Oubli, précarité et 36 printemps

Unfil

Bon bon bon, je sais je sais je sais, ça fait un million d’années. Limite tu te souviens plus de moi.

Non ? T’es sérieux ?

Mais si tu sais, la meuuuf, là. Qui parle de cul, enfin, qui parlAIT de cul, parfois de sa marmaille, qui faisait des blagues moisaves à base de comique de répétition et de popopopo, tout çaaaaaa.

Genre blonde avec des tongs quand il fait beau, c’est-à-dire un jour sur 822.

Ca y est, tu situes ?

Je suis bord vexée, mais bon… j’avais qu’à publier, hein.

Mais voilà, comme je l’ai dit, écrire sans inspiration c’est un peu comme baiser sans désir. Nul.

Le pire c’est que je reviens juste histoire de ne pas tomber totalement dans les abîmes de l’oubli, et même pas parce que j’ai des trucs chant-més à te raconter. Narcisse, quoi. Mais je voulais quand même te parler de la précarité.

Pas la précarité financière, hein. Bon, j’ai beau pas être très riche, je reste du bon côté de la barrière et je ne peux pas décemment prétendre que je vis dans la précarité vraie.

Tant mieux, d’ailleurs.

Non je voulais te parler de la précarité des choses.

De la vie, par exemple.
Ma mère a failli y passer il y a deux mois, fausse route quasi fatale. La vie qui ne tient qu’à une bouchée mal avalée…
Je dois dire que ça m’a fait un petit aller-retour émotionnel, kômême. J’ai fait comme d’hab les premiers jours, à base de même-pas-mal-tout-va-bien-je-gère, pour finalement me prendre un gros retour de bâton quelques jours plus tard.

Précarité de ce que je pensais de ma hâte que ma mère passe l’arme à gauche, donc. Pas si simple tout ça. Drôle de paradoxe. Enfin « drôle »… façon de parler.

Précarité des humeurs du père-de-mes-enfants, aussi. Communication rompue à nouveau, pour une raison qui m’échappe, verrou en béton armé que même un bazooka lui mettrait pas sa pâtée à çui-là. J’imagine que c’est la peine qui se transforme en haine qui parle, mais bon… dur à encaisser quand on a fait tout ce qu’on a promis qu’on ferait.

T’façons, je suis impuissante, yaka serrer les dents et attendre que ça passe.

Si ça passe.

Précarité de l’amitié, enfin. Il y a peu je me suis encore pris dans la gueule un gros soupçon infondé sur mes prétendues activités sexuelles avec un pote qui est aussi le mec d’une pote. Je comprends bien que mon amie l’ait cru, un indice pouvait prêter à confusion et puis je suis chelou sur la question et donc un peu Satan, dans la tête des gens. Mais ça m’a fait bien mal.

Au final, l’amitié et la vérité ont triomphé, mais la discussion qui a suivi, même si elle a permis de réaffirmer l’amour indéniable, m’a laissé un goût un peu amer sur certains points. Faudra que j’y revienne, je pense.

Et je me dis encore une fois qu’alors que mes potes – hommes et femmes – n’hésitent pas à venir me raconter leurs travers, leurs contradictions, leurs distorsions, leurs désirs interdits, leurs fluctuations, conscients que je ne les jugerai pas et les conseillerai autant que possible et toujours en toute bienveillance… ces mêmes potes, et plus encore les filles, sont les premiers à me dézinguer si d’aventures leur petit pré carré semble menacé. Quand bien même ils auraient eux-même des trucs pas très nets dans leur baluchon.

Ca frise parfois la malhonnêteté intellectuelle selon moi, et ça me fait ruminer rapport que je suis taureau, mais bon. Je sais que ce sujet est épineux et que chacun le gère comme il le peut.

J’ai surtout cette peur tenace qu’un jour tout s’effondre et qu’on ne retienne de moi que cette petite part de bizarrerie et pas tout ce que j’ai pu faire de beau et louable pour les miens.

Bon, ça sonne déprime ce texte, alors que je suis en pleine tentative de reconquête de mon lectorat (c’t’ingrat qui savait même plus que j’étais une blonde en tong en face d’un carrouf), alors je vais quand même ajouter que OK, ya eu du mauvais ces derniers temps, mais que QUAND MÊME, ya aussi eu du bon.

A commencer par un nouvel anniv surprise organisé par mes amours d’amies, le 3e en 3 ans, ça a parfois du bon d’en baver, en fait… Super soirée, j’ai mojitisé à mort sans m’écrouler, on a ri on a dansé, c’était tout doux d’être si bien entourée.

36 ans, ouais. C’est un peu tard pour te l’annoncer, mais je prends les gentillesses quand même, hein.

Parait que 36 ans c’est de la balle, genre 3 x 12, genre nouveau cycle, genre cheval l’année du cheval, genre l’amorce de la meilleure décennie de ta vie.

Ca serait cool.

C’est ptet pas si mal parti…

Cet article a été publié dans Du sang. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

32 commentaires pour Oubli, précarité et 36 printemps

  1. ouplala dit :

    (Je me demandais justement si mon « alerte article » fonctionnait toujours..)
    ça me parle ce truc de 3×12 ouais, l’alignement des astres pour un nouveau cycle, tout ça. J’y penserai quand viendra mon tour, d’ici là bonne préparation pour ton nouveau cycle à toi, le retour de l’inspiration et plus encore

  2. L'Onirique dit :

    bon anniversaire en retard donc!

    mais quand même..
    comment veux tu que le lectorat t oublie!

    bises!

  3. Un passant, au loin. dit :

    2 ^ 2 * 3 ^ 2, c’est tout joliment carré en nombres premiers.
    Eh bien, qu’elle ne soint point carrée, l’année. Plutôt enchantée…. et première d’un renouveau dans ce joyeux terreau.
    Vous avez bel âge, même en retard.

    J’aime ce que je découvre, vous lisant.
    (je salue l’Onirique. Belle âme amie.)

  4. Jeanne dit :

    Chère R,
    J’ai passé les 3×12 il y a près d’une décennie et, c’est vrai, je suis de plus en plus heureuse.
    Les événements peuvent être aussi difficiles, il y a encore des virages mais je les négocie bien plus souplement. J’en arrive, de plus en plus souvent à aimer ce qui est.
    Je suis heureuse de vous lire, ce soir.
    Je pense à vous très souvent.
    Comme à certaines héroïnes de roman qui m’inspirent. Sauf que vous respirez vraiment, sur la même planète que moi.
    J’ai confiance en vous, je sens que la suite de l’histoire sera belle.
    Jeanne

    PS : vous vous êtes engagée à ne plus raconter vos histoires de cul…d’accord. Avez-vous déjà essayé d’en inventer? Simplement pour ne pas nous priver de votre style… Et pour, peut-être, transfigurer ce qui doit s’exprimer?

    • R. dit :

      Jeanne, ça suffit, vous avez failli me faire pleurer ! 🙂
      Quant aux histoires inventés, j’ai toujours pensé que je n’avais aucun talent pour ça. Je ne sais écrire que ce qui jaillit tout seul. Ptet que je me trompe. Ptet qu’il faudrait que je m’y essaye. Je vous remercie de me motiver.

  5. MINNER dit :

    En voilà une bonne nouvelle !
    De vous lire,
    De vous savoir de retour,
    D’avoir joliment 36 ans à porter !!!
    Je les ai dépassés il y a déjà bien longtemps et ce ne fut pas pour moi une période passionnante…Pour plein de raisons.
    Laissez tomber les bornes des âges. Vivez l’instant, les instants présents, à fond !!
    Respirer l’air du moment avec envie me semble être un des points communs de cette petite communauté qui se balade ici et vous attendait avec bienveillance….
    Bon anniversaire.

  6. zoumpapa dit :

    Mais qui c’est qui est de retour, bonne nouvelle! 🙂 Bel anniversaire aussi, spèce de jeune fille de 36 alors que moâ Madâme je m’en vais dans 8 jours « fêter » mes kar..quar…(j’y arrive pas, on essaye en chiffres) 40 ans (aaaargh). (…en plus je m’en souviendrai de cette p**** d’année…)
    Bref gros bisous pour plein de bonheur à venir (c’est pas mignon ça?)

    • R. dit :

      Il parait que la quarantaine est la nouvelle trentaine a.k.a. ze best âge ever, baby… 🙂
      (alors happy forty avec un peu d’avance, certes, mais comme ça tu t’entraines)

  7. Je ne sais pas si mentionner tes tongs est la bonne tactique pour reconquérir ton lectorat.
    #MyOwnPrivateGuéguerre

    • R. dit :

      Tu veux être mon community manager ?
      #AvecMoiCetteGuerreEstPerdueDavance
      (et aussi : enjoy ton mois de juin… 😉 )

  8. Marie dit :

    Je pensais souvent à toi du fond de mon propre silence… Très belle nouvelle donne alors pour les 3×12! Demain, je passe le gué des 11×5…. Ça me donne un peu le tournis! Va bien la belle en tongs. Je t’embrasse. Marie la Sardine.

    • R. dit :

      J’ai toujours adoré les impairs, alors ton 5×11 me parle bien. Happy happy you, jolie sardine de l’été… 🙂

  9. Alabama dit :

    ces points de suspension derrière la dernière phrase me donnent envie d’y mettre de la joie et de belles choses pour toi, hauts les cœurs ! la bise

  10. Un lecteur dit :

    Bon anniversaire…
    Pas grave pour l’absence, avec le flux rss on zieute…

  11. Volu Bilis dit :

    Poppopop !!!

    ça y est mon compte WordPress fonctionne !!!

    Pour te dire que je t’aime, que les 36 printemps font de toi une aube rose fleurie de délicatesse qu’on t’en donnerait 45 de moins !!!

    Que si y a des couilles à casser, je suis ton homme et gratis encore !

    Que jamais, jamais, jamais tu entends ! tes absences n’engendreront l’oubli !

    • R. dit :

      Pfff, ma volu, me dis pas des gentillesses pareilles, après j’ai envie de lâcher ma larmichette…
      Merci, tu es un chou. J’espère que tu vas, et je suis heureuse de voir que finalement, pour le moment en tous les cas, tu continues à écrire. Des bisous.

  12. zut dit :

    Enfin, bon, je reviens de vacances et rien !
    Eh bien je retourne en vacances.

    • R. dit :

      Très bon choix, Zut.
      Et promis, je reviens vers la rentrée au plus tard.
      Il se passe des choses. Certaines chouettes. Mais je ne peux rien dire pour le moment.
      Teasiiiiiing… 🙂

  13. jeanne dit :

    Bonjour, comment se passe l’été?

    • R. dit :

      Bonjour Jeanne, il se passe, il se passe… Plutôt bien, même. 🙂
      Je pense revenir par ici en septembre, j’ai plein de trucs à dire. Bonne fin d’été à vous.

  14. jeanne dit :

    Le lectorat est toujours là, patient et admiratif, de la personne et de son style littéraire !

  15. zut dit :

    Ca y est, on est en septembre. Et… rien.
    Reste un quinzaine, puis ce sera la corse, l’espagne et retour début décembrpour préparer les petits gâteaux de noël.

    Pffff, c’est dur la vie.

    • R. dit :

      Cher zut, c’est la faute au grand capitalisme qui me broie de boulot depuis mon retour… Promis, je fais mon possible pour publier la semaine prochaine : j’ai plein de trucs à dire ! De l’avantage de prendre le large pendant 4 mois. 🙂

  16. isaacfrelon dit :

    C’est marrant ça, je me dirige vers ton blog afin de faire un coucou de retour suite à mon absence impromptue de la blogosphère et je lis que tu étais aussi absente… Autre chose, j’ai aussi subis un anniversaire surprise récemment, bon moi j’ai 32 ans par contre, désolé. Bref, je revenais te faire un coucou, j’ai dû interrompre mon blog car une personne qui ne devait pas tombé dessus … est tombée dessus ! Mais aussi pour t’annoncer que mon blog va prochainement devenir un livre ! J’ai trouvé un éditeur ! Une grande aventure commence ! Je te tiendrai au courant de sa sortie si ça t’intéresse … Voilà, je va

  17. isaacfrelon dit :

    … Voilà je vais essayer de reprendre un blog car j’ai adoré ça, les échanges, les commentaires, lire les autres blog notamment le tien dont le titre me fait rêver!!

    Au plaisir de te lire

    Isaac

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s