Cocon

Cocon de soie de Bombyx du m˚rier sur brindille Allemagne -  - Zernikow, prËs de Grosswoltersdorf -

Tu es le danseur de la bande.

En fait, tu es MON danseur de la bande.

Ouais, je revendique l’antériorité, d’abord. C’est moi qui t’ai donné envie de faire virevolter les demoiselles, il y a plus de 8 ans, après notre merveilleux trio transformé rapidement en délicieux duo.

Je sais qu’au début, tu as pris des cours pour me séduire. Uniquement pour me séduire. Mais c’est finalement toi qui a été séduit, emporté par le plaisir de danser. De maîtriser. De mieux en mieux. De diriger. De fusionner.

Tu n’imagines pas à quel point j’ai été heureuse de te donner cette envie-là. Moi qui milite depuis presque trois décennies pour que les hommes et les femmes se fondent.

Depuis, tu m’emportes à chaque soirée.

Je suis bien obligée de te prêter, maintenant que quelques tendres amies se lâchent à leur tour. J’en suis ravie, même si parfois je piétine de ne pas pouvoir t’embarquer sur ce morceau-là puisque quelqu’une m’a déjà volé tes bras.

Je t’aime fort, tu sais.

Parce qu’en plus de me faire danser, tu es l’un des amis sur lequel je peux le plus compter. Tu m’as embarquée d’autorité à la montagne il y a exactement un an, quand je n’avais qu’une envie, celle de me jeter sous un train. Tu m’as fait manger, tu m’as fait dormir, tu m’as embrassée en toute chasteté malgré le possible désir. Tu m’as serrée fort dans tes bras quand mes larmes coulaient et rien que d’y penser, ça me re-fait pleurer.

Proverbe barbessois : Qui molécule le lundi sanglote facile le jeudi…
(oui, ce billet a été écrit un jeudi)

C’est toi aussi qui nous a conduit, ma mère et moi, il y a un petit mois. Bon, tu n’as pas pu t’empêcher de faire une blague douteuse à l’infirmière, t’es vraiment qu’un sale commercial, mais au moins, tu m’as fait marrer.

Je t’aime vraiment fort.

Parfois j’ai envie de me frapper de n’être pas tombée amoureuse de toi lors de nos premières fois. Mais tu le sais, ça ne se commande pas. En plus tu ne me supporterais pas… Et puis finalement, quand je vois comme je suis douée pour l’amour amoureux, je me dis qu’au moins, toi mon ami, tu resteras à jamais dans ma vie. Hein…? Hein que c’est vrai que tu resteras jusqu’au bout ?
Même si tu épouses une sarkozyste, promis, j’essaierais de ne pas faire de blague de mauvais goût à ton mariage. Seulement si tu m’offres la première valse…

Comment ça « ça va pas être possible » ???

On s’est cherché assez franchement, pendant ma courte pause. Et pour diverses raisons, on n’a pas remis ça. Question de tempo, question de demi-délicatesse pour le reste du monde, question de cycle… Pourtant j’ai eu régulièrement très envie. Je crois savoir que toi aussi.

On s’est loupé, et maintenant, j’ai plus vraiment le droit. Et je ne peux même pas compter sur le gauche. Trop proche du cercle.

Parfois je me dis que c’est mieux ainsi. Que ça m’évite de peut-être te faire du mal. Le problème, c’est que ça m’évite aussi vachement de te faire du bien. Alors d’autres fois, je regrette. Même si je sais que la vie est loin d’être finie.

Et puis lundi dernier, aux premières heures de la nouvelle année, on a dansé. Une première fois, de la salsa, et j’avoue, j’étais à la ramasse. La faute au tempo prestissimo, au manque de place, et aussi, un peu, au rhum-gingembre et rien d’autre j’vous jure monsieur le commissaire.

Un peu plus tard dans la soirée, c’était mérengué. Tu étais pris, alors je t’ai lancé un regard disant clairement que je te kidnappais pour la prochaine.

Et la prochaine est arrivée. Une de mes préférées…

Nos bassins se sont emboîtés, parfaitement. Ça fait des années, maintenant, on se connait. Ma cuisse entre les tiennes, ta cuisse entre les miennes, nos ventres l’un contre l’autre, mes petites seins collés à ton immense torse… Mes mains agrippées à ton cou, ta paume creusant mes reins, et le chaloupement. Savoureux. Serein.

Au bout de quelques tours, j’ai fermé les yeux. Je sentais ton souffle dans mes cheveux, j’ai appuyé mon front sur ta joue, ma joue sur ton épaule, et je me suis laissée bercer.

Longuement. Doucement.

Nous n’étions que fluidité et sensualité, j’entendais cette fille qui vantait la beauté de nos corps aspirés l’un par l’autre, imbriqués. Et en même temps je me sentais comme dans un cocon. Comme dans le ventre de ma mère. Protégée. Aimée. Contenue. Choyée.

A ce moment-là, je crois que le Monde aurait pu s’arrêter de tourner…

Danse

Mais quand même, tu aurais pu me faire un peu plus cambrer…

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20 commentaires pour Cocon

  1. Judie K dit :

    J’ai raté un épdisode. J’ai cru comprendre que tu voulais plus de liberté (y compris sexuelle) dans ton couple. Mais vu que tu ne couches qu’avec des proches, comment vas tu faire si tu ne peux plus le faire ?

    • R. dit :

      Ben c’est bien là le problème, ma bonne dame… 😀

      • etoile31 dit :

        Ha élargir le Cercle…….. Putain d’Équation……

        Et-Quoi-Si-On….? (après tout!)

        Quand on Danse, on le fait bien, ça, non….? Élargir le Cercle……

        C’est pas dans ce Service Ma-Dame….. Voyez avec l’Accueil……

  2. dit :

    T’as tout modifié MON fournisseur de nutella.
    Je suis obligée de danser pour une malheureuse feuille de salade maintenant, pffff….

    • R. dit :

      Bon, j’avoue, c’est toi qui a l’antériorité globale du spécimen. Mais arrête de faire genre : tu ADORES qu’il te fasse danser. Et les feuilles de salade.
      (et puis t’avais qu’à coucher)

  3. jo dit :

    Ca c’est de la déclaration ou je ne m’y connais pas. Que c’est beau, j’en connais un qui va se sentir pousser des ailes !

  4. ouplala dit :

    J’adore! Superbe billet qui raisonne en moi puisque je vais me mettre à apprendre à *mieux* danser…et que ça donne envie tout ça..de danser, s’emboiter, garder ses amis toute la vie..

  5. Sir John dit :

    C’est un atout des Grand(e)s que de prendre un tel plaisir à danser!
    Cheers,
    S.J.

  6. tarzan dit :

    Très beau

  7. Marieh2o dit :

    Très joli billet, R. Je dirais même as usual si je ne craignais de passer pour une flagorneuse… 🙂

  8. Patrick l'Étoile dit :

    C’est beau, ça pourrait, à peu de chose près, me donner l’envie d’apprendre à bouger mon gros cul tout gauche.

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