Pôle nord et tropique du cancer

Voilà ce qu’on appelle un titre fourre-tout.

C’est ainsi… quand on écrit trop rarement (pour toute réclamation, adresse-toi au grand capitalisme, mais surtout à ma progéniture)(et sache qu’en vrai ça me manque), on veut tout dire au moment du billet saisonnier et on n’arrive plus à trier le bon grain de l’ivraie.

Donc là, en vrac, je voudrais te parler nord, pole, cancer et tropicalité. Avoue que le titre fait sens, du coup.

Alors d’abord, il y a un âge pour tout.

Il y a l’âge où tes copains (ou toi si tu es plus rapide qu’eux) commencent à bosser les uns après les autres à quelques exceptions près. Se maquent avec leur moitié de l’instant T. Puis l’âge du premier appart’ commun, celui du mariage et/ou du premier gosse. Vient le temps du petit deuxième, éventuellement. Puis la première séparation. Il y a un âge, aussi, où tes amis (ou toi…) perdent d’une façon ou d’une autre l’un de leurs parent, voire les deux. Il y a parfois ensuite ce moment des secondes rencontres, avec option famille recomposée et même petit troisième/cinquième pour les plus fous.

La vie qui passe…

Comme je nourris un rapport complexe avec le temps (les dates, les âges ou les durées symboliques, dans le passé, le présent et l’avenir), et alors que je n’ai aucun problème (pour le moment) avec mon inexorable avancée vers le crématorium (j’essaye de marcher lentement), ça fait quelques années que, mi pour rire mi pour me préparer, je dis régulièrement à mes potes qu’on arrive à l’âge où les premiers cancers vont se déclarer…

Totalement terre-à-terre, je suis l’antithèse de la superstition et je ne crois pas une seconde que ça nous a porté la poisse. Ni que j’ai la vision.

C’est juste statistique.

D’ailleurs, à ma connaissance, je n’ai pas encore de cancer. Et je mise beaucoup sur mon patrimoine génétique (un père, une mère, zéro cancer) pour qu’on ne m’en diagnostique jamais, ou alors au moment où je n’aurai plus assez de synapses valides pour m’en apercevoir (de ce côté là, je suis génétiquement moins bien barrée).

Mais voilà, en six mois, j’ai appris les cancers de quatre personnes chères à mon cœur. Deux seins agressifs, un poumon pas plus sympa et, petit dernier a être arrivé jusqu’à mes oreilles au gré de retrouvailles qui m’ont fait chaud au cœur, un pancréas possiblement pas trop méchant.

Un homme, trois femmes, entre 37 et 41 ans, quatre conjoints et huit enfants impactés.

Raide.

Ça fait chier la bite, même.

Mais comme il n’y a pas mille choses de plus à dire sur le sujet (à part que je croise tous mes putain de doigts pour que tout rentre dans l’ordre pour tout le monde le plus vite possible et de façon durable)(on va tous crever, mais là c’est trop tôt), ben… ça ne faisait pas un billet.

J’aurais aussi pu ne pas en parler du tout, tu me diras, mais va savoir pourquoi, ça m’occupe pas mal l’esprit.

T’aime bien quand je plombe l’ambiance ? Sorry ma caille, moi-même j’aurais préféré parler langue de belle-mère et cotillons.

Je te parlerais bien pole tout de suite, d’ailleurs, histoire de basculer dans un registre plus joyeux, mais vu que je ne vais pas répéter indéfiniment que c’est dur, douloureux et que du coup chaque progrès est superjouissif, je vais me contenter de te balancer quelques tofs en bas de ce texte. Et à part une épaule qui merdoie sérieusement (mon corps de jeunette plus si jeune n’a pas supporté une semaine intensive – dix-huit heures de barre en sept jours –, aujourd’hui j’ai un tendon qui hurle rien qu’en enfilant ma culotte)(je suis une fille en culotte)(même pour dormir) et donc une rééducation à base d’ultrasons et de popopopo, je suis toujours aussi passionnée (ce qui implique que je retrouve l’usage de cette foutue épaule rapidement)(j’ai un stage à Barcelone avec mon mec dans quinze jours…).

Du coup, je vais passer au nord et aux tropiques. Parce que ça cause du même truc.

Le nord, donc. Toi même tu sais que je travaille dur à le trouver, l’apprivoiser depuis peu… pour mieux le perdre.

Et ma foi, c’est un chemin fort plaisant.

D’autant plus qu’il s’ouvre en moi sur le tard, et je continue à le penser : il ne faut jamais précipiter les choses en matière d’alpinisme.

Ce que je ne sais pas encore, par contre, c’est à quel moment j’expliquerai ce principe à mes enfants. Je veux dire… avant ou après leur avoir dévoilé l’une de mes principales devises : Jamais la tête et la bite sur la même photo – d’ailleurs je devrais dire « sur la même story » histoire de montrer au monde que je suis au courant qu’on est en 2017 ?

Si, ils doivent l’entendre ! Il parait que de nos jours, des meufs de 12 piges envoient des photos de leur… hmmmm… appelons un chat un chat, à des mecs de 15 piges qui ne sont même pas leur official !!!

Comment ça, c’est pas à moi de leur dire ?

Mais alors qui va leur parler de cela avec bienveillance, humour et précision, hein ?

Sérieusement, ça me soucie.

Il faut que j’y réfléchisse vite, parce que dans deux minutes le grand rentre au collège, l’endroit de tous les égarements digitaux.

À mon époque, c’était dans le sens « doigt ».
Maintenant, apparemment, c’est aussi dans le sens « snapchat ».

Parenthèse refermée.

Le nord et moi, donc, on est en train de devenir assez pote.
Mais je viens de découvrir un truc ENCORE MIEUX QUE LE NORD.

Pour. De. Vrai.

D’ailleurs, je dois rendre à César – aka my lovely lovely loverboy – ce qui lui appartient : c’est en fait lui qui m’a fait découvrir cette facette-là de ma personnalité.

(Merci mon amour)

Parmi tous ses insupportables défauts, l’homme en a un particulièrement horripilant : il adore me masser.

Ouais je sais. In. Fer. Nal !

En plus, je le soupçonne de faire ça uniquement pour se muscler les doigts dans mon dos, et progresser sur la barre (ça aide grave pour défier la gravité).

Mais bon, comme je suis hyper sympa, quand il me propose d’huiler mon corps, m’imposant de me tenir une heure durant dans la difficile position dite de la larve-sur-le-ventre, j’accepte.

Je ne suis que pure bonté.

Et donc il promène ses mains caleuses (la barre, toujours… moi-même on pourrait croire que je passe mes journées à coulisser vu la corne que j’ai sur les paumes et la pulpe) sur ma peau glissante, de la racine des cheveux au bout des orteils. D’abord ma nuque (elle le rend fou), mes épaules, les nerfs coincés sous mes omoplates qu’il laboure pour mieux dénouer les nœuds.

Petit à petit, il descend le long de ma colonne, vertèbre après vertèbre, déborde sur mes flancs, atterrit sur mes reins…

Atteint mon sacré sacrum et malaxe mes fesses, pétrit toute la partie charnue comme un boulanger ses miches de pain, enfonce ses doigts dans mon gras, fait rouler mes fossettes et, surtout, se focalise sur le haut de mon cul, le sommet de mes muscles. Juste à droite et à gauche de mon coccyx.

Je dois te l’avouer, à ce moment-là, je suis comme ces vieux clébards qui se dandinent l’air heureux et confus quand on flatte leur croupe le pouce et l’index de part et d’autre du bas de leur épine dorsale. J’en gémis, littéralement. Pas comme un orgasme, néanmoins une sensation exquise, un soulagement divin, un plaisir non sexuel mais absolument délicieux.

Alors comme mon amoureux est loin d’être idiot, un jour de doggy style joyeux, il s’est mis à conjuguer la danse de son sexe et le ballet de ses mains juste en dessous de mes reins.

J’ai senti mes bulbes vestibulaires se gonfler de vanité, et toutes les connexions nerveuses s’activer dans mon arrière-train. Une sorte de bouillonnement d’émotions physiques, comme si d’un coup mon clitoris occupait tout l’espace entre ma taille et mes cuisses.

Et alors qu’un orgasme sud-nord, tout aussi succulent soit-il, monte en flèche, explose et redescend presqu’aussi vite, tel un wagonnet de petites montagnes russes, mes nouvelles jouissances plus orientées nord-est-nord-ouest sont plus lentes à gravir les échelons du plaisir, mais inéluctables, comme un départ de feu d’artifice puis une explosion tous deux filmés au ralenti, extase tridimensionnel, rond et plein qui s’épanouit lentement et merveilleusement dans tout mon corps bercé par mon souffle coupé.

Un râle qui duuuuuuuure.

Un feu qui me comble et me consume en étirant les secondes.

Un orgasme à rebond qui sème des spasmes pendant plusieurs minutes.

Ça a l’air mièvre, comme ça, bien loin des explorations en profondeur, mais c’est un délice dont j’ai maintenant du mal à me passer. L’essence même de la volupté.

Tout ça avec juste quelques doigts même pas planqués.

Avis aux hommes : seriously, essayez !

Et pour clore ce billet… les photos promises.

Tu comprends mieux pour les bleus et les épaules ?

 

 

 

 

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4 commentaires pour Pôle nord et tropique du cancer

  1. Ptitbison dit :

    😘😊In pole we trust et pas que…..😘😊

  2. zoumpapa dit :

    Moi qui suis aussi souple que la Pole, je sais pas comment ton mec tente le truc mais bravo. En plus au vu des photos et plus précisément des positions suggestives potentielles vous allez finir par nous faire un ballet Pole & Sex, je le sens! 🙂
    Quant au cancer (moi ça me travaille de temps en temps)…que dire d’autre?
    Bises à la vie (et à toi)!

    • R. dit :

      Il est aussi souple que toi, du coup il bosse les étirements et, en attendant, mise tout sur ses muscles (qu’il a en quantité tout à fait satisfaisante) ! 😜
      Bises à toi cher Zoumpapa.

  3. Pas mal de cancer à signaler aussi de mon côté ; cercles proches ou plus éloignés (non, pas polaires…) ; on s’afflige pour autrui tout en mesurant sa chance que la faucheuse ne s’approche pas trop près, et on continue de se dire qu’il faut bouffer la vie à pleines dents, tant qu’on peut (les problèmes d’articulation, on ne vous remercie pas non plus pour votre aimable collaboration).

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