Boussole

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Voilà donc plus d’une demi-année que j’ai rencontré mon nouvel amoureux.

Ca a été très vite et très fort entre nous, dès le départ. Une sorte de rouleau-compresseur broyant tous les obstacles qui pouvaient se dresser devant nous. Une évidence, surtout…

J’en suis encore stupéfaite. Il m’est si familier. Il m’arrive de penser qu’il est mon miroir masculin, même si je sais que c’est une idiotie de parler ainsi. Et puis il est simple à vivre, comme s’il avait à cœur de ne pas abimer une jolie chose pour des broutilles.

Moi qui suis si prompte à la culpabilité, je découvre le confort de pouvoir agir comme bon me semble sans craindre le courroux, la gueule ou l’abandon. De pouvoir dire non sans blesser, de pouvoir demander sans avoir l’impression de quémander.

Fluidité, c’est le mot qui me vient à l’esprit quand je pense à nos discussions. Et je vois bien que c’est une base solide. Même si je sais que rien ne nous garantit une connexion céleste éternelle. Peut-être qu’un matin l’un de nous deux se réveillera moins amoureux, moins désireux de continuer ce chemin à deux…

Life is life, nana nanana.

Mais je n’étais pas là pour te parler de ça, pardonne-moi ce petit moment d’égarement sentimental.

D’ailleurs, si tu as déjà lu certains billets de mon blog, quelque chose me dit que tu te doutes bien de quoi je veux parler avec un titre pareil.

BOUSSOLE • n. f. • Instrument qui indique le nord magnétique à l’aide d’une aiguille aimantée mobile, fixée au centre d’un cadran.

Non…? Toujours pas ?????

Tu le fais exprès ou bien ?

Bon laisse tomber, j’t’essplique.

Ca faisait donc genre un mois qu’on se sautait dessus dès qu’on le pouvait, mon loverboy et moi, conscient de notre indéniable compatibilité horizontalo-verticalo-diagonale, et j’étais étonnée qu’il n’ait pas encore tenté quoi que ce soit impliquant mon arrièrité.

Ma face nord, je veux dire.

D’autant plus que l’homme n’avait pas l’air d’être le dernier des gourmands du sexe, ni le dernier des aventuriers du cul.

Pas même une petite glissade sur le thème oups-pardon-c’est-mon-index-qui-a-ripé.

(On ne vous croit pas, les gars, que les choses soient bien claires…)

J’ai fini par lui demander un matin de printemps s’il était particulièrement délicat ou tout simplement pas du tout intéressé par la sodomie.

Rapport que je te rappelle que mon unique expérience de conjugalité m’avait plutôt donné une image insistante de la volonté de l’un d’enculer l’autre – je parle là au sens propre et non au figuré, même si je ne suis pas hyper sûre que le terme soit parfaitement approprié.

Il a eu un sourire espiègle, puis m’a répondu qu’il aimait cela mais qu’il estimait que c’était au futur accueillant d’exprimer son envie d’accueillir.

J’ai ri, charmée.
Je lui ai raconté succinctement mon rapport au sujet : aucune envie pendant longtemps, l’idée de garder cela pour mes environ-40-ans, la pression relou anéantissant mes amorces d’élan, mes deux tentatives mi-figue mi raisin, la certitude qu’en ce qui me concernait c’était la double sinon rien.
Et j’ai conclu en lui disant que je m’en remettais à lui en lui offrant mon cul. Pas forcément maintenant, mais quand il lui semblerait judicieux d’attaquer ce versant.

La délicatesse fait tomber les barrières plus facilement que l’insistance, n’est-il pas ?

Il a accepté la mission en se marrant, et avec une pointe de fierté dans les yeux.

Et puis les semaines ont défilées. Et rien ne se profilait à l’horizon.

Pas même le début d’une once de commencement de l’immersion d’un millième de phalange.

Il savait pourtant qu’il pouvait.

Je savais qu’il savait qu’il pouvait, puisque je lui avais clairement dit.

Il savait donc que je savais qu’il savait qu’il pouvait.

Je riais intérieurement : cet homme était décidément très malin et maîtrisait parfaitement les rouages du désir.

J’en suis arrivée à me demander s’il avait bien compris qu’il pouvait…

J’ai même fini par lui poser la question directement.

Il a ri et m’a répondu : ne t’inquiète pas, tout vient à point à qui sait attendre. Tu m’as offert cela et je prends la mesure de ce cadeau. Je ne veux pas te brusquer.

J’ai surtout entendu : je veux que tu me supplies d’y aller.

Malin, j’te dis…

Petit à petit ses mains se sont approchées du point septentrionnal. Sans y toucher.

Je frétillais.

Puis en m’effleurant.

Je piétinais.

Dans l’expectative de ce moment où il finirait bien par s’introduire doublement.

Je trouvais cette incertitude assez délicieuse. Je me demandais toujours si c’était pour cette fois. Je m’y préparais et mon envie grandissait alors que nos ébats s’additionnaient.

Jusqu’au jour où…

Ce ne fut que le bout du doigt, mais l’attente lui avait conféré un pouvoir incommensurable.

Aucune entrave et un orgasme quasi-instantané.

Ebahie et essouflée j’étais…

Heureux de l’effet produit sur moi, et voyant que je ne m’y opposais pas, il y est souvent revenu. C’était drôle, parce qu’alors que souvent j’étais déjà au bord de la jouissance, pas loin de basculer, il suffisait que j’entende sa bouche saliver sur son pouce pour que mon plaisir se mette en stand-by sans perdre en intensité, pour que mon ascension se transforme en plateau, pour que tout mon être se mette en attente, attente toute moite de cette exquise cerise.

Efficace cerise. Meilleure encore puisque non systématique.

Une jolie surprise…

Depuis, je chemine tranquillement sur cette voie au bras de mon talentueux guide de montagne, je gravis la pente douce, franchissant les étapes petit à petit avec beaucoup de plaisir.

Et j’ai cette agréable impression d’avoir trouvé ma petite boussole personnelle.

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7 commentaires pour Boussole

  1. Marie dit :

    Ton « égarement sentimental » ne te fais rien perdre de ta verve… J’aime toujours autant te lire (d’autant que je me souviens parfaitement des épisodes de la face Nord! 🙂 ). Va toujours aussi bien ma belle!
    Bises du sud (où il fait très mouillé ces temps, mais pas pour la bonne cause…).

  2. Jeanne dit :

    Et pendant ce temps, j’ai perdu le Nord…

  3. Alabama dit :

    délicieusement écrit cette exquise cerise 🙂

  4. Dita dit :

    Attirance magnétique 😉

  5. MINNER dit :

    Cela fait bien longtemps que je n’ai pas lu un aussi joli texte parlant de la sodomie…Direct, sans détour mais tellement sensuel. Je reste persuadé que, même si c’est un acte très fort physiquement, le secret de ce plaisir est avant tout cérébral…Il m’arrive de demander à ma partenaire si elle partage mon envie de sodomie du moment, pour être juste satisfait par son acceptation, sans aller forcément jusqu’à concrétiser. L’assentiment et l’offrande que cela représente sont déjà très très excitants. Ensuite, il faut être tous les deux prêts et dispos. Les hommes ont du mal à avouer que ce n’est pas forcément toujours le plus jouissif physiquement…Mais l’envie, la représentation, la force de l’idée même, sont chargées d’une symbolique très puissante qui doit être entièrement partagée. Au bout de ce partage…Le plaisir commun, forcément commun.

  6. Il y a quand même une sacré différence entre un doigt qui caresse l’anus et une queue qui encule – si je peux me permettre ces propos directs. Je ne connais pas beaucoup de femmes (à part la mienne) qui n’aiment pas sentir là une phalange pour accompagner un coït vaginal (d’ailleurs, les hommes sensés devraient aimer tout autant, car c’est une belle zone érogène).

    Moi aussi, je suis en train de cheminer sur ce chemin… Je progresse bien 😉

    (Et lui, il aime qu’on s’occupe de sa face Nord ?)

    • R. dit :

      Et bien moi, avant, je n’aimais pas. Malgré mon ouverture d’esprit.
      Et oui, il maîtrise parfaitement sa face nord, même si en ce qui nous concerne, ça n’est pas encore d’actualité. Cette maîtrise est probablement ce qui fait de lui un homme fort délicat sur le sujet. 🙂

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