Mes 72 secondes warholiennes et des brouettes…

turquoise-marilyn_andy-warhol

Bon, ça y est, c’est passé, je peux balancer : j’ai récemment eu mes 72 secondes warholiennes.

Alors c’est vrai, quand j’étais en CM1, j’avais été choisie pour passer à Matin Bonheur (je te parle d’un temps que les moins de 20 ans, et caetera), rapport que je l’avais pas dans la poche. Ce qui m’a valu un petit succès vu que j’avais bien taclé le Commandant Cousteau, provoquant l’éclat de rire de tout le plateau.

Ouais, 10 piges et déjà casse-couille le sens du contre-pied.

Bref, ça c’était avant, même si j’ai acheté mes lunettes chez ooooOOOOOOptic2000, parce que Johnny, quoi. Et aussi parce qu’un opticien situé à moins de 50 mètres de chez moi est toujours un bon opticien, quelques soient ses accointances musicales.

Mais je m’égare…

Donc, disais-je, j’ai participé à un documentaire fort intéressant, en rapport avec le cul, tu t’en doutes, même si j’ai un million de choses à dire sur la politique agricole en Ouzbekhistan. Mais le cul intelligent.
Mon intervention dure 72 secondes et des brouettes, ce qui sur 52 minutes n’est pas bézèf. N’empêche que ces 72 secondes m’ont fait du bien.

J’t’explique…

D’abord, je craignais beaucoup que ma télégénie soit à la hauteur de ma photogénie. C’est-à-dire au degré presque zéro du tolérable. Visage anguleux et bourré de mimiques, j’ai la gueule de travers neuf photos sur dix. Donc je m’attendais à me voir très moche. Et j’ai été agréablement surprise… Je ne suis pas très belle, mais je me reconnais.

Ça peut te paraître bizarre que ça soit la première chose que je cite, mais oui, je l’avoue, j’aurais aimé être suffisamment belle pour tolérer de me voir moche.

Ensuite, j’ai été rassurée d’entendre les phrases extraites de l’interview qui avait duré plus d’une heure. Lors du tournage, j’étais en pleine séparation d’avec le père de mes enfants, donc la tête en vrac, et au cœur de ma phase pump it up, donc… légèrement orientée. D’ailleurs, je reconnais mon rose aux joues. Plusieurs mois plus tard, je ne savais plus exactement ce que j’avais dit. Au final, j’assume tout. Et là encore, je me reconnais.

Enfin… et surtout. Au sortir de la projection en avant-première à laquelle j’ai été conviée, lors du pot réunissant les équipes, les intervenants et les plus one, plusieurs personnes, quelques hommes, mais surtout des femmes, m’ont félicitée et… remerciée. Pourtant je ne dis pas grand chose… Et je dois dire que ça m’a beaucoup touchée. Et remonté le moral, que j’ai assez bas en ce moment, genre inversement proportionnel à ma propension à monter dans les tours (joie et patience sont les mamelles de mon quotidien actuel…).

Ça m’a rappelé le bonheur immense que j’ai eu chaque fois que j’ai reçu des commentaires ou des mails privés de lecteurs – mais surtout lectrices -, m’expliquant les bienfaits que mon blog leur procurait. Pas du simple plaisir, non. Des bienfaits. Du mieux-être.

Bon, c’est pas arrivé 50 millions de fois que je reçoive ce type de remarques, mais… c’est arrivé.

Grosse fierté dans mon cœur.

Et suite à ce documentaire, ou plus exactement suite aux réactions d’hommes et femmes inconnus, j’en suis venu à une certitude.

Je veux être travailleuse du sexe.

Mais pas avec mon corps.

Non, avec ma tête, mon cœur, mes tripes.

Avec ma bienveillance envers les gens et mon obsession envers ce sujet.

Être une travailleuse du sexe-et-tout-ce-que-j-y-mets-dedans (et pour une fois je ne te cause ni mooncup ni gros zizi) : le désir, le lien, l’amour, la générosité, le soufre, la palpitation, l’intensité, la vie, la communion, le pouvoir… et tout un tas d’aspects bien plus larges que l’esprit de ma cousine proutprout qui dînerait bien avec l’autre connasse de Frigide et son utérus qui crie non.

Voilà, il ne me reste plus qu’à trouver le chemin. Il est fort probable que cela me mène nul part ou alors vers un simple à-côté qui me permettra à peine de financer ma contribution au terrorisme – si l’on en croit Dominique de Villepin -, mais je vais m’y atteler.

Et essayer, pour une fois, de conjuguer l’utile à l’agréable professionnellement.

Et avoir l’impression d’être d’utilité publique.

Ouais, rien que ça…

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18 commentaires pour Mes 72 secondes warholiennes et des brouettes…

  1. zoumpapa dit :

    Tu parles d’une réorientation professionnelle totale alors? Ou plutôt comme une activité connexe?
    Sinon, c’est bien, je me sens moins seul à ne point être photogénique. Parce qu’il faut bien le dire, j’ai une bonne de gueule de couillon sur les photos, en général. Le genre à te demander ce que ton conjoint t’as trouvé pour accepter de faire des mômes avec toi. Y a que ma belle-mère qui me trouve bien (c’est dire). Par contre les rarissimes ptits films donnent mieux. Même conclusion que toi. Bref, là tu m’apportes un bienfait.
    NB: bon, oukon peut le voir ce film? 🙂

    • R. dit :

      Une activité connexe et pourquoi pas, un jour, idéalement, un vrai boulot qui me paye convenablement… Le reste par mail. 😉

  2. cath dit :

    J’ai eu la même idée … sauf que moi, je n’ai aucune expérience en la matière. 🙂 Non seulement, c’est un super projet mais en plus, il y a un vrai besoin. Je te vois bien en présentatrice TV par exemple (une sorte de Sexy Folies en plus drôle et plus glam). Et tu continuerais à nous faire un bien fou tout en en faisant ton job, génial !

  3. Marc T. dit :

    Mais tu es d’utilité publique !

  4. Judie K dit :

    Genre brigitte Lahaie sur je ne sais plus quelle radio, sans le gros passé connu.
    Excellente idée !

  5. Lord Von der Lust dit :

    va voir du côté de Betony Vernon.
    En plus de ses bijoux, elle est allé étudier la chose tout autour du monde pour faire des sorte de séance ou elle débloque des gens de 18 à 98 ans de côté là.

  6. jo dit :

    Hi, moi je te verrais bien en sexologue new wave, genre marre du plan plan mesdames ? Let’s sex together. Free your mind, free your relationship.
    On t’appellerait Docteur Hustle’R.
    Kiss

  7. Jardijulie dit :

    OK, le message est passé, la prochaine fois qu’un article me fait du bien, je n’hésite pas, je sors du bois et je le crie bien fort. Il y en a eu beaucoup.
    (Et en plus nos enfants lisent les mêmes livres, ils sont bien ces mômes…)
    Ceci dit, n’oublie pas de nous prévenir quand le film sera visible…

  8. dit :

    Yes you (tomato soup) can!

  9. audren dit :

    Que voilà une noble quête. Mais ne pas laisser tomber les maths parce que je crois vraiment que comme le sexe, les mathématiques sont quelque chose d’hyper varié, hyper profond, sur lequel tout le monde a un avis caricatural mais personne ne sait vraiment grand-chose et surtout dont personne ne peut prétendre tout savoir. Et que les gens ont besoins de maths (peut-être pas autant que de sexe, encore que des notions de base comme la symétrie, la dualité, la décorrélation, l’orthogonalité pourraient faire du bien aux sexistes et aux homophobes)

    • R. dit :

      Je ne fais plus de vrais maths depuis longtemps, mais j’ai pris un pied d’enfer il y a quelques années à redonner quelques cours particuliers à une adorable jeune fille en terminale ES, d’autant plus qu’elle a son bac grâce aux maths et pourtant c’était loin d’être gagné ! Du coup, j’ai vraiment hâte que mes enfants abordent les études de fonctions, mon péché mignon mathématique.

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