Comme ça

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J’te jure, au début je voulais juste un bisou.

Je l’ai connu quand j’avais une quinzaine d’années, alors qu’il était maqué depuis super longtemps, genre 1 an, tu vois. Et puis ça s’est terminé avec sa gonz qui avait l’air d’être sacrément relou – depuis j’ai compris que la plupart des hommes adorent les casse-couilles -, et on est devenu assez potes.

Rien à voir avec le fait que je lui vendais du taga à chrome – vu que je suis une très gentille fille – et qu’il était déjà complètement toxico du oinj’, bien sûr.

Au delà de ça, on se marrait bien. En plus c’était le seul à avoir un studio, alors je squattais souvent chez lui. Je lui ai présenté une de mes nouvelles amies, rapport que je suis la meilleure maquerelle all around ze world, et ça a collé.

Lui et moi on se fendait de plus en plus la poire. La copine en question habitait un peu loin, et venait surtout le we. Moi j’étais sa presque voisine, alors je passais un soir sur deux à refaire le monde avec lui en jouant à Tekken, à l’arroser de pétards pendant qu’il me fournissait en pépito/coca.

J’avais commencé la capoeira, et j’aimais bien me taper avec mes potes. Pour de rire, hein, tu sais bien que je suis incapable de coller une mandale à qui que ce soit même quand je me prends une béquille dans le tibia. Pour de rire… Et va savoir pourquoi, avec lui, ça s’apparentait plus à de la lutte gréco-romaine qu’à de la bonne grosse anglaise qui tâche.

A force de passer notre vie ensemble et de se tripoter sous couvert de se faire des bleus, ya eu comme un petit courant extra-amical qui s’est créé.

Mais moi je ne voulais rien de plus qu’un bisou.

Si si, je te jure.

Je n’ai jamais dit que je ne me mentais pas à moi-même, tu remarqueras. Mais j’étais toute petite, j’étais pas terminée, j’avais même pas 20 balais.

Bref, un jour, au gré d’une n-ième efficace clé de bras, je me suis retrouvée dos contre la moquette, lui à califourchon sur moi. On était tout rouges de nos cascades, les cheveux n’importe naouak, et il y a eu comme un léger flottement.

On s’est regardé, on a rigolé bêtement.

Et on s’est sauté dessus pour mélanger nos langues.

Tu vas pas me croire, mais devine qui a sonné à ce moment précis à sa porte ?

Mais noooon, pas Sarkozy, il était pas encore à l’Intérieur. La reum de mon pote non plus, elle était en tournage en Colombie.

Ben ouais, sa meuf.
Ma pote.
Youhou !

Evidemment, on a interrompu notre baiser en étant très à l’aise, il lui a ouvert, j’ai fait bonne figure et je me suis cassée après le quart d’heure alibi.

Moi ça m’allait. Bon, ça m’avait troublée, mais à l’époque je ne savais pas que j’étais un peu décalée sur le sujet. En tous les cas je ne savais pas à quel point.

Et puis c’est pas comme si la situation était simple, hein. Cette meuf, je l’adorais. Je l’admirais. Et si je n’avais pas eu l’antériorité chronologique sur mon pote, je n’aurais probablement jamais osé.

Je dis pas que ça m’excuse, je t’explique juste le contexte.

Quand on s’est revus l’air de rien, quelques jours plus tard, je lui ai proposé qu’on écrive chacun de notre côté, en parallèle, les raisons qui nous avaient poussés à faire ça, et comment on envisageait le futur proche. J’avais vu une scène similaire dans un chouette film, I like it like that, et ça m’avait fait marrer. Inutile de te dire qu’on n’avait pas vraiment la même idée de la suite des événements.

Dans l’histoire, j’étais l’oie presque blanche. Ma suite à moi : « c’était cool, t’es mon pote, ça nous lie encore plus, mais basta cosi. »

Mouah ah ah ah, la bonne blague.

N’empêche que l’homme étant très pugnace quand il s’agit d’assouvir une de ses pulsions, et moi baissant régulièrement ma garde drapée de morale, on s’est retrouvé à essayer de se connaître bibliquement.

A chaque fois, c’était l’objet de longues négociations, sous l’insistance de mon pote qui avait dû comprendre bien avant moi mes fluctuations d’humeurs. Et si je dis « essayer », c’est qu’on a mis vachement de temps à y arriver.

Genre 2 mois.

Faut nous comprendre aussi : il avait un gros zizi (entretemps ma notion de « gros » a un peu évolué, mais ledit zizi reste néanmoins fort honorable, si ma mémoire est bonne), j’étais du genre ultra-étroite (presque encore aujourd’hui, eu égard à mes deux lardons pondus par voies naturelles), on fumait 800 joints dès qu’on se voyait histoire de bien assécher les muqueuses, et moi j’étais réticente.

Rapport à ma pote que j’aimais d’amour.

Mais bon, on essayait quand même, les principes ont leurs limites.

Sans succès. Ca ne rentrait pas.

Ca nous emmerdait, mais comme la situation était à la con, et qu’on continuait à bien se marrer, on prenait ça détendus.

Et un jour… on venait d’échouer à nouveau, de passer malgré tout un chouette moment de pote dans la foulée (poilade-joint-pépito-coca-Tekken), et il était pour moi l’heure de partir.

Il me raccompagne dans sa minuscule cuisine-entrée.
Me claque la bise.
Je lui rends.
Il me hume.
Frémis.
Me serre dans ses bras.
Je rigole.
Il me serre encore plus fort.
Me retourne.
Se colle à mon dos.
Constate mon assentiment.
Me plaque contre son plan de travail.
Soulève ma jupe.
Baisse ma culotte.
Sort son sexe lourd.
Glisse en moi sans encombre.
Va et vient tout en huile.
Enfouit sa main experte dans mes replis.
Je monte.
Il monte.
Nous gémissons.
Nous explosons.
Ensemble.

Heureux.

Après ça s’est compliqué, mais je me demande souvent dans quelle mesure cette baise à la sauvage n’a pas été fondatrice.

Toujours cette question de la poule et de l’oeuf…

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4 commentaires pour Comme ça

  1. Judie K dit :

    « Et si je n’avais pas eu l’antériorité chronologique sur mon pote, je n’aurais probablement jamais osé. » J’adore cette excuse (pourrie ?). Je pourrais me l’approprier tiens, je ne l’avais pas dans ma liste des excuses à 2 balles. Merci !

  2. Dosto dit :

    A défaut d’être fondatrice, cette baise était; semble t-il; inéluctable . 😉

  3. Rose dit :

    Merci pour le sourire. Moi je pratiquais Mortal Kombat/joint/oasis tropical/m&m’s sans la baise sauvage parce que itou… ça ne « passait pas ». Par contre je me demande aussi à quel point ce manque de baise sauvage n’a pas été fondatrice dans mes relations suivantes. : -) ( A moins que ce ne soit le jeu, j’hésite encore.)

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