Tendresse

smoke

Je me terre, je me terre.

Je me tais.

Me reposer, d’abord. Retrouver le sommeil. J’ai passé six nuits d’affilées à dormir d’une traite, et bordel, j’en avais besoin. La fatigue est assurément l’un de mes pires ennemis.

Me calmer, ensuite. Prendre de la distance face à la haine. Fumer, fumer, fumer, mais aussi penser pour mieux panser. Relativiser. Ne pas céder à la panique. Ni à la colère de toutes les façons bien trop encombrante pour ma nature.

Me recentrer, enfin. J’ai tâtonné un peu l’adoptisme, et je crois que ça n’est pas ma came. En tous les cas pas en ce moment. Je te raconterai plus tard les détails du pourquoi du comment ça m’a gavé, mais je pourrais résumer ainsi : pas besoin d’adopter pour trouver un plan cul. Pas envie non plus. A la rigueur trouver un amoureux, mais peu de gens trouvent grâce à mes yeux. D’abord j’ai grimpé d’un gros étage en matière d’exigences, et aussi, surtout, je suis ronchon. Et (très) fragile. Donc méfiante. Avec en plus un gros filtre grisâtre devant mes yeux, rapport à la patate.

Ce dont j’ai besoin, en ce moment, c’est d’un truc qui n’existe pas.

De la tendresse masculine sans obligation.

Pouvoir dormir dans les bras d’un pote dont je sais qu’il m’aime, me veut du bien, me comprend. Pouvoir m’arrêter là. Pleurer sur son épaule. Compter sur lui.

Pouvoir basculer vers du sexe tendre, ou moins tendre, mais intense, bienveillant, puissant. Ou pas.

Je me découvre moins téméraire que je ne l’imaginais. Plus brisée.

La période me confirme que j’ai besoin d’être rassurée pour me laisser aller. J’ai beau dire que je ne veux que de la tendresse, je me connais assez bien pour savoir qu’à coup presque sûr j’aurais d’autres envies une fois la dose reçue. Mais je veux la dose. C’est ma came du moment et j’en manque cruellement.

J’ai souvent réparé les hommes, je voudrais qu’on me répare. Ou au moins qu’on m’épargne, qu’on me cajole. Qu’on me donne sans m’en prendre. Qu’on me prenne en me donnant.

Un de mes plus grands amis à qui j’expliquais cela récemment m’a répondu que c’était égoïste de ma part, un peu.

C’est pas complètement faux.

C’est pas complètement vrai non plus.

Et puis me dire ça en plaquant son érection contre ma cuisse au détour d’un câlin consolateur sonnait un peu comme une sollicitation doublée d’une tentative de (petite) culpabilisation. Mais je connais l’animal, c’était pas méchant.

En fait ce qu’il me faut en ce moment, c’est un ange gardien.

Mais un qui a un sexe.

Masculin.

La leçon de piano

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Photos : Harvey Keitel dans Smoke (Wayne Wang) et La Leçon de piano (Jane Campion)

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3 commentaires pour Tendresse

  1. Alabama dit :

    R. , les anges gardiens existent, si si, pas que ça court les rues non plus, mais ça existe. Je te souhaite de trouver le tien.
    Mais sérieux, je vois pas en quoi c’est égoïste.

  2. Sky dit :

    Dis donc, ça me remue dans tous les sens ce que tu dis… ça me donne envie d’être cet homme !

    En qualité de grande friande de tendresse masculine je comprends tout à fait. Ce n’est pas égoïste, mais je suppose que cet ange gardien qui veut bien dormir dans tes bras -ou toi dans les siens- sans sexe à priori, ce ne doit pas être facile à trouver… Je ne vois que des amis de confiance pouvant faire l’affaire… Je vais dire un truc stupide mais… si au lieu de regarde du côté d’adopte, tu faisais un petit tour du côté des asexuels !!! J’ai lu un article un jour où un asexuel racontait qu’il était malheureux de ne pouvoir donner toute la tendresse dont il se sentait capable et comment son désintérêt pour le cul se retournait toujours contre lui…

    Puis-je me permettre une plaisanterie en ce moment de fragilité ? Si je mets un gode, est-ce que je peux faire l’affaire ? 😉

    Courage et plein de bisous tendres…

  3. Cath dit :

    Dans mon chaos conjugal, j’ai eu cette chance immense de le trouver, celui qui m’a tenue dans ses bras, réparée et sauvée. Cerise sur le cake, il était, et est toujours, un super amant. J’en suis sûre, ton sauveur est là, pas loin, il suffit juste de ne pas chercher. 🙂

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