Fluide

Image 1

Nous crevons d’envie de nous percuter, là, maintenant, tout de suite… Mais nous n’avons pas de préservatif. Nous n’en avons plus. Epuisé, le stock. Vidé.

La tension est forte, nos mains s’agrippent, nos corps s’aimantent, et je suis soufflée par la violence de cette attraction. Comme si des fils nous reliaient, comme si nous étions les deux pans d’un corset qu’une main invisible lacerait… d’abord doucement, pour joindre les deux bords. Puis petit à petit, tirer les rubans et reconstituer le corps. Et enfin, la poigne, celle qui serre si fort que la respiration devient difficile, celle qui soude les peaux.

Nous sommes décidément bien impuissant devant la force de notre désir.

Alors le ballet recommence, pour la millième fois, mais toujours aussi beau, aussi fort, aussi sulfureux. Toujours aussi émouvant.

Bouche-à-bouche et corps-à-corps, raccords, vêtements qui volent et coeur qui palpite, pores frémissant et souffle brûlant… Sexe dans ma main, main dans mon sexe, le yin et le yang qui tintinnabulent, complétion parfaite et néanmoins insuffisante.
Nos centres veulent crasher. Cracher.
Nos ventres d’abord timides se libèrent des extrémités pour se joindre en une lutte subtile et tremblante. Axes parallèles. Hanches à hanches, ondulantes. Je sens le sang qui bat dans ton sexe, il m’irradie. Je sens mes muscles qui se contractent et ces pulsations qui me trahissent. Avide.

Alors ma main te frôle, t’attrape, t’enfouis en moi. Profondément. La connexion s’opère, magique. Ton extérieur a été moulé sur mon intérieur, ça n’est pas possible autrement, nous sommes parfaitement imbriqués l’un dans l’autre. Et nous dansons, nus et noués. Ma jambe repliée sur ton épaule, et ton bassin qui bascule, me bouscule.

Il nous faut peu de temps pour nous rejoindre au sommet, double branchement terrestre et céleste. Je t’entends gémir, ça me fait sourire, un soupir, une onde virale qui me foudroie, nous sommes comme suspendus, peau-à-peau, sans rien pour nous séparer. L’orgasme est en train d’arriver, de part et d’autre de notre unité, et je sais qu’il faudra dans peu de temps que nous nous écartions pour que tu ne jouisses pas en moi, même si j’en rêve. Même si j’en dégouline. J’en crève d’envie…

Ton souffle se fait plus rauque, mon sexe pulse et se resserre, je suis à deux doigts de t’empêcher de partir pour que tu m’offres un final intérieur, mais je sens que tu retiens, que tu attends que j’explose. Ultime coup, vague qui me submerge, je me cabre, et je te sens soudainement quitter ma chaleur…
Je suis comme happée par le vide.
Le temps s’arrête un millième de seconde, je m’apprête à ouvrir les yeux pour te resituer dans mon champ, quand je sens la douceur brûlante de ton fluide se répandre sur mes seins, et dégouliner lentement sur mes pleins et déliés.

Apaisement…

Tu n’es pas si loin. Tu nous as reconnectés.

————————————————-
Photo : Jaillissement, Pierre-Louis Bancal

Cet article a été publié dans Du sexe. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour Fluide

  1. Sir John dit :

    Souvenir! Superbe!!
    S.J.

  2. jo dit :

    Vous reprendrez bien un peu de ce fabuleux dessert ?

  3. Fabien dit :

    waa :O j’avais l’impression d’y être…! une tornade de sensualité m’est passé dessus 🙂 .. superbe ! bravo bella 🙂 (cela dit j’ai lu ça après avoir vu les filles en train de lire avec un vibromasseur.. ça met bien dans l’ambiance.. 😛 😉 )

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s