoureuse, hein…? »

Je contiens vaguement mon rire.

– « Aucun risque ! »

Et nous nous quittons bons copains, rassasiés.

Lundi suivant. Cling.

Tiens…?

Je clique sur l’enveloppe, sourire ironique aux lèvres, me demandant si je vais à nouveau avoir droit à une mise en garde, l’homme étant si merveilleux qu’il serait inconcevable de NE PAS y succomber.

Mais non…
Il veut remettre ça. Ne pense qu’à moi. M’attends en bas avec son petit cœur qui bat.

Et moi je me marre.

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18 commentaires pour Quarante-neuf-naire

  1. Quadramatique dit :

    Ça fait rêver… J’ai 49 ans, vous savez? 🙂

  2. Gawel dit :

    Ouh que ça me parle !!
    Beaucoup.
    Beaucoup beaucoup !

    • R. dit :

      Ah boooooooon ????? 😉

      • Gawel dit :

        Notamment sur les danses épistolaires.
        Fin de semaine dernière ça a bien failli me coûter un amoureux.
        Depuis je rame pour lui faire comprendre que si j’ai préféré lui en parler plutôt que de passer à l’acte, c’est un acte d’honnêteté et d’amour, mais il a du mal…
        J’ai bon espoir, je mise tout sur nos échanges de mails et nos longues conversations retrouvées (sur lesquelles on faisait une croix à cause du boulot, de la famille, du quotidien, du manque de réseau sur le trajet) et sur vendredi…

        Et j’ai beau prévenir qu’il ne faut pas tomber amoureux, ça n’a jamais marché. Enfin là ça serait peut-être possible, c’est un Chat qui s’en va tout seul, mais je n’ai pas le droit d’essayer pour voir…

        • R. dit :

          Bon… J’attends ton mail, alors ! 😉

          • Gawel dit :

            Je garantis pas tout de suite : je suis très occupée entre mes gamins, mon boulot (que je délaisse, du coup), mes échanges épistolaires (qui se sont calmés mais auxquels je n’ai pas envie de renoncer pour autant) et mes entraînements d’aviron pour les JO de 2016 catégorie moins de 60 kilos (je mange plus grand chose, ça tombe bien, fallait que je fonde…). Et mon déplacement de vendredi.
            Mais je le ferai, sûr.

  3. dita dit :

    moi parfois je dis à des hommes  » tu tombes pas amoureux hein?  » et puis c’est moi qui le devient en fin de compte… et pourtant j’ai un coeur de pierre.

  4. dit :

    et moi je me demande pourquoi tu portais plusieurs culottes….

  5. mo dit :

    Décidément! Ca me fait du bien de lire ça, je croyais être tombé sur un specimen. Le mien a dans la même semaine:
    -annoncé qu’il ne tombait jamais amoureux, qu’il ne fallait pas que je le soit, qu’il ne s’ouvrait jamais à personne.
    – dit qu’il était en train de tomber fou amoureux de moi, m’a supplié de lui dire que je ne l’abandonnerai jamais et pleuré PLEURE en me racontant le divorce de ses parents.

    Moi qui me satisfaisait pleinement de la premiêre situation, je dois dire que ça fait un choc! 😀

  6. Ping : Gogol #10 | Du sang, du sexe et du lait maternel

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