Une femme libre (mais un peu trop)

tank-girl-cropped

Tout a commencé par une histoire de zizi.

Comme d’hab’, tu vas me dire, mais en fait non.

J’te raconte…

J’ai deux petits garçons de 3 et 5 ans (pour ceux qui ne suivent pas là-bas au fond) et je leur ai récemment suggéré d’utiliser un carré de papier-pas-rose (je ne jure que par le papier incolore) pour essuyer le bout de leur vigueur après la miction.

Ils l’ont fait sans broncher – y’a pire comme demande, et puis ça n’était pas une exigence maternelle -, jusqu’au jour où mon grand m’a appris que leur papa, constatant la nouveauté, avait qualifié la chose de « truc de filles ».

Passée la seconde où j’ai imaginé qu’il ne s’agissait là que d’infirmer la parole maternelle (quand il y a de la friture sur la ligne quoi qu’on fasse, on peine parfois à ne pas virer parano), j’ai préféré dire que je ne voyais pas en quoi s’assurer d’avoir un slip sec après un passage là-où-même-le-roi-va-seul (tribute to my mum qui m’a légèrement menti sur le sujet : ça fait exactement 5 ans trois-quart que je n’ai pas eu l’occasion de faire caca toute seule chez moi), je ne voyais pas, donc, en quoi c’était un délire de zouz.

J’ai ajouté que face à ces conseils parentaux contradictoires sur un sujet somme toute absolument personnel – le siège de leur émotion, aka le kiki de tous les kiki -, ils pouvaient bien faire comme ils voulaient, et que personne ne les gronderait.

Mon fils, du genre à biiieeeen vouloir comprendre, m’a quand même demandé pourquoi c’était mieux selon moi, au-delà du calbute qui sera de toutes les façons lavé par môman (mais ça ne va pas durer éternellement, baby). J’ai alors mentionné très succinctement l’éventuelle générosité de ses futures amoureuses, et thanks god !, il ne m’a pas demandé plus de détails.

Quelques semaines ont passé, les petits le faisaient tantôt, tantôt pas, et autant te dire que ça m’en touchait un sans faire bouger l’autre, d’autant moins que j’ai un strabisme divergent. Des seins, je veux dire. Alors ça aide. A bouger l’un et pas l’autre, tu suis ou bien ???

Et puis un soir, plongé dans son bain, mon grand m’en a reparlé :

– « Mais pourquoi c’est un truc de filles, maman ?
– Je ne pense pas que ça soit un truc de filles, mon coeur. D’ailleurs, je pense qu’il y a peu de choses dont on peut dire que c’est « pour les filles » ou « pour les garçons ».
– Ah bon ? Même le rose ? Même les super-héros ?
– Même le rose. Même les super-héros. Tu sais, il n’y a pas si longtemps que ça, on disait par exemple que le ménage était un truc de filles. Contrairement au travail ou au droit de vote, qui étaient réservés aux 
garçons. Sur une base absolument arbitraire, uniquement ancestrale. Et tu vois, aujourd’hui, les hommes peuvent aussi se coltiner la vaisselle, et les femmes ont le droit de voter et de travailler. Ca évolue, tout ça…
– … ?
– Aujourd’hui, les femmes sont libres, enfin, plus qu’avant en tous les cas. Et les femmes qui revendiquent leur liberté sans empiéter sur celle des autres ont bien raison de le faire : ça fait avancer le monde dans le bon sens, mon amour. Et crois-moi, il en a besoin.
– Moi j’aime bien les femmes libres, maman.
– Tu as bien raison, mon loulou, ce sont les meilleures. Et ça tombe bien : ta mère en est une !
– Oui enfin toi, tu es
un peu trop libre, mais je préfère quand même ça…
– Comment ça « un peu trop libre » ?
– Ben tu travailles trop.
– …
– Mais à part ça, j’aime bien que tu sois une femme libre. »

J’étais heureuse d’entendre ces mots sortir de la bouche de mon grand crapaud, même si je sais qu’il ne bite pas un huitième du tiers de ce que ça implique. Mais je sème, je sème…

Et puis il n’a pas complètement tort.

Je travaille trop.

Mais surtout : je suis considérée comme un peu trop libre.

Et malheureusement, être libre peut parfois avoir pour conséquence de faire souffrir des gens qu’on aime. Qu’on supporte difficilement de voir souffrir.

Même quand ils ne sont pas tendres.

Alors suite à un second cataclysme ex-conjugal, j’ai pris une décision : je ne parlerai plus de cul ici.

Ou plus exactement : je ne parlerai plus de MON cul ici.

Et plutôt que de me laisser aller à le vivre comme si on me bâillonnait, je décide de le transformer en challenge. Il n’est jamais trop tard pour apprendre à être intéressante même sans montrer ses fesses.

Surtout si ça évite le malheur d’un homme cher à mon coeur.

Qui, je l’espère, comprendra enfin que je ne lui veux pas de mal.

Ni à lui, ni à moi.

A bon entendeur.

TankGirl

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20 commentaires pour Une femme libre (mais un peu trop)

  1. Brigit dit :

    bah, c’est vrai il n’y a pas que le (votre) cul dans la vie… il y a aussi le sexe ! :p

  2. zut dit :

    Tu vas donc parler de pognon ?
    Parce qu’à part le c.l et le pognon dans la vie, je vois pas ce qu’il y aurait d’intéressant !

  3. Judie K dit :

    Si c’est le moyen de ne pas faire de mal (malgré toi), pourquoi pas… Mais je suis dubitative quant au fait que ce soit, ne serait-ce que l’amorce d’une solution qui apaise l’homme blessé.

  4. Sir John dit :

    Et bien voilà un retour…à deux lames.
    1. Transmettez de ma part à vos petits que la propreté n’est pas l’apanage des filles, mais celui des gens respectueux des autres, à commencer par eux-mêmes (même pas besoin de girl friend future). D’autant que, excusez la parenthèse technique, il n’est que peu utile, voire contreproducif, « de frotter », thanls to la capillarité. Un peu de délicatesse est nécessaire, et suffira.
    2. Sage décision, sans nulle doute, puisque la votre. Lourd défi…mais, on est pas des pervers, hein….
    Cheers,

    S.J.

  5. Heimdall dit :

    Mon premier réflexe fut de me dire : « il a raison…choisir d’utiliser un papier « non rose » c’est vraiment un truc de nana.. »^^.
    Enfin, je sais pas vous, mais un mec regarde pas la couleur du papier, qu’il soit rose ou pas rose, peu importe pourvu qu’on puisse en avoir pour l’utiliser… ^^

  6. luciaombre dit :

    Tout ça grâce à bout de papier toilette. La vie est surprenante

  7. Alabama dit :

    Chère Femme libre,
    intéressante, vous l’êtes, même sans parler de votre cul,
    mais vous en parl(i)ez si bien…
    si le baillon n’est pas une ceinture de chasteté …

    • R. dit :

      Chère Alabama, non, ça ne sera pas le cas. Ca n’est d’ailleurs nullement la demande. Merci pour le compliment, et je vous promets de vous alerter si un jour je devais aborder à nouveau ce doux sujet. 🙂

  8. Juste pour dire que le PQ blanc n’est pas incolore, il est blanc.
    Sinon, y a un petit dicton fataliste qui dit « Qu’on la secoue ou qu’on l’agite, la dernière goutte est toujours pour le slip ». Il m’arrive (rarement) d’utiliser un peu de PQ après la miction, mais je préfère, quand il y a un lavabo à proximité, carrément laver le tout. Et pis au pire, un peu de pipi se dépose dans le caleçon, c’est pas dra-ma-tique, hein. C’est comme tout, il faut faire preuve de modération.

    Je trouve que le sexe faisait un bel équilibre entre le sang et le lait maternel ; ça va manquer.

    • R. dit :

      Cher CUI, relis-moins bien, à aucun moment je ne parle de papier blanc. Je sais bien que l’immaculé se paye à grands renforts d’agents chimiques. Mais ma préférence pour le sans couleur n’est même pas d’ordre écologique ou sanitaire. Je te raconterai un jour, si tu veux. C’est un peu chelou…
      Laver le tout, c’est l’idéal, je suis bien d’accord. Il fut même un temps où j’avais mis une bouteille en verre remplie d’eau à côté des toilettes pour cela. Et rien de dramatique dans tout cela, c’est bien ce que je dis tout le long de ce billet, enfin plutôt du suivant.
      Pour finir, certes, j’aimais moi-même cet équilibre. Mais je crois que je préfère assurer l’équilibre des miens. Et les miens n’iront bien que si leurs vieux ne s’effondrent pas. Alors je dealwizit. 🙂

      • Dans ce cas, il n’est toujours pas incolore, il doit être dans les tons bruns clairs, ton PQ. Nan ?
        Ça m’intéresse ! J’ai pas peur des trucs chelous. Moi, je le préfère blanc pour bien voir si c’est propre.

        • R. dit :

          Moi ce que je voudrais savoir c’est, du coup, qu’est-ce qui est « incolore », pour toi ? 😀
          (et sinon ça a un rapport avec la traque d’une éventuelle goutte de sang quand j’essayais de faire mes bébés et quand j’étais enceinte… avec du papier rose mouillé, on peut vite croire voir du rouge)

          • Ben pour moi, incolore c’est rien d’autre que ce qu’en dit le dictionnaire. Genre transparent, en fait. Et toi j’ai l’impression que tu l’utilises dans le sens « non teint ».
            Donc, effectivement, le PQ incolore, pour moi, ça n’existe pas 🙂

  9. Un lecteur dit :

    Tiens le coup du PQ pour les mecs…
    Pendant des années, le PQ pour un pipi, c’était un truc de fille. Et puis j’ai vieilli, et le machin, hein, s’essore moins bien, au point que même la double couche des slips mâles (j’ai enfin compris à quoi servait ce doublage!) suffisait plus, et t’as pas l’air d’un con quand ton futal a une tâche au mauvais endroit. Bref, le PQ c’est pour les filles et pour les mecs qui sont plus tout jeunes.

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