Bis repetita

Corse2013

Et voilà.

L’annonce a été faite à nos petits.

A mes beaux-parents, aussi, qui l’ont vachement moins bien pris.
Ils s’en doutaient depuis quelques temps et ont fait semblant de tomber de leur chaise. Ils ne « comprennent pas ».

Y’a pas grand chose à comprendre, en même temps.

Juste à accepter.

Accepter que ça ne fonctionne pas. Que nous avons beau nous aimer fort, nous n’arrivons pas pour autant à être heureux tous les deux. Que la vie et ses aléas font les choses ainsi.

C’est fini.

Mais les petits, eux, l’ont bien pris.

Qu’en ont-ils compris ?

Peu de questions, l’impression que ça reste abstrait dans leur tête. D’autant que ça ne va pas révolutionner leur planning, ils ont l’habitude de ne pas voir papa et maman dormir ensemble. Ca deviendra juste la norme.

Après avoir entendu la nouvelle réalité et face à ses parents dans les bras l’un de l’autre – on a la cohérence qu’on peut, et puis j’arrêtais pas d’avoir les yeux qui piquent -, le grand a demandé si on allait bientôt faire un 3e bébé.

Hmmm.

Depuis je suis partie avec mes petits en vacances (après 10 jours ultra cool en Corse entre potes), et tout s’est bien passé. On s’est bien marré à part ces putain de réveils à 7 du.

Tous-les-ma-tins.

Plus les pipi de la nuit.

Avec leur père, nous avons réussi, pour le moment, à arrêter de nous étreindre.

Il faut que ça dure.

Et nous nous entendons plutôt bien.

J’ai arrêté d’espérer une amitié forte et intime – il était probablement temps – mais reste confiante en notre capacité à être solidaires et bienveillants. Nous arrivons même à nous marrer.

Pourvu que ça dure.

Il a quitté les lieux et j’entame un gros ménage en parallèle avec ma reprise de taf qui promet d’être chargée. Mais je suis contente d’y retourner. Et bordel ! ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé.

Une nouvelle année commence.

Indéniablement.

Pourvu qu’elle soit douce.

Merci à M. pour la photo.

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19 commentaires pour Bis repetita

  1. sucré/salé : mon choix n'est pas fait dit :

    Alea jacta est (désolé si faute d’orthographe) + missa dita est
    Et aussi (là je l’ai gardé d’un bouquin parce que je trouve que ça pète) : vidit Deus quod esset bonum

  2. audren dit :

    Marre de ces générations passées qui savent simplement enfoncer le couteau, pour qui le but d’un couple, c’est de rester ensemble coûte que coûte, qui rabâchent les mêmes messages d’abnégation et de persévérance dans l’ennui, l’animosité ou le malheur. Pour quel paradis ?

    Et bravo si vous arrivez à vous séparer en vous aimant encore. Les enfants ne comprendront pas forcément tout de suite, mais j’imagine très bien qu’ils vous admireront pour ça plus tard. Quand on compare aux couples qui –« pour les enfants »– poussent l’abnégation jusqu’au point de rupture puis qui se déchirent à coups de vaisselle dans la gueule, de hargne patrimoniale, de prise d’otage d’enfants-arbitres commis d’office et réceptacles involontaires de distillat de froide haine.

    Bonne nouvelle année.

    Mais, euh, pourquoi arrêter de s’étreindre ?

    • R. dit :

      Pour le libérer… Si ça ne tenait qu’à moi, je continuerais de le serrer fort dans mes bras. Mais lui souffre, et moi aussi, du coup. Alors peut-être qu’il vaut mieux une prise de distances, au moins pour quelques temps. Et qui sait, peut-être que l’amitié dont je rêve, celle qui inclut les étreintes, pourra naître quand les choses seront plus claires.

  3. zoumpapa dit :

    hébé. Mettre les choses au clair, c’est mieux. C’est pas toujours sans douleurs et doutes, mais c’est mieux. Et si vous vous entendez correctement, notamment pour la « gestion » des petiots, c’est essentiel. Et à part ça je trouve ce petit nœud sur ton maillot tout à fait adorable.
    Bon, maintenant t’es dans les starting-blocks: 3,2,1…go !!!

  4. dita dit :

    J’espère que pour vous c’est aussi le signe d’une période moins fatigante, vous savez où vous allez au moins :/ et donc le début d’un nouveau truc.
    bref, jamais facile à gérer ces moments là mais je t’envoie comme je peux de la bonne énergie pour passer ça.

  5. J’aime le côté « raisonnable » (je suis un garçon raisonnable) de cette phrase :
    J’ai arrêté d’espérer une amitié forte et intime – il était probablement temps – mais reste confiante en notre capacité à être solidaires et bienveillants.

    Bon, perso, je ne suis guère surpris du verdict. En revanche, totalement curieux de ce que pourra être la suite. Je te souhaite une belle rentrée et l’énergie qu’il faudra pour (re)construire.

  6. Fabien dit :

    Nous avec mon ex, quand on a décidé de se séparer, à la fin, un peu laborieusement.. 😕 j’ai quand même été étonné de voir rapidement disparaître mes craintes de « traumatiser » les enfants par LE « DiVoRcE » tant redouté.. en fait pas du tout.. non seulement ils le prenaient bien mais en plus ils semblaient bien plus « heureux » dans cette nouvelle situation…

    Ben quoi.. ils préféraient qu’on ne se dispute pas ? ne pas sentir de tensions cachées en permanence..? et au contraire passer du bon temps (retrouvé) avec chacun de nous deux séparément ?… évidement !..

    La bonne excuse de se dire que c’est pour les enfants qu’on reste ensemble.. C’est pas du tout leur priorité aux mômes qu’on soit ensemble.. c’est plutôt nous qui avons peur « d’échouer dans nos vie ».. de recommencer a « zéro ».. ou de la solitude à la limite pour certain.. mais eux ils s’en foutent complètement.. en tout cas ça c’est loin d’être le plus important pour eux. (et c’est bien comme ça 🙂 😉 )

    • audren dit :

      Amen. Ma grand-mère est restée toute sa vie avec mon grand-père « pour les enfants » (et aussi parce que la morale de l’époque ne leur laissait pas trop le choix). D’ailleurs, ils ont continué à en faire, des enfants, alors que la maisonnée n’était déjà plus que cris, pleurs et grincements de dents. C’est quand le grand méchant grand-père a fini par partir avec une maîtresse que les enfants ont pu respirer (abandon salvateur). Entre temps, ils ont vraiment vraiment morflé. Vive l’indissolubilité des liens du mariage…

      L’échec, ce n’est pas de se séparer. L’échec, c’est de se séparer trop tard.

  7. audren dit :

    PS : ça me rappelle un truc que j’ai écrit ici :

    Et quand on craint que les enfants supportent mal d’être trimbalés dans des gardes partagées et autres arrangements de garde fluctuante, il faut se rappeler que l’humanité a essentiellement une histoire de nomadisme, où la seule chose qui importait pour les gamins, ce n’était pas d’avoir une chambre à eux mais un clan qui les aime et sur lequel ils peuvent compter. Il vaut mille fois mieux avoir de nombreux parents dont certains sont séparés mais dont l’amour et la joie de vivre se sentent au quotidien plutôt qu’un père et une mère uniques mais malheureux ou en colère et qui se forcent à rester ensemble « pour les enfants ».

  8. R. dit :

    Merci tout le monde. Ca ira.
    Hein ?
    🙂

    • Samsoum dit :

      Ben oui oui t’inquiète, suffit de ne pas avoir peur d’un nouveau départ c’est tout ^_^ … Le fait que vous vous êtes séparés bon termes c’est déjà ça 🙂
      Et comme le dit la chanson : »sometimes love is not enough and the road gets tough I don’t know why » … You just let it go 🙂 et c’est ce qu’il falait faire.
      PS: j’adore ta photo ❤

      • R. dit :

        Merci.
        Il suffit aussi de supporter les fritures sur la ligne qui me relie au père de mes petits. Rien de dramatique, mais j’avoue que ça me blesse encore.
        Ca me passera. Hein ? 🙂

  9. Volubilis dit :

    J’arrive un peu tard (mais non, mais non), pour te donner force, amitié, courage, sister. Tout ce que tu as déjà d’façons.

    Et des bises.

    • R. dit :

      Merci ma jolie. Ca fait au moins 3 billets que je veux commenter chez toi, même brièvement, mais… je ne trouve pas le temps ! Vivement que ça se calme. En tous les cas je te lis toujours assidument. Bise grosse.

  10. Volubilis dit :

    Bah, j’y dis que des conneries il parait…

    Que de gens raisonnables, j’m’en veux des fois de ne pas parvenir à la paix…

    Les propos d’Audren me grattent (comme souvent les propos d’Audren) : quand la colère s’installe, il faudrait savoir se remettre en cause et situer les véritables priorités. C’est en effet « pour les enfants », « pour se donner une chance », « parce qu’il y a autre chose » qui nous fait tenir qu’on tient. Je me demande de plus en plus si je suis capable de vivre avec quelqu’un qui ne vit vraiment pas comme moi. A mes yeux, le cul est secondaire dans le problème (c’est le quotidien, sa gestion, qui me pèse le plus, mais cela dit mon cul, ça compte bien aussi), quand pour lui la chose est cruciale, et moins le quotidien… Déphasés.

    J’étais censée « me calmer » après la mort de la bête, mais c’est le contraire qui se passe : je suis devenue tout à fait intransigeante.

    L’espoir, c’est dans l’évolution possible de la situation, mais…on change pas les gens, hein ? Moi, par exemple, j’ai pas vraiment envie de changer, n’est-ce pas, de déplacer mes priorités, de me plier en 12 pour y arriver. Lui aussi tient à ses principes. Alors je sais plus trop où est l’espoir… Bordel, dans quelle étagère je l’ai rangé… ?!

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