Mimolette

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Attention, ceci est un titre à circonvolutions.

C’était il y a plus de 2 ans, quelques mois avant que je rencontre mon mistalovalova.

J’étais un peu sombre, rapport que la vie n’était pas bien simple, et un jour de sommet hormonal, j’avais écrit un billet tout foutraque que je terminais en disant vaguement que j’avais envie de niquer mais que je ne voyais pas avec qui.

Pas que personne ne voulait de moi, hein ! Dois-je te rappeler que je suis de la bombe baby ? J’ai pas le monde à mes pieds, non, juste ce petit talent de savoir être désirée par quelques garçons qui m’aiment et que j’aime. Beaucoup.

Mais il y avait ceux dont je ne voulais pas, ou plus, ceux qui étaient trop loin, ou trop complexes, et surtout ceux qui étaient bien en main, certains fidèles et d’autres moins mais dont je ne voulais pas risquer de compliquer le quotidien.

Au petit matin du jour suivant la publication de mon texte, je reçus un mail hilarant d’un lecteur me proposant ses services. Des mots qui me firent éclater de rire – le bon, celui qui baume le cœur – et du coup titillèrent ma curiosité.

Nous avons échangé pendant quelques jours, ça m’a donné le sourire et même un peu le rose aux joues, alors j’ai accepté de le rencontrer. Sa description pouvait être tout à fait mon style ou pas du tout, c’était vraiment à double tranchant, et il refusait de m’envoyer sa photo sur le thème « soyons fous, vive les surprises ! »

Je trouvais ça rigolo de ne pas savoir à quoi m’attendre, et puis le mec me faisait vachement rire, et tu sais ce qu’on dit. Surtout que les mormones étaient bien au taquet. Et que j’ai des lunettes, if you know what I mean.

Bref, un vendredi soir, j’allai au Dirty Dick, un bar de Pigalle au nom qui ne détonnait pas avec la gouaille de mon interlocuteur.

En arrivant, je l’ai reconnu tout de suite et j’ai vu que sa description à double tranchant ne tombait pas exactement du bon côté de mes goûts. Mais il se trouve que l’homme avait un blog que j’avais un peu potassé en amont et qu’il n’avait pas l’air d’être le dernier à baiser. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, je n’attache pas tant d’importance au physique. Je veux dire, j’ai eu plein d’amants avec qui je n’aurais jamais imaginé horizontaliser (ou autres) quelques mois avant de me faire délicieusement ferrer.

La timidité, le mystère, la bienveillance, une gueule cassée, une fêlure, la lubricité, une audace, la tristesse, le talent des mots, l’humour… sont autant de petits riens et de grands quelques-choses qui peuvent me faire basculer.

On a bu un verre en papotant, de ci, de ça, puis nous sommes sortis sans piper mot concernant la suite des événements. Nous marchions tranquillement sur le terre-plein central du boulevard qui me ramène vers chez moi pendant que je fumais mon petit tarpé, et, arrivés vers Barbès, il m’a demandé s’il passait chez moi.

Sans être totalement convaincue, j’ai décidé de laisser faire les choses et de voir si un émoi allait naître en moi.

J’avais besoin de sentir mon sang frémir dans mes veines.

Passé la demi-heure de courtoisie, il s’est penché et m’a embrassée. J’étais toujours un peu frileuse, mais vu que je n’avais jamais baisé avec un inconnu et que celui-ci était ma foi bien sympa, je me suis dit pourquoi pas.

A 35 ans, il était temps de sortir du cocon des amis-amants et d’affronter le soufre du monde extérieur.

On a roulé vers mon lit, on s’est frottifrottés, dévêtus, papouillés, mais vraisemblablement, son sexe ne répondait pas. Du tout.

Moi, pas bégueule, j’ai usé de mes doigts sur mon intimité juste sous son nez pour l’exciter, je lui ai offert ma bouche dont on m’a souvent vanté les vertus, mais rien à faire, malgré ma pugnacité, la chose restait inerte.

Il a commencé à paniquer, me disant que c’était la première fois de sa vie que ça lui arrivait, alors qu’il avait graaaaaave envie de me sauter… qu’il était dégouté.

Je le croyais, en plus. Qu’il avait grave envie et qu’il n’était pas coutumier du genre.

Apparemment, je fais parfois cet effet aux garçons.

Je suis même presque sûre que cet homme sait y faire avec les zouzes. Mais pas ce soir-là.

Il a voulu taper un trait de C. Perso j’étais pas sûre que ça soit l’idée du siècle vu la situation, mais je n’ai rien dit, me contentant de refuser de l’accompagner.

Du coup on est repassé dans mon salon, et moi j’étais pépouze, hein. Malgré la foirade. Je ne lui en tenais évidemment pas rigueur (ha ha ha) et j’essayais d’éviter qu’il soit mal à l’aise, mais pas facile.

Il tournait en boucle sur LA rchouma de sa vie.

J’avais beau lui dire qu’on s’en foutait, que c’était pas de l’ordre de la rchouma, le mec ne débloquait pas.

Il a voulu ré-essayer, mais moi, merci, j’avais plus envie. Aucune punition, hein, juste que le train était passé, j’étais fatiguée et je ne voulais surtout pas d’un truc laborieux. Pas le cœur à besogner.

Il ne l’a pas très bien pris, faut dire…

Je l’ai gentiment invité à partir. Et j’ai été dormir.

Après cela, on s’est envoyé quelques mails. Il voulait remettre ça rapport à sa dignité, mais pas moi parce que ce qui prime, coco, c’est mon désir, pas ton égo (soit dit sans méchanceté). Il me faisait néanmoins toujours beaucoup rire même si j’étais dans la position très délicate de celle qui cherche à dédramatiser la situation (pourtant vraiment pas dramatique), qui doit trouver l’équilibre subtil entre le je-te-rassure-c’est-pas-grave-et-je-n’ai-aucune-envie-de-me-moquer-de-toi, le je-comprends-que-ça-t’ait-chiffonné-on-parle-de-ta-bite-quand-même et le non-non-aucune-condescendance-ne-transforme-pas-ton-sentiment-de-honte-en-paranoïa-juste-passe-à-autre-chose-bordel.

Je vous jure les gars, c’est pas simple de trouver le bon ton quand vous semblez au fond du trou (toute ressemblance avec un jeu de mot de mauvais goût serait purement fortuite).

Alors que ça peut très bien se passer.

Par exemple, avec mon amoureux, les premières fois qu’on a baisé, pareil, il n’arrivait pas à bander. Enfin disons plutôt qu’il n’arrivait pas à connecter nos sexes. Il était tout vaillant dans ma gorge, mais dès qu’il s’agissait d’entrer dans mon ventre, ça se compliquait.

Trop de pression, apparemment à cause que je lui plaisais.

Pas facile d’être un garçon, parfois…

Alors ses doigts et sa langue prenaient savoureusement le relais, en attendant le retour du soldat.

Il l’a pris cool, moi aussi, et ça a fini par rentrer dans l’ordre suffisamment rapidement pour que le début de crainte que ça fasse tout foirer s’échappe de nos esprits.

Même le troisième larron lors d’un récent après-midi fort plaisant (je te raconterai) a connu quelques baisses de forme à base de mi-molle*, alors qu’il était hyper saucé par l’idée de triangulariser. Comme quoi on peut être un expert de la gaudriole, avoir expérimenté le cul en long, en large et en travers et soudainement être assailli par la timidité.

Il était un peu embêté mais ça ne nous a pas empêché de jouir tous les trois dans la joie et la bonne humeur.

Et de se promettre un reviens-y, parce que je te rappelle que j’ai des projets, moi.

En rapport avec le Nord, le Sud et le septième ciel.

* Ça y est, le titre, tu saisis ?

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