Urgence

keep_calm_and_call_batman

Voilà, ça fait une semaine que j’ai découvert ce qu’allait être ma nouvelle vie – pas exactement celle que j’imaginais -, et depuis ça cogite à tous les étages.

Beaucoup d’injonctions et conseils contradictoires de la part de mes proches et moins proches. « Laisse pisser » ; « Saisis un juge » ; « Arrête d’angoisser » ; « Ne te laisse pas faire » ; « Garde foi en un possible apaisement » ; « Ne compte que sur toi »…

Il n’est pas aisé pour chacun de comprendre de qui on parle. Le père de mes enfants a une personnalité extrêmement complexe et un rapport à la vie du genre aléatoire. Une certaine inaptitude – revendiquée – au monde tel qu’il est. Des qualités très précieuses souvent évoquées ici et en même temps une tendance à l’auto-sabotage. Par exemple, ne pas chercher de travail pendant 8 mois alors que c’était une des clés de voute de nos retrouvailles et que sa situation financière était devenue catastrophique sonne comme une stratégie d’échec suicidaire. Et inconsciente.

Parfois, j’ai peur qu’il verrouille encore plus. Qu’il dévisse, carrément. Que l’amour indéniable et puissant qu’il porte à ses enfants ne lui permette pas de supporter sa nouvelle situation non pas de célibataire mais sociale.

Il est assurément dans la merde.

Par son entière faute, mais il l’est maintenant, c’est un fait.

Et j’ai à coeur de ne pas l’enfoncer.
Même si ça me révolte intérieurement. Même s’il n’a comme seule issue, j’ai l’impression, pour le moment, de me détester.

Il fait des efforts qui doivent lui paraître énormes. Et qui existent, il n’y a aucun doute. Il n’est pas totalement démissionnaire. Il adore ses enfants. Mais son avenir et son rapport à moi me plongent dans des abimes d’angoisse.

En plein dans le mille de ma plus grosse névrose.

Ne vas pas croire que je doute et souhaite me rabibocher. En l’état actuel des choses, c’est évidemment impossible. Trop insécurisant. Je comprends petit à petit que cette insécurité à usé mon élan. Mes nerfs. Mon coeur.

Mon problème depuis dimanche dernier c’est que je tourne à vide, je tornade, incapable de m’ancrer à un port. Je rebondis entre la colère, la peur tenace qu’il coupe tout et l’envie farouche que les choses se passent pour le mieux.

Mon optimisme me perdra…

J’ai eu des crises de panique, des moments où je relativisais, des sanglots soudains, des bouffées d’espoir, une colère sourde et ruminante… Ca m’épuise. Je me sens aux abois.

Alors je crois que pour le moment, il est urgent… d’attendre.

De serrer les dents parfois, de me ménager. De revêtir l’armure qui me manque tant. De me faire un peu plaisir et de me reposer. De mettre tout en oeuvre pour y voir clair. Trouver mes ressources intérieures. Ne pas réagir sur le feu.

Viser Gandhi.

Aussi étrange et pitoyable cela puisse paraître.

keep-calm-and-love-life

Cet article a été publié dans Du sang. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

12 commentaires pour Urgence

  1. cath dit :

    Ce que tu vis me rappelle trop d’événements personnels pour faire un quelconque commentaire qui puisse t’être utile. La seule chose, c’est que tu ne peux pas porter tout le monde à bout de bras, tes enfants, le père de tes enfants, ta maman. La priorité, prendre soin de toi. Mets à contribution tes amis, ton entourage proche pour ne pas t’épuiser. Pour les décisions importantes à prendre, ce que tu dois faire ou ne pas faire, n’écoute personne, tu es la seule à même de décider. Et quand tu flippes la nuit et que tout est si noir, envoie des sms : )

  2. zoumpapa dit :

    Pitoyable ? Tu es bien dure avec toi-même. L’homme doit rebondir, patience (et bcp de courage…)

  3. Sir John dit :

    # « Par exemple, ne pas chercher de travail pendant 8 mois […] stratégie […] inconsciente. » : Occasion d’un nouveau jeu sur la toile – Trouve le mot qui n’a rien à faire là et enlève-le-! Tu comprendras qu’on est pas responsable de tout sur Terre, surtout chez les 18+ans, qui assume pas le minimum de base du vivre ensemble.

    # « Je comprends petit à petit que cette insécurité à usé mon élan. Mes nerfs. Mon coeur. » : c’est ce à quoi il est en effet impossible de résister. Surtout avec des kids au milieu!!

  4. Marieh2o dit :

    Bien d’accord avec Zoumpapa. Ce n’est ni pitoyable ni étrange. C’est juste une situation extrêmement difficile, déstabilisante et Cath a raison aussi : tu ne peux pas tout porter. L’année fut rude et le demeure. Take care of yourself. Un pas après l’autre, lentement mais sûrement, on arrive à grimper la montagne*. Thoughts and kiss.
    * Ouais, je sais, facile à dire…

  5. Brigit dit :

    Je n’ai pas tout lu… me suis arrêté à « j’ai à coeur de ne pas l’enfoncer »

    bon, alors suivant le principe appris en cours de maitre-nageur-sauveteur (oui !) : si tu coules avec le type qui se noie, ça fait deux noyés, donc si le type t’entraîne, tu lui fous un coup de boule pour qu’il se calme ou tu te dégage pour remonter.

    ça marche aussi dans la vie. métaphoriquement, le coup de boule, je suis contre la violence…

    bref, autrement dit vous ne l’enfoncez pas mais il risque de vous enfoncer avec lui. faut faire intervenir un avocat, voire un juge, ça permet de trianguler la situation et de faire agir quelqu’un de neutre, au mieux de l’intérêt de chacun et surtout des enfants. Et puis certaines choses sont mieux entendues d’un tiers.

    et puis, ne jamais oublier que l’instinct de survie, ça marche aussi pour l’autre. posez vous la question de savoir, sans préjuger de ses (mauvaises) intentions, si, une fois qu’il s’en sera sorti, il vous apportera la même aide ? possible mais sans doute un peu tard.

  6. Rose dit :

    Peut-être que seul, il s’en sortira mieux qu’à deux… quand on n’a pas le choix, finalement on en fait des choix. S’il s’est reposé sur toi pendant des années, il va apprendre à se débrouiller et ça lui fera du bien et ça vous fera du bien à tous les deux, qui sait ?
    Au fond c’est peut être juste un « compromis à une situation bancale puisque la vie n’est pas idéale » ou pas, mais ça tu le verras plus tard. Dans tous les cas, je pense qu’on se sent toujours mieux quand on est dans l’action plutôt que dans l’attente même si pour l’instant ça ne te paraît pas évident.
    Des bises à Gandhi et une pensée à Superman !

  7. Sky dit :

    Ah les hommes, nous les aimons forts, travailleurs, courageux, responsables, droits, charmants, séduisants… et j’en oublie. Et puis, ils perdent aussi les pédales, s’écroulent, appellent maman… sans les larmes -le plus souvent- parce qu’ils n’ont pas le droit de les faire couler !

    Il me semble avoir lu quelque part que tu as un cœur d’artichaut. Eh bien tu n’es pas sortie de l’auberge ! Tu posséderais une grosse armure, un coeur en béton, le « problème » serait réglé…

    Je n’ai pas lu tous les billets, je m’abstiendrai donc de donner le moindre conseil… et quand bien même je connaissais tous les détails… on ne peut pas se mettre à la place des autres (néanmoins je suis assez d’accord avec l’image du sauveteur !). Malgré tes difficultés, tu sembles bien cerner la situation et savoir ce que tu dois faire…

    Alors comme dirait La Fontaine : « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage » !!!

    PS : j’ai aussi un cœur d’artichaut et le chantage affectif -par exemple- est quelque chose qui fonctionne bien sur moi. Soit. A partir du moment où j’en ait conscience, j’essaye d’un côté de l’accepter (je ne changerai pas l’artichaut pour la pierre) mais aussi de m’en défendre, c-à-d de faire la différence entre une générosité saine et les réponses à des manipulations, qu’elles soient conscientes ou pas.

  8. volubilis dit :

    On s’en voudrait tellement de sortir avec des cons qu’on leur trouve mille excuses. Je renchéris (je peux pas m’en empeêêêêcher) sur Sir John, impitoyablement. Dingue que ce soit lui dans la merde, et toi qui t’angoisse. T’es trop une femme, allô quoi !!!

    Va chercher ta plus belle paires de couilles, jette ton cœur tout mou, et suis le conseil de Brigit-maître-nageur-sauveteur : coup d’boule (métaphorique, métaphorique). C’est ce qu’aurait fait Gandhi, y a aucun doute là-dessus. La métaphore, c’était son truc.

    A part ça, kiss, idem.

  9. L'Onirique dit :

    jai hesite beaucoup par souci de ne point trop projeter, de conseiller a coté..

    alors, juste un mot : ca a une fin.
    y a un jour où je m y attendais plus où jai ete…bien. en paix.
    simplement parce que je me suis sentie en vie. (et plus en mode survivor ou fantome) et cest toujours la. 🙂

    tu connais a peu pres le timing de par chez moi. 🙂

    la seule chose qui me faisait du bien de la part des autres cest leur propre vecu « positif » alors je me dis que peut etre toi aussi.

    grosse bise

  10. Fabien dit :

    Alors là +1 par rapport à zoumpapa et Marieh2o, ce n’est PAS pitoyable ! tu déconne là…
    Au contraire ça me parait bien, très bien même, d’attendre.. j’ai pas l’impression que ce soit la peine de lui foutre un coup de boule là, il est pas en train de se débattre en panique à te faire couler non ? il est « calme » ?… Tant que vous vous « entendez » et qu’il te fait pas chier, et SURTOUT tant qu’il assure avec les mômes (dont le besoin le plus important est simplement d’être aimé faut-il le rappeler ?) laisse lui le temps..

    Après si il commence à t’emmerder (ce qui malheureusement risque d’arriver 😦 ..) alors là tu sors l’Apilas et tu le calme.. mais, non, si ça va, wait, see and enjoy life un peu tu as raison 🙂 😉

  11. bon, j’ai eu la flemme de lire tous les commentaires, sans vouloir offenser personne. Au début j’ai cru que tu disais pitoyable rapport à Gandhi et je m’suis dit mais comment peut-on trouver Gandhi pitoyable et puis j’ai compris que c’était rapport aux trucs que tu disais avant 🙂

    Et là j’ai juste envie de te dire: RESPIRE… Tes mots frappent et m’ont coupé la respiration! Ca soulage toujours de dire les choses. Mais garder son calme il te faut, comme dirait yoga. L’emportement ou la colère ne t’aideront en rien à avancer dans ton schmilblick de vie, à mes humbles yeux. Je vais maintenant employer un mot qui en agace plus d’un et dont le terme est malheureusement galvaudé: le lâcher-prise. A faire et pas à dire. A chaque fois que j’ai réussi à lâcher prise sur des situations qui me semblaient inextricables, tout est spontanément allé mieux.

    Pour finir, j’ai l’honneur de t’annoncer que tu es nominée aux Versatile Blogger Awards, article sur mon blog à suivre!

    Courage et bisous

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s