Coquillages et céphalées

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J’ai un milliard de choses à te raconter. Bon enfin un milliard, tu connais mon enthousiasme, hein, si ça se trouve dans 2 minutes c’est à nouveau la sécheresse totale.
Mais là présentement maintenant tout de suite, j’ai l’impression d’avoir le modjo.

Du coup, je ne sais presque pas par où commencer.

Ah si, tiens… par un message personnel : si tu me lis, ne va pas croire, s’il-te-plait, que je me remets à écrire parce que tu m’as fait part de ton intention d’être moins dur avec moi, levant ainsi partiellement ma petite terreur personnelle face à tes réactions. C’est vrai, ça m’a soulagée que tu me dises ça, mais j’avais décidé de ressusciter ma plume avant. D’ailleurs, après notre brève discussion, j’ai douté. Mais ça me manque alors je souhaite reprendre mon flow. Pas pour te faire du mal. Si ça t’en fait, je te supplie d’arrêter de venir ici. Et j’espère que tu ne changeras pas d’avis.

Alors je vais commencer par ce truc de fou qui m’est arrivé cet été alors que je savourais délicieusement ma parenthèse corse annuelle, un mal dont j’ignorais totalement l’existence et qui, si je n’étais pas religieusement mécréante, m’aurait fait penser à une punition divine ou à un sort jeté par un homme qui m’en voudrait encore beaucoup. Il y en a deux, à ma connaissance, et si quelqu’un veut exprimer sa haine à mon endroit, qu’il le fasse maintenant ou qu’il se taise à jamais.

Donc il y en a deux, et c’est déjà deux de trop pour mon petit cœur d’artichaut, mais kestuveux, j’y peux rien, j’ai bien essayé de changer les choses et ça m’a coûté bien plus cher que si j’avais été une connasse finie.

Bref, j’étais là, avec mon nouvel amoureux (oui, j’ai un nouvel amoureux, je te raconterai le où-quand-qui-comment-pourquoi bientôt, surtout que je le cédéiserais bien, le bonhomme)(il n’a pas l’air contre), ça faisait 3 jours qu’on s’envoyait en l’air autant que possible (avec deux enfants de 4 et 6 ans dans les parages, donc pas exactement 24/24 non plus)(plutôt une heure entre 22 h et 23 h, en fait)(mais une heure optimisée), d’autant plus que ça faisait 10 jours qu’on ne s’était pas vus, bref : on baisait.

Présentement, il se trouve qu’on baisait debout – la verticalité m’a toujours rendue une peu chose -, contre un mur, et contrairement à ce que pourrait te laisser penser tout ce que j’ai écrit sur mon amour du doggy style (que je ne renierai jamais), nous baisâmes face à face.

Je précise pour une raison précise que tu comprendras précisément bientôt.

L’homme étant très doué pour la chose, en tous les cas fait dans le même moule que moi à deux-trois détails près (il a une bite)(moi pas), j’étais dans un état de fébrilité qui m’indiquait que mon orgasme allait survenir dans à peu près 67 secondes.

Et là tout à coup, sans prévenir, un gros coup de massue s’abat derrière mon crâne.

A priori pas administré par mister, puisqu’étant en face de moi (d’où la précision ci-dessus), je l’aurais vu venir (et j’aurais trouvé ça pas bien courtois).

Il n’a rien vu de mon trouble, j’ai pensé à une insolation à la con même si ça ne m’est jamais arrivé, et j’ai continué mon chemin clopin-clopant jusqu’au climax partagé, qui a mis du coup un pti chouïa plus que 67 secondes à arriver, finalement.

On s’est étreint et je lui ai tout de suite dit qu’il fallait que je m’allonge parce que j’avais l’impression que mon cœur allait exploser dans ma nuque. J’avais des pulsations hyper douloureuses qui irradiaient de l’occiput vers le haut de ma tête, et je savais plus trop où j’habitais.

Après avoir passé une heure en vrac, j’ai été acheter du paracétamol parce que la douleur s’atténuait à peine alors que je suis plutôt une dure au mal (physique).

Et la douleur a duré.

Le lendemain, nous avons remis ça avant son départ et nos nouveaux 10 jours de disette, toujours debout et… rebelote. J’ai même pas pu aller jusqu’au bout, alors que j’étais vraiment pas loin : je me suis contentée de l’y emmener.

Là, comme je suis un peu un génie, j’ai commencé à faire le lien entre mon excitation et la batte de baseball qui m’assommait. Mais quand même, nos trois premiers jours de vacances ensemble avaient été limite plus fous sexuellement, j’avais même hululé alors que je suis pas trop du genre bruyante, pourquoi là subitement ??

Je suis revenue sur l’insolation et j’ai repris deux dolipranes.

Le lendemain soir, j’étais à nouveau seule avec mes enfants qui pioncaient ENFIN du sommeil du juste (j’étais fatiguée)(très)(je le suis toujours)(trop)(je me demande quand ça ne sera plus le fil rouge de ma vie), mon mec me teasait par sms, et je me suis dit que j’allais faire d’une pierre deux coups en m’auto-envoyant en l’air histoire de bien dormir tout en vérifiant cette éventuelle corrélation entre mes orgasmes imminents et les migraines tonnerre.

Je ne te fais pas un dessin, hein, mais je précise que cette fois-ci j’étais allongée, sans contractions musculaires autre que celles de mon périnée (et un petit peu de ma main, aussi). Mais le dos total décontract.

Et bim, la massue qui s’abat, les artères occipitales dont on a l’impression qu’elles vont péter dans la seconde, la douleur insupportable.

J’ai voulu continuer, mais ça pulsait tellement que j’ai capitulé.

J’ai commencé à me dire que je faisais une rupture d’anévrisme alors que j’ai pas une once d’hypocondrie en moi. J’ai imaginé ce qui se passerait si je crevais, là maintenant tout de suite dans cette maison fermée à clé avec mes deux petits dedans et personne qui s’inquiéterait le lendemain de ne pas me voir arriver chépaoù. J’ai poussé un peu loin le scénario, et puis j’ai rererepris un doliprane.

Une heure de cogite et de douille plus tard, incapable de dormir, j’ai googueulisé « douleur derrière le crâne au moment de l’orgasme », même si je sais qu’il ne faut jamais aller sur internet dans ce genre de situation.

Et je suis tombée sur des tonnes de témoignages d’hommes décrivant exactement ce que je vivais. Ce qui m’a beaucoup rassurée, mais mis quelques doutes sur mon identité sexuelle.

CE MAL EXISTAIT.

Il s’agissait de céphalées orgasmiques. Touchant un homme sur cent, et quelques rares femmes (j’ai hésité à aller jouer au loto, du coup), c’est une sorte de truc un peu méconnu mais néanmoins identifié médicalement. On sait pas trop pourquoi ça vient d’un coup, pourquoi plus chez le sexe masculin, comment le traiter, pourquoi ça peut repartir aussi sec, mais on sait que ça n’est pas une vue de l’esprit.

J’ai décidé de faire ceinture jusqu’à nos retrouvailles : plus de migraines. A mon retour, on a remis ça : plus de migraines à part un épisode le lendemain de ma première nuit parisienne.

Mon médecin m’a quand même envoyée faire un IRM cérébral avec injection sous 15 jours, « juste pour vérifier qu’il n’y a pas une petite hémorragie interne mais ne vous inquiétez pas madame », et youpi tralala, j’ai le cerveau d’une jeune fille de 36 ans, tout bien étanche comme il faut.

Alors voilà, si un jour tu es au bord de l’orgasme et tu as subitement l’impression que tu vas clamser du cerveau, tu sauras.

Tu sauras que c’est probablement rien qu’une céphalée orgasmique. Qui va certainement se barrer après quelques épisodes. Mais qu’il faudra quand même aller te coller dans un tunnel qui fait toctoctoc sans bouger et shooté à l’iode pour vérifier ta beauté intérieure.

L’avantage, c’est que du coup, je sais que j’ai pas de tumeur non plus.

Et je te jure, je ne suis pas du tout hypocondriaque.

 

Prochainement sur ce blog : qui est ce nouvel homme, comment ça fait du bien, la face nord le retour, l’éloge du manque, celui qui m’a proposé de l’argent pour donner de ma personne et comment ça a tourné, mon ambivalence sur mon envie d’écrire et de prêcher la bonne parole, mes petits et leurs drôles de raisonnement et toujours aucune photo compromettante… Heureuse de vous revoir !

 

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14 commentaires pour Coquillages et céphalées

  1. Gawel dit :

    Yeeeessss !

    Je sais que je me suis fait(e) super rare ces derniers mois avant que tu ne disparaisses à ton tour (la faute à la lecture sur smartphone et à cette obligation de se connecter, c’est plus pénible pour commenter) mais je te lisais et je me demandais si tu reviendrais 🙂
    Quel plaisir ! Surtout de lire que ça va plutôt pas mal.
    Non parce qu’il ne faut pas oublier que dans migraines orgasmiques à répétition il y a orgasme sur le point d’arriver souvent ! Et ça, c’est bon.
    (Contente que ça soit passé d’ailleurs)

    A dès que tu auras le temps de te raconter, puisque l’envie semble là.

    Des gros bisous !

  2. irmazinha do coração dit :

    Ouaaaaah le teasing de ouf 😜
    Ravie que tu sois de retour!!!

  3. Ouplala dit :

    cool de te revoir et en plus avec un climax du feu de dieu!

  4. Tarzan dit :

    Extra !

  5. Sophie S. dit :

    Youpie !

  6. Marie dit :

    Welcome back! We missed you (well, at least, I did!)…

  7. R. dit :

    Merci mesdames pour votre accueil chaleureux ! Ça me confirme que j’ai envie de reprendre ma plume, mon blog. Et la lecture des vôtres, pour celles qui en ont. Des bises !

  8. zoumpapa dit :

    Haaaa mais en voilà une bonne surprise! Chouette retour dans des conditions (presque) optimales et des trucs à raconter (en plus), mais que demander de plus ? (je te le demande)
    A très vite alors! Bises

  9. tomas dit :

    j’ai connu ce truc…il y a très longtemps. C’est reparti aussi vite que c’est revenu… Heureux de te voir revenir !

  10. mars dit :

    Lectrice silencieuse depuis longtemps, je sors juste dans ce petit rai de lumière vous dire que je suis bien contente d’avoir l’occasion de le redevenir. Votre chemin me plaît bien.

  11. jeanne dit :

    Oh heureuse aussi, tu peux pas savoir !

  12. J’ai eu un peu plus peur en voyant les photos en début d’article qu’arrivé à la fin.
    Bon, quand même pas de bol. Ça n’existe pas les migraines-de-la-descente-de-poubelle ou les migraines-de-la-déclaration-d-impôts (enfin une phobie administrative justifiée médicalement !).

    Bref, content de te voir reprendre la plume avec ta verve habituelle !

  13. Coccinelle dit :

    la migraine orgasmique peut également être la conséquence d’une hypertension … mais j’imagine que votre toubib a du vérifier.
    Welcome back !

  14. Sky dit :

    Personnellement quand j’ai mal au crâne (la fameuse migraine) il faut que j’oublie le sexe. La tension qui précède l’orgasme découple la douleur, le tout monte en intensité et plus j’approche de l’orgasme plus c’est insupportable. Heureusement ça ne m’arrive pas souvent… 😉

    Bises

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