L’histoire de la phrase qui n’est plus

Je sais pas si t’as remarqué, mais j’ai changé la phrase d’introduction de mon blog. A la demande du père de mes enfants (hey you, mon nouveau lecteur revendiqué, besos…).

En effet, il m’a fait remarquer que ceux qui ne me connaissaient pas pouvaient être tentés de la trouver légèrement malsaine. Et je dois dire que ça m’a un peu éclairée.

Du coup, il faut que je te précise ce que je voulais dire en écrivant Ou tout ce que j’aimerais raconter à mes deux fistons… Parce qu’il y a une histoire derrière.

J’ai toujours rêvé d’avoir des petits frères et des petites soeurs. Que je n’ai pas eu. Du coup j’ai légèrement développé des connexions fortes avec les petits frères et soeurs de mes copains. Voire un peu trop fortes, mais c’est un autre sujet.

Je voulais être là pour eux, la tata de bons conseils qui pose des questions beaucoup trop franches.
J’en ai traumatisé un, comme ça. Il avait 16 ans, moi 21.

Mais quelques années plus tard, il est venu me voir pour me raconter sa situation sexuelle et amoureuse, m’avouant le choc que lui avait provoqué ma question toute en délicatesse : « alors, tu baises avec ta copine ou bien ? »
Classe.
La réponse tue était « non, je l’ai sur l’oreille et j’en bave sévère, à base de perte de ma self estime et tout le toutim… ».

J’ai un peu envie de m’applaudir, là.

N’empêche que c’est auprès de moi qu’il est venu chercher conseils pour ferrer sa nouvelle cible. J’ai cru que j’allais verser ma larmichette tellement j’ai été touchée par sa marque de confiance. D’autant que c’est un autre petit frère d’une autre copine qui lui a dit : « Va voir R., c’est la mieux placée pour causer de ça, et puis elle va trop kiffer… »
On a parlé toute la soirée, et le surlendemain, il m’a appelé tout guilleret en me hurlant dans les oreilles que Bordel de Dieu tout avait marché EXACTEMENT comme je l’avais prédit !!!

Grosse fierté.

Voilà… j’adore parler de trucs comme ça avec les gens, et je sais que je suis une femme de bon conseil, malgré ma punkerie.

Du coup, un des premiers trucs que je me suis dit quand j’ai su que j’attendais des garçons, c’est Oh putain comment je vais faire quand ils auront 13 piges et que je n’aurai qu’une envie celle de leur poser toutes les questions du monde et même de leur donner mes astuces à base de vas-y-de-droite-à-gauche-plutôt-que-de-haut-en-bas-et-puis-mets-y-les-doigts ??? 

Non parce que pour le coup, voilà le traumatisme… Or je ne veux pas être cette mère-là, intrusive. Je sais que je vais devoir lutter contre mon naturel galopant. Et même si je veux qu’ils sachent qu’ils peuvent parler de tout sans aucune exception avec moi, quelque chose me dit que c’est pas avec moi, justement, qu’ils voudront en parler.

Tristesse et frustration.
Je m’en remettrai.
Faudra bien, t’façons.

Mais du coup, cette phrase, c’était ça. D’où le conditionnel, d’ailleurs, note le « s ». C’était que je rêveraiS de partager tout ça avec eux, mais que je sais qu’il ne faut pas et que du coup, je ne le ferai pas.

Forcément, si tu connais pas toute l’histoire, tu peux pas savoir.

Alors j’ai changé la phrase.

Je suis une mère formidable.

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20 commentaires pour L’histoire de la phrase qui n’est plus

  1. usclade dit :

    Oups j’avais pas remarqué (la bannière).
    Mais oui tu es une mère formidable, oui tu es de bon conseil (enfin, je présume)
    Faudrait peut être organiser des échanges? Tu instruis mes gamins, j’instruis les tiens !
    Moi j’ai peur que mes garçons soient indélicats avec les filles comme le fut leur père parfois (non c’est pas vrai, j’ai toujours été un agneau avec les filles, même quand j’évoluais dans les troupeaux de mâles).
    Bon déjà, ils n’auront pas le service militaire, ça leur évitera de persécuter les filles seules dans les compartiments du train du vendredi soir. Mais n’empêche, j’ai peur qu’ils se fassent influencer par les petits blaireaux du collège. Je les prépare déjà à lutter contre ça quand je les récupère à la maternelle.. 🙂

    • R. dit :

      C’est drôle, j’ai d’excellents souvenirs de trains de nuit (que j’ai beaucoup pris dans ma prime jeunesse) avec des jeunes bidasses : à l’époque on pouvait encore fumer dans les trains, et on se faisait des sessions aquarium de shit entre les wagons. Ils ont toujours été très courtois, je crois qu’ils étaient étonnées par cette grande rousse dix-septenaire qui roulait les joints à la vitesse de l’éclair et ne s’inquiétait pas de se retrouver dans ce lieu clos en pleine nuit, en compagnie de 5 jeunes mâles au crâne rasé.
      A part ça, je me suis autorisé d’avance à tirer les oreilles de mes fistons (et ce jusqu’à ma mort, que je n’ai pas prévue avant mes 99 ans – sauf maladie mamanesque -, soit les 69 ans du grand) s’ils s’amusaient à persécuter les gens, filles incluses. Z’ont plutôt intérêt à filer droit de ce côté-là… Je suis une baba-cool dans l’âme, d’accord, mais je peux me mettre en colère si la chair de ma chair se la joue pti-con ! 🙂

  2. khoreia dit :

    Elle ne me choquait pas cette phrase, je crois que je l’avais comprise même sans la petite histoire. Peut-être parce que je me pose le même genre de questions par rapport à ma fille

  3. Zoulmi dit :

    Moi je fais des ronds… Ça marche pas trop mal, et techniquement ça cumule le haut-bas avec le gauche-droite. Et c’est vachement plus fatiguant gauche-droite quand ça dure un peu longtemps…
    Ou alors, il faut mettre la tête de côté, mais du coup y’a une jambe qui coince.

  4. Judie K dit :

    J’avais lu le changement et trouvé étonnant. Avec la phrase précédente je craignais le côté mère intrusive-copine, qui engendre parfois (souvent) des coincé(e)s ou des arrogant(e)s. C’est juste une observation de mon entourage.

    • R. dit :

      La nouvelle phrase est-elle moins flippante ? 😀
      A part ça, je ne suis pas du tout une mère copine, pour le coup… et ma tendance intrusive naturelle – que j’ai avec tout le monde, pas qu’avec mes marmots du futur – se limite à la sphère amoureuse et sexuelle.
      La pire, donc…
      (le reste, je m’en presque-fous)
      Du coup je vais m’abstenir… j’veux pas faire des coincés arrogants ! 😉

  5. dita dit :

    j’avais vu cette petite phrase et maman moi même, je crois que je comprenais le sens.
    Et je ne trouvais pas cela tordu. Juste que tu avais envie que tes petits gars un jours devinent sans que tu leur raconte tout, LA FEMME que tu avais été.
    Je trouve cela très émouvant ces femmes qui ne disent pas tout à leurs enfants mais dont on devine une vie dense.

  6. nanou dit :

    je la trouvais pourtant super bien cette petite accroche…. sans ambigüités il me semble, tellement pleine de sens dans ses non -dits, d’une portée quasi-philosophique (si!si!), alors que ta nouvelle phrase sous entend que ton blog serait d’abord celui d’une mère, un tantinet névrosée de surcroit, avant d’être celui d’une femme, d’une épouse, d’une amante, d’une fille, toussa, toussa… enfin, je dis ça, je dis rien, d’ailleurs je ne suis même pas là, c’est pas moi. (ps: embrasse ta maman, elle en a besoin maintenant et toi tu en auras besoin plus tard…)

    • R. dit :

      Ben oui moi aussi je l’aimais beaucoup… Mais je me suis dit que c’était un moindre compromis, que je pouvais le faire pour le père de mes enfants.
      Du coup tu me mets le doute… Une idée de 3e phrase ? 😉
      (quant à ma maman, il ne me reste plus beaucoup de canaux pour l’atteindre, donc les bisous c’est ce que je fais le plus. Mais je pense qu’elle ne sait pas trop qui l’embrasse…)

  7. Judie K dit :

    Je cherche la contrepètrie…

  8. Brigit dit :

    ah ben justement, elle est tellement facile, la contrepétrie, que je l’ai trouvé au premier coup d’oeil, pour une fois !
    je trouve aussi que cela fait un peu bizarre (les confessions ?) et que l’autre était plus percutante.

    je ne suis pas du tout une mère copine ni intrusive et mes 2 fils ont été éduqués avec une certaine ouverture d’esprit, de la même manière. et cela a donné deux résultats fort différents !
    je crois que l’important est de respecter le caractère de l’enfant. celui qui a besoin d’être guidé viendra vers vous, celui qui se débrouille… laissez le.
    de toute façon, rien de ne vaut l’apprentissage au quotidien. s’ils vous respectent, ils respecteront les femmes, les gens. c’est simple mais ça fonctionne.
    sauf pour les vieux (les vieux m’énervent en général, dans le bus, au supermarché, à râler… alors forcément j’ai donné le mauvais exemple. encore que, parfois, ce sont mes fils qui me font la leçon, le monde à l’envers quoi !)

    bref… pour ce qui est de la vie amoureuse racontée, souvenez vous du film « sur la route de Madison », c’est exactement ça l’histoire, des enfants découvrent le journal intime et donc amoureux de leur mère. une belle histoire, très respectable.
    un blog n’est ni tout à fait un journal intime, ni tout à fait un livre grand public… mais écrit avec sincérité, c’est quelque chose de très respectable !

  9. R. dit :

    Je fais des essais, je tâtonne… 😀

  10. nanou dit :

    🙂 très joli, simple, tout dans la retenue , j’aime!!! 😉

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