Animals

Femme soleil

J’ai eu mes règles et quelques seins à 13 ans.

Banal.

Hyper douloureuses, du genre à me tordre littéralement en quatre, suées, tremblements et envie de dégueuler.

Ma mère me laissait un peu en plan, rapport qu’elle était du genre à se soigner à l’eau chaude et au tofu, alors ma belle-mère me filait un médoc pour contrer la souffrance. Mais 6 mois après le début de la prise trihebdomadaire, ledit médoc a été retiré de la vente.

Flippant.

Quand j’avais 13, 14, 15 et même 16 ans, j’ai eu quelques amoureux vite fait tavu, mais il m’est surtout arrivé plusieurs fois, lors de soirées par exemple, de sauter sur des mecs qui pourtant ne me plaisaient pas tant que ça. Je dégainais de façon totalement soudaine, provoquant ainsi une gêne palpable, voire des refus. Et moi de plonger dans un immense chagrin d’être éconduite par ces garçons dont j’étais amoureuse depuis 10 minutes alors que je leur promettais la lune, flattant ainsi mon masochisme mental légendaire. Alors que je savais que j’avais du potentiel, au moins technique pour avoir été à bonne école, de l’affection à revendre, de la bienveillance – ce mot si cher à mon coeur -, et que je les voyais se faire mener par le bout du nez par des gonzesses qui ne donnaient pas grand-chose si ce n’est absolument rien makach walou.

Il y a aussi eu des fois où je n’ai pas été éconduite, mais où je me suis étonnée de mon audace soudaine, alors même que je manquais beaucoup de confiance en moi – même si ça ne se voyait pas.

Parfois faut creuser un peu, les mecs…

Et puis à 17 ans, suite à une nuit de torture menstruelle alors que j’étais seule chez moi, j’ai décidé de prendre la pilule pour terrasser ces connasses, même si je n’avais pas de mec.

Ma vie sexuelle s’est logiquement développée, je grandissais, gagnais en assurance et liberté, et malgré quelques errances douloureuses, j’ai réussi à mieux profiter de ma si belle libido.

Même si j’avais des moments où je sentais bien que je n’arrivais pas à me contenir.

Un jour, ma grande copine, minha irmazinha do coraçao qui prenait la même pilule que moi, m’a fait remarquer que c’était en début de plaquette qu’on était pump it up à mort.

Les hormones, tout ça…
On a eu du bol, une grande partie de mes copines se sont vues prescrire d’autres pilules et se sont persuadées qu’elles n’aimaient pas VRAIMENT baiser.

Quand j’ai arrêté la pilule pour faire un bébé, j’ai compris que les hormones de synthèse c’était du pipi de chat par rapport aux vraies hormones vraiment produites par mon vrai cerveau et ses vrais adjudants.

J’ai pas boudé mon plaisir.

Et là, d’un coup, récemment, ça m’a percutée.

En fait, quand j’avais 13, 14, 15, voire 16 ans et que je sautais sur des mecs qui pourtant me laissaient de marbre, c’était juste que… j’ovulais !

Et si je fais le tri, je crois que toutes les fois où je me suis écartée du sacro-saint droit chemin, c’était que je me noyais dans mes hormones lutéinisantes.

Ca n’excuse rien, hein. Je sais bien qu’il y a un truc génial qui s’appelle le libre arbitre. Mais ça explique deux trois trucs, quand même.

We are fuckin’ animals.

——————————–
Visuel : Elzo de Bruxelles

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19 commentaires pour Animals

  1. Tal dit :

    Super photo, sérigraphie pour un
    Vinyle faite par Elzo de Bruxelles

    Et c’est bien vrai
    We are fuckin’ animals!

  2. zoumpapa dit :

    bon, jt’ai trouvé un ptit surnom: « Grumpf » (c’est y pas mignon?) 🙂

    • R. dit :

      C’est mignon, mais… pourquoi ? Ca me fait penser à une onomatopée de râleuse, alors que là, présentement, je ne rââââle pas, bordeeeeeel !!! 😉
      (non mais sérieux : pourquoi ?)

  3. Patrick l'étoile dit :

    Et oui chez l’homo sapiens sapiens, l’ovulation déclenche l’accouplement. C’est toujours plus correct que chez les chiens.

    • R. dit :

      En tous les cas, l’ovulation déclenche l’envie. L’accouplement, c’est une autre histoire.

      • Patrick l'étoile dit :

        Quand la femelle homo sapiens sapiens a des désirs, elle les assouvit d’où le raccourci.

        • R. dit :

          Ou pas… Je connais des femmes pétries de complexes ou de complexité qui n’assouvissent malheureusement pas leurs désirs, et pourtant, elles ovulent.

  4. dita dit :

    ça veut dire que certaines ont des pics d’hormones plus élevés que d’autres? on nait FEMME ou on n’est FEMME? J’aime me dire que la femme excitée que je peux être l’est par son histoire , son bagage érotique, son univers et imaginaire peut être plus riche de ce côté là plutôt que de me dire qu’elle n’est gouvernée que par ces hormones et qu’elle n’assume pas du coup ce qu’elle est. Comme les hommes qui disent  » on n’y peut rien, nous sommes des hommes! » un peu facile ,non? 😀

    • R. dit :

      J’aime me dire que la femme excitée que je peux être l’est par son histoire, son bagage érotique, son univers, son imaginaire… Je constate néanmoins l’impact indéniable de mes fluctuations hormonales.
      De là à prétendre que j’ai dit « je ne suis gouvernée QUE par mes hormones », il y a un immense pas, Dita.
      Quant à ta conclusion « elle n’assume pas du coup ce qu’elle est », je suis trèèèèèès étonnée : où, dans ce texte, ai-je dit ça ?? Où, dans tous mes textes, dont tu as lu une grande partie je crois bien, ai-je dit ça ?
      Ben merde alors, moi qui avais l’impression de dire exactement le contraire…

      • dita dit :

        Non non j’ai pas dit que Toi tu n’assumais pas hein 😉 je parlais de LA femme ( relis bien mon commentaire) excitée en général. Peut être qu’en creusant un peu, c’est l’image de la femme hystérique dont parfois les hommes nous renvoie l’image par moment et la fameuse phrase  » tu vas avoir tes règles ou quoi?  » 😀 qui me gêne un peu.
        Je sais bien que les hormones jouent un rôle mais ça doit me faire chier de me l’avouer 😉

        • R. dit :

          Pour en avoir souvent causé avec mes copettes, il semble que je fais partie des nénettes à fort impact hormonal. J’ai d’ailleurs constaté que le fait de le savoir augmentait l’impact d’autant plus : je sais que je suis chaude quand j’ovule, je repère donc d’autant plus quand j’ovule (maintenant que je suis grande et sage), je suis donc d’autant plus chaude.
          Je comprends ton agacement quand on te rétorque à la moindre humeur cette fameuse question « t’as tes règles ? ». Moi aussi ça m’agace. Pas parce qu’on imagine que l’arrivée de mes règles (et non pas « mes règles » pendant lesquelles je commence mon ascension pump it up avec joie) pourrait me rendre irritable hormonalement. Mais parce qu’on imagine que ça ne peut être QUE CA qui m’énerve, et non pas une éventuelle revendication légitime issue d’un cerveau qui réfléchit.
          De la même façon, il m’est arrivée d’être très excitée à l’idée de coucher (ou en couchant) avec un homme hors période pump it up. Le pouvoir du cerveau, la puissance de l’amour, le talent d’un allumeur de désir…
          Les hormones ne font pas tout.
          Mais mieux comprendre ses fluctuations permet parfois d’éclairer les choses.
          Le fameux libre-arbitre que j’évoque en fin de billet n’est pas une vaine aide. Parfois. 😀

  5. dita dit :

    honnêtement je me cache derrière mes hormones parfois ( oui oui j’ai honte). Style un gros coup de colère et  » c’est pas de ma faute , je vais avoir mes règles! » 😀
    Comment veux tu que les hommes nous comprennent avec tout ce bordel qui se passe dans notre corps et dans notre tête ? 😀

  6. Volubilis dit :

    Quand j’ai mes règles, je suis simplement plus lucide et réactive. C’est la période « je suis fragile, tout les trucs qui passent d’habitude ne passeront pas cette fois, faut pas pousser ». Avoir ses règles n’est donc pas une excuse, mais une explication.
    Quand j’ovule… ouais, c’est comme tu dis, je me noies dans mes hormones, j’veux conclure, et vite (ce qui n’arrive que très, très rarement, en effet), ça peut être extrêmement violent. Et j’imagine qu’en effet nous ne naissons pas avec le même bagage hormonal, et que nous ne l’entretenons/le muselons pas de la même façon ensuite.

  7. Agatha dit :

    Oui, animals… pour moi en tous cas c’est très très vrai. Une grosse dizaine d’années de pilule, commencée à 14 ans. Force est de constater, rétrospectivement, que si j’avais quand même déjà une vraie attirance intellectuelle pour le sexe et les hommes (oui, oui), la pilule avait sur moi l’effet d’une camisole de force. J’ai arrêté, et je suis passée du mode diesel au mode voiture de course (en plus humide ;), au grand amusement de certains je dois dire. Et à mon plus grand bonheur. Et oui, pour les hormones naturelles : quand j’ovule, il faut bien le dire, je suis au taquet, notamment au niveau rêveries érotiques (mais pas que). C’est d’ailleurs comme ça que j’ai su, huit mois après mon premier accouchement, alors que j’étais en train de ralentir l’allaitement, que j’étais revenue au mode « normal » ovulation-règles : je me suis sentie de nouveau pump it up, comme tu dis 😉
    Aujourd’hui, j’ai dû revenir à une contraception hormonale (pas le choix), avec un DIU. Jusqu’ici, tout va bien, je croise les doigts…

    • R. dit :

      Je ne me l’explique pas mais je découvre à l’instant ton commentaire, Agatha ! Alors désolée de ne pas y avoir répondu plus tôt… On dirait bien que tu es tout comme moi. Je constate en effet que les femmes sont plus ou moins hormonales, perso je suis plus plus que moins. 😉 Bon courage pour la contraception et la bise.

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