Safe

Je viens d’emménager dans mon appartement du bas 18e. Quartier adoré, j’y passe déjà une partie de ma vie puisque mes meilleurs potes y crèchent.

Cartons déballés, lit, tables et autres étagères en place, il me reste quelques meubles à descendre à la cave pour parfaire mon nouveau home sweet home. Des meubles un peu trop lourds pour mes deux petits bras, deux de plus ne seraient pas de trop. Et ça tombe bien, mon pote le plus proche est un chômiste longue durée, et à l’heure qu’il est – 15 heures -, il doit être en train de prendre son petit-déj C-B-C-B (café-bédo-caca-branlette).

Je me fends d’un coup de fil explicite : « J’ai besoin de tes bras… pour descendre des trucs un peu lourds à la cave, t’emballe pas. »

L’homme rigole, et arrive au bout de quelques minutes. On se claque la bise, il me sermonne pour mes avances qui n’en sont pas, puis on attrape la table blanche à quatre mains pour entamer la descente des étages.

Porte ouverte, escaliers moisis, odeur de renfermé, mort aux rats dans tous les coins, nous claudiquons tant bien que mal jusqu’à ma parcelle, tâchant de ne pas trop nous tâcher en effleurant les murs moites.
Nous nous escaladons l’un l’autre pour faire rentrer cette foutue table ronde dans ce minuscule espace, occasionnant quelques positions cocasses et absolument dénuées d’intentions… Pas notre genre.

Une fois la table bien calée, et alors que je suis pliée en deux, pose totalement anodine, j’entends mon pote qui soupire et amorce une phrase. Qu’il n’a pas le temps de finir puisqu’il vient de coller ses hanches – et toute sa rigueur – aux miennes.
Et je n’ai pas bronché.

Bien au contraire…

Il appuie son sexe contre moi et j’ondule. Il souffle dans mon cou, mordille ma nuque, tourne ma tête et engloutit ma bouche. Je me retrouve face à lui, aspirée, et nos mains courent les unes sur le corps de l’autre, les autres sur le corps de l’un… Il s’aventure entre mes cuisses et je lui demande s’il veut vraiment qu’on fasse du sexe là, je veux dire dans CETTE cave toute pourrie où même les parois ne semblent pas aptes à accueillir nos ébats.

Il semble dire que oui oui oui, puis se ravise en humant l’air ambiant. Me regarde l’air de dire « pas ici mais ailleurs, genre chez toi ? ».

J’acquiesce…
On remonte les escaliers quatre à quatre, on se faufile dans l’appart, claque la porte. Il me pousse dans ma chambre, contre mon lit, se frotte à moi, m’ôte mon jean, mon débardeur. Je dégrafe les boutons de son futal, prêt à exploser, baisse son caleçon et enfourne son sexe palpitant dans ma bouche.

Il est déjà à deux doigts de jouir, me dit d’attendre, de prendre un préservatif pour qu’il puisse glisser en moi…

Damned ! Pas de capote.

Je le regarde, l’air interrogatif, et nous convenons d’un coup d’œil que nous ne franchirons pas cette limite-là. D’autant que je ne prends pas la pilule.

Je saisis à nouveau son sexe à pleine bouche, mais il m’arrête.

– « Tu m’excites trop, R., je vais jouir trop vite si tu continues… Laisse moi faire… »

Je ris, flattée et confiante.

Il termine ma mise à nu, souffle entre mes cuisses, embrasse mes lèvres, glisse sa langue, introduit tous les doigts qu’il peut, et je me sens monter, monter. Je lui chuchote que moi aussi je veux le faire jouir, et il me répond de ne pas m’inquiéter.

Il se redresse, à genoux à côté de mon corps offert et allongé, index et majeur enfouis, pouce habile, sexe lourd sorti. Je veux le saisir de ma main, mais il m’en empêche… alors je m’attache virtuellement, poignets noués au dessus de ma tête, élans réfrénés.

Sa main droite va et vient en moi, sa main gauche va et vient sur lui, et je ne peux décemment pas me contenter de cela. Je me redresse à peine, et tente de l’attraper avec ma bouche. Il gémit… Me supplie de ne pas le prendre entièrement.

Je capitule, mais ne le délaisse pas pour autant. Je fais courir ma langue sur son gland, jouant avec mon bijou sur son frein, pendant qu’il continue tous ses va-et-viens. Je me sens monter encore plus, il me dit que je suis belle quand je prends du plaisir, et qu’il ne va pas tarder à jouir. Je lui réponds que moi aussi, alors allons-y…

Ses deux mains redoublent d’ardeur, l’une en moi, l’autre sur lui, ma bouche est avide, son sexe dégoulinant cogne mes lèvres, ma langue, et tout à coup je m’arqueboute, explosant de frissons.
Au même moment, je sens son sperme chaud qui coule sur mes seins.

Yeux clos…

Soupirs…

Rires…

Il s’effondre sur moi, m’embrasse, m’étreint…

J’avais bien besoin de ses bras.

Mais aussi de ses mains.

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18 commentaires pour Safe

  1. usclade dit :

    Heu… c’est quand ton prochain déménagement? (parce que si tu as besoin d’un coup de main… 🙂

  2. Zoulmi dit :

    T’a vraiment un truc avec les tables toi… Je veux des photos ! (De la table, sans toi à poil dessus.)

  3. quadramatique dit :

    Ouffffffffffff, ça déménage, ce texte…. je suis en train de prendre mon déjeuner S-C-B-B …. (Sandwich – Café – Blog de R – Branlette)

    • R. dit :

      Bien penser à respecter cet ordre… 😉

      • Zoulmi dit :

        Je vote pour café, blog de R., branlette dans du pain, meilleur sandwich.
        Ou alors, branlette dans le café, pour faire un café au lait (à la crème, comme disent les anglophones). Mais ça dépend si c’est le café du matin pour se réveiller ou le café d’après un repas.

  4. Tomas dit :

    Je vais plutôt me faire aider par une copine pour mon déménagement tiens…

  5. khoreia dit :

    J’aime bien les photos 🙂

  6. Patrick l'Étoile dit :

    Putain mais quelle Chaudasse cette R !!! , tu as bien raison.
    La vie est si courte pour ceux qui savent y faire.

    • R. dit :

      Bon, je vais partir du principe que le mot « chaudasse » est un compliment dans ta bouche… Perso, quand je rajoute « asse » à la fin, c’est pas très sympa. A choisir, je préfère « chaude », ce qui est vrai. Mais je t’aime quand même, va… 🙂

  7. dita dit :

    j’aime bien les ambiances de déménagement mais alors nous, c’est plutôt bière et rigolade!
    remarque j’aime bien tes déménagements aussi 🙂
    c’est bien aussi le safe sex .ça pousse à être imaginatif 😉

    bonne installation dans ton nouveau chez toi!

  8. Gawel dit :

    Pour ma part le safe sex est plutôt source de frustration…
    Et en ce moment notamment. Grrrr…

    Heureusement le fiston a fouillé dans ma table de chevet et a fait remonter à la lumière du jour des capotes encore tout à fait utilisable et loin d’être périmée.
    La prochaine fois il ne pourra pas me dire « c’est pas aujourd’hui que je le perds »… http://www.youtube.com/watch?v=qYWyQn50Mto

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