Cinquante nuances de bleus

C’est bien simple, les semaines passent à toute allure. Là, par exemple, ça fait quatre mois et trois jours que j’ai écrit mon dernier billet et j’ai l’impression que c’était il y a deux minutes.

Faut dire que le rythme est soutenu, hein. Taf à temps plein, trois enfants à gérer seule une semaine sur deux, voire plus, la madre toujours malade… L’enfer des mois de juin et de septembre pour les parents (« seuls les vrais savent », comme dirait facebook-cet-objet-de-Satan), les inscriptions aux activités, les documents administratifs à remplir en douze exemplaires pour chaque enfant, les devoirs chronophages, le retour du mauvais temps et des 8000 chaussettes à étendre… Sérieux, mon temps libre se situe entre 21h48 et 22h53, à un moment où mon cerveau est à plat et je me demande quand ça s’arrête, l’infernal tempo.

Je ne me plains pas, hein… j’adore avoir eu tous ces enfants, mes garçons sont charmants même s’ils m’obligent à gueuler quasi-quotidiennement, ma fille est un rayon de soleil même quand elle me réveille trois fois par nuit (ce qui me tue à petit feu, heureusement qu’elle reprend ses bonnes habitudes de temps en temps), mon homme est toujours formidable, à tout niveaux…

Et je progresse de fou sur la barre.

Parce qu’en plus de mon planning de dingo, figure-toi que je m’impose trois à quatre séances de sport hebdomadaires en plus de mon unique cours de pole.

Foskifo.

Et ça paye.

Donc au boulot en loucedé dans une salle de réunion après la cantoche, ou chez moi entre 22h et 22h45 quand j’ai vraiment la foi et que j’ai signé les cahiers/vidé le lave-vaisselle/plié le linge/appelé mon père-ma sœur-mon pote-ma meuf-hohoooohoho… je transpire.

Au programme : 450 fessiers, 10 minutes d’abdos montre en main, 5 minutes de gainage aïe-aïe-aïe, 40 pompes pectoraux et 8 pompes triceps (ou deux montées de barre sans les jambes, à la force des bras) et des assouplissements.

Parfois je me demande pourquoi je m’inflige ça alors que je pourrais mater la fin de Narcos sur Netflix (dont la musique du générique m’habite, et aussi parfois les images un peu violentes qui viennent visiter mes rêves) ou refaire ma pédicure.

Et puis je vois mes bras et mes abdos se dessiner (pour les bras, c’est une première)(j’ai toujours aimé les filles aux bras musclés), je repasse sous la barre des 60 kg (c’est tout frais ça date d’hier mais bordel de bordel ça fait plaisiiiiiiir), et surtout, j’arrive à faire une nouvelle figure qui me semblait inatteignable jusqu’alors, du genre la tête en bas le cul en haut qui ne tiennent qu’à la force des épaules et des mains…

Fais gaffe parce que je suis à deux doigts de coller des vidéos de mes exploits.

Dès que j’aurai suffisamment de mémoire sur mon téléphone.

Putain d’iPhone 8 Go.

En attendant, j’immortalise mes bleus, une véritable collection. Tu serais étonné de voir les traces que ça laisse sur les cuisses, l’arrière des chevilles, les hanches, la peau fine de l’intérieur des bras. Entre les douleurs musculaires, les brûlures, les chocs, les tendons distordus… on peut qualifier cette discipline de masochiste. Et très exigeante.

Regarde.

fullsizerender

Les progrès n’en sont que plus exquis, et rendent fière.

Alors voilà, la vie passe à toute blinde et ça ne laisse pas beaucoup de temps pour écrire. Faut choisir : devenir une (vieille) pro de la barre et défier la gravité et la feignasserie ou prendre le temps de vivre des trucs suffisamment intéressants et nouveaux pour en tirer des textes passionnants.

Genre PAS comme celui-ci, tavu.

Je discutais ce midi avec l’homme courtois, et il riait en disant que j’avais trouvé la plénitude, l’harmonie amoureuse et sexuelle, et que c’était précisément dans ces moments là qu’on n’avait plus rien à dire. Juste à savourer.

Il y a peut-être de ça.

Trop heureuse pour transformer mes tripes en jolis mots ? Ou trop prise par la tornade du quotidien qui empêche de… laisser naître la poésie ?

Peut-être un peu des deux.

Mais en attendant je progresse en pole, et quelque part, ça compense.

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Jazz tango

Contact-Me Trio

Il prétend que c’était écrit sur sa fiche mais comme je suis une tanche, je ne l’ai pas vu. Pourtant j’ai fouillé, je voulais en savoir le plus possible sur ce beau garçon qui avait l’air d’être taillé pour moi.
Peut-être que ça m’aurait refroidie, d’ailleurs. Bêtement. Peut-être que je l’aurais imaginé uniquement en quête de plan cul (je ne suis pas à l’abri des clichés) alors que je cherchais sinon un amoureux, au moins un mec qui deviendrait un pote et avec qui éventuellement je baiserais puisque c’est le cadre qui me correspond le mieux.

Ça faisait un petit mois qu’on s’était sauté dessus et qu’on aimait bien remettre le couvert quand nos emplois du temps respectifs de darons travailleurs à temps plein et habitant à une heure de route l’un de l’autre nous le permettaient, et je ne sais plus pourquoi, je lui ai demandé s’il avait déjà couché avec une prostituée.

–  « Oui, quand j’étais plus jeune, pourquoi ?
– Non, comme ça, ça m’intéresse. Et quel genre, du coup ? Escort, tapin de rue…?
– De tout, des putes de luxe aux camionnettes en passant par celles du Bois… mais que des meufs, hein !
– Ok, ok. Mais même si c’était pas le cas, tranquille, hein. J’m’en fous moi, tant que tu traites bien les gens…
– …
– …
– Bon en fait, pas que des meufs. Des mecs, aussi. Enfin des trans.
– Ah ouais ?
– Ouais, mais c’était pas moi qui prenait.
– Ok ok… »

Je souriais, mi-émue, mi-intéressée.

Un ange est passé.

– « Je sais pas pourquoi je te mythonne : je couchais avec des trans, dans tous les sens du terme. Et j’ai aussi couché avec des mecs, plein. Le seul truc, c’est que je ne suis jamais tombé amoureux d’un homme, et je ne pense pas que ça pourrait m’arriver. »

J’étais touchée qu’il me fasse suffisamment confiance pour me raconter ce pan de sa vie. D’autant plus que c’était vraisemblablement une première, l’homme ayant toujours gardé cela secret : ni sa famille, ni son ex-femme ni aucun de ses potes n’était au courant. Pas tant par honte que par instinct de survie et pour simplifier son existence ; il vivait d’ailleurs très bien avec sa face cachée.

De ce jour, je lui ai régulièrement posé des questions sur sa sexualité singulière et assumée. Ça me chamboulait, dans le bon sens du terme, j’avais envie de savoir, de toucher du doigt cette part de lui (hu hu hu). Je lui ai dit que ça me chatouillait même d’en parler ici, que j’avais mille choses à dire sur ce que ça remuait en moi, mais que certains de mes potes me lisaient et que donc son secret serait exposé…

« Ça ne me pose aucun problème », m’a-t-il dit, semblant même content d’être enfin transparent et accepté comme tel par sa meuf et son entourage, précisant qu’il avait certes caché cela à ses proches mais que s’il s’était fait griller, il aurait assumé.

Du coup, presque à chaque fois que je parlais de mon nouvel amoureux à quelqu’un et notamment de notre compatibilité sexuelle certaine, je ne pouvais m’empêcher de vanter son ouverture d’esprit et d’évoquer ses multiples expériences.

Je crois que j’étais admirative.

Pas tant de la quantité, même s’il a bourlingué. Plutôt de la qualité, de son approche solaire et généreuse du sexe, qui faisait écho à la mienne, qui résonnait dans ma tête, mon corps et mon cœur.

J’étais heureuse d’être tombée amoureuse d’un homme formidable… et bisexuel.

Jazz-tango, en argot.

Jolie expression. Même si perso, je préfère le tango. Et me sens plutôt très hétérosexuelle.

Pendant ma grossesse, excepté au deuxième trimestre (celui qui rime avec une certaine lubricité), j’avais clairement la libido au fond des chaussettes. Je me disais même intérieurement que je comprendrais qu’il aille coucher ailleurs, si possible avec un garçon d’ailleurs (une sombre histoire de rivalité moindre), rapport que j’étais pas franchement un cadeau niveau horizontalité même si on pratiquait, rapport aussi qu’on s’est toujours dit que chacun fait ce qu’il veut avec ses cheveux tant qu’il protège l’autre de l’angoisse, de la tristesse et des MST. Et qu’il a l’honnêteté de rompre si l’amour ou le désir ne sont plus.

Je lui avais finalement dit et il m’avait répondu que les garçons ne lui manquaient pas. Que si d’aventure il couchait avec un, il me voudrait dans les parages.

C’est comme ça, d’ailleurs, qu’on a commencé à causer triangle équilatéral en bagnole un jour de juillet.

Un dimanche où je bossais sur la putain de thèse, il s’est éclipsé pour me laisser tranquille en me disant qu’il allait se faire un petit sauna.

Gay.

Ça m’a un peu perturbée, je dois dire – de la théorie à la pratique il y a parfois quelques ajustements à éprouver. J’ai senti une petite vague de sanglots monter sans exploser (les hormones, c’est pas tout le temps génial) puis je me suis trouvée un peu con vu ce que je défends intellectuellement. J’ai été regarder le site dudit sauna – j’y ai appris ce qu’était un glory hole jésumarijosèf ! -, ça m’a fait un peu marrer et j’ai décidé que ça ne m’inquiéterait pas.

Ça a plutôt marché.

Le soir venu, je lui ai demandé s’il ne s’était pas fait draguer de ouf puisqu’il est super beau et du genre à plaire aux pédés. Une vraie question, hein, pas une agression.

Il a rigolé, répondu que si un peu mais qu’il avait décliné. Et m’a répété qu’il n’avait pas envie de coucher avec un garçon sans moi.

J’ai décidé de le croire en me disant que même si c’était faux (ce que je ne pense pas), je m’en foutais et que ça réveillait juste ce qu’il fallait de jalousie en moi. Pas celle qui ronge mais celle qui donne envie d’être la meilleure. Notamment au sujet des pipes, mais pas que.

Il y est retourné une seconde fois et mon esprit intranquille m’a joué des tours parce que le lendemain au réveil, c’est-à-dire plus de quinze heures après sa session vapeur, j’ai eu l’impression qu’il sentait le sperme. Alors que j’ai un odorat de pacotille, que je l’avais embrassé moult fois la veille sans rien remarquer et qu’il avait en plus pris une douche depuis.

La puissance du cerveau qui s’angoisse, quand même…

D’ailleurs il s’est bien marré quand je lui ai raconté. Moi aussi.

On a beau tenir plein de beaux discours sur l’ouverture d’esprit, parfois le centre émotionnel déraille et complique ce que l’on pensait simple et clair comme de l’eau de roche.

Et puis l’idée de rencontrer son ami R. a fait son chemin.

J’ai quand même précisé à mon amoureux qu’il était possible que je ne gère pas si bien de le voir faire du sexe avec un homme. Que je pensais que si, mais que malgré mes grandes théories, ces petits épisodes de trouble incontrôlé signifiaient peut-être un fossé entre mes tripes et mon cortex.

Il m’a rassurée, me disant qu’il se passerait ce qu’il se passerait, qu’il n’y avait aucune obligation, qu’on pouvait se contenter de boire un coup à défaut d’en tirer un et que si finalement on s’y frottait, je pourrai à tout moment exprimer mon malaise si malaise il y avait.

Une immense bouffée d’amour m’a envahie… Cet homme a tout compris.

Alors je me suis lancée.

J’avais prévu une date qui était censée tomber pile poil sur la bonne tranche de ma temporalité mais mon corps ce petit malin a décalé mon cycle et mes règles ne sont pas arrivées comme je l’imaginais. J’ai cru qu’on allait devoir annuler – j’ai rien contre le sang, mais pour un premier rendez-vous à trois, c’est ptet pas l’idéal -, puis comme ça durait j’ai eu peur d’être enceinte. Jusqu’à me rappeler que l’allaitement fout le boxon dans les hormones, ce qui m’a détendue.

J’ai même estimé que c’était plus intéressant, finalement, de vivre cette expérience hors période équatoriale histoire de ne pas être juste animale et de profiter aussi d’une excitation plus cérébrale.

Et puis le jour J est arrivé.

Mon mec, qui était tout heureux à la perspective de l’après-midi à venir (parce qu’on a calé ça à un moment sans enfants mais aussi sans fatigue)(à 22 heures, je m’écroule), me lisait les sms de son pote au fil de l’eau. Qui semblait finalement bien plus timide que je ne me l’étais imaginé.

« C’est un plan direct ou on a le temps de faire connaissance avant ? Parce que je crois que je vais avoir besoin d’une petite bière pour me détendre », s’inquiétait-il par écrit.

Et mon mec de le rassurer sur la coolerie du moment prévu et sur l’absence totale de pression.

Tout en me faisant des câlins aussi tendres qu’allumeurs.

Au bout d’un moment, on a toqué à la porte. Et j’ai décidé que c’est moi qui irai l’ouvrir.

On s’est souri. Joli garçon. Moins mon style que mon mec, mais une sacrée bonne tête. Et puis le trac de l’autre, moi, ça m’émeut.

Les gars se sont claqué une bise chaleureuse, ça faisait un bail quand même… j’ai sorti des verres pour l’apéritif et je me suis préparé mon petit thé à la menthe.

Alors on a commencé à causer, de tout de rien, dans une ambiance sympathique… puis par cercles concentriques de plus en plus petits, à se rapprocher de notre sujet.

Finalement, de le sentir un peu réservé, moins conquérant, ça m’a aidé à sortir de ma propre timidité.

Mais je savais que la difficulté première, c’était la bascule (comment veux-tu comment veux-tu). Passer de la papotade à la gaudriole en douceur.

On était au bord quand mon téléphone a sonné.

La crèche.

LA CRÈCHE, bordel de Dieu.

J’ai montré l’écran à mes deux gaillards en me marrant, dubitative sur la possibilité de poursuivre notre parenthèse enchantée. Genre le sort qui s’acharne.

Ma fille pleurait, rien de grave mais si à tout hasard j’étais dans le coin, que je n’hésite pas à venir la chercher un peu plus tôt que dans deux heures.

J’ai fait ma mère indigne et j’ai promis d’arriver dans une heure.

Tu peux appeler les services sociaux si tu veux.

J’ai raccroché en riant. J’avais enfin ma bascule.

« Bon c’est pas tout mais l’heure tourne, les mecs. »

Ils se sont levés tout sourire et m’ont entraînée dans ma chambre.

J’en ai embrassé un, puis l’autre. Ils se sont embrassés à leur tour. L’un plaqué contre mon ventre et l’autre contre mon dos nous nous sommes étreints, nos mains courant sur nos corps, s’immisçant sous nos vêtements, joli ballet de bras emmêlés.

Libérés de nos étoffes, nous avons collé nos peaux les unes aux autres et j’ai étrenné ce nouveau sexe dans ma bouche alors que mon amoureux me caressait tout en se redressant sous les mains expertes de notre invité.

Nous avons tourné, j’avais à cœur de ne laisser personne de côté et c’était du coup très confortable de savoir que mes deux complices pouvaient s’entreprendre.

Nous avons exploré tous les recoins de mon lit, mes yeux étaient clos pendant que je sentais une main tenant mes cheveux et un sexe qui me creusait, tantôt sur le dos tantôt sur le ventre ou le flanc, j’entendais les soupirs virils des hommes, devinant ce qu’ils se faisaient même s’ils sont restés très mesurés.

Pendant que mon amoureux dansait entre mes jambes pour me faire l’amour, j’engloutissais à nouveau le sexe de notre ami, me découvrant brûlante, le cerveau allumé et la peau transpirante, envahie par de chaudes pulsations…

Puis j’ai senti son buste se pencher vers mes seins sans cesser ses va-et-viens, son souffle de plus en plus proche, sa bouche qui s’invitait là où j’étais en train d’œuvrer dans l’obscurité de mes paupières toujours fermées. Nous nous sommes embrassés puis je lui ai cédé ma place et j’ai enfin osé.

Je l’ai regardé.

Et j’ai souri, émue et heureuse.

Et j’ai vu le regard rieur et bienveillant de notre ami posé sur moi qui observais mon amoureux occupé à lui donner du plaisir. Boucle et volupté.

Et nous avons repris notre valse à trois temps, notre jazz syncopé, notre tango langoureux… jusqu’au point d’orgue harmonisé, au rythme des spasmes de l’un contre mon bassin et des jaillissements de l’autre sur mon dos.

C’était beau, c’était doux, c’était bon, c’était chaud.

Et comme nous n’avons pas pu tout explorer, nous nous sommes juré de rejouer notre partition tout bientôt.

Car c’était aussi très prometteur…

(Et quand je suis arrivée à la crèche, ma fille ne pleurait plus depuis belle lurette)

 

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Mimolette

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Attention, ceci est un titre à circonvolutions.

C’était il y a plus de 2 ans, quelques mois avant que je rencontre mon mistalovalova.

J’étais un peu sombre, rapport que la vie n’était pas bien simple, et un jour de sommet hormonal, j’avais écrit un billet tout foutraque que je terminais en disant vaguement que j’avais envie de niquer mais que je ne voyais pas avec qui.

Pas que personne ne voulait de moi, hein ! Dois-je te rappeler que je suis de la bombe baby ? J’ai pas le monde à mes pieds, non, juste ce petit talent de savoir être désirée par quelques garçons qui m’aiment et que j’aime. Beaucoup.

Mais il y avait ceux dont je ne voulais pas, ou plus, ceux qui étaient trop loin, ou trop complexes, et surtout ceux qui étaient bien en main, certains fidèles et d’autres moins mais dont je ne voulais pas risquer de compliquer le quotidien.

Au petit matin du jour suivant la publication de mon texte, je reçus un mail hilarant d’un lecteur me proposant ses services. Des mots qui me firent éclater de rire – le bon, celui qui baume le cœur – et du coup titillèrent ma curiosité.

Nous avons échangé pendant quelques jours, ça m’a donné le sourire et même un peu le rose aux joues, alors j’ai accepté de le rencontrer. Sa description pouvait être tout à fait mon style ou pas du tout, c’était vraiment à double tranchant, et il refusait de m’envoyer sa photo sur le thème « soyons fous, vive les surprises ! »

Je trouvais ça rigolo de ne pas savoir à quoi m’attendre, et puis le mec me faisait vachement rire, et tu sais ce qu’on dit. Surtout que les mormones étaient bien au taquet. Et que j’ai des lunettes, if you know what I mean.

Bref, un vendredi soir, j’allai au Dirty Dick, un bar de Pigalle au nom qui ne détonnait pas avec la gouaille de mon interlocuteur.

En arrivant, je l’ai reconnu tout de suite et j’ai vu que sa description à double tranchant ne tombait pas exactement du bon côté de mes goûts. Mais il se trouve que l’homme avait un blog que j’avais un peu potassé en amont et qu’il n’avait pas l’air d’être le dernier à baiser. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, je n’attache pas tant d’importance au physique. Je veux dire, j’ai eu plein d’amants avec qui je n’aurais jamais imaginé horizontaliser (ou autres) quelques mois avant de me faire délicieusement ferrer.

La timidité, le mystère, la bienveillance, une gueule cassée, une fêlure, la lubricité, une audace, la tristesse, le talent des mots, l’humour… sont autant de petits riens et de grands quelques-choses qui peuvent me faire basculer.

On a bu un verre en papotant, de ci, de ça, puis nous sommes sortis sans piper mot concernant la suite des événements. Nous marchions tranquillement sur le terre-plein central du boulevard qui me ramène vers chez moi pendant que je fumais mon petit tarpé, et, arrivés vers Barbès, il m’a demandé s’il passait chez moi.

Sans être totalement convaincue, j’ai décidé de laisser faire les choses et de voir si un émoi allait naître en moi.

J’avais besoin de sentir mon sang frémir dans mes veines.

Passé la demi-heure de courtoisie, il s’est penché et m’a embrassée. J’étais toujours un peu frileuse, mais vu que je n’avais jamais baisé avec un inconnu et que celui-ci était ma foi bien sympa, je me suis dit pourquoi pas.

A 35 ans, il était temps de sortir du cocon des amis-amants et d’affronter le soufre du monde extérieur.

On a roulé vers mon lit, on s’est frottifrottés, dévêtus, papouillés, mais vraisemblablement, son sexe ne répondait pas. Du tout.

Moi, pas bégueule, j’ai usé de mes doigts sur mon intimité juste sous son nez pour l’exciter, je lui ai offert ma bouche dont on m’a souvent vanté les vertus, mais rien à faire, malgré ma pugnacité, la chose restait inerte.

Il a commencé à paniquer, me disant que c’était la première fois de sa vie que ça lui arrivait, alors qu’il avait graaaaaave envie de me sauter… qu’il était dégouté.

Je le croyais, en plus. Qu’il avait grave envie et qu’il n’était pas coutumier du genre.

Apparemment, je fais parfois cet effet aux garçons.

Je suis même presque sûre que cet homme sait y faire avec les zouzes. Mais pas ce soir-là.

Il a voulu taper un trait de C. Perso j’étais pas sûre que ça soit l’idée du siècle vu la situation, mais je n’ai rien dit, me contentant de refuser de l’accompagner.

Du coup on est repassé dans mon salon, et moi j’étais pépouze, hein. Malgré la foirade. Je ne lui en tenais évidemment pas rigueur (ha ha ha) et j’essayais d’éviter qu’il soit mal à l’aise, mais pas facile.

Il tournait en boucle sur LA rchouma de sa vie.

J’avais beau lui dire qu’on s’en foutait, que c’était pas de l’ordre de la rchouma, le mec ne débloquait pas.

Il a voulu ré-essayer, mais moi, merci, j’avais plus envie. Aucune punition, hein, juste que le train était passé, j’étais fatiguée et je ne voulais surtout pas d’un truc laborieux. Pas le cœur à besogner.

Il ne l’a pas très bien pris, faut dire…

Je l’ai gentiment invité à partir. Et j’ai été dormir.

Après cela, on s’est envoyé quelques mails. Il voulait remettre ça rapport à sa dignité, mais pas moi parce que ce qui prime, coco, c’est mon désir, pas ton égo (soit dit sans méchanceté). Il me faisait néanmoins toujours beaucoup rire même si j’étais dans la position très délicate de celle qui cherche à dédramatiser la situation (pourtant vraiment pas dramatique), qui doit trouver l’équilibre subtil entre le je-te-rassure-c’est-pas-grave-et-je-n’ai-aucune-envie-de-me-moquer-de-toi, le je-comprends-que-ça-t’ait-chiffonné-on-parle-de-ta-bite-quand-même et le non-non-aucune-condescendance-ne-transforme-pas-ton-sentiment-de-honte-en-paranoïa-juste-passe-à-autre-chose-bordel.

Je vous jure les gars, c’est pas simple de trouver le bon ton quand vous semblez au fond du trou (toute ressemblance avec un jeu de mot de mauvais goût serait purement fortuite).

Alors que ça peut très bien se passer.

Par exemple, avec mon amoureux, les premières fois qu’on a baisé, pareil, il n’arrivait pas à bander. Enfin disons plutôt qu’il n’arrivait pas à connecter nos sexes. Il était tout vaillant dans ma gorge, mais dès qu’il s’agissait d’entrer dans mon ventre, ça se compliquait.

Trop de pression, apparemment à cause que je lui plaisais.

Pas facile d’être un garçon, parfois…

Alors ses doigts et sa langue prenaient savoureusement le relais, en attendant le retour du soldat.

Il l’a pris cool, moi aussi, et ça a fini par rentrer dans l’ordre suffisamment rapidement pour que le début de crainte que ça fasse tout foirer s’échappe de nos esprits.

Même le troisième larron lors d’un récent après-midi fort plaisant (je te raconterai) a connu quelques baisses de forme à base de mi-molle*, alors qu’il était hyper saucé par l’idée de triangulariser. Comme quoi on peut être un expert de la gaudriole, avoir expérimenté le cul en long, en large et en travers et soudainement être assailli par la timidité.

Il était un peu embêté mais ça ne nous a pas empêché de jouir tous les trois dans la joie et la bonne humeur.

Et de se promettre un reviens-y, parce que je te rappelle que j’ai des projets, moi.

En rapport avec le Nord, le Sud et le septième ciel.

* Ça y est, le titre, tu saisis ?

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22 mois

dcu-trio

Promis après j’arrête avec les titres anniversaire. Mais je t’avais prévenu, j’ai un truc avec les dates et une mémoire d’éléphant. Que je subis et aussi que je cultive, parce que vu comme ça peut être encombrant parfois, autant que ça serve le reste du temps.

22 mois, donc.

Non, c’est pas l’âge de ma fille, faut suivre, là-bas, au fond. Elle a même pas encore de quenottes, même si elle a déjà les sympathiques symptômes avant-coureurs, à base de maladies qui t’empêchent de dormir et de popopopo liquide liquide liquiiiiide.

Ouais, ami de la poésie bonsoir, et spéciale dédicace à ce gros punk de Joey, pour ceux qui connaissent leurs classiques (sinon, écoute Ma Benz, espèce d’inculte). Team Didier, d’ailleurs, si je veux coller à l’actualité de la plus haute importance. Même si c’est moche de taper et que j’aurais aimé qu’il ne tombe pas dans ce piège. Mais team Didier quand même et sus aux petits sournois qui tentent de camoufler les humiliations sous le trop facile argument de l’humour-vide-de-toute-drôlerie-en-plus.

J’aime pas les sournois. J’aime les punks.

Mais je m’égare.

Donc 22 mois qui n’est pas l’âge de ma fille, c’est le temps qu’il nous aura fallu, à mon mistalovalova et moi, pour aboutir notre petite ascension nordiste.

Mazel tov, psartek, toussa toussa, non ?

Sérieux, ça fait quatre ans que j’en cause, et même si j’ai deux ans d’avance sur mon planning (j’avais calé le truc pour mes 40, j’en ai 38 demain)(soit dit en passant), il était temps que ça se passe vraiment, de façon cool et librement consentie.

Alors voilà, comme ma fille qui n’a ni dents ni 22 mois est entrée à la crèche (je tiens à remercier tout particulièrement ces parents qui ont eu l’immense délicatesse de se casser vivre à Bangkok en milieu d’année, reconnaissance éternelle à jamais au-delà de l’infini), et que je n’ai pas encore repris le boulot (vive la France, vive le troisième enfant), et que mon mec est en horaires décalés que c’est relou d’être réveillée à 5 du mais que c’est cool de le retrouver à 15h, j’y ai dit « tiens, mais oh, et si on passait la seconde ? »

Non parce qu’avant j’avais mis la progression sur pause : c’est compliqué de se lancer dans de l’alpinisme de haut niveau quand on ne sait jamais à l’avance si la baise va être interrompue dans 30, 15 ou 4 minutes par un bébé qui pleure.

Ouais, j’ai besoin d’avoir l’esprit tranquille pour ouvrir tous mes chakras.

Donc on la jouait efficace mais sans risque, et c’était fort plaisant, j’ai d’ailleurs toujours défendu les baises simples et rapides.

Et puis j’ai redécouvert l’existence du temps libre (que ma reprise du boulot prévue dans un mois va réduire à néant mais life is life nana nanana).

Donc la seconde nous passâmes.

Surtout qu’un certain bras droit de mon homme, dont l’initiale est aussi un R, a refait surface sur le thème « Hey, salut, si vous êtes toujours saucés pour tricoter à trois, je suis là »…

Et moi j’étais toujours saucée. Mais vu que le R-troisième-du-nom est semble-t-il un super chaud de la chaussette et un gros routard du cul, je trouvais con de ne pas être en mesure de profiter pleinement de toutes les configurations possibles.

Parce que je te rappelle que moi, le Nord, d’accord, mais uniquement en version sudiste. Genre la rencontre des Chtis et des Marseillais, la pluie et le beau temps, le beurre et l’argent du beurre, bref, la double sinon rien.

Ouais. J’assume.

Et que donc avant de m’attaquer à la double entreprise par deux humains faits de chair et de sang, il fallait que je potasse un peu mon sujet. Avec objet. Et mon homme, ce merveilleux professeur. Histoire aussi de réussir à tenir l’acrobatie du trio plus de deux minutes, rapport que je peux monter vite, parfois.

Alors voilà, on s’y est collés, joyeusement. Un beau jouet tout en verre au midi, et mon amoureux au septentrion. On a pris notre temps (l’homme est très doué pour ne pas brûler les étapes), et hormis le passage où il a libéré le Texas pour mieux entreprendre le Minnesota avant de l’envahir à nouveau (j’ai été obligée de prendre une carte pour cette métaphore)(et décidément, un seul point cardinal sollicité m’est désagréable quand les deux me sont délicieux)(je ne saurais expliquer pourquoi), c’était vraiment chouette.

Et moins déroutant que je ne le craignais.

« A qui sait attendre, le temps ouvre ses portes », dit un proverbe qui me semble totalement à propos.

Me voilà donc prête pour la grande farandole.

Que j’appréhende un peu, puisque ça devrait être moins light que mon unique expérience en la matière, mais je crois bien que j’ai hâte.

Ah oui, parce que je t’ai pas dit, mais mes cycles sont revenus. Avec leur lots de montées hormonales.

Ça donne chaud, ça fait faire des rêves pas très catholiques.

Et ça redonne envie d’écrire.

 

 

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Un an et une heure

Le ballon rouge

Dans la nuit du 11 au 12 décembre 2014, je me suis réveillée à trois heures du matin après quelques heures de sommeil tourmenté et une soirée à sangloter. J’avais appris que j’attendais des jumeaux – comme mon intuition me le soufflait à l’oreille depuis quelques semaines – alors que je n’étais pas en mesure de les accueillir correctement. Imaginer le futur qui m’attendait vu ma situation (seule avec mes deux grands au quotidien, mon amoureux et père des deux têtards absent une semaine sur deux) m’avait plongée dans une angoisse incommensurable et je hurlais intérieurement contre la vie qui se jouait de moi.

En me réveillant au milieu de la nuit, ce qui ne m’avait même pas effleuré l’esprit pendant une dizaine d’heures s’est imposé à moi comme l’unique solution. Et j’ai décidé de me séparer de mes Minuscules. Le cœur en miette : je rêvais de jumeaux depuis toujours.

Je suis retombée enceinte assez rapidement, et même s’il y en avait encore deux au départ, l’un d’entre eux a eu la politesse de s’effacer pour laisser toute la place à l’enfant que je pourrai recevoir dans de bonnes conditions.

Un an et une heure exactement après cette douloureuse décision, et alors que je pensais accoucher une semaine plus tôt, j’ai fissuré la poche des eaux dans lesquelles nageait ma petite fille.

C’était une première pour moi, qui n’avais jamais perdu les eaux autrement que quelques dizaines de minutes avant la naissance de mes enfants. Et même si c’est probablement un hasard absolu (je suis une mécréante terre-à-terre), je ne peux pas m’empêcher de penser que cette durée d’une précision déroutante était celle qu’il fallait à mon corps et mon âme endeuillés, et que ma petite a sagement attendu que ma psyché soit déblayée des fantômes du passé.

Elle est née presque 24 heures après, à minuit dix le lendemain. Juste assez pour avoir sa propre date d’anniversaire, vierge de toute tristesse.

Oui, j’ai un truc avec les dates. Une mémoire infernale. Je me souviens de tout. Les jours de la semaine, les nombres. Souvent c’est chouette. Parfois c’est lourd à porter.

Accueillir un enfant en sachant que c’est le dernier, ça fait drôle. Et ça pousse à profiter de chaque instant. Je n’ai de cesse de me dire – presque sans aucun pincement au cœur – que cette jolie moue, ce cri ou cette façon de s’étirer comme un petit chat sont des moments dont il faut savourer la substantifique moelle, car un jour ils ne seront plus.

C’est mon dernier. Notre dernier. Raisonnablement.

Et comme mon amoureux est formidable, il a décidé de faire une vasectomie. Me libérant ainsi des relouteries de la contraception, et assurant pour lui un total contrôle de sa vie d’homme. J’en suis toute émue. Il est moderne, autonome, responsable.

Et je pense que si les hommes imaginaient à quel point la contraception peut – parfois – compliquer la vie des femmes (leurs humeurs, leur corps, leur libido…), ceux qui sont certains de ne pas ou ne plus vouloir d’enfants devraient y songer. Au lieu d’attendre après leur compagne pour gérer le problème, et d’éventuellement l’accuser de leur avoir fait « un enfant dans le dos », ce qui, si on a quelques notions d’anatomie, est évidemment impossible, la face nord ne menant pas à Rome malgré ce que prétend le dicton.

Ha ha ha.

En parlant de ça, j’ai repris du service précautionneusement (tout a l’air de marcher), et mon amoureux m’a promis un univers de plaisirs nouveaux et de volupté pour célébrer le retour de la femme érotique. Ravivant tout ce que nous avions commencé à aborder, en théorie ou en pratique.

La femme érotique a donc hâte d’être un peu moins fatiguée par sa fonction nourricière, même si elle adore ses nouveaux seins et regarder sa petite les téter goulûment.

Affaire à suivre.

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Visuel extrait du court-métrage Le Ballon rouge, d’Albert Lamorisse.

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Onze jours

Onze jours.

Onze jours que je l’ai accueillie, ma petite nénette, ma boulette de chaleur.

Voilà qui donne une saveur toute nouvelle à cette période de Noël qui a toujours eu un goût amer – merci ma famille dysfonctionnelle.

Je ne vais pas te faire le récit par le menu de la naissance de mademoiselle Ka (j’adore les histoires d’accouchement avec tous les détails, je ne suis pas sûre que ça soit ton cas…), mais je peux quand même te raconter qu’alors que j’ai cru que ça allait se passer tout pas comme je voulais (des mois que je fantasmais ce dernier accouchement, oui oui, le dernier, a priori c’est sûr, mister R coupe le robinet en avril)(j’y reviendrai), ce qui m’a valu une petite coulée de larmes de déception au petit matin, finalement tout s’est bien terminé.

SANS PÉRIDURALE.

(Un des trucs que je désirais très fort)

Je l’écris en majuscule parce que psartek quand même. Ça fait putain de mal c’t’histoire.

Mais c’est quand même mieux sans. Même si ça sonne chelou.

Et puis ma fille est la coolerie incarnée. Pour l’instant en tous les cas, pourvu que ça dure.

Faut dire que quand on a commencé par un difficile (doux euphémisme, je l’ai compris à la naissance du deuxième, c’est confirmé aujourd’hui)(j’ai pensé à l’époque que l’adage « un bébé dort vingt heures sur vingt-quatre » était la plus grosse arnaque du monde, après la série Lost), on goûte particulièrement la vie avec les suivants.

Je plains ceux qui ont commencé par les plus faciles.

Même si j’en ai bavé, il y a sept ans et demi.

Bref, je suis totalement amoureuse de cette enfant. Et toujours de mon homme. Qui le vaut bien.

Et puis… quel bonheur de NE PLUS être enceinte. Redécouvrir sa capacité respiratoire, localiser ses organes aux bons endroits. J’ai même l’impression d’avoir une zézette de jeune fille, après l’avoir vue enflée pendant des mois (pour ne plus la voir du tout, vers la fin). A l’extérieur en tous les cas. Faut que je vérifie l’intérieur dans quelques semaines, mais – merci maman – j’ai normalement un périnée en béton armé, alors je ne m’inquiète pas trop.

En parlant de béton armé… tu verrais mes nichons ! J’avais prévenu mon mec dont les deux premiers enfants n’ont pas été au sein, il n’en revient toujours pas.

Ce qui est con c’est qu’il ne peut pas trop y toucher. Trop douloureux.

Mais ça va s’organiser, ils vont dégonfler, je vais arrêter de saigner… j’ai hâte de me remettre en selle. Lui est au taquet, et toujours aussi respectueux de mon petit rythme. Du coup il me tarde de profiter de ma nouvelle mobilité.

Bref… la vie est belle.

Joyeux Noël.

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8 mois

Bon bon bon, ça fait deux bons mois que je n’ai pas écrit par ici, mais faut voir les mois, aussi.

Le nouveau boulot qui s’est intensifié et continue de me plaire, même si je n’avais aucun doute là-dessus. Je suis ravie de cette évolution, et des quelques pépettes qui vont avec.

Ma maison dans laquelle j’ai fait faire de gros travaux me permettant de passer de 40 m2 à 55 m2, stadire un palace, avec en plus une IMMENSE chambre pour moi et mon homme présent une semaine sur deux. Il a donc fallu préparer le chantier, vivre le chantier, ne pas trop stresser sur le retard du chantier (rapport qu’il y a eu forcément plus de trucs à faire que prévu)(temps quasi-doublé, facture idem)(glurps), et surtout, peindre-lessiver-ranger-trier-trimer après le chantier, avec les mômes dans les pattes et échéances à respecter. Ce que je viens de terminer (aidée, bien entendu). Sur les genoux. Mais je love mon home sweet home (et mon homme sweet homme qui a été exemplaire, as usual). Et je remercie la montagne de taf que ça m’a demandé, qui m’a permis de ne pas trop penser à tous ces sympathiques récents événements. Disons qu’au lieu de rafraîchir la page 843 fois par jour, je ne le faisais que 20 fois, certes parfois à 3 heures du mat tout en faisant des listes de trucs à faire dans la casbah, mais c’était moins pire que de tourner en boucle sur les chaînes d’information continue, autrement dit SATAN.

Alors me voilà, crevée, c’est vrai, mais à 8 mois de grossesse bien tapés, enfin installée et prompte à glander un peu en attendant de mettre au monde une future petite femme libre.

Car c’est une fille, joie bonheur et allégresse.

Qui aura donc quatre grands frères ravis d’accueillir une petite sœur, une mère libre et indépendante et un père capable de se bagarrer si nécessaire mais qui aime plus que tout les femmes libres et indépendantes.

Cette petite part dans la vie avec les meilleures cartes possibles.

C’est ce que j’aime imaginer.

A partir de maintenant, elle peut arriver à tout moment. J’espère plutôt dans deux semaines rapport que c’est pas tous les jours qu’on est payé à rien foutre sans nourrisson pendu au sein et que j’aimerais en profiter un peu. Mais la valise est prête, donc moi aussi.

Petite fille, je t’attends.

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(et vive la cellulite !)

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