22 mois

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Promis après j’arrête avec les titres anniversaire. Mais je t’avais prévenu, j’ai un truc avec les dates et une mémoire d’éléphant. Que je subis et aussi que je cultive, parce que vu comme ça peut être encombrant parfois, autant que ça serve le reste du temps.

22 mois, donc.

Non, c’est pas l’âge de ma fille, faut suivre, là-bas, au fond. Elle a même pas encore de quenottes, même si elle a déjà les sympathiques symptômes avant-coureurs, à base de maladies qui t’empêchent de dormir et de popopopo liquide liquide liquiiiiide.

Ouais, ami de la poésie bonsoir, et spéciale dédicace à ce gros punk de Joey, pour ceux qui connaissent leurs classiques (sinon, écoute Ma Benz, espèce d’inculte). Team Didier, d’ailleurs, si je veux coller à l’actualité de la plus haute importance. Même si c’est moche de taper et que j’aurais aimé qu’il ne tombe pas dans ce piège. Mais team Didier quand même et sus aux petits sournois qui tentent de camoufler les humiliations sous le trop facile argument de l’humour-vide-de-toute-drôlerie-en-plus.

J’aime pas les sournois. J’aime les punks.

Mais je m’égare.

Donc 22 mois qui n’est pas l’âge de ma fille, c’est le temps qu’il nous aura fallu, à mon mistalovalova et moi, pour aboutir notre petite ascension nordiste.

Mazel tov, psartek, toussa toussa, non ?

Sérieux, ça fait quatre ans que j’en cause, et même si j’ai deux ans d’avance sur mon planning (j’avais calé le truc pour mes 40, j’en ai 38 demain)(soit dit en passant), il était temps que ça se passe vraiment, de façon cool et librement consentie.

Alors voilà, comme ma fille qui n’a ni dents ni 22 mois est entrée à la crèche (je tiens à remercier tout particulièrement ces parents qui ont eu l’immense délicatesse de se casser vivre à Bangkok en milieu d’année, reconnaissance éternelle à jamais au-delà de l’infini), et que je n’ai pas encore repris le boulot (vive la France, vive le troisième enfant), et que mon mec est en horaires décalés que c’est relou d’être réveillée à 5 du mais que c’est cool de le retrouver à 15h, j’y ai dit « tiens, mais oh, et si on passait la seconde ? »

Non parce qu’avant j’avais mis la progression sur pause : c’est compliqué de se lancer dans de l’alpinisme de haut niveau quand on ne sait jamais à l’avance si la baise va être interrompue dans 30, 15 ou 4 minutes par un bébé qui pleure.

Ouais, j’ai besoin d’avoir l’esprit tranquille pour ouvrir tous mes chakras.

Donc on la jouait efficace mais sans risque, et c’était fort plaisant, j’ai d’ailleurs toujours défendu les baises simples et rapides.

Et puis j’ai redécouvert l’existence du temps libre (que ma reprise du boulot prévue dans un mois va réduire à néant mais life is life nana nanana).

Donc la seconde nous passâmes.

Surtout qu’un certain bras droit de mon homme, dont l’initiale est aussi un R, a refait surface sur le thème « Hey, salut, si vous êtes toujours saucés pour tricoter à trois, je suis là »…

Et moi j’étais toujours saucée. Mais vu que le R-troisième-du-nom est semble-t-il un super chaud de la chaussette et un gros routard du cul, je trouvais con de ne pas être en mesure de profiter pleinement de toutes les configurations possibles.

Parce que je te rappelle que moi, le Nord, d’accord, mais uniquement en version sudiste. Genre la rencontre des Chtis et des Marseillais, la pluie et le beau temps, le beurre et l’argent du beurre, bref, la double sinon rien.

Ouais. J’assume.

Et que donc avant de m’attaquer à la double entreprise par deux humains faits de chair et de sang, il fallait que je potasse un peu mon sujet. Avec objet. Et mon homme, ce merveilleux professeur. Histoire aussi de réussir à tenir l’acrobatie du trio plus de deux minutes, rapport que je peux monter vite, parfois.

Alors voilà, on s’y est collés, joyeusement. Un beau jouet tout en verre au midi, et mon amoureux au septentrion. On a pris notre temps (l’homme est très doué pour ne pas brûler les étapes), et hormis le passage où il a libéré le Texas pour mieux entreprendre le Minnesota avant de l’envahir à nouveau (j’ai été obligée de prendre une carte pour cette métaphore)(et décidément, un seul point cardinal sollicité m’est désagréable quand les deux me sont délicieux)(je ne saurais expliquer pourquoi), c’était vraiment chouette.

Et moins déroutant que je ne le craignais.

« A qui sait attendre, le temps ouvre ses portes », dit un proverbe qui me semble totalement à propos.

Me voilà donc prête pour la grande farandole.

Que j’appréhende un peu, puisque ça devrait être moins light que mon unique expérience en la matière, mais je crois bien que j’ai hâte.

Ah oui, parce que je t’ai pas dit, mais mes cycles sont revenus. Avec leur lots de montées hormonales.

Ça donne chaud, ça fait faire des rêves pas très catholiques.

Et ça redonne envie d’écrire.

 

 

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Un an et une heure

Le ballon rouge

Dans la nuit du 11 au 12 décembre 2014, je me suis réveillée à trois heures du matin après quelques heures de sommeil tourmenté et une soirée à sangloter. J’avais appris que j’attendais des jumeaux – comme mon intuition me le soufflait à l’oreille depuis quelques semaines – alors que je n’étais pas en mesure de les accueillir correctement. Imaginer le futur qui m’attendait vu ma situation (seule avec mes deux grands au quotidien, mon amoureux et père des deux têtards absent une semaine sur deux) m’avait plongée dans une angoisse incommensurable et je hurlais intérieurement contre la vie qui se jouait de moi.

En me réveillant au milieu de la nuit, ce qui ne m’avait même pas effleuré l’esprit pendant une dizaine d’heures s’est imposé à moi comme l’unique solution. Et j’ai décidé de me séparer de mes Minuscules. Le cœur en miette : je rêvais de jumeaux depuis toujours.

Je suis retombée enceinte assez rapidement, et même s’il y en avait encore deux au départ, l’un d’entre eux a eu la politesse de s’effacer pour laisser toute la place à l’enfant que je pourrai recevoir dans de bonnes conditions.

Un an et une heure exactement après cette douloureuse décision, et alors que je pensais accoucher une semaine plus tôt, j’ai fissuré la poche des eaux dans lesquelles nageait ma petite fille.

C’était une première pour moi, qui n’avais jamais perdu les eaux autrement que quelques dizaines de minutes avant la naissance de mes enfants. Et même si c’est probablement un hasard absolu (je suis une mécréante terre-à-terre), je ne peux pas m’empêcher de penser que cette durée d’une précision déroutante était celle qu’il fallait à mon corps et mon âme endeuillés, et que ma petite a sagement attendu que ma psyché soit déblayée des fantômes du passé.

Elle est née presque 24 heures après, à minuit dix le lendemain. Juste assez pour avoir sa propre date d’anniversaire, vierge de toute tristesse.

Oui, j’ai un truc avec les dates. Une mémoire infernale. Je me souviens de tout. Les jours de la semaine, les nombres. Souvent c’est chouette. Parfois c’est lourd à porter.

Accueillir un enfant en sachant que c’est le dernier, ça fait drôle. Et ça pousse à profiter de chaque instant. Je n’ai de cesse de me dire – presque sans aucun pincement au cœur – que cette jolie moue, ce cri ou cette façon de s’étirer comme un petit chat sont des moments dont il faut savourer la substantifique moelle, car un jour ils ne seront plus.

C’est mon dernier. Notre dernier. Raisonnablement.

Et comme mon amoureux est formidable, il a décidé de faire une vasectomie. Me libérant ainsi des relouteries de la contraception, et assurant pour lui un total contrôle de sa vie d’homme. J’en suis toute émue. Il est moderne, autonome, responsable.

Et je pense que si les hommes imaginaient à quel point la contraception peut – parfois – compliquer la vie des femmes (leurs humeurs, leur corps, leur libido…), ceux qui sont certains de ne pas ou ne plus vouloir d’enfants devraient y songer. Au lieu d’attendre après leur compagne pour gérer le problème, et d’éventuellement l’accuser de leur avoir fait « un enfant dans le dos », ce qui, si on a quelques notions d’anatomie, est évidemment impossible, la face nord ne menant pas à Rome malgré ce que prétend le dicton.

Ha ha ha.

En parlant de ça, j’ai repris du service précautionneusement (tout a l’air de marcher), et mon amoureux m’a promis un univers de plaisirs nouveaux et de volupté pour célébrer le retour de la femme érotique. Ravivant tout ce que nous avions commencé à aborder, en théorie ou en pratique.

La femme érotique a donc hâte d’être un peu moins fatiguée par sa fonction nourricière, même si elle adore ses nouveaux seins et regarder sa petite les téter goulûment.

Affaire à suivre.

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Visuel extrait du court-métrage Le Ballon rouge, d’Albert Lamorisse.

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Onze jours

Onze jours.

Onze jours que je l’ai accueillie, ma petite nénette, ma boulette de chaleur.

Voilà qui donne une saveur toute nouvelle à cette période de Noël qui a toujours eu un goût amer – merci ma famille dysfonctionnelle.

Je ne vais pas te faire le récit par le menu de la naissance de mademoiselle Ka (j’adore les histoires d’accouchement avec tous les détails, je ne suis pas sûre que ça soit ton cas…), mais je peux quand même te raconter qu’alors que j’ai cru que ça allait se passer tout pas comme je voulais (des mois que je fantasmais ce dernier accouchement, oui oui, le dernier, a priori c’est sûr, mister R coupe le robinet en avril)(j’y reviendrai), ce qui m’a valu une petite coulée de larmes de déception au petit matin, finalement tout s’est bien terminé.

SANS PÉRIDURALE.

(Un des trucs que je désirais très fort)

Je l’écris en majuscule parce que psartek quand même. Ça fait putain de mal c’t’histoire.

Mais c’est quand même mieux sans. Même si ça sonne chelou.

Et puis ma fille est la coolerie incarnée. Pour l’instant en tous les cas, pourvu que ça dure.

Faut dire que quand on a commencé par un difficile (doux euphémisme, je l’ai compris à la naissance du deuxième, c’est confirmé aujourd’hui)(j’ai pensé à l’époque que l’adage « un bébé dort vingt heures sur vingt-quatre » était la plus grosse arnaque du monde, après la série Lost), on goûte particulièrement la vie avec les suivants.

Je plains ceux qui ont commencé par les plus faciles.

Même si j’en ai bavé, il y a sept ans et demi.

Bref, je suis totalement amoureuse de cette enfant. Et toujours de mon homme. Qui le vaut bien.

Et puis… quel bonheur de NE PLUS être enceinte. Redécouvrir sa capacité respiratoire, localiser ses organes aux bons endroits. J’ai même l’impression d’avoir une zézette de jeune fille, après l’avoir vue enflée pendant des mois (pour ne plus la voir du tout, vers la fin). A l’extérieur en tous les cas. Faut que je vérifie l’intérieur dans quelques semaines, mais – merci maman – j’ai normalement un périnée en béton armé, alors je ne m’inquiète pas trop.

En parlant de béton armé… tu verrais mes nichons ! J’avais prévenu mon mec dont les deux premiers enfants n’ont pas été au sein, il n’en revient toujours pas.

Ce qui est con c’est qu’il ne peut pas trop y toucher. Trop douloureux.

Mais ça va s’organiser, ils vont dégonfler, je vais arrêter de saigner… j’ai hâte de me remettre en selle. Lui est au taquet, et toujours aussi respectueux de mon petit rythme. Du coup il me tarde de profiter de ma nouvelle mobilité.

Bref… la vie est belle.

Joyeux Noël.

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8 mois

Bon bon bon, ça fait deux bons mois que je n’ai pas écrit par ici, mais faut voir les mois, aussi.

Le nouveau boulot qui s’est intensifié et continue de me plaire, même si je n’avais aucun doute là-dessus. Je suis ravie de cette évolution, et des quelques pépettes qui vont avec.

Ma maison dans laquelle j’ai fait faire de gros travaux me permettant de passer de 40 m2 à 55 m2, stadire un palace, avec en plus une IMMENSE chambre pour moi et mon homme présent une semaine sur deux. Il a donc fallu préparer le chantier, vivre le chantier, ne pas trop stresser sur le retard du chantier (rapport qu’il y a eu forcément plus de trucs à faire que prévu)(temps quasi-doublé, facture idem)(glurps), et surtout, peindre-lessiver-ranger-trier-trimer après le chantier, avec les mômes dans les pattes et échéances à respecter. Ce que je viens de terminer (aidée, bien entendu). Sur les genoux. Mais je love mon home sweet home (et mon homme sweet homme qui a été exemplaire, as usual). Et je remercie la montagne de taf que ça m’a demandé, qui m’a permis de ne pas trop penser à tous ces sympathiques récents événements. Disons qu’au lieu de rafraîchir la page 843 fois par jour, je ne le faisais que 20 fois, certes parfois à 3 heures du mat tout en faisant des listes de trucs à faire dans la casbah, mais c’était moins pire que de tourner en boucle sur les chaînes d’information continue, autrement dit SATAN.

Alors me voilà, crevée, c’est vrai, mais à 8 mois de grossesse bien tapés, enfin installée et prompte à glander un peu en attendant de mettre au monde une future petite femme libre.

Car c’est une fille, joie bonheur et allégresse.

Qui aura donc quatre grands frères ravis d’accueillir une petite sœur, une mère libre et indépendante et un père capable de se bagarrer si nécessaire mais qui aime plus que tout les femmes libres et indépendantes.

Cette petite part dans la vie avec les meilleures cartes possibles.

C’est ce que j’aime imaginer.

A partir de maintenant, elle peut arriver à tout moment. J’espère plutôt dans deux semaines rapport que c’est pas tous les jours qu’on est payé à rien foutre sans nourrisson pendu au sein et que j’aimerais en profiter un peu. Mais la valise est prête, donc moi aussi.

Petite fille, je t’attends.

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(et vive la cellulite !)

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Le corps

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Alors voilà, parfois on a l’esprit tout bouillonnant, genre pump-it-up, hormones au taquet et idées orientées, genre projets en pagaille à horizon ce-soir à base de mec-je-vais-te-faire-hululer-à-la-lune-et-moi-je-chanterai-à-la-tierce, et puis d’un coup il est 22 heures et on n’a qu’une envie : aller se coucher.

Pour plein de raisons, d’ailleurs. Parce qu’on est trop fatiguée d’avoir passé des nuits à brider son inclination naturelle à se mettre sur le ventre puisqu’on NE PEUT PLUS se mettre sur le ventre, et que du coup on baille tous les deux mots, incapable de terminer un seul putain d’épisode d’Orange is the new black. Ou alors parce qu’on a le dos en vrac avec comme un besoin vital de se faire dévisser le sacrum – je parle au sens propre – et que la position assise devient un calvaire alors je te parle même pas de celle qui rend hommage à mon ami Snoop. Ou encore parce que le moindre mouvement donne l’impression que le bassin se disloque et fait résonner la symphyse pubienne comme si elle avait besoin de crier au monde entier qu’elle existe.

Sérieux, mon corps de femme enceinte n’est pas hyper sympa avec moi. Je le savais, hein… Mais du coup, neuf mois, c’est un peu long. Même si je vise huit et demi en me basant sur la racine carré de l’hypoténuse de mes précédentes expériences multipliée par l’âge du capitaine.

Et je ne te parle pas de la zézette toute enflée (pour le bonheur certain de mon homme) aux lèvres péniblement ourlées offrant une étrange impression d’ouverture perpétuelle, ni des muqueuses qui s’enflamment dès qu’on souffle dessus un peu trop fort, ni de… non rien.

Bref, du coup, parfois, il faut composer et force est de constater que certains jouets tout lisses semblent de temps à autres plus acceptables qu’une anatomie pourtant pas rugueuse pour un sou.

Ça rend imaginatif, tu me diras.

Et ça tombe bien, mon amoureux l’est et ne prend pas ombrage des aménagements souhaitables suite à ces quelques ponctuelles blessures de guerre.

Je dois même dire qu’il a le positionnement parfait : il reste chaud comme la braise, continuant de m’érotiser dès qu’il le peut, et ne me met aucune pression.

Du coup, ça donne envie.

Mais ce qui est con c’est que c’est de moins en moins ponctuel, en fait. Les douleurs au squelette, en tous les cas.

Alors que mon cortex, lui, a plein de trucs en tête. Notamment des désirs qui, je l’admets, se conjuguent au masculin pluriel.

Don’t judge me, j’y peux rien c’est la faute à Voltaire, en tous les cas mon cerveau qui me fait tomber dans le ruisseau et surtout mon chéri qui est ouvert à tout, totalement partant et même clairement en mesure d’organiser des choses rocambolesques.

Des avantages de s’amouracher d’un aventurier.

Ça a failli se faire en juillet, d’ailleurs. Mon dos était toujours mon pote, mon utérus n’occupait pas encore 80 % de mon espace vital, et surtout, mes enfants étaient en vacances. Du coup je renouais avec le temps pour soi, la glande, et les nuits presque ininterrompues (faut pas déconner, j’avais quand même une vessie) de plus de sept heures.

J’ai laissé entendre que c’était possiblement now or dans un an, alors mon mistalovalova a contacté celui qui pouvait éventuellement être son bras droit. Enfin « bras »… tu vois, quoi. Ambiance « en souvenir du bon vieux temps », et aussi parce que ledit bras droit, ami de mon amour au demeurant et au courant de mon existence, avait paraît-il exprimé une curiosité bienveillante à mon endroit en proposant fort courtoisement de me rencontrer à l’occasion.

Invitation déclinée alors par mon chevalier servant.

Sauf que l’homme est lui-même doté d’un bras gauche, enfin je veux dire d’une douce avec qui il partage tout, du loyer à la couette en passant par les tierces personnes lors d’ébats multi-dimensionnels.

Et moi je ne suis pas encore prête à livrer mon corps et mes orgasmes à des mains féminines, toutes expertes et adorables soient-elles.

D’ailleurs, dire que « je n’ai pas d’élan pour ça » serait plus proche de la vérité. Encore moins quand mon corps et moi on n’est pas trop copains. Rapport aux douleurs et aux neuf kilos.

Du coup j’ai fait ma malotrue en expliquant que je voulais bien, dans un premier temps en tous les cas, rencontrer l’un sans l’autre et tenir le rôle principal de la pièce. Même si je sais que, cette fois-ci, les mâles sur scène seront susceptibles d’improviser un duo et de s’émouvoir l’un l’autre.

Ce qui m’intrigue indéniablement…

J’avais un peu honte, mais je savais que la politesse n’avait pas son mot à dire dans l’histoire. Que faire quelque chose dont je n’avais pas envie au nom de la bienséance était une idiotie contreproductive, qu’il valait donc mieux assumer la goujaterie de mes désirs quitte à prendre le risque que ceux-ci restent au rang de fantasme inassouvi.

Je continue de penser que mieux vaut un rien qu’une envie sexuelle gâchée par un mauvais alignement des astres.

Et effectivement, ça n’a pas pu se faire en juillet, l’homme devant prendre le temps d’exposer la situation à son officielle – le couple est libre ET transparent -, et d’être persuasif.

Je l’avoue, j’ai eu un petit moment de grosse frustration. Je venais de laisser passer le seul créneau possible pour vivre une expérience qui ne fait pas du tout partie de mon quotidien, et je savais que les mois à venir ne seraient pas franchement propices à ce genre de parenthèse.

Et puis j’ai digéré. Riant même d’avoir pu imaginer que ça se ferait vraiment.

Les vacances ont eu lieu (aussi chouettes que des beaux jours en Corse, aussi ingrates que trois semaines à gérer quatre enfants fort sympathiques mais quatre enfants quand même), et vers la fin, mon homme a reçu un mail indiquant le feu vert de la taulière.

Ah.

J’avais un peu clos le sujet dans ma tête, moi.

Sauf qu’à la rentrée, j’en ai délicieusement rêvé. Et que le même jour, le larron libre comme l’air nous a relancés.

Du coup ça m’a re-travaillée. Fort.

Recherches de gifs animés sur le net incluses.

Dont quelques-uns m’ont… pfffiou, légèrement énervée.

Mais voilà, il y a la logistique : j’ai mes enfants minimum six nuits sur sept, sans rythme établi ce qui complique une possible organisation en amont ; je suis en plus de celles qui ne savent pas le jeudi si elles seront Docteur Jekyll ou Mister Hyde le samedi qui suit ; et je m’écroule de toutes les façons de fatigue le soir où je suis libre.

Et puis notre possible invité a une vie, et ne passe évidemment pas ses journées à attendre qu’on le siffle. Du coup la fois où j’ai chuchoté un « Demain…? », il avait piscine. Forcément.

J’ai beau me dire que ça serait chouette que la chose se passe avant la grande traversée des crevasses et des nuits hachées, histoire de me nourrir d’un truc fort et fou les jours où je ne me rappellerai même plus l’orthographe du mot libido, je rechigne à la mettre sur pied comme si c’était un rendez-vous professionnel.

En attendant, mon ventre grossit à vue d’œil. Mon cul et mes cuisses aussi. Mon dos hurle de plus en plus. Mon estomac est entré en conflit territorial avec mes poumons. Ma mobilité est un lointain souvenir.

Et quelque chose me dit que ça ne va pas s’arranger tout de suite.

Et qu’après, ça sera du pire. Avec plein d’amour, de sérum phy et de régurgitation, mais pas dans la même veine cérébrale.

L’avantage d’être une multipare, c’est qu’on connaît la suite du film.

Du coup, ben… je pense que ça sera dans un an.

L’avantage, c’est qu’en attendant, je peux imaginer tout ce que je veux.
Et même en profiter pour allumer mon amoureux.

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Beaucoup de vapeur et un peu de voile

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Non ce billet ne parlera ni de burka ni de hammam.

T’façons je porte pas l’une vu que je suis une sale mécréante, et j’ai pas le droit à l’autre, rapport à mon état du moment qui me donne des gros nénés, joie bonheur et profitation (l’expérience a montré que ça ne durait pas éternellement et que mon futur sera en bonnet A d’ici une douzaine de mois)(oui, je fais durer le plaisir à base de lait maternel)(j’ai prévenu dans le nom du blog).

Ça ne parlera pas non plus de projet de mariage (ça ira merci bien) ni de hashish, j’ai arrêté et même prévu de ne pas reprendre. L’idée c’est de remplacer le butage de neurones du soir le cul sur un canap’ par des exercices d’assouplissement, de renforcement musculaire et de figures de pole dance.

J’ai conscience de placer la barre haut – même si c’est paradoxale pour une chose verticale – mais je suis motivée, je m’autorise à échouer, et j’ai un amoureux parfait pour garder le cap. Rapport qu’il veut aussi progresser en pole, et qu’il est très content que j’en fasse : sport + sexyness = une combinaison qu’il apprécie visiblement.

Non, justement, je veux te parler de lui. Mon mec. Que chaque jour je me dis que j’ai eu le cul bordé de nouille de le rencontrer.

Seriously.

La dernière fois je te parlais de la folie du début qui s’était un peu atténuée, et même si bien sûr, je ne suis plus au bord de l’évanouissement à chaque fois que je le croise (ça serait compliqué au quotidien, on se voit souvent kômême), il y avait beaucoup de 1er trimestre de grossesse dans cette phrase.

Tu sais (ou pas mais crois-moi), celui où tu as envie de dormir et de vomir, beaucoup plus que de t’envoyer en l’air.

Surtout quand tu es une fille hormonale.

(Ça n’a pas QUE des bons côtés…)

En ce qui me concerne, je n’avais à peu près aucun élan physique, seul mon amour intellectuel pour la chose et l’envie de ne pas laisser mon homme en plan me permettaient de conserver une petit rythme hebdomadaire. Alors que quand ça se passait, ça aboutissait souvent à des orgasmes très forts, paradoxalement.

Mais voilà, la fatigue c’est totalement contre-productif chez moi (j’essaye de ne pas trop penser à l’après, vers décembre… je sais malheureusement ce qui m’attend).

L’homme a été parfait de patience et de stimulations non-culpabilisantes.

Mais voilà voilà voilà, je suis maintenant à mon 2e trimestre de grossesse.

Celui qui est de la balle hormonalement parlant.

Et j’ai retrouvé ma lubricité.

Avec des images toutes pas catholiques dans ma tête.

Il a fallu que je l’indique assez clairement à mon mistalovalova, qui était encore branché sur la R. nauséeuse. Pas toujours facile à suivre, les meufs hormonales.
J’y ai dit « One two one two baby, take the power, ya un créneau qui pourrait ne pas durer éternellement, je répète, take the power, je suis toute à toi et j’ai l’esprit qui chauffe alors que dans 5 mois j’aurai le sein nourricier et la cerne jusqu’au nombril, last call, TAKE THE POWER. »

Un truc qui met pas du tout la pression, tu vois.

Mais comme le mec est là…

Il a pris le taureau (moi) par les cornes et le reste.

On s’est mis à jouer à plein de trucs tous les deux et j’ai eu de nouveaux cadeaux fort plaisants. On progresse toujours vers le nord, parce que figure-toi que mon amoureux aime aller lentement et que j’y trouve mon compte.

Ouais : il ne m’a toujours pas sodomisée « pour de vrai ».

Il m’apprend à ne pas brûler les étapes.

Monter petit à petit, dominer mon plaisir, réussir à tenir plus de quelques secondes avant de jouir.

L’avantage c’est qu’il maîtrise tous les aspects de la chose. Dans tous les sens du terme.

Mon amoureux connaît aussi bien les femmes que les hommes. Il a moult expériences avec les uns comme avec les autres, et même avec les deux en même temps.
Il n’est jamais tombé amoureux d’un gaillard mais ne s’est pas privé de s’amuser avec cette gente-là.

Moi ça m’émeut, ça me bouleverse.

Et ça ouvre tout un tas de possibilité.

Il arrive même à faire en sorte que ça vienne de moi, et il est assez viril pour me laisser la porte très grande ouverte. Tout en me rassurant.

Nous avons beaucoup de discussions troublantes en ce moment.

De celles qui font monter le rose aux joues.

Et que je n’aurais jamais imaginé avoir avec un homme dont je porte l’enfant.

Affaire à suivre, donc… Sans se presser. 

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Photo issue du film Jules et Jim, de François Truffaut

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Un mal pour un bien

C’est l’été, et comme promis, I’m back.

Youhou.

Avec un bon mois de retard, certes, mais figure-toi que la thèse traîne en longueur. D’ailleurs, comme le mec me la met vaguement à l’envers (rien à voir avec la face nord), j’ai décidé de ne plus rien faire jusqu’à ce qu’il s’acquitte de sa dette, quitte à m’asseoir sur les 500 balles qu’il me doit pour le travail déjà fait. Et donc de le laisser en plan avec ses cent dernières pages.
J’ai un peu la rage d’avoir accordé ma confiance trop vite, mais j’ai quand même un passé de bicraveuse alors à un moment je paraphrase De Niro sur le thème « you talkin’ to me ? You fucked my wife ? » (en substance), et j’arrête de fournir la vaseline.

Ça m’apprendra aussi à traiter avec des gens qui ignorent tout du métier de relecteur, et qui, sous prétexte qu’ils te payent quelques centaines d’euros (mais plus de deux fois moins que le prix du marché), pensent qu’ils peuvent t’obliger à te contorsionner dans tous les sens pour satisfaire leur désorganisation et leurs moindres changements d’avis (et modifications de textes… pourtant déjà corrigés) tout en exigeant l’excellence absolue. Alors que bordel, un ratio de une-faute-laissée-pour-cent-corrigées, avec une seule relecture rémunérée, c’est pas si mal.

Bref.

OSEF, comme dit la jeunesse.

(On s’en fout, pour les autres)

J’ai quand même pris un peu de ronds et on ne m’y reprendra pas. Ou alors différemment.

A part ça, ben… pas mal de choses.

La vie m’a confirmé depuis mes relouteries-de-décembre que j’avais assurément pris la bonne décision. Non pas que j’en doutais, mais ça fait plaisir de s’en rendre compte concrètement.

D’abord, ça nous a encore plus liés, mon loverboy et moi. Ça fait plus d’un an, maintenant, et même si la folie du début n’est plus totalement – normal -, je mesure chaque jour ma chance de l’avoir rencontré, et continue à savourer notre amour comme il se doit. La sérénité en plus.

Mais au-delà de ça…

J’ai eu une grosse discussion par mail avec le père de mes enfants en janvier, l’occasion de mettre des choses à plat, de prendre le temps d’expliquer plus clairement certains aspects de notre histoire – rupture incluse -, que je n’avais pas vraiment eu la possibilité d’exprimer avant, trop tenaillée par de multiples sentiments et probablement pas assez poussée dans mes retranchements.
J’ai le dos large.
Parfois.
Depuis, ne nous emballons pas, nous ne sommes pas copains, mais au moins nous pouvons échanger avec parcimonie sur nos petits, ce qui rend le quotidien moins dur et incertain. Et ce qui, me semble-t-il, a un impact indéniable sur le bien-être de ma progéniture (et le mien).

En février, j’ai discuté avec ma boss sur mes possibilités d’évolution de carrière et de salaire, et ça a marché. J’ai hérité d’une tâche supplémentaire moyennant une petite prime mensuelle, prime qui sera intégrée dans mon salaire à la rentrée, devenant ainsi un acquis (même si la tâche disparaît un jour, ce qui est de l’ordre du probable).
Cerise sur l’ananas (best desserts ever), au gré d’une occasion du genre à faire le larron, on m’a proposé de changer de métier en septembre, pour faire celui que je lorgnais depuis bien longtemps. Je quitte les chiffres et la résolution des problèmes du monde entier (en tous les cas de l’équipe) pour l’éditorial, et je deviens officiellement secrétaire de rédaction. Un truc qui n’a rien à voir avec le secrétariat comme on l’imagine, même si ça a pas l’air, comme ça. J’en suis restée sans voix, que ça arrive si tôt (je ne parle pas dans ma vie – j’ai 37 piges, tout de même – mais dans ce boulot). Ça fait chaud au cœur, la confiance, et ça panse ma blessure d’enfance qui me chuchote depuis toujours dans le creux de l’oreille tu-ne-sais-pas-écrire-et-tu-es-une-tanche-en-français.

Merci papa.

J’ai pu partir au ski, aussi, et en profiter. Un peu.

J’ai repris le pole dance avec plaisir, et j’en suis aujourd’hui totalement mordue, même si je manque de temps pour m’entraîner autant que je le voudrais. J’ai pu progresser. Me découvrir enfin gracieuse, moi qui ai fait tant de danse sans jamais trouver l’élégance, toujours trop concentrée, ou trop en force. Cette fois, c’est comme si je flottais dans mon élément. Va savoir pourquoi… la puissance des talons de 15 et des grandes chaussettes ? Ou mon prof qui est le plus talentueux-passionné-pédagogue-fou-excentrique-drôle-ET-BIENVEILLANT du monde (je pèse mes mots) ? Je me lâche, à l’aise, je savoure, je kiffe, et j’apprécie même de me regarder.

Truc de nouf.

Genre personal branling et tout et tout, t’as qu’à voir tout en bas de ce billet.

(si j’arrive à dépasser mes lacunes en technologie)

D’ailleurs c’est décidé, j’installe une barre chez moi avant la fin de l’année.

Pour moi, et pour mon mec, qui s’est aussi pris de passion pour la pratique (et le professeur), les talons de 15 en moins, les figures de force en plus.

Même si ça t’en bouche un coin.

Bref… tout ça a été rendu possible par cette prise de décision douloureuse. Dont je me serais bien passée, mais life is life, nana nanana.

Un mal pour plein de trucs chouettes, finalement.

Surtout que… tu vas rire.

Je suis enceinte de trois mois et des brouettes.

Bon, ils étaient encore deux au départ (je suis la reine de la doublette)(j’ai cru devenir folle quand on me l’a dit), mais l’un d’eux a eu la courtoisie de passer son chemin dès la première quinzaine, histoire que la vie ne soit pas trop ironique, kômême.

On est bien contents.

Mes enfants aussi.

Ménopause précoce mon cul.

Alors si c’est une fille, ça sera le jackpot.

Et si en plus, elle, ou l’un de mes garçons, se met à grimper sur la barre…

Je crois que je pourrais mourir tranquille.

Même si c’est pas prévu pour tout de suite tout de suite.

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Comme je suis grosse pour quelques mois encore, j’ai stoppé les cours de figures qui te brisent en mille, et je me contente de suivre le cours dansé.

C’est flou, mais c’est cool comme ça personne ne me reconnaît, sauf ceux qui me connaissent déjà.

Et pour ceux qui pensent que c’est rien qu’un sport de cagoles et d’où un mec même pas pédé il en fait ???

 

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