A l’envers

T’emballe pas, baby, il n’est pas question de ma face nord. Ni même d’une nuit tête-bêche.

C’est juste que je me sens un peu câblée à l’envers, pour reprendre l’expression de ce cher Usclade, que je salue bien en passant.
Je vois bien que mon sens de l’horizontalité et du désir est un peu décalé.

Par exemple, quand je suis célibataire, je couche avec mes amis. Je reste copine avec mes ex et je ne sais pas coucher avec des inconnus. Je partage volontiers mes amants d’antan, vantants leurs mérites à corps et à cris, et je peux faire l’amour à un homme qui l’a auparavant fait à une amie. Je sais et j’aime être fidèle, même si parfois cela m’apparaît comme une solution boîteuse. Je peux avoir envie de coucher avec un homme et avoir au même moment envie qu’il couche avec une soeur. Mais pas en même temps, je ne couche pas avec mes amiEs… Tu suis ?

Je peux coucher avec quelqu’un sur lequel je n’ai pas flashé, mais qui m’a émue. Je sais, parfois, m’allumer d’un rien. Je suis lubrique et je fourmille…

Alors je m’interroge : suis-je une hippie qui s’ignore ? Utopiste et terre-à-terre. Une fille un peu trop ouverte, un peu trop burnée, malgré son indéniable fragilité ? Pas assez possessive mais possiblement jalouse, trop partageuse et pas assez délicate…?

Le problème c’est que le sexe cristallise beaucoup de choses et qu’être un peu hors normes de ce côté-là peut vite devenir encombrant. Même si ça offre de merveilleux moments…

Et puis toujours cette idée que puisque cette fille couche avec eux, c’est qu’elle couche avec n’importe qui. Alors que c’est juste qu’elle couche avec qui elle a envie. Sans se soucier, parfois, d’éventuels dégâts…

Il m’arrive de jalouser mes amies câblées à l’endroit.

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29 commentaires pour A l’envers

  1. Quadramatique dit :

    J’ai l’impression que vous vous ennuieriez à mourir si vous étiez câblée à l’endroit, non? Peace and love 🙂

    • R. dit :

      Oui, je pense aussi… Mais j’aurais peut-être moins de soucis. Je serais plus… comment dire… en phase avec les points de vue de la majorité de mon entourage ?
      Bon en même temps, je suis une fille d’anciens hippies, ceci expliquant peut-être cela ? 🙂

  2. dit :

    Moi, je sais même plus comment je suis câblée, depuis le temps..,
    Mon côté années 40 sûrement. One love, one desire.

    Parfois j’envie mes amies câblées dans un sens ou dans l’autre…

  3. usclade dit :

    Je te salue bien affectueusement en retour ! 🙂

    Je te rassure, il y a pire que « être cablée à l’envers et coucher avec ses amis », c’est « être cablée à l’envers et ne pas avoir d’amis » 🙂
    Je crois que c’est un peu mon cas en fait : entre vie de famille surdosée, embourgeoisement dans une région où la pensée réactionnaire est dominante et où je n’arrive pas à tenir une conversation décente plus de 2 minutes avec mes congénères sans que je n’en reparte affligé par le fossé des valeurs qui nous séparent, bref ma vie sociale est si désertique que je n’ai plus d’amis avec qui je pourrais fauter ! Et j’en suis très frustré !
    Donc mesure ton bonheur sur ce plan, parles-en avec tes amis… Crois-tu vraiment que cela nuise à l’estime qu’ils ont pour toi?
    Il n’y a pas de règlement qui impose de n’avoir du désir que pour les princes charmants inconnus, neufs, purs, intacts et idéalisés…
    Le désir qu’on peut avoir pour des gens qu’on apprécie, qu’on connait, qu’on côtoie dans la vraie vie, qu’on aime tels qu’ils sont me semble tout aussi fort qu’un désir pour quelqu’un qui ne peut être qu’une promesse, même si ce dernier est souvent boosté par l’ivresse de la séduction ou la passion amoureuse…

    • R. dit :

      Non, mes vrai(e)s ami(e)s et amours sont des gens bienveillants et intelligents, et ils m’estiment telle que je suis. Il n’empêche qu’il m’arrive de les blesser, avec ma liberté… Et je ne le vis pas très bien. Mon côté bulldozer écrase un peu, parfois, la timidité des gens qui m’entourent. Et dans ces cas là, je me sens encombrante… et mal barrée pour l’amour traditionnel.
      A part ça, Usclade, pourquoi n’envisages-tu pas un retour en ville…? Je crois que je t’ai déjà posé cette question, et tu as sûrement eu une réponse convaincante, mais si la frustration sociale demeure… Regarde moi, on peut être une hippie qui vit dans une mégalopole…! 😉

  4. jo dit :

    Si la majorité est câblée à l’endroit alors les minorités le sont aussi. Chacun voit midi à sa porte, heureusement que chacun a son endroit et son envers…cela permet de se retourner de temps en temps (hein Zé ?) .

  5. Judie K dit :

    Je n’ai pas compris ce que signifie câblée à l’endroit. On a tous des schémas différents. Après il faut vraiment se sentir en accord avec soi même. Quant au fait de blesser les autres, je comprends que tu ne le vives pas très bien. Peut être le seul point à travailler, si vraiment ça te dérange. Mais au travers tes écrits je n’ai pas l’impression que ça pèse dans tes relations amicales. Ou alors tu le caches.

    Je ne suis pas câblée à l’envers, mais visiblement pas à l’endroit non plus.

    • R. dit :

      Non effectivement. Disons que ça a pu peser, mais ponctuellement.
      Je me sens plutôt en accord avec moi-même, un peu moins en accord avec l’extérieur. Ceux que je qualifie de « câblés à l’endroit » ne couchent pas avec leurs potes, coupent les ponts avec leurs ex, ne partagent pas leurs amants ni en étant passé avant, ni en passant après, et voient l’exclusivité sexuelle comme le seul modèle de couple envisageable. En tous les cas, en théorie… 😀
      Mais je force le trait, je sais bien qu’il y a une palette de points de vue et de comportements. D’ailleurs, j’ai beau être à moitié une pute pour certains crétins, je passerais pour une prude complètement coincée dans d’autres milieux. 🙂

  6. dita dit :

    Peut être ne montrent ils pas leur câble caché ? 🙂
    C’est ta façon d’être, parce que c’est naturel pour toi de communiquer ainsi avec les autres… et ce qui compte c’est d’ être en accord et assumer. Mais je comprend que tu puisses parfois  » faire mal » , plutôt mal d’ailleurs, c’est sans doute que tu déstabilises car ils n’ont pas les mêmes repères que toi.

  7. Sir John dit :

    « Ceux que je qualifie de “câblés à l’endroit” ne couchent pas avec leurs potes, coupent les ponts avec leurs ex, ne partagent pas leurs amants ni en étant passé avant, ni en passant après » : Oui (encore que cela soit à différents niveaux…).

    « et voient l’exclusivité sexuelle comme le seul modèle de couple envisageable » : envisageable peut-être, réel, pas sur à tous les coups/tout le temps.

    Keep cool la Miss. Et bonne rentrée!

    Cheers,

    Sir John.

  8. vingt-deuxenaire dit :

    Je comprends bien votre désarroi. Du haut de mes 22 petites années, je le partage. Cela fait maintenant presque 5 ans (soit depuis le début de ma vie sexuelle) que je n’ai pas connu une seule relation dite sérieuse, à cause de ma gourmandise sexuelle, de la transparence totale de mes sentiments, bref de mon incapacité totale à ne suivre stratégiquement le schéma « RDVs avec le mec PUIS baiser au pas de la porte PUIS Sexe PUIS Développement d’une histoire sérieuse », le tout en faisait mariner le monsieur s’il vous plaît.
    J’aimerais tellement vivre une histoire qui ne commence pas nécessairement de cette façon, que je suis de toute manière incapable de respecter !
    J’aimerais entamer une relation avec quelqu’un où chacun puisse se laisser porter par les évènements, sans d’avance savoir comment se déroulera la fin (qui invariablement est la suivante : « c’est fini, parce que j’ai rencontré une fille avec qui j’ai envie d’être. Toi, même si on s’amuse bien ensemble, même si je te trouve belle, intelligente et sympa, tu n’es vraiment qu’un instrument que j’utilise pour le sexe et pour rien d’autre, puisque c’est comme ça que tout a commencé… ». Mais pourquoi ne pourrais-je pas être une source d’amour aussi ?

    Bref tout cela pour dire que ma « nature » me désespère, et que j’ai le triste sentiment que si je ne suis pas la recette des gens câblés à l’endroit, je finirai ma vie seule.

    • R. dit :

      Arf, comme je comprends !! Je disais avant que les hommes étaient élevés comme des petites princesses, et que décidément le clivage maman/putain était tenace. Qu’alors qu’il m’était régulièrement arrivé de tomber folle amoureuse d’un simple copain de couette, je voyais bien que beaucoup d’hommes n’arrivaient pas à transformer l’essai comme moi.
      Mais, d’abord, sache que ceux qui y arrivent existent. Ils sont en général vachement plus intelligents que les autres… 🙂 Et il y en a de plus en plus en grandissant.
      Autrement dit : pour augmenter tes chances de sexer avec quelqu’un qui ne te catégorisera pas, tape dans du plus vieux… Ou choisis bien tes petits jeunes.
      (j’ai des noms à te filer si t’insistes… Des noms de gens qui apprécient les filles comme toi et moi à leur juste valeur…!)
      😀

      • khoreia dit :

        Vingt-deuxenaire je te rejoins sur « puisque c’est comme ça que tout a commencé »
        Déjà sur les sites de rencontre, on dirait que tout est écrit d’avance …
        Plutôt sexe ça donne « c’est pas ici que tu trouveras le prince charmant / montre moi ta photo on gagnera du temps, de toute façon on sait pourquoi on est là et c’est pas meetic ici » Plutôt recherche du grand amour ça donne « de toute façon tu couches pas le premier soir ?! » Dommage, je suis ok pour rencontrer le prince charmant ET coucher le premier soir, ou l’inverse.

  9. vingt-deuxenaire dit :

    Hahaha merci pour ta réponse ! Malheureusement, j’ai déjà tapé dans du plus vieux (entre 33 et 40 ans). Trois hommes, qui ont agi exactement de la même manière que les plus jeunes.

    C’est très gentil pour les noms ^^ Mais je vis désormais en Amérique latine. Je crains que ce ne soit un obstacle majeur 😉 à moins que tu ne connaisses des hommes gentils-mais un peu méchants aussi-beaux-intelligents-cultivés dans ce coin-là ?

    Je ne désespère pas !

    • R. dit :

      Bon, je te l’accorde, j’étais pas sûre de mon coup en te parlant des plus vieux… Même si je constate quand même une amélioration générale avec l’âge.
      Je connais bien quelques personnes en Amérique Latine, au Brésil plus particulièrement, mais… comment dire… je ne suis pas sûre que ça soit de très bonnes fréquentations ! 😀
      (voir mon histoire au Brésil ci-avant…)

  10. vingt-deuxenaire dit :

    Oui je l’ai lue, et beaucoup appréciée 🙂 ! Tu n’auras pas vécu à moitié !

    • Sir John dit :

      Je ne sais pas pourquoi, mais l’on sent comme un(e) R. en préparation!!
      Gare à tes fesses vingt-deuxenaire…Les fréquentations de R. au Brésil semblent, comment dire…top-dangereuses-que-tu-dois-prendre-des-cours-de-karaté-avant-de-les-croiser.
      Cheers,
      S.J.

  11. vingt-deuxenaire dit :

    Khoreia : Oui les sites de rencontre sont terriblement cruels ! Je n’ai d’ailleurs jamais pu coucher avec un mec rencontré par ce biais.

    Sir John : Je suis une femme, donc « une » 🙂
    Je ne suis pas aussi aventurière que R., mes rencontres sont et seront certainement plus sûres (tout en étant excitantes aussi je l’espère) que les siennes ^^

  12. Zoulmi dit :

    Il n’y a pas grand monde de câblé à l’endroit. C’est dans les film de Disney qu’on te fait croire ça, mais dans la vraie vie les amours, envies de cul et amitiés sont pas « logiques » et ne suivent jamais une norme morale sociétale.
    Ou alors, c’est que tu te ment à toi même et aux autres.

    • R. dit :

      Je me suis souvent dit que probablement j’étais une des rares à ne pas me mentir à moi-même. En grandissant, mes potes et potesses se rangent un peu à mon avis.
      Mais je vois bien aussi qu’à force de ne presque pas mentir aux autres, ces mêmes autres qui se mentent à eux même peuvent me catégoriser, et pas franchement dans la case dans laquelle j’aimerais être (si tant est que j’aimerais être dans une case…). C’est pour ça que j’avais écrit mon billet « Risque zéro », je voulais dire que tout le monde était capable de se retrouver à faire des trucs qu’il n’imaginait pas faire et que la moral réprouve… En fait je pense juste que ça serait plus SIMPLE de n’avoir ni points de vue décalés ni une libido débordante.
      Enfin, l’un des avantages de ce blog, c’est que je cause avec des gens qui sont plus ou moins câblés dans le même (non-)sens que moi. 🙂

  13. Brigit dit :

    cablée à l’envers ? je ne crois pas. je vous trouve femme, un point c’est tout.
    bon, ayant moi-même été élevée par un ex-bourge-soixantehuitarde-womenlib, forcément… (d’ailleur la photo m’a émue)

    je relève un point : alors que pour un homme, avoir une sexualité plurielle est un signe de virilité positif et rarement critiqué, pour une femme, c’est encombrant. elle doit se justifier encore et toujours, d’une feminité et d’une sexualité active et diverse… comme s’il n’y avait pas cette évidence que si les hommes couchent ici ou là, c’est bien parce que les femmes font de même ! sinon… on a un petit problème (ou alors les hommes se vantent ? allons, allons, pas de mauvais esprit)

    beau portrait de vous !

  14. audren dit :

    Je ne dirais pas qu’il y a un endroit et un envers. Juste des facettes que certain(e)s laissent s’exprimer ou non, sous l’effet de différentes pressions et pulsions.
    Après avoir été pendant 21 ans le copain monogame modèle et fidèle et sans la moindre tentation, je découvre que j’avais le câblage pour vivre aussi un peu comme toi. Enfin au moins en ce moment (bon à part que les hommes peuvent moins facilement coucher avec qui ils ont envie, mais c’est peut-être juste parce que beaucoup de femmes tiennent absolument à maintenir l’illusion qu’elles sont câblées « à l’endroit »)…

    • R. dit :

      Alors disons qu’il y a une très grosse autoroute avec un gros lobby, et de jolies petites routes de campagne camouflées… 🙂

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