Les juilletistes

Non, non…

Malheureusement non.

Tu as ptet cru que j’allais annoncer mon quatrième marmot, mais remember, mon mistalovalova a fermé le robinet, et je n’ai pas prévu de choisir un troisième père de mes enfants. Mon deuxième me convient parfaitement, et je ne renie rien chez le premier, même si l’amour a fini par foirer.

Tu as ptet cru que j’avais faté et c’est pas totalement faux. Mais d’une part j’ai rien contre un peu plus de gras (même si c’est pas encore très clair dans ma tête, bien que totalement bodypositive : j’admets que, me concernant, j’oscille entre « avoir un cul c’est cool mais ça fait plus de poids à porter sur la barre » et « peser tout léger, c’est pratique, mais ça creuse les joues – et c’est pas comme si j’avais pas DÉJÀ un visage anguleux ! »), et d’autre part, si la vie était juste, ce gras irait direct dans mes nénés, mais toi-même tu sais.

Bref, non, ce ne sont pas mes seins mais le haut de mon cul, avec deux petits bleus sympas de mon dernier cours de hoop.

Oui je me suis mise au hoop et c’est trop cool.

Non c’est pas du hula hoop, mais du cerceau aérien, un autre agrès sportivo-aéro-difficulto-gracieux, que quand t’as fait de la pole avant t’es content parce que tu y arrives plus vite que si t’avais jamais tracté ton boule avec tes petits biscotos.

Je me suis aussi mise au yoga, qui a changé ma vie et me laisse vachement moins de stigmates que tous les autres sports de bâtard que je me cogne. Et ça me fait bien marrer de constater qu’après avoir daubé sur cette pratique – un truc de hippie mou du genou – pendant quarante ans, il a fallu que ma mère, adepte du genre, passe l’arme à gauche pour que je m’y colle.

Big up mama !

Même si tu es en cendres au bord d’une rivière, et pas là-haut dans les nuages à kiffer de me voir faire des chaturangas.

Prochaine discipline à tester : les sangles aériennes. Paraît que c’est dur et que ça fait mal, encore plus que la pole. Mais ça a l’air putain de chouette.

Et puis je vais ptet prendre goût, du coup, non pas à la douleur, parce que ça continue de m’extraire du plaisir même si je me pavane et arbore mes blessures de guerre avec fierté, mais au ficelage en règle, puisque y’a un peu de ça dans cet art aérien (même si pas que, y’a aussi vachement de force centrifuge).

Oui parce qu’on est en juillet, et le mois de juillet, c’est LE MOIS DES PAREEEEEENTS !

SANS ENFAAAAANTS !

Tu la sens ma joie, là ?

Je te jure, le dernier mois d’école m’a tuer, l’enfer administrativo-logistique x le nombre d’enfants = la mère sur les rotules (comment veux-tu comment veux-tu…)

Je te la fais courte, mais entre les inscriptions à l’école, aux activités, les répétitions, les spectacles, les remises de livret, les kermesses… t’es bord à regretter d’avoir incité tes gosses à faire des activités extra-scolaires. Deux chacun…

Par contre, quand le 6 juillet tu les accompagnes à leurs colos respectives (oui, la petite a 3 ans et elle part en colo, pour la troisième fois, n’en déplaise à ceux qui n’ont toujours pas compris que l’immense majorité des abus sexuels sont commis… dans la famille), tu te sens renaître de tes cendres.

La première semaine, tu t’écroules et tu glandes, parce que c’est précisément ce qui te manque le plus quand tu t’es multi-reproduit. Bon, aussi de manger chaud et de faire caca tranquille, c’est vrai.

Mais le farniente…! Vivre à son rythme…!

Même Calvin le dit à Hobbes.

La deuxième semaine, tu t’actives un peu – resto, cours de pole avec ton mec, apéro avec les potes eux aussi libérés de leurs progénitures… –, et tu te souviens que si tu veux faire des trucs rigolos à l’horizontale, voire en diagonale, c’est un peu now or never. En tous les cas now or l’été prochain.

De là est donc venue à mon mec l’idée saugrenue de ressortir ses cordes et de jouer au marin, comme une fois il y a quatre ans quand j’étais à mon deuxième trimestre de grossesse, celui où t’as les hormones qui te réchauffent. Ça a donné ça :

Oui, ptet que l’embarcation aurait coulé, rapport que c’est pas exactement réglementaire, mais on s’en fout, on est des profanes et punk is not dead.

Et puis on n’a pas prévu de faire carrière dans le shibari, d’autant moins que je le redis, j’ai une passion pour les baises simples et efficaces. Une passion assez compatible avec la maternité, je dois dire. Parce que même pour faire ces quelques nœuds, il faut compter un quart d’heure, et un quart d’heure, c’est treize minutes de trop si on doit en plus atteindre l’orgasme avant que l’épisode de Paw Patrouille se termine.

De rien, la musique dans la tête, c’est cadeau.

C’était chouette, et joli. Oui, c’est pour ça que je te montre deux fois mes fesses, d’ailleurs.

J’aime bien cette photo.

Et en parlant de fesses, devine qui vient dîner ce soir ?

Un nouvel invité !

Après un an sans se frotter à un autre, mon homme et moi avons trouvé un nouveau candidat.

Et, petite nouveauté, celui-ci est… gay.

Disons plutôt qu’il est gay fraîchement devenu bi, puisqu’il s’est ouvert aux femmes, si j’ose dire, il y a quelques mois.

J’ai émis quelques réserves, rapport à notre petite déconvenue de l’été dernier.

Mais mon amoureux m’a dit qu’il le sentait plus à même de me satisfaire.

Et puis je me demande si je ne réalise pas un genre de fantasme inconscient, en faisant cela.

Reste à voir si l’essai, cette fois, sera transformé.

Sainte-Rita, si tu m’entends !

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Paul & Mike

Forcément, tu te dis qu’avec un titre pareil, je vais te raconter le threesome de ma life avec deux charmants Britons… Mais non, déception, de ce côté je n’ai rien de nouveau à narrer, et j’ai même pas traversé la Manche. Et puis dans l’idée, je n’ai prévu aucun plan à trois sans mon amoureux. Du coup ça ferait un plan à quatre – c’est à partir de combien, un gang-bang ?? –, et ça me semble un peu ambitieux pour une meuf qui n’a toujours pas réussi à se payer une double avec deux humains.

Ce titre, en fait, c’est une blague que je pique au père de mes fils parce qu’elle me fait hurler de rire. Ne va pas croire qu’on est devenu copain. Non… J’ai appris à ne plus l’espérer et à me contenter de rapports mi-cordiaux mi-secs mi-nimums (il n’y a jamais trop de moitiés quand on veut faire un jeu de mots), c’est de toutes les façons mieux que juste après notre séparation.

Il n’empêche que malgré les trucs qui me saoulent parfois, je continue à lui trouver de nombreuses merveilleuses qualités et à louer son indubitable singularité.

Paul & Mike, donc, c’est comme ça qu’il appelle nos garçons, qui ont, disons, le sens de la joute verbale, de la négociation, de la… polémique.

Tu l’avais ?

Bref, je t’arnaque complètement, parce qu’en plus je ne vais pas te parler d’eux (qui vont bien, merci… le grand passe en cinquième, et l’entrée au collège est une nouvelle ère, disons… intéressante pour les parents), et même pas de sexe. L’année, bien que totalement satisfaisante sur le plan horizontal, ne m’a rien apporté de fou à te raconter. J’ai baisé régulièrement avec mon chéri, souvent de la même façon parce qu’on ne change pas une équipe qui gagne à tous les coups (doggystyle for evaaaaa), autant que possible au regard de notre rythme et de notre fatigue (coucou petite fille de 3 ans et demi qui n’a toujours pas parfaitement compris le principe de l’expression « faire ses nuits »)(même si c’est mieux qu’avant), stadire entre deux et quatre fois par semaine les semaines où on est ensemble.

Pas de nouvelles expériences, pas de découvertes particulières, pas de nouvelles personnes… « juste » un amour et une complicité physiquo-intellectuelle grandissante.

Clairement, le seul truc qui me titille (rarement, et un tout petit peu) sexuellement, mon mistalovalova ne pourra jamais me l’apporter, qui soit-il, mister R ou un autre si d’aventure je souhaitais changer (ça n’est pas du tout le cas). En plus, le truc n’existe presque pas dans la vraie vie… Ça serait la connexion instantanée avec un inconnu qui se transformerait en baise torride digne des premiers émois et s’achèverait aussitôt pour ne laisser que de super souvenirs qui alimenteraient ma libido, pourtant déjà bien repue.

Y’a que le hasard et les astres auxquelles je ne crois pas qui pourraient provoquer le bordel ; autant, donc, ne pas trop s’y attarder.

Bon meuf, tu la craches, ta valda ? C’est quoi ce sujet de ouf dont tu veux nous parler ???

J’ai jamais dit que c’était un sujet de ouf. D’ailleurs c’est un sujet totalement égocentré, une réflexion vague, une décision qui présente peu d’intérêt pour les quelques lecteurs qui me restent mais c’est la première fois depuis longtemps que j’ai à nouveau envie de taper sur mon clavier, alors…

Et puis qui sait, ça va ptet me redonner le mojo de l’écriture (passer d’un taf mathématique à un boulot littéraire a clairement atténué ma soif de mots).

En plus, j’ai presque zéro gosse en juillet et mon mec pour moi toute seule, mec qui n’arrête pas de m’envoyer des tofs de meufs ficelées ces derniers temps. Hasard ou complot ? Je ne sais pas… mais quelque chose me dit qu’il y a un message subliminal. Qui pourrait me donner des choses à raconter !

Bref, voilà cette décision que j’ai prise et qu’il est fort possible que je n’arrive pas à tenir, parce qu’on ne se refait pas ma bonne dame, et que j’aurai beau tenter de me couler dans un moule, mon naturel reviendra certainement, au moins au petit trot.

J’aurai prévenu !

Je crois qu’on n’a jamais vu plus longue introduction pour dire un truc de merde.

Je passe la seconde, t’inquiète.

Ces derniers temps, même si ma vie va, globalement, je me suis souvent sentie déprimée par le monde. J’ai vu des documentaires, lu des livres ou regardé des séries qui m’ont fait souffrir. Je n’ai pas arrêté de me dire que tout était pourri depuis trop longtemps, des siècles, des millénaires ! Qu’aucune avancée, malgré tout l’espoir et toute la joie qu’elle apporte au moment M, n’était pérenne. Que la société ne serait jamais totalement juste puisque chacun voit midi à sa porte. Que l’immense majorité des gens pensaient – selon moi – à l’envers, même si, évidemment, c’est surement moi qui roule à contresens…

Petite dépression ou bien ?

J’essaye d’avoir une pensée subtile et fine, je fais donc souvent l’avocat du diable.

Bien sûr, quand je suis très énervée ou déprimée, il m’arrive de dire des trucs radicaux complètement cons sans tenter de trouver la queue d’une circonstance atténuante à ceux qui m’ont blessée.

Mais souvent, la plupart du temps, je m’attelle à ne pas déambuler dans ce que j’appelle « les boulevards de la pensée majoritaire » – même si je n’adhère à aucune thèse complotiste –, et je crois que je défends des points de vue singuliers et courageux.

Pas pour le plaisir de me démarquer. Juste parce que ça me semble être ce qu’il faut pour faire avancer le monde dans le bon sens.

J’ai pas dit que je ne trouvais aucun plaisir à me démarquer pour autant. Mais sache que ça apporte plus de tension que de joie.

Car évidemment, j’ai plus de contradicteurs que de partisans.

Et je crois que je n’ai plus le courage…

Parce que malgré la force de mes convictions, j’ai un handicap qui flingue tout : je suis trop sensible.

Je suis trop sensible dans les débats, notamment.

Je pense savoir d’où ça me vient, olaaaa cher papa qui depuis que je suis toute petite (vraiment toute petite) me rend chèvre à la moindre discussion.

Probablement à cause de mon paternel, donc, qui n’a jamais hésité à 1) me couper la parole, 2) me hurler dessus, 3) écraser mes points de vue avec dédain, 4) user de son immense culture pour me coincer, 5) prétendre qu’il sait tout mieux que moi, même sur des expériences qu’il n’a jamais vécues alors que moi si et 6) être de totale mauvaise foi quitte à se contredire pour mieux me contredire, à cause de lui, donc… je ne sais débattre que dans certaines conditions qui sont rarement réunies.

Soit je perds mes moyens, soit je perds ma répartie, soit je perds mes arguments qui s’embrouillent dans ma tête assourdie par le vacarme de mon cerveau en alerte… Je n’arrive pas à synthétiser ce que je veux dire, c’est forcément long puisque complexe, et comme l’autre ne me laisse pas ce temps – légitimement –, ça devient un propos idiot, car pas exposé sous toutes les facettes.

Je suis bien plus à l’aise à l’écrit.

À l’écrit, personne ne hausse le ton sur moi. À l’oral, je me sens vite acculée dès que le débit se fait plus sec, mon sentiment d’agression remonte des tréfonds, la petite R. terrorisée prend toute la place dans mes tripes et la grande gigue de 41 ans fait comme elle peut pour se défendre.

Même quand, en vrai, personne ne m’attaque.

C’est comme un réflexe, comme si je n’arrivais pas à m’extraire du trauma, à trouver la réaction intérieure proportionnée.

Avec mon père, comme j’ai de la rancoeur, je ne me laisse plus faire et je le renvoie dans ses 15 mètres s’il me cherche trop. Ça me laisse ruminante pendant des jours, mais au moins j’ai la satisfaction de ne plus le laisser abuser de son pouvoir.

C’est plus compliqué quand je parle avec d’autres.

Avec ceux que je ne connais pas bien, et surtout qui ne connaissent pas la meuf chelou que je suis, je me sens tout de suite beaucoup trop décalée et donc jugée, mal résumée.

Genre à mon travail. Ma N+2, par exemple, est convaincue que je suis une traîtresse à la cause féministe (les #MeToo, #BalanceTonPorc et autres Manifeste des 100 n’y sont pas pour rien) doublée d’une crétine absolue, même si elle ne se l’avoue pas encore aussi clairement.

Mais même avec ceux que je connais, que j’aime et qui m’aiment sans aucun doute, je n’y arrive finalement pas.

Ça s’est encore produit tout récemment, et je n’ai aucun doute sur l’absence totale de malveillance. C’était une discussion sur les mots « gros » et « grosse ».

Non seulement je n’ai pas réussi à exprimer ce que je voulais dire dans toute sa complexité – je ne te parle même pas d’avoir convaincu –, mais en plus ça m’a tendue sur le coup, et fait des nœuds au cerveau ensuite.

Pourtant je continue à penser ce que je pense.

Mais je me suis encore demandé pourquoi je m’étais mise dans cette situation de fragilité (pendant et après) au lieu de me contenter de parler de sujets moins clivants. Nous étions entre amis, que des gens qui s’aiment, et nous passions un très bon moment.

Ne va pas croire que nous nous sommes engueulés ! Non, nous avons su arrêter la discussion à temps et profiter de la belle journée dans la joie et la bonne humeur.

On s’aime tous beaucoup.

C’est bien pour ça que ça m’a éclairée, d’un coup. Et que j’ai compris que je suis trop abîmée pour continuer à défendre mes convictions oralement, même avec mes proches.

Je crois que je n’ai plus envie de polémiquer.

Je ne veux plus que discuter avec des gens qui sont déjà d’accord avec moi ou que je ne sens pas totalement hermétique à mes points de vue. Et rester agréable et neutre toutes les autres fois.

Facile et lâche, me diras-tu…

Je suis d’accord.

Mais ça fait trop longtemps que j’ai mal (peut-être à tort, assurément de façon démesurée) de lutter pour la bonne cause malgré l’adversité, que je m’expose, avouant mes secrets les plus honteux ou dévoilant mon intimité à des gens pas forcément bienveillants ni précautionneux ou tout simplement aussi convaincus de la justesse de leurs propos que je le suis des miens, ce qui rend la discussion stérile… et je prends sur moi la moitié de la responsabilité : quand je pense avoir raison, je pense avoir VRAIMENT raison.

Ce qui ne veut pas dire que je pense avoir TOUJOURS raison, mais c’est un autre débat.

Un de ceux que je m’abstiendrai sûrement de mener… Même si j’entends déjà les tagada tagada tagada de mon naturel au galop.

 

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Les promesses

Doigts croisésWow, 311 jours se sont écoulés depuis cette veille de plan à trois, longue digestion pour juste deux bonnes heures de calculs.

Dans les deux sens du terme.

Je veux dire : elles ont duré plus de deux heures ET elles étaient fort agréables.

Je t’explique parce que t’es plus habitué à mon humour trop génial, possiblement. Rapport aux 311 jours. Toi et moi, il faut qu’on se réapprivoise, après une si longue défection…

Alors oui, deux bonnes heures pendant lesquelles sept orgasmes ont été soupirés. Un pour notre invité, trois pour mon amoureux, trois pour moi, dont un triplement partagé et deux doublement savourés.

J’aime toujours autant les maths, comme tu peux voir.

C’est pas pour autant que j’ai pu jouer à la double, malheureusement.

L’homme était pourtant fort courtois et maître en la matière du sexe triangulaire (probablement octogonal aussi), donc très à l’aise dans notre joyeuse configuration. Mais l’enthousiasme et l’expertise ne suffisent décidément pas pour une invasion nord sud en simultané.

Non.

Il faut aussi… deux belles et solides érections.

Et je constate que sur mon humble et maigre parcours sexogéométrique, on trouve souvent des hommes qui bandent un peu mou.

Tu me connais, je ne juge pas, et je me doute que même des libertins avertis peuvent être émus, et donc décontenancés, quand ils se retrouvent toute intimité dehors face à un couple très amoureux dans une chambre d’hôtel un après-midi de semaine.

D’ailleurs, ça ne nous a pas empêché d’explorer moult figures trigonométriques toutes en exquises montées et haletantes descentes, sinus et cosinus obligent.

Mais la promesse n’a pas pu être tenue, sans qu’aucun ne soit à blâmer, à part, peut-être, les corps caverneux (et le cerveau qui colle la pression).

Nous avons réitéré en août, avec un très chouette garçon toujours rencontré sur le supermarché d’Internet. Celui-là me plaisait beaucoup à plusieurs niveaux – et tu sais comme j’ai besoin d’émotions et de sentiments pour savourer pleinement la baise –, un mec mignon, ouvert, sympa, singulier, touchant.

Il m’avait laissé entendre qu’il aimait beaucoup être soumis à des hommes, je lui avais répondu que ma recherche s’orientait plutôt vers un invité bisexuel et capable de seconder mon amour dans son statut (un peu) dominant. Il m’avait alors promis qu’il savait aussi tenir ce rôle avec une femme. Eaaaaasy, même.

J’étais pas loin de penser que nous avions trouvé la perle rare, d’autant que le début de soirée avait été fendard, saupoudré de rosé pour ces messieurs et de taga pour tous les trois.

Puis vint le passage dans la chambre, et même si le moment fut intéressant, j’ai vite compris que la promesse, encore une fois, ne serait pas tenue.

Intéressant car j’ai vécu deux nouvelles choses.

D’abord, j’ai fait jouir notre invité juste en le pénétrant avec un jouet. Je ne m’en pensais pas capable pour plusieurs raisons, à commencer par mon absence d’élan pour la chose, doublée d’une certaine crainte de mal faire et de faire mal, et j’ai finalement trouvé ça assez beau. Et un peu excitant.

Ensuite, j’ai vu pour la première fois mon homme en sodomiser un autre, et c’était moins perturbant que je ne l’avais craint.

C’était même assez poignant. J’étais en face d’eux, armée de deux jouets, m’occupant de moi-même, mes yeux plantés dans ceux de mon amoureux tout sourire. Bien que ne nous touchant pas l’un l’autre, nous étions hyper connectés.

Mais je me suis bien rendue compte que ce charmant jeune homme appréciait surtout d’être au cœur du sujet, passif et offert, et vraiment vraiment vraiment pas dans une posture de mâle alpha, ni même bêta.

Jacques Chirac le disait : les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

D’ailleurs y’en a un qui a bien bien bien concrétisé cette maxime dans ma vie, cette dernière année.

J’ai nommé… roulements de tambours… suspens atroce…

MON BEAU-PÈRE.

Qui n’a décidément rien de beau ni d’un père, et que nous appellerons dorénavant « celui qui fut l’époux de ma mère », voire « l’autre enculé », même si c’est vraiment pas sympa pour les nordistes.

Je te la fais courte, mais en gros le gars a saccagé trente-cinq ans de rapports plutôt simples et courtois en trois rendez-vous chez le notaire.

Youpi.

Parait que c’est banal, ce qui est vraiment très rassurant pour l’humanité.

Je m’étais bêtement dit qu’au regard de ces trois décennies et demi pendant lesquels nos quelques querelles n’avaient jamais pris trop de place, la succession devrait se passer facilement. Nous n’étions que deux concernés, il y avait un peu de thunes et un seul bien, et, surtout, ce monsieur m’avait toujours dit (alors que je ne lui avais jamais rien demandé) que je serai son héritière ainsi que mes marmots, lui-même étant dépourvu de descendance, tout à fait volontairement.

Tu te doutes bien qu’il avait dit la même chose à ma mère à l’époque où il l’avait convaincue de l’épouser alors qu’elle se foutait de cet acte formel comme de l’an un, mais surtout de lui concéder une donation au dernier vivant alors que rien ne rendait celle-ci nécessaire dans leur situation.

Il l’a exigé comme une preuve d’amour.

Les détails importent peu, disons juste que moins de cinq jours après la crémation de ma petite maman, l’homme montrait son vrai visage en m’expliquant qu’il prendrait tout ce que la loi l’autorisait à prendre sans aucune considération de ses réels besoins (ni des miens, by ze way). L’idée était bien de me faire payer l’amour que ma mère m’avait porté, amour dont il m’a avoué une quarantaine d’heures avant qu’elle meure qu’il en avait toujours été jaloux.

Ouais…

Je m’en étais souvent douté, ça ne m’a pas empêchée d’en être estomaquée et de lui rappeler que quand même, quand nous nous étions connus, il avait 45 ans et moi… autour de 5.

Après, ça a été la valse des vacheries pendant sept mois, lui heureux comme un pape avec sa gonzesse richissime qu’il côtoie depuis le placement de ma mère en Ehpad il y a six ans, comptant tel Picsou sa propre fortune – au-delà de sa retraite bien supérieure à mon salaire sans aucun enfant à charge, le mec est assis sur un pactole qui a en grande partie été acquis par ma génitrice AVANT leur rencontre – et surtout me balançant que j’avais été suffisamment aidée dans ma vie alors que je n’avais pas été à la hauteur avec ma mère.

Ça je l’ai encore en travers de la gorge. Il n’a décidément pas supporté que je lui dise un jour que je ferai tout mon possible pour elle, mais que je ne sacrifierai pas mes enfants pour autant.

Même le notaire, qui n’était pas « de mon côté » mais de celui de la logique s’est agacé de ces choix qui n’avaient aucun sens au regard des propos que l’autre connard tenait.

En aparté, il m’a demandé si je ne pensais pas que monsieur était atteint d’une maladie dégénérative cérébrale. J’ai ri, ça m’avait bien évidemment traversé l’esprit, un tel retournement de veste ne se voit pas tous les jours – il faut dire que c’est la première fois de ma vie que j’hérite de quelque chose. Mais je lui ai expliqué que je ne pouvais pas partir sur ce terrain là dans une telle situation.

J’ai une dignité, quoi.

D’ailleurs, mister blaireau m’a dit un jour où, essayant, agacée, de décoder sa position, je lui avais balancé de bien faire comme il le voulait mais de ne pas me demander ma bénédiction rapport que faut pas pousser mémé dans les orties, kômême, qu’il m’admirait encore plus qu’avant car je n’avais pas l’air « si attachée à l’argent ».

Genre il croyait que j’allais me rouler par terre en chouinant ?? Ou alors, peut-être, lui sucer la bite ???

Je ne dis pas que j’aurais pas préféré avoir plus de caillasses, hein. Je dis juste que ce qui m’a vraiment cassé la tête et brisé le cœur, c’est la partie émotionnelle du bordel.

Pas la financière.

J’avais sincèrement l’impression d’assister à la trahison éhontée de ma petite mère qui reposait toute en poussière sur ma bibliothèque.

Je te rassure, entre-temps elle a été rendue à la Corse et la Corse lui a été rendue sur les bords de ma rivière paradis.

J’ai passé des nuits à tout décortiquer pour tenter de comprendre pourquoi. Que souhaitait-il me faire payer ? Qu’est-ce que ma mère foutait avec lui ? M’avait-il seulement appréciée un jour ? Ce qu’il disait de ce qu’elle disait sur moi était-il vrai ? Connaissais-je vraiment ma petite maman ? L’avait-elle aimé ? Pourquoi ? Comment ?

J’ai abandonné, me rappelant que la vie était courte et que je n’allais pas en consacrer une minute de plus à ce sombre minable.

Me promettant, aussi, de NE SURTOUT PAS MOURIR AVANT LUI.

Ça serait tropinzuste.

Successoralement parlant, déjà – j’ai payé une blinde de frais de succession sur un appartement inhabité dont je ne verrai une partie de la couleur qu’à l’extinction de l’usufruit, ça ferait chier d’en être privée.

Mais aussi parce qu’alors que j’avais imaginé des rapports sympathiques avec ce vieux monsieur jusqu’à la fin de nos vies, j’ai finalement décidé de faire péter le champagne le jour où on m’annoncera son trépas.

Alors que j’aime pas le champagne.

Rien que pour le symbole.

J’espère que je tiendrai cette promesse à moi-même.

Car il y en a une autre que je m’étais faite et que la vie-cette-chienne-que-j’aime-quand-même ne me permet pas de tenir pour le moment : enfant de familles multi-dysfonctionnelles, je m’étais juré que celle que je créerais, même en formule recomposée, serait différente et roulerait du feu de Dieu.

Mais si les choses étaient simples, ça se saurait.

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Position de force

Ça date d’il y a presque un an et demi, maintenant. On s’était dit qu’on remettrait ça, un peu différemment.

Cette fois avec un homme dont le corps m’attirerait vraiment.

J’y peux rien, mon mec est magnifique, à tout point de vue, et j’ai beau être hyper body-positive, le désir ne se commande pas. Or je refuse de considérer un invité comme un simple accessoire, dans tous les sens du terme. J’ai besoin de… l’aimer un peu – tu me connais, je suis une sentimentale. Donc je dois… avoir envie de lui, presque autant que j’ai envie de mon amoureux.

Nous avons d’abord imaginé répondre aux sollicitations de certains de mes potes : ça m’a étonnée, mais deux d’entre eux m’ont, à mots à peine couverts, laissé entendre leur élan pour expérimenter le sexe à trois en notre compagnie.

Que des potes avec qui j’ai déjà couché, bien sûr… c’est comme ça, c’est le talent, je laisse un souvenir impérissable.

Ha ha ha.

Quand j’ai soumis l’idée à mon mistalovalova (parce qu’il m’y avait invitée), il a d’abord répondu qu’il pensait que ces garçons voulaient juste coucher avec moi, mais qu’ils étaient prêt à supporter sa présence, bien obligés.

Je n’y avais pas songé…

Les intéressés m’ont cependant soutenu de façon assez convaincante que oui, certes, juste moi leur irait bien, mais que non, baiser avec nous deux n’était pas un choix par défaut, et au contraire bien au même rang dans l’échelle de leurs fantasmes.

Alors j’ai été obligée de me poser la question à moi-même. Et finalement, c’est moi qui ne suis pas sûre de m’y retrouver. Trop bizarre de faire l’amour avec mon officiel, forcément aux commandes, et un vieux pote, qui a l’antériorité en matière de pénétration de ma personne.

Alors j’ai répondu aux motivés que je ne disais pas fontaine (j’ai presque 40 piges, je commence à connaître mes failles), mais que nous n’organiserions rien… Charge aux astres de s’aligner un jour et de provoquer la situation idéale pour basculer dans cet univers tridimensionnel.

Du coup, mon mec s’est mis à chercher un peu plus activement sur son site de bite – une interface de rencontres très très orientée –, et à me proposer des profils.

Qui me laissaient plutôt de marbre.

Je suis chiante, faut dire : en plus d’exiger un gars sympa, gaulé et bon esprit, j’ajoutais comme critère une gueule qui me plait.

Alors à l’aube de Noël, j’ai proposé… de réactiver mon compte Adopte. Celui qui m’a permis de dénicher l’homme le plus compatible avec moi de toute la galaxie.

« Je modifie ma description et ma shopping list, et c’est moi qui filtre. Ça te dit ? »

Y’a eu un petit blanc, un sourire, et il a répondu « vas-y ».

J’ai entrepris une refonte quasi totale de ma fiche. Photos plus dévêtues (merci la pole), périlleuses quand tu es en quête d’un amour, et surtout, un texte poétique mais le plus clair possible sur ma recherche, et l’inclusion de mon mec dès les premiers mots.

Il a validé.

J’ai activé.

Et c’était parti pour le raz-de-marée.

Ah c’est sûr, quand tu veux juste t’envoyer en l’air et que c’est toi qui le clame haut et fort, tu es tout de suite en position de force. Beaucoup plus que quand tu espères faire battre ton petit cœur fragile à long terme, ce qui te rend forcément plus vulnérable.

Genre moi il y a quatre ans.

Là, soudainement, j’étais une sorte de beu-bom, déjà en main, dans un couple solide, libre de ses choix. Libre d’éconduire des chauds de la chaussette, des rois de la quéquette habitués de par leur mignon minois à scorer sans considération pour les âmes consommées.

On me donnait du « Madame », du « je me plierai à vos exigences », du « tu mets la pression mais ça donne envie de se surpasser ».

Ben merde alors…

Bon ça m’a fait plaisir, hein.

Mais c’est dommage que ça ne soit souvent que dans le cadre d’une recherche sexuelle qu’on reçoive autant d’égards.

Au début j’étais une oie presque blanche, gentillesse en bandoulière, avec toujours un peu de mal à nexter les hommes qui avaient l’air sympa.

Mais rebelotte, j’ai dû me secouer les neurones pour me rappeler que j’étais là pour chercher un homme sympa DONT LE CORPS ET LA GUEULE ME DONNENT CHAUD, d’une façon ou d’une autre.

Sinon, autant remettre le couvert avec notre précédent invité, fort sympathique.

Alors j’ai affiné mon processus de sélection.

Je te passe les dialogues de sourds, les mecs bas du front qui ne comprennent aucune allusion, ceux qui pensent qu’il suffit d’une compatibilité de pratiques pour se donner rendez-vous dans la demi-heure alors que tu n’as pas encore eu le temps de les trouver sympa et ceux qui t’insultent d’emblée… juste après avoir quémandé un droit d’accès à ta conversation.

D’abord, n’accepter que les charmes des hommes dont les photos et/ou la présentation me chatouillent vraiment l’épine dorsale.

Je me suis d’ailleurs fait griller par deux de mes potes, eux aussi sur adopte. Heureusement, les deux lisent ce blog et connaissent mes petits secrets.

Puis poser la question : « Tu as bien lu ma fiche ? »

Première sélection, certains connectés se voyaient déjà bien baiser cette petite poleuse pas si mal gaulée et apparemment en demande. Mais merde : elle veut que son mec soit là !!!

D’autres n’y voyaient aucun inconvénient… en substance : « Tu es en manque d’un bel étalon viril, ma chérie…? J’arrive, et monsieur pourra regarder gentiment comment on démonte une meuf quand on est un homme, un vrai. »

S’ils savaient…

Alors je précisais que le monsieur en question comptait bien participer aux débats.

À ce stade, j’avais beaucoup de réponse du genre « ah non, moi si le mec est dans mon champ de vision, je débande direct ».

Le sexe fort, sérieux ? Bon je ne vais pas me moquer, on a bien le droit de ne pas avoir envie de partager des fluides avec quelqu’un du même bord. Moi-même… Mais dans ce cas… ptet qu’on s’abstient de fanfaronner ? Y’a comme un truc antinomique, non ?

Moi je ne force personne, tu te doutes bien, donc dans ce cas je répondais courtoisement un « je comprends mais du coup ça va coincer, bonne continuation bisous ».

Une fois sur deux j’avais l’envoi d’un 06 dans la seconde – voire d’un 07, il faut croire que malgré ma quarantaine approchante, je peux encore motiver quelques fringants vingtenaires arrivés sur le marché du mobile après moi –, assorti d’un « mais si tu veux on se voit juste tous les deux et je t’amène au paradis, baby… »

Rhaaaa… retour à la première question, mec ??

Je peux dire que ça ne m’a (presque) jamais coûté de répondre « merci c’est gentil mais je ne suis pas là pour ça », et que j’étais même plutôt fière, ou tout simplement heureuse de constater cela… j’avais quand même conscience d’ouvrir une sorte de boîte de Pandore.

Du coup, j’arrivais à ma deuxième question aux survivants : « Tu es un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ou pas du tout bisexuel ? »

Là… gros écrémage.

Je ne juge pas, hein. Je ne suis pas bisexuelle non plus. Et j’ai bien conscience que, dans l’imaginaire collectif tout du moins, la bisexualité masculine revêt un caractère plus… profondément novateur. Quand on ne s’est jamais fait pénétrer, l’envisager peut déjà demander un petit effort intellectuel. Sans parler de la suite.

Mais certains valeureux étaient encore dans la course.

Sauf que le terme « bisexuel » ne veut pas dire exactement la même chose pour tous ceux qui s’en réclament.

Alors ma troisième question arrivait : « Mon mec n’est ni soumis, ni uniquement passif, ni candauliste et encore moins impuissant, tu t’y retrouves ? »

Certains en étaient ravis (j’ai découvert qu’il y avait pas mal d’hommes dominants avec les femmes mais volontiers soumis, voire très soumis avec les hommes), d’autres précisaient que « non, se faire sucer ou enculer un mec, d’accord, mais pas touche à mon intégrité intérieure ».

Vu le temps que j’ai mis à accepter l’idée même de la sodomie dans ma vie, c’est pas moi qui vais les juger, hein !

J’ai eu aussi cette réponse sublime : « Moi, je suis le MÂLE. Alors je me retire, car chaque lion a son territoire. »

Après un éclat de rire, j’ai dit que c’était ptet mieux, ouais, merci.

J’ai précisé aux dociles que je ne souhaitais pas assister à la soumission d’un homme – ni d’une femme, d’ailleurs, sauf si c’est moi, et dans une certaine mesure –, mais que je leur souhaitais de trouver celui qui les dompterait avec poigne.

Et je me suis concentrée sur les quelques qui cochaient toutes les cases.

En ayant la fâcheuse impression de faire passer un casting, mais on ne va pas se mentir : c’est un peu ça, quand même.

Certaines discussions étaient poussives, je les laissais mourir d’elle-même.
Certaines discussions prenaient une tournure agressive, des hommes me faisant des reproches parce qu’ils ne rentraient pas dans le cadre que je proposais. Comme s’il fallait que je nous torde, moi, mon mec et mon quotidien, pour être à leur disposition. Alors que je ne leur demandais pas de se tordre non plus.

Je précisais que nous étions dans une démarche lente, pour cause de temps libre proche du zéro et de mode de vie peu traditionnel, et aussi, surtout, qu’il ne s’agissait que d’un bonus, puisque nous étions déjà très heureux sexuellement à deux.

Encore une fois, je préfère rien du tout plutôt qu’un plan foireux.

D’où la position de force.

Certaines rares discussions étaient, par contre… délicieuses.

Comme je suis une fille organisée, et comme, surtout, je souhaite que mon homme garde la main sur tout ce projet – projet qui, en plus de nous promettre deux heures de délices, a le chic pour nous érotiser plus encore pendant les longs mois de discussion qui précèdent –, j’avais pensé un processus qui pouvait, c’est selon, être perçu comme très ludique ou très contraignant.

Il faut de tout pour faire un monde.

Une fois mon avis fait sur le potentiel plaisir que j’aurais à rencontrer le candidat, je montrais son profil à mon amoureux, qui me disait alors de transmettre (ou pas) son téléphone. J’invitais alors l’homme à contacter ma moitié, lui précisant qu’il y aurait des échanges de mots… et d’images.

D’abord parce que tous les connectés ne montrent pas leur torse sur adopte (j’aime bien les torses), ensuite parce qu’aucun des connectés ne montre son sexe sur adopte, or… c’est peut-être un détail pour vous, mais pour mon homme ça veut dire beaucoup : il les aime beaux, avec sa propre notion totalement subjective du beau.

Pour l’instant, un seul a franchi ce cap.

Sa fiche m’avait interpellée parce qu’alors que ses photos montraient un homme pas moche mais franchement pas mon style, sa présentation me laissait entrevoir un socle commun en matière d’élan sexuel et de façon d’appréhender le sujet.

Effectivement, la discussion fut à la hauteur de mes espérances, au point que je craignais vraiment que l’absence d’attirance physique n’anéantisse définitivement le charme.

Il me faisait penser à l’homme courtois, avec qui d’ailleurs j’ai bien sûr envisagé de triangulariser… mais d’abord je ne suis pas sûr que celui-ci soit bisexuel (monsieur, si vous me lisez…?), surtout je suis sûre qu’il est dominant, or je ne souhaite pas voir mon homme autrement qu’en position de force pour tout ce qui concerne notre sexualité partagée. Mes rapports avec l’homme courtois Premier seront donc platoniques… ou adultères, si tant est qu’on puisse les qualifier ainsi dans la mesure où mon mec et moi sommes dans un contrat reconnaissant le droit à chacun d’être un individu à part entière, disposant s’il le souhaite de son jardin secret.

Bref, j’ai soumis le profil à mon homme, qui a été étonné mais l’a validé.

Les deux se sont donc mis à échanger par écrit, et moi je suis sortie de la partie.

Quelques jours plus tard, au gré de nos retrouvailles bimensuelles, mon mec avait un petit sourire mignon et passait pas mal de temps sur son téléphone.

– « Ca y est, j’ai parlé avec l’homme courtois bis, B. On doit prendre un café demain…
– Ah ouais ? Cool… Raconte.
– Ben très sympa, pour l’instant, et les photos, plutôt bonne surprise, elles sont plus attirantes que celles d’adopte.
– Tu me montres ?
– Euuuh… attends je vérifie d’abord.
– Ah non mais comme tu veux, hein… t’as le droit de ne pas me montrer. »

J’ai dit ça en toute franchise, mais avec une pointe de frustration dans mon ventre. Et un œil rieur, parce que j’aime beaucoup ce genre de scène. Même si ça peut me piquer parfois.

J’ai repris mon jeu avec ma fille, et cinq minutes plus tard, mon mec est revenu me disant « c’est bon, tu peux tout regarder, en fait ».

Rien ne me dit qu’il n’a pas supprimé des trucs entretemps, of course.

Il m’a donné son téléphone, et j’ai lu toute la discussion.

C’est vrai, les photos étaient très belles, et plutôt prometteuses quand il s’agissait de zoomer. L’homme est un kitesurfeur au mitan des quarante rugissants, au corps taillé et à la gueule d’un acteur marlonbrandesque en plus fin.

Mais surtout… lire cette discussion m’a totalement émue. Excitée, oui, mais aussi attendrie. C’était tellement chouette de découvrir cette adorable drague entre mecs polis, charmants et bienveillants, mais aussi sulfureux, d’autant que j’étais réellement incluse dans leurs projections, soit dit sans jeu de mots.

Le lendemain, les deux se sont retrouvés dans un café pas loin de chez moi.

J’attendais avec impatience le débrief, qui est arrivé une heure après.

Et je n’ai pas été déçue. Non seulement ils avaient passé un moment très agréable et s’étaient découvert moult points communs en rapport avec les frottements intercorporels, mais en plus, mon mec m’apprenait que notre futur invité – à ce stade là, il n’y avait plus de doutes – était plus beau en vrai qu’en photo.

Ravie j’étais.

La dernière étape consistait donc à attendre, patiemment, que mon petit rythme hormonal déclenche les hostilités.

Après quelques jours de retard (mais peut-on parler de retard quand on a un cycle plus vraiment régulier), mes règles sont arrivées, annonçant joyeusement une phase imminente de pumpitupitude.

Rendez-vous est donc pris, et c’est… demain après-midi.

 

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La première image est une affiche du Russe El Lissitzsky réalisée en 1919. La dernière est une œuvre de Paul Klee baptisée Eros.

 

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Tribute #36

En attendant un retour plus consistant, petit extrait plein de sagesse (qui désespérerait mon paternel)(on n’est pas d’accord sur grand chose, en gros).

Vernon SubutexVirginie Despentes

– Comment ça se fait qu’un mec comme toi est pas casé depuis des années ? Tu devrais avoir des gosses et tout le tremblement…
– Je tombe exclusivement amoureux de femmes que je n’amuse pas plus de cinq minutes.
– Ta Brésilienne, elle t’a quitté ?
– Elle était moins libre que je ne l’avais cru. C’est mon genre. Les meufs casées. Avec un mec blindé de thunes. Elle n’a pas eu besoin d’un temps de réflexion super long pour savoir de quel côté son cœur penchait…
– Tu souffres encore ?
– Oui.
– C’était pas un travelo, au moins ?
– Non, une trans. Super belle. Super classe.
– Tu plaisantes ?
– Non. Tu me demandes, je te réponds…
– Oui mais moi je demandais ça pour faire de l’humour, tu me dis brésilienne je te demande si c’est un travelo, mais c’était une vanne, pas une question qui appelait une réponse sincère.
– Je t’ai mal compris. Sa queue était plus grosse que la mienne. Moi aussi ça m’a surpris au début, que ça ne me gêne pas. Tu vas pas me croire, mais la conclusion à laquelle j’en suis arrivé, et j’étais le premier étonné mais j’ai dû me rendre à l’évidence : on s’en fout de la chatte. On s’en fout. C’est pas la chatte qui fait la meuf.
– Sauf pour faire des enfants.
– Je te parle d’amour, là, je discute pas école maternelle.

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Le chaud et le froid

Bon bon bon… ça fait bien longtemps, mais du coup, ce qui est super, c’est que j’ai des choses à te raconter. Du bien et du moins bien, genre la vie.

C’est tellement la vie que j’ai même l’impression d’être un peu à l’aube de ma nouvelle vie, justement.

Je ne sais pas trop par où commencer alors on va la jouer chronologique : quand tu ne sais plus où tu habites, le mieux c’est de s’en remettre au temps qui passe. Rapport qu’il n’y a rien de plus inévitable.

Il y a quelques mois, on m’a appris que j’allais changer de rédaction au boulot. Il y a eu moult allers-retours et rebondissements me plongeant parfois dans des abîmes de perplexité et d’angoisse (il faut dire que j’ai un terrain propice), et puis finalement ça a été confirmé. J’étais triste de quitter le magazine pour lequel je travaillais mais j’arrivais quand même à voir le bon côté des choses parce qu’il y a deux-trois pénibles qui n’allaient pas me manquer.

Du tout.

Et puis je me suis dit aussi que c’était l’occasion pour moi d’arriver officiellement en tant que secrétaire de rédaction et de ne plus être perçue comme l’ancienne-gestionnaire-et-assistante-qui-est-devenue-SR-même-si-ça-n’a-rien-à-voir-et-c’est-pas-de-sa-faute-si-elle-sait-faire-les-trois.

SR, c’est un métier que je veux faire depuis un petit million d’années et je ne suis pas mécontente d’y être arrivée dans le secteur de la presse (et non pas de la comm, même si la différence n’est pas flagrante…)(moi je la vois : les articles sont un peu plus intéressants à lire dans la presse), en entrant par la petite porte qui plus est.

Mais qui dit petite porte dit sodomie assise plus fragile. Ajoute à ça le fait que j’ai toujours cru que j’étais une nouillasse de la lecture et de l’écriture – la faute à mon père et à son tropisme vers l’écrabouillement de ses filles –, et tu as une meuf qui cavale comme elle peut derrière sa légitimité.

Parallèlement à ça, tu sais, ya cette histoire de mon grand fiston diagnostiqué hyperzèbre il y a deux ans. Il a sauté une classe, j’ai lu tout ce que je pouvais lire sur ce type d’enfants et je ne peux pas nier qu’il y a quelques trucs qui m’ont parlé. À titre personnel, je veux dire.

Je me suis tâtée, genre je-vérifie-ou-je-vérifie-pas-en-même-temps-on-s’en-ouf-et-puis-imagine-t’y-vas-et-en-fait-non.

Mais mon grand rentre en sixième l’année prochaine et parfois je me tape des stress en repensant à mon adolescence et en imaginant, du coup, ce que pourrait être la sienne.

J’ai tergiversé et puis un jour ça m’a pris comme une envie de pisser, hop, j’ai appelé et j’ai pris rdv pour un bilan psychométrique. Me disant que si j’étais un peu zèbre moi-même, je pourrais me servir de ma grille de lecture pour aiguiller mon zébrillon dans cette période compliquée que sont les années de collège.

J’avais aussi conscience que si d’aventure j’étais atteinte de la même maladie que ma mère, jauger mon cerveau ne serait plus possible dans pas si longtemps que ça.

Alors j’y suis allée entre mon retour de vacances et la reprise du taf, relax mais un peu tremblante quand même.

Finalement… je suis bien la mère de mon fils ; nous avons un point d’écart.

J’en suis sortie soulagée, d’abord, de pouvoir donc me fier à mon expérience pour aider mon fiston. Et petit à petit, d’autres bénéfices sont venus se greffer à ce premier sentiment.

J’embauchais le lendemain dans ma nouvelle équipe, et je suis du coup arrivée forte de cette information sur mes capacités.

Avant je passais ma vie à me trouver soit très intelligente, soit très bête. Et surtout très inculte.

J’ai donc pu arriver dans ce nouveau poste en ne doutant plus. Enfin plus trop.

Mon beau-père et mon père ont souvent déploré que je n’aie pas « une meilleure situation professionnelle », argüant que si je m’étais donné un peu de mal, j’aurais pu être la reine d’Angleterre (comprendre : si t’avais pas fait ta feignasse, t’aurais pu avoir un salaire à cinq chiffres).

Mais moi je trouvais ma situation pas si mal, et même si j’aurais rien contre un salaire plus ronflant, je ne me suis jamais considérée comme une feignasse. Je ne vais pas prétendre que je suis une brute de travail mais j’ai quand même un petit sens de la volonté.

Puis je suis tombée sur un article expliquant que le niveau professionnel augmente en même temps que le QI. Autrement dit : plus on a un QI élevé, plus on occupe potentiellement un poste haut placé.

Ça vaut jusqu’à environ 133.

À 140, la proportion s’est réduite d’un tiers.

Passé 150, ça chute de 97 %.

Les très haut QI ne représentent que 3 % des professions dites « de haut niveau ».

Donc c’est pas de ma faute, monsieur le commissaire, mais celle de mon QI qui provoque d’une part une fragilité émotionnelle encombrante, d’autre part un frein à la compréhension de ce que je suis et surtout de comment je pense par la majorité de la population, a fortiori les patrons.

C’est un peu compliqué d’affirmer tout ça sans passer pour une meuf qui se la raconte, mais sache que si tu me lis, et surtout si tu captes le sens de ce que je dis en général sur ce blog, c’est que toi et moi avons probablement un écart  de QI de moins de 30 points (au-delà, la communication est généralement brouillée). C’est à dire que tu te situes bieeeeen à droite de la courbe de Gauss.

Donc toi-même, d’abord.

Et puis la vérité, c’est que le sentiment de fierté est quasi inexistant. Parce qu’il y a aussi une tonne d’inconvénients.

En attendant, mon chef a l’air content de moi ; c’était déjà le cas avant mais j’étais dans une rédaction où le service SR était réellement malmené par les fameux pénibles sus-cités. Dans mon nouveau chez-moi professionnel, c’est un service respecté.

Et ça change tout.

Putain ce billet part dans tous les sens, mais ça c’est pareil, la faute à la pensée en arborescence.

Tu vas me dire que pour l’instant je ne te raconte que du plutôt cool.

Alors je passe à la partie plus sombre. Encore que.

Tu le sais, ma mère est malade depuis de nombreuses années, une putain de démence fronto-temporale qui lui a piqué ses capacités cognitives.

Premiers symptômes légers il y a dix ans, premier gros bug il y a sept ans, placement il y a cinq ans. Elle ne savait déjà plus qui nous étions quand nous avons dû nous résoudre à la remettre entre les mains de professionnels.

J’ai passé la première année à faire comme si c’était digéré, ce qui m’a menée droit au naufrage fin 2011. J’ai dû admettre que ça me bouleversait.

Après son placement, j’ai passé une année à me dire qu’il fallait qu’elle meure vite ; c’était trop dur de la voir décliner, de la voir ne plus être ma mère.

J’ai fini par trouver un équilibre : un jour j’ai décidé de compter ce qui restait, plutôt que ce qui avait disparu. La balance penchait du mauvais côté mais je savais – les médecins étaient formels, il n’y avait aucun espoir – que ça ne ferait qu’empirer.

Plusieurs personnes de ma génération ont perdu un de leurs parents au même moment, et je me répétais constamment que contrairement à eux, je pouvais encore profiter de la chaleur de ma mère, puisque son corps était encore à plus ou moins 37°.

Alors je me suis accrochée à ses beaux yeux bleus qui me transperçaient à chaque visite, aux câlins que je lui faisais, aux petits bisous que j’arrivais parfois à arracher, aux battements de son cœur, à sa peau douce et chaude.

Et puis il y a deux semaines, ça a commencé à se compliquer.

Son état a empiré d’un coup et nous avons compris que le temps s’était accéléré, qu’il s’agissait de jours et non plus d’années.

Je me suis mise à écouter frénétiquement la même chanson, je l’ai même fait écouter à ma petite mère endormie et recroquevillée quand j’ai été la visiter plus tôt que prévu, sait-on jamais.

Je lui ai chuchoté tout ce que j’avais à lui dire, mon amour indéfectible, ma gratitude, à quel point elle avait compté pour moi.

Je me suis allongée dans son lit à côté d’elle et je l’ai enlacée comme si elle était mon bébé.

J’ai pris ma dose d’elle en me préparant à ce que cet état dure quelques semaines, comme on nous avait dit que c’était possible.

Elle est morte trois jours après.

Paisiblement, nous a-t-on dit.

La chanson ne m’a plus quittée.

Nous sommes allés la voir le lendemain, elle était belle. Mais ce qui m’a le plus glacée, c’est la froideur de son corps… J’avais donc bien fait de jouir de la chaleur maternelle autant que possible.

J’ai décidé de la faire envelopper nue dans un beau tissu bleu ; l’habiller me paraissait aussi incongru que ces bébés de quelques semaines vêtus d’un costard. Et puis d’abord, c’était une meuf à poil, une hippie qui m’avait mise au monde dans une communauté de féministes pour la plupart lesbiennes qui vendangeaient dans le plus simple appareil, une femme qui se fichait bien de l’étiquette.

Regarde la beauté

J’ai passé cinq jours à me noyer sous la paperasserie et la logistique des obsèques et j’ai pensé à tous ceux qui avaient perdu un proche brutalement et qui devaient se coltiner tout ça malgré le choc – nous au moins étions un peu préparés.

Étonnamment, alors que depuis que je suis mère je n’arrête pas de faire des lapsus en disant « mort » à la place de « né » et « enterrement » à la place de « accouchement », je me suis mise à dire « acte de naissance » au lieu de « acte de décès » et « tenue de grossesse » au lieu de « tenue d’enterrement »… va comprendre les mystères du cerveau.

De toutes les façons, je suis flottante, comme si mes neurones ne se touchaient plus suffisamment pour agir efficacement.

La cérémonie était avant-hier, le soleil brillait, c’était une belle journée pour dire au revoir. J’ai pu mettre ma musique-obsession.

En rentrant chez moi, après avoir bu un coup avec les copains et une partie de la famille, une fois seule dans mon appartement, j’ai décompressé.

J’ai remis la chanson, fort. Très fort.

Et, ce que je ne fais jamais – je n’ai pas le réflexe du cri libérateur –, je l’ai chantée à tue-tête. Deux fois. Même si parfois, souvent, ma voix se brisait.

J’ai craché une bonne partie de mon chagrin ainsi.

Depuis, j’ai repris le boulot, soulagée que tout ça soit passé, ma tristesse en bandoulière mais aussi ma conviction qu’elle a eu la meilleure fin possible dans une telle situation, que je ne lui souhaitais pas cinq ans de plus ainsi, et que j’étais diablement heureuse de l’avoir eue pour mère pendant trente ans.

Je peux maintenant me consacrer à chérir le souvenir de ma maman d’avant, tant de belles choses remontent que c’en est bouleversant.

Et je continue à m’abreuver plusieurs fois par jour des émotions que suscite en moi la transe musicale poignante et accidentée de Mrs Simone, qui me donne envie de pleurer, de rire, de danser et de crier.

 

 

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Pôle nord et tropique du cancer

Voilà ce qu’on appelle un titre fourre-tout.

C’est ainsi… quand on écrit trop rarement (pour toute réclamation, adresse-toi au grand capitalisme, mais surtout à ma progéniture)(et sache qu’en vrai ça me manque), on veut tout dire au moment du billet saisonnier et on n’arrive plus à trier le bon grain de l’ivraie.

Donc là, en vrac, je voudrais te parler nord, pole, cancer et tropicalité. Avoue que le titre fait sens, du coup.

Alors d’abord, il y a un âge pour tout.

Il y a l’âge où tes copains (ou toi si tu es plus rapide qu’eux) commencent à bosser les uns après les autres à quelques exceptions près. Se maquent avec leur moitié de l’instant T. Puis l’âge du premier appart’ commun, celui du mariage et/ou du premier gosse. Vient le temps du petit deuxième, éventuellement. Puis la première séparation. Il y a un âge, aussi, où tes amis (ou toi…) perdent d’une façon ou d’une autre l’un de leurs parent, voire les deux. Il y a parfois ensuite ce moment des secondes rencontres, avec option famille recomposée et même petit troisième/cinquième pour les plus fous.

La vie qui passe…

Comme je nourris un rapport complexe avec le temps (les dates, les âges ou les durées symboliques, dans le passé, le présent et l’avenir), et alors que je n’ai aucun problème (pour le moment) avec mon inexorable avancée vers le crématorium (j’essaye de marcher lentement), ça fait quelques années que, mi pour rire mi pour me préparer, je dis régulièrement à mes potes qu’on arrive à l’âge où les premiers cancers vont se déclarer…

Totalement terre-à-terre, je suis l’antithèse de la superstition et je ne crois pas une seconde que ça nous a porté la poisse. Ni que j’ai la vision.

C’est juste statistique.

D’ailleurs, à ma connaissance, je n’ai pas encore de cancer. Et je mise beaucoup sur mon patrimoine génétique (un père, une mère, zéro cancer) pour qu’on ne m’en diagnostique jamais, ou alors au moment où je n’aurai plus assez de synapses valides pour m’en apercevoir (de ce côté là, je suis génétiquement moins bien barrée).

Mais voilà, en six mois, j’ai appris les cancers de quatre personnes chères à mon cœur. Deux seins agressifs, un poumon pas plus sympa et, petit dernier a être arrivé jusqu’à mes oreilles au gré de retrouvailles qui m’ont fait chaud au cœur, un pancréas possiblement pas trop méchant.

Un homme, trois femmes, entre 37 et 41 ans, quatre conjoints et huit enfants impactés.

Raide.

Ça fait chier la bite, même.

Mais comme il n’y a pas mille choses de plus à dire sur le sujet (à part que je croise tous mes putain de doigts pour que tout rentre dans l’ordre pour tout le monde le plus vite possible et de façon durable)(on va tous crever, mais là c’est trop tôt), ben… ça ne faisait pas un billet.

J’aurais aussi pu ne pas en parler du tout, tu me diras, mais va savoir pourquoi, ça m’occupe pas mal l’esprit.

T’aime bien quand je plombe l’ambiance ? Sorry ma caille, moi-même j’aurais préféré parler langue de belle-mère et cotillons.

Je te parlerais bien pole tout de suite, d’ailleurs, histoire de basculer dans un registre plus joyeux, mais vu que je ne vais pas répéter indéfiniment que c’est dur, douloureux et que du coup chaque progrès est superjouissif, je vais me contenter de te balancer quelques tofs en bas de ce texte. Et à part une épaule qui merdoie sérieusement (mon corps de jeunette plus si jeune n’a pas supporté une semaine intensive – dix-huit heures de barre en sept jours –, aujourd’hui j’ai un tendon qui hurle rien qu’en enfilant ma culotte)(je suis une fille en culotte)(même pour dormir) et donc une rééducation à base d’ultrasons et de popopopo, je suis toujours aussi passionnée (ce qui implique que je retrouve l’usage de cette foutue épaule rapidement)(j’ai un stage à Barcelone avec mon mec dans quinze jours…).

Du coup, je vais passer au nord et aux tropiques. Parce que ça cause du même truc.

Le nord, donc. Toi même tu sais que je travaille dur à le trouver, l’apprivoiser depuis peu… pour mieux le perdre.

Et ma foi, c’est un chemin fort plaisant.

D’autant plus qu’il s’ouvre en moi sur le tard, et je continue à le penser : il ne faut jamais précipiter les choses en matière d’alpinisme.

Ce que je ne sais pas encore, par contre, c’est à quel moment j’expliquerai ce principe à mes enfants. Je veux dire… avant ou après leur avoir dévoilé l’une de mes principales devises : Jamais la tête et la bite sur la même photo – d’ailleurs je devrais dire « sur la même story » histoire de montrer au monde que je suis au courant qu’on est en 2017 ?

Si, ils doivent l’entendre ! Il parait que de nos jours, des meufs de 12 piges envoient des photos de leur… hmmmm… appelons un chat un chat, à des mecs de 15 piges qui ne sont même pas leur official !!!

Comment ça, c’est pas à moi de leur dire ?

Mais alors qui va leur parler de cela avec bienveillance, humour et précision, hein ?

Sérieusement, ça me soucie.

Il faut que j’y réfléchisse vite, parce que dans deux minutes le grand rentre au collège, l’endroit de tous les égarements digitaux.

À mon époque, c’était dans le sens « doigt ».
Maintenant, apparemment, c’est aussi dans le sens « snapchat ».

Parenthèse refermée.

Le nord et moi, donc, on est en train de devenir assez pote.
Mais je viens de découvrir un truc ENCORE MIEUX QUE LE NORD.

Pour. De. Vrai.

D’ailleurs, je dois rendre à César – aka my lovely lovely loverboy – ce qui lui appartient : c’est en fait lui qui m’a fait découvrir cette facette-là de ma personnalité.

(Merci mon amour)

Parmi tous ses insupportables défauts, l’homme en a un particulièrement horripilant : il adore me masser.

Ouais je sais. In. Fer. Nal !

En plus, je le soupçonne de faire ça uniquement pour se muscler les doigts dans mon dos, et progresser sur la barre (ça aide grave pour défier la gravité).

Mais bon, comme je suis hyper sympa, quand il me propose d’huiler mon corps, m’imposant de me tenir une heure durant dans la difficile position dite de la larve-sur-le-ventre, j’accepte.

Je ne suis que pure bonté.

Et donc il promène ses mains caleuses (la barre, toujours… moi-même on pourrait croire que je passe mes journées à coulisser vu la corne que j’ai sur les paumes et la pulpe) sur ma peau glissante, de la racine des cheveux au bout des orteils. D’abord ma nuque (elle le rend fou), mes épaules, les nerfs coincés sous mes omoplates qu’il laboure pour mieux dénouer les nœuds.

Petit à petit, il descend le long de ma colonne, vertèbre après vertèbre, déborde sur mes flancs, atterrit sur mes reins…

Atteint mon sacré sacrum et malaxe mes fesses, pétrit toute la partie charnue comme un boulanger ses miches de pain, enfonce ses doigts dans mon gras, fait rouler mes fossettes et, surtout, se focalise sur le haut de mon cul, le sommet de mes muscles. Juste à droite et à gauche de mon coccyx.

Je dois te l’avouer, à ce moment-là, je suis comme ces vieux clébards qui se dandinent l’air heureux et confus quand on flatte leur croupe le pouce et l’index de part et d’autre du bas de leur épine dorsale. J’en gémis, littéralement. Pas comme un orgasme, néanmoins une sensation exquise, un soulagement divin, un plaisir non sexuel mais absolument délicieux.

Alors comme mon amoureux est loin d’être idiot, un jour de doggy style joyeux, il s’est mis à conjuguer la danse de son sexe et le ballet de ses mains juste en dessous de mes reins.

J’ai senti mes bulbes vestibulaires se gonfler de vanité, et toutes les connexions nerveuses s’activer dans mon arrière-train. Une sorte de bouillonnement d’émotions physiques, comme si d’un coup mon clitoris occupait tout l’espace entre ma taille et mes cuisses.

Et alors qu’un orgasme sud-nord, tout aussi succulent soit-il, monte en flèche, explose et redescend presqu’aussi vite, tel un wagonnet de petites montagnes russes, mes nouvelles jouissances plus orientées nord-est-nord-ouest sont plus lentes à gravir les échelons du plaisir, mais inéluctables, comme un départ de feu d’artifice puis une explosion tous deux filmés au ralenti, extase tridimensionnel, rond et plein qui s’épanouit lentement et merveilleusement dans tout mon corps bercé par mon souffle coupé.

Un râle qui duuuuuuuure.

Un feu qui me comble et me consume en étirant les secondes.

Un orgasme à rebond qui sème des spasmes pendant plusieurs minutes.

Ça a l’air mièvre, comme ça, bien loin des explorations en profondeur, mais c’est un délice dont j’ai maintenant du mal à me passer. L’essence même de la volupté.

Tout ça avec juste quelques doigts même pas planqués.

Avis aux hommes : seriously, essayez !

Et pour clore ce billet… les photos promises.

Tu comprends mieux pour les bleus et les épaules ?

 

 

 

 

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Point barre

La vérité, je publie ce billet juste parce que le titre me fait marrer.

Ouais, je suis bon public, même avec moi-même.

Et aussi pour me la péter un peu. Rapport que c’est un sport difficile et que, comme je l’ai déjà dit, chaque progrès est le fruit de ta transpiration et de ta résistance à la douleur.

La barre, donc.

Je sais que tu meurs d’envie de me faire la blague de la barre de faire, mais sache que tu n’es pas le premier.

Je suis loin du compte, mais j’avance, malgré les articulations meurtries, la peau bleutée et les muscles qui tétanisent.

Alors je te montre mes nouvelles photos.

Tadaaaaaaam.

(Attention, Donald Trump se cache dans cette série)

T’inquiète, je ne vais pas te saouler toutes les deux minutes avec ça. Mais je te montrerai quand même mes avancées de temps à autre parce que la fiertééééééééé.

Bisous.

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Subway

Je prends le métro depuis que je suis toute petite. Une mère à Strasbourg-Saint-Denis, un père au cœur de Pigalle, une école à Beaubourg. Dès mes 7 ans et des brouettes, je faisais les différents trajets seule, pour basculer d’une vie à l’autre, aller à l’école ou au conservatoire, changeant à Barbès-la-mal-famée quand la nuit était déjà tombée en hiver, fascinée par le Louxor alors en ruine. Je pouvais énumérer les stations de toutes les lignes que j’utilisais de mémoire, à l’endroit et à l’envers, collectionnais les tickets chics et chocs, connaissais les tunnels comme ma poche.

J’adorais ça. Le métro était un peu ma troisième maison (j’en avais déjà deux, garde alternée oblige), et surtout le symbole absolu de ma liberté de petite fille débrouillarde et autonome.

J’aime le métro depuis toujours, et je sais que même si j’avais deux voitures, trois motos et un hélicoptère (Ah si j’étais richeuh, nanana nana nana nana), j’aurais aussi une carte Orange (je te parle d’un temps que les moins de 20 ans…)(ne connaissant donc pas la chanson originale).

Alors quand j’ai rencontré mon amour d’aujourd’hui, j’ai adoré l’idée qu’il possède toutes les clés du métro – il est technicien RATP.

Aucun couloir, même interdit au public, placard, local ou ascenseur ne résiste à son trousseau lourd, bruyant, contenant peut-être cinquante clés de tailles, couleurs et formes différentes.

Cela ouvre une foultitude de possibilités. Surtout quand on est séparés une semaine sur deux.

La première fois que nous avons fait l’amour souterrain, nous étions à Charles-de-Gaulle, dans une salle de repos du personnel. C’était au milieu de notre semaine loin l’un de l’autre et nous avions une demi-heure pour agir avant de retourner chacun dans nos foyers de parent seul avec enfants.

En quelque vingt-quatre minutes, nous avons créé deux orgasmes simultanés… et deux enfants. Simultanés aussi.

Tu sais bien ce que ça a donné. C’était triste, mais intense, mais triste.

Et à chaque réveil nocturne – c’est-à-dire toutes les putain de nuits, souvent plusieurs fois –, je me dis que nous avons eu raison d’entendre raison.

La seconde fois, c’était aussi près de mon travail. Dans une sorte de grand placard, ceux qui sont au milieu des quais de métro et sur la porte desquels est affiché un homme foudroyé en noir sur jaune. Je lui ai demandé s’il n’y avait aucun risque électrique, consciente du feu qui brûlait en moi et des étincelles dont nous étions capables quand nous nous sautions dessus. Il m’a rassurée, et comme il est électricien, je l’ai cru.

Dix-sept minutes plus tard, le rose aux joues, nous sortions du placard malgré un rapport très hétérosexuel, sous l’œil médusé des usagers de la RATP attendant la rame à une heure de pointe.

Trois semaines plus tard, j’apprenais que le métro me rendait décidément très féconde, puisque j’étais à nouveau enceinte. D’un enfant et demi, le demi ayant eu plus tard la gentillesse de s’effacer afin de ne pas me jouer la même mauvaise blague.

Cinq mois plus tard, l’espoir d’une fille après quatre garçons devenait réalité, et nous avons sérieusement envisagé d’appeler la future nouvelle Courcelles. Ou Zazie.

Mais finalement non.

Et puis elle est née, et puis le temps s’est encore plus ratatiné, et la course du quotidien conjuguée aux horaires de crèches inextensibles a réduit drastiquement les possibilités de créneaux de tête-à-tête et tête-à-queue.

Et la chambre à coucher est redevenu le lieu principal de nos ébats. Entre 21h48 et 22h12 quand ma fatigue ne prend pas le dessus. Parfois entre 8h57 et 9h23 quand je ne suis pas trop en retard au boulot. Mais plus jamais dans le métro.

Jusqu’à samedi dernier.

Nos emplois du temps ne s’accordaient pas, travail du week-end pour monsieur, bouclage pour moi, des enfants malades, des nuits encore plus hachées que d’habitude, et les jours passaient sans que nous puissions nous étreindre et nous renifler.

Nous revenions d’un cours de pole (notre messe hebdomadaire et sacrée), je devais récupérer ma marmaille confiée aux bons soins de ma sœur, il devait embaucher jusqu’au soir et le week-end déjà entamé n’était qu’une succession de contraintes.

Alors entre deux RER, j’ai soumis l’idée à mon homme.

Il a vérifié qu’il était bien détenteur des clés.

A souris.

M’a attrapé la main et conduite devant une porte à peine dérobée.

A ouvert la porte d’une main et m’a entrainée dans un petit local où trônait une chaise en bois et quelques objets indéfinissables.

Nous nous sommes assurés que tout était bien verrouillé et avons commencé à nous embrasser. Conscient que le temps était compté mais désireux de savourer chaque seconde de cette parenthèse souterraine et enchantée.

Après quelques poignants collés-serrés, il m’a justement empoignée, pendant que j’ôtais tant bien que mal une jambe de mon futal.

J’aime la liberté de mouvements. Même coincée sur une chaise.

Je l’ai saisi d’une main, pour le faire sourire, gémir et parfaire son éclosion. J’ai humecté mes phalanges libres pour œuvrer à mon ouverture, il a fait de même, huilant autant que possible notre impact imminent, puis il m’a retournée et s’est collé à moi.

Un genou sur l’assise, l’autre sur le dossier, apprentie funambule à l’équilibre précaire, je l’ai senti me combler, et j’ai ri et lui aussi.

Les pas des promeneurs résonnaient presque au rythme de notre ballet.

D’une main je me tenais, de l’autre je me travaillais, quand les siennes m’agrippaient ou me fessaient, claquements noyés dans le brouhaha parisien.

Je montais, montais, mais ma position acrobatique tendait à freiner mon ascension, à me maintenir au bord de l’explosion. Je devais rester concentrée, et ça plafonnait mon plaisir.

Alors il a choisi l’efficacité, le petit coup de pouce qui, même bancale, permet de lâcher les vannes.

Mon orgasme est arrivé sans entrave, provoquant le sien dans la foulée.

Nous avons encore ri, sommes restés ainsi unis, épris.

Avons retrouvé une agréable verticalité.

Nous sommes embrassés.

Rhabillés.

Puis nous sommes sortis de notre cachette et juste avant de le quitter, j’ai fait un petit coucou à la caméra braquée sur la porte.

Mais cette fois-ci, normalement, nous ne devrions pas agrandir notre famille.

Sinon je porte plainte contre le chirurgien vasectomieur.

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Sexologie de zèbre

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Nous nous régalions d’un bon steak-haricots verts (depuis que je me la joue riche en achetant ma viande chez le boucher – quitte à en prendre moins et moins souvent – et mes légumes chez le maraîcher, mes garçons sont beaucoup moins relous à nourrir)(c’est toujours une bataille de moins) à la veille du départ en classe de neige du grand, petit veinard de 8 ans et demi, drôle de zèbre épris de connaissances en tout genre (je m’en doutais, c’est désormais avéré, pour le meilleur et pour le pire)(car il y a des deux)(enfin disons un peu de fierté mais surtout beaucoup d’inquiétude)(contrairement à ce que les gens pensent)(je dirais un rapport de 20-80)(beaucoup d’inquiétude, donc…) :

– « Maman, c’est quoi, déjà, une érection ?
– C’est quand tu as le zizi qui durcit, mon cœur. Pourquoi cette question ?
– C’est dans le Titeuf que tu m’as offert à Noël. C’est trop drôle, il demande la signification de plein de mots aux adultes et tout le monde lui répond : “Tu comprendras plus tard…” Ça le rend dingue.
– Tant mieux si ça te plait. Mais tu le savais déjà, non ?
– Oui, tu me l’avais expliqué il y a longtemps mais j’étais plus sûr. D’ailleurs, tu sais quand je te disais que toucher mon gland ça me faisait une sensation étrange, presque une douleur, comme si on me tripotait l’intérieur du corps, et que tu me répondais que j’allais sûrement trouver ça agréable un jour… ben ça y est ! J’aime bien ! Et ça rend mon zizi tout dur.
– Aaaah tu vois, c’est chouette, du plaisir à portée de main ! Mais n’oublie pas, on fait ça tranquillement dans son coin et pas devant tout le monde. »

La main bien calée dans le slip :
– « Oui oui, je sais, je sais…
– … Donc ta main.
– Ah oui ! Et c’est quoi un avortement ?
– Hmmmm… C’est quand une femme a un bébé dans le ventre, qu’il est encore tout petit mais qu’elle ne peut pas ou ne veut pas le garder. Elle peut décider de l’enlever de son ventre avant qu’il ne grandisse. En France en tous les cas. Ça s’appelle un avortement.
– Pourquoi elle voudrait pas le garder ??
– Parce que parfois la vie fait que ça n’est pas le bon moment.
– …?
– Oui, ça arrive, malheureusement.
– Ben dans ce cas il faut mettre une capÔte, non ?
– Absolument. Les capotes, ou préservatifs, empêchent une grossesse et protègent de certaines maladies qui peuvent s’attraper en faisant l’amour. La plupart de temps, ça marche très bien. Mais parfois, non. Il peut y avoir un minuscule trou, par exemple, et alors… »

Hilare :
– « Ah ouais, Titeuf à un moment il veut une petite sœur, alors il perce les capotes de ses parents.
– Du coup les spermatozoïdes peuvent se faufiler et féconder l’ovule de la femme, mais bon, c’est pas hyper cool. C’est mieux d’avoir un enfant quand on en a envie et quand on est prêt. »

J’ai craint qu’il me demande si j’avais avorté. Non pas que j’en ai honte ou quoi que ce soit de ce genre. Je pense même (et ça n’engage que moi) que je dirai la vérité à mes enfants s’ils me questionnent un jour. En essayant de trouver les mots qu’il faut en fonction de leur âge. Je me souviens très bien d’une période, quand j’avais 8 ans, où ma mère semblait soucieuse et triste comme les pierres. Je ne savais pas comment la soulager de sa peine, incapable de deviner ce qui lui arrivait. Les doutes sont venus quelques années plus tard, quand j’étais adolescente, et sa réticence à répondre à ma question frontale les a plus ou moins levé. Ce n’est qu’à mes 24 ans, quand j’ai dû à mon tour prendre cette douloureuse décision, qu’elle m’a raconté. Son premier avortement, au même âge, après avoir vomi une de ses pilules, alors que c’était illégal – donc aiguille à tricoter et tout le toutim –, et celui à 36 ans, car mon beau-père menaçait de se barrer – je crois bien qu’elle lui a inconsciemment fait payer durant les deux décennies suivantes, avant de tomber malade.

Non, j’ai eu (un peu) peur que mon fils me pose la question car je le sais très émotif et capable d’être profondément attristé par une telle information : quand je lui ai annoncé ma dernière grossesse, alors qu’il était fou de joie et plein d’interrogations, je lui ai montré une petite animation retraçant l’évolution du foetus. Celle-ci commençait par une foule de spermatozoïdes cavalant comme des dingues dans les trompes de Fallope, jouant de la flagelle et prêts à tout pour arriver le premier. Mon fils savait parfaitement qu’ils se comptaient par millions face à un unique ovule (merci Il était une fois la vie), mais les voir concrètement se faire recaler et errer sans but l’a fait fondre en larmes : « Mais qu’est-ce qu’ils deviennent, tous les autres ? Ils meurent ? On les enterre ?? »

Les zèbres sont souvent extrêmement sensibles.
J’ai un peu ramé pour le consoler.

Mais il ne m’a pas demandé.

Non…

Il a enchaîné sur une nouvelle question :

– « Et aussi, ça veut dire quoi sado-maSSo ? »

Heureusement, un coup de fil de son père l’a empêché de me demander si j’en étais.

Parce que j’aurais été obligée de lui dire que ça ne le regarde pas – ce dont je suis convaincue, même si cette réponse est aux antipodes de ce que mon naturel me ferait lui répondre si je ne me bridais pas – et qu’il en aurait automatiquement déduit que ça voulait dire oui, alors qu’en vérité, pas franchement (j’aime juste bien bien bien le sexe un peu rough). Ça ne fait de moi ni une meilleure ni une moins bonne personne, mais j’ai peur qu’il soit un peu jeune pour philosopher sur ce dernier point. D’ailleurs, je doute que ma piteuse explication à base de fessées qu’on aime parfois recevoir l’ait vraiment éclairé. Rapport qu’elle était forcément réductrice : je me voyais mal commencer à lui causer fouet et cagoule en latex. 

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Alleluia

Alleluia, Noël est passé !

Et aussi…

Les jours rallongent.

Dans 41 jours je me casse à la montagne avec mon amoureux et UN SEUL ENFANT. Je répète : un seul enfant ! On largue les quatre garçons en colo parce que toi même tu sais que les mômes + la neige + les mille paires de ski à porter + l’envie de faire caca quand on est tout habillé alors que le cours commence dans 3 minutes + le vomi parce que la route ça tourne + les embrouilles de pokémon + tout le reste = l’enfer pour les parents.
(je tiens à remercier très chaleureusement la RATP)(et j’adore mes enfants)

Ma fille a VRAIMENT dormi cette nuit, première fois depuis juillet, j’ai presque envie de pleurer de joie (surtout ne pas crier victoire trop vite, ça pourrait effrayer la bête).

Je ne suis pas enceinte. J’ai attendu des jours et des jours que mes putain de règles arrivent, j’ai atteint une durée de cycle absolument dingue pour la meuf à cycle court que je suis (six semaines, le double de ma normalité), j’ai fait deux tests de grossesse en me disant que c’était con que mon mec ait fait une vasectomie s’il suffisait d’un plan à trois avec capote pour me coller quand même un polichinelle dans le tiroir (que je n’aurai pas gardé, merci – enfin je crois –, mais ça m’aurait bien foutu les boules de devoir prendre ce genre de décision), pour finalement faire la danse de la joie quand le sang est arrivé. Entre temps, je crois que j’ai compris là où ça avait coincé : pendant cette période, j’ai allaité bien plus que d’habitude puisque la fillette était malade, sous cortisone c’est-à-dire sous coke c’est-à-dire complètement guedin à une heure du matin (et aussi à 2, 3, 5, 6, bref all night long)(comment ça je t’ai mis la chanson dans la tête ??), et ces conneries ça peut bloquer l’ovulation et donc tout ce qui s’ensuit. Soulagée je suis.
(et oui ! j’allaite encore, même si dans nos contrées occidentales c’est décidément considéré comme un truc de mère abusive au-delà de trois mois)(en attendant j’ai des seins et j’emmerde ceux que ça chiffonne)(noméoh !)

J’ai retrouvé mon poids de jeune fille avec des muscles en plus.

J’ai acquis un téléphone avec de la mémoire rapport qu’avec 8 gigots, tu dois effacer un truc dès que tu veux prendre une tof, et c’est relou.

La résultante de ces deux derniers trucs, c’est que je vais enfin pouvoir te montrer…

Tin tin tiiiiiiin…

Le suspens de malaaaade…

Ya un peu de cul dedans, t’inquiète.

Mais surtout de la sueur et cinquante nuances de bleus.

Ca y est tu captes que tu vas être un peu déçu ?

Allez j’arrêêêête.

Tadaaaaaam !

Mes progrès en pole.

J’ai bien le droit de me la raconter vu ce que j’ai trimé.

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Tu m’aurais dit en mai dernier, quand j’ai VRAIMENT commencé le pole technique alors que je n’avais plus l’ombre d’un abdo et qu’il me semblait totalement inconcevable de soulever mon cul en ne m’aidant que de mes petits bras frêles, que j’arriverai un jour à être fière de quelques figures, je ne t’aurais pas cru.
Comme quoi, le travail ça paye. Même si ya encore beaucoup de chemin.

Voilà, c’était ma minute personnal branling et encore, t’as du bol, mes vidéos ne sont pas encore assez clean pour que je te les colle ici. Mais d’ici peu, j’espère, si mon corps me fait l’honneur d’être gracieux jusqu’au bout des orteils…

 

 

Et la bonne nouvelle c’est que vu que 1) je ne suis pas trop fatiguée, 2) je ne suis pas enceinte, 3) je me sens à nouveau un peu jolie et tonique, 4) mon homme est toujours l’homme qu’il me fallait et l’amour encore diablement là… je risque d’avoir des nouveaux trucs à raconter dans quelques temps, un peu plus en rapport avec la ligne éditoriale de ce blog. Quoiqu’aujourd’hui j’ai causé sang et lait maternel, j’ai quand même honoré les deux tiers du contrat. Bisous et à vite !

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La part d’ombre

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Bien évidemment, nous avons commencé par nous échapper dans des failles spacio-temporelles pour s’étreindre jusqu’à plus soif comme dans tout début de relation, sans nous soucier de là où nos cœurs nous emmenaient.

Ça marchait bien, l’horizontalité certes mais le reste aussi. Nous sentions qu’il y avait un immense potentiel d’amour et de bonheur, une indéniable ultracompatibilité, alors nous nous sommes laissés embarquer sur le chemin de notre histoire, main dans la main, en espérant qu’il durerait le plus longtemps possible.

Nous avons assez vite confronté nos visions du couple, et surtout tenté de définir les contours de celui que nous voulions construire. Même si ceux-ci peuvent évoluer avec le temps, il est selon moi toujours plus sûr de clarifier quelques points essentiels au début, quand on est encore portés par l’adrénaline des prémisses et pas encore coincés par les aléas du quotidien, le temps qui passe ou les chemins de traverse de la libido.

Nous étions plutôt d’accord, heureusement : nous sommes amoureux, c’est vrai, mais avant tout deux individus distincts, dotés d’un passé, d’un présent et même d’un futur propre, il n’est pas question de dissoudre le tout en une unique entité. Il y aura toi, il y aura moi, et il y aura nous. Nous avons beau être terriblement aspirés l’un par l’autre, il est impératif de ne pas céder à la fusion totale, qui, nous le savons, ne résiste quasiment jamais au poids des années.

Autrement dit : tant que tu m’aimes et me désires, tu fais bien ce qu’il te plaît par ailleurs. Protégé.

J’ai demandé à être préservée du secret, charge lui incombait de ne pas laisser une once d’angoisse naître en moi sur le sujet de l’exclusivité sexuelle. Fais-le si tu en as envie ou besoin, mais fais-le très discrètement.

Par contre, si je te pose une question, signe que l’angoisse, en tous les cas le doute a germé dans mon esprit, réponds-moi la vérité. Ou alors mens suffisamment bien pour me convaincre et reléguer ainsi la bicyclette de mon cerveau au garage à vélo.

De son côté, quand je lui ai demandé s’il avait une préférence entre savoir et ne pas savoir, il m’a répondu de la façon la plus bienveillante qui soit : « Si tu souhaites me le dire, pour une raison ou une autre, dis-le moi ; si tu es plus à l’aise avec l’idée de ne pas me le dire, alors ne me le dis pas. »

J’ai trouvé cela très confortable – mon désir est a priori plus attiré par le catimini que par la transparence absolue.

Tout en prenant la mesure du pendant de ma liberté…

C’est-à-dire la sienne.

Avec tout ce que ça comporte comme risque.

Même si je suis convaincue qu’un couple traditionnel n’est pas moins exposé.

L’autre jour, nous nous teasions par sms – comme souvent, peut-être du fait de notre vie non commune –, et au détour d’une blague, la discussion a glissé vers le triangle équilatéral. Dont nous avons joui une fois en mai dernier, en nous disant qu’il y avait bien là un petit goût de reviens-y.

Sans urgence.
Je tiens à conserver un pied dans la sexualité simple et continuer à mordre l’oreiller même dans la plus stricte banalité. Si deux hommes et une femme offrent une foultitude de possibilités, c’est l’extrême rareté de la situation qui me rend la chose exquise.

Je ne cherche à convaincre personne, mais en ce qui me concerne, je prône le manque, l’attente et la singularité.

Mon homme me disait, donc, que notre troisième larron était toujours très motivé à l’idée de remettre ça avec nous, que la logistique coinçait un peu, mais qu’il avait un potentiel nouveau candidat.

De quoi titiller ma curiosité.

« What what what vas-y développe !
– Pas grand chose d’autre à dire, un gars qui m’a contacté sur un site de garçons qui aiment les garçons, en tous les cas les sexes masculins, dont certains aiment aussi les filles. Mais avant toute chose, je souhaite le rencontrer et parler en direct avec lui. Je me méfie des mecs qui sont en galère de meufs et qui se cachent derrière une pseudo bisexualité juste pour pécho.
– Ok ok… Il a une bonne gueule ?
– Je ne sais pas, je n’ai pas vu sa gueule. Juste… le reste. »

Et il m’a envoyé une capture d’écran de la fiche du monsieur. En m’épargnant les gros plans, pour reprendre ses termes.

Ça m’a fait marrer – qu’il existe un site qui s’appelle regardemabite.com ou un truc dans le genre suffit déjà à activer mes zygomatiques, soit dit sans aucun jugement.

Le soir, une fois toute la marmaille couchée, j’ai remis le sujet sur le tapis. Genre vas-y, rentre dans le dur, fais péter les tofs.

Il m’a montré ses captures d’écrans plus… détaillées, et j’ai encore rigolé, parce que ça me laisse toujours un peu sans voix de voir des corps mis en scène sans visage, moi qui ne sais pas consommer le sexe ni utiliser des membres désincarnés. J’ai besoin de chatouiller une âme, même quand il ne s’agit que de s’envoyer au 7e ciel.

Et puis je lui ai demandé ce qu’ils s’étaient dit.

Léger flottement…

« Rien, m’a-t-il répondu, on n’a même pas échangé réellement, en fait. Il faut que je creuse. »

Je lui ai demandé de me remontrer sa fiche, ce qui impliquait de se connecter devant moi. Sur son téléphone.

J’ai encore perçu un petit malaise. Je me suis donc attachée à lui montrer que je ne regardais pas son écran pendant qu’il cherchait ladite fiche, puis quand il me l’a mise sous le nez, j’ai pris soin de lui laisser son téléphone dans les mains et de regarder très rapidement.

Mais j’ai trouvé ça un peu louche… et mon cerveau s’est mis à cogiter.

J’ai imaginé qu’il échangeait beaucoup avec ces garçons fiers de leurs attributs. Peut-être même plus.

J’ai hésité à mettre les pieds dans le plat.

J’ai réfléchi un peu, devant la série que nous regardions collés l’un à l’autre, et me suis rappelé l’une de mes devises :

« Ne pose pas de question si tu n’es pas sûre de supporter la vraie réponse. »

Alors je me suis abstenue, et à chaque fois que j’y ai repensé, j’ai chassé très rapidement mon inquiétude.

Il suffisait que je me souvienne que ce qui m’importe réellement, ça n’est pas avec qui mon amoureux couche.

C’est à quel point il aime coucher avec moi.

Le lendemain, il est parti aux aurores pour travailler, comme d’habitude, et m’a envoyé son petit message matinal plein d’amour et de baisers.

Puis un deuxième, un peu après. Me précisant qu’en fait si, il avait discuté par écrit avec le corps sans tête. Mais qu’il ne m’avait pas montré les échanges car ce ne sont que « des messages de gadjo sur un site de bites ».

J’ai souris.

Je lui ai répondu, en substance : oui j’ai bien senti une sorte de cachotterie hier mais, soit, ça me va. Tu me montres suffisamment que tu m’aimes pour que je ne sois pas déséquilibrée dans mon bonheur avec toi par quelques parts d’ombre.

Sa réponse était toute douce, pleine de bécots et de paroles rassurantes (même si finalement je ne ressentais pas vraiment le besoin d’être rassurée), affirmant qu’il n’avait pas vraiment de part d’ombre puisqu’il m’avait raconté toute sa vie, qu’il ne baisait pas ailleurs, ni des hommes ni des femmes, qu’il s’amusait juste avec ce site et qu’il appréciait justement que ça soit son petit jardin privé.

Et d’ajouter : « J’imagine fortement que tu as le tien aussi. » Suivi d’une bonne douzaine de clins d’œil.

De fait, il n’a pas tort. J’ai aussi ma part d’ombre.

Si je devais l’analyser, je dirais qu’elle réside dans ma sinusoïdalité, mais aussi, dans l’immense plaisir que je ressens à être fortement désirée.

En tant que sujet émouvant, bouleversant. Non comme un objet.

Je suis une sorte de Docteur Jekyll & Mister Hyde et quand je quitte ma peau d’humaine pour virer loup garou, je suis inondée d’hormones, irradiante.

Je ressens les autres à 360°.

Réalité augmentée.

Comme si le monde entier percevait ma sensibilité exacerbée, comme si tous les garçons qui ne me laissent pas totalement indifférente pouvaient éventuellement pénétrer mes pensées.

M’habiter.

J’adore faire l’amour avec mon homme, toujours et d’autant plus pendant ces périodes, mais parfois me chatouillent comme des envies de… troubles nouveaux.

Constater l’impact que je peux avoir sur les hommes qui me plaisent.

Ressentir cette tension exquise entre deux êtres qui s’attirent, inéluctablement. Vivre le désir incertain d’un autre, arriver au point de bascule. M’enivrer du courant électrique qui comble l’espace entre les peaux. Éprouver la retenue des êtres alors que l’aimantation est d’une puissance inouïe. Me noyer dans un regard embrumé.

Une sorte d’embrasement.

Un joli garçon qui, subjugué par mon rayonnement phéromonal, en perdrait sa réserve, ferait tomber les barrières, ne pourrait plus retenir son corps qu’il propulserait contre le mien.

S’abandonnerait dans mes bras, en moi.

Je n’ai aucune frustration physique – je ne vois pas comment je pourrais en avoir vu l’amant de compétition qu’est le père de ma fille –, aucune faille sentimentale non plus.

J’aime mon homme et je suis plus heureuse en ménage que je ne l’ai jamais été.

Il m’arrive juste d’être envahie par des images de collisions intenses.

Avec des hommes déjà éprouvés il y a des années. Ceux avec qui il n’est pas sûr que quelque chose se passerait si d’aventure je souhaitais attaquer.

Avec des hommes que je connais mais dont je n’ai jamais eu l’occasion de sentir l’émotion contre mon ventre, si ce n’est en rêve.

Rarement avec des inconnus, car même si c’est l’un de mes fantasmes, il y a une chance plus qu’infime pour que le hasard mette sur ma route quelqu’un qui me plaise, à qui je plais, et en qui j’aurais suffisamment confiance pour m’assurer qu’il n’est pas en train de me consommer.

Sentir que le bel homme qui me regarde dégouline littéralement de son envie de moi, hors cadre amoureux, et que cela restera entre nous, comme une complicité licencieuse et merveilleuse, un secret partagé…

L’appel d’un trouble jusqu’alors inconnu, c’est en cela que réside le moteur de mon désir dérangé de fille hormonale.

Ma part d’ombre.

Heureusement, elle ne surgit que quelques jours par mois. Et pour l’instant, elle est plutôt disciplinée.

 

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Cinquante nuances de bleus

C’est bien simple, les semaines passent à toute allure. Là, par exemple, ça fait quatre mois et trois jours que j’ai écrit mon dernier billet et j’ai l’impression que c’était il y a deux minutes.

Faut dire que le rythme est soutenu, hein. Taf à temps plein, trois enfants à gérer seule une semaine sur deux, voire plus, la madre toujours malade… L’enfer des mois de juin et de septembre pour les parents (« seuls les vrais savent », comme dirait facebook-cet-objet-de-Satan), les inscriptions aux activités, les documents administratifs à remplir en douze exemplaires pour chaque enfant, les devoirs chronophages, le retour du mauvais temps et des 8000 chaussettes à étendre… Sérieux, mon temps libre se situe entre 21h48 et 22h53, à un moment où mon cerveau est à plat et je me demande quand ça s’arrête, l’infernal tempo.

Je ne me plains pas, hein… j’adore avoir eu tous ces enfants, mes garçons sont charmants même s’ils m’obligent à gueuler quasi-quotidiennement, ma fille est un rayon de soleil même quand elle me réveille trois fois par nuit (ce qui me tue à petit feu, heureusement qu’elle reprend ses bonnes habitudes de temps en temps), mon homme est toujours formidable, à tous niveaux…

Et je progresse de fou sur la barre.

Parce qu’en plus de mon planning de dingo, figure-toi que je m’impose trois à quatre séances de sport hebdomadaires en plus de mon unique cours de pole.

Foskifo.

Et ça paye.

Donc au boulot en loucedé dans une salle de réunion après la cantoche, ou chez moi entre 22h et 22h45 quand j’ai vraiment la foi et que j’ai signé les cahiers/vidé le lave-vaisselle/plié le linge/appelé mon père-ma sœur-mon pote-ma meuf-hohoooohoho… je transpire.

Au programme : 450 fessiers, 10 minutes d’abdos montre en main, 5 minutes de gainage aïe-aïe-aïe, 40 pompes pectoraux et 8 pompes triceps (ou deux montées de barre sans les jambes, à la force des bras) et des assouplissements.

Parfois je me demande pourquoi je m’inflige ça alors que je pourrais mater la fin de Narcos sur Netflix (dont la musique du générique m’habite, et aussi parfois les images un peu violentes qui viennent visiter mes rêves) ou refaire ma pédicure.

Et puis je vois mes bras et mes abdos se dessiner (pour les bras, c’est une première)(j’ai toujours aimé les filles aux bras musclés), je repasse sous la barre des 60 kg (c’est tout frais ça date d’hier mais bordel de bordel ça fait plaisiiiiiiir), et surtout, j’arrive à faire une nouvelle figure qui me semblait inatteignable jusqu’alors, du genre la tête en bas le cul en haut qui ne tiennent qu’à la force des épaules et des mains…

Fais gaffe parce que je suis à deux doigts de coller des vidéos de mes exploits.

Dès que j’aurai suffisamment de mémoire sur mon téléphone.

Putain d’iPhone 8 Go.

En attendant, j’immortalise mes bleus, une véritable collection. Tu serais étonné de voir les traces que ça laisse sur les cuisses, l’arrière des chevilles, les hanches, la peau fine de l’intérieur des bras. Entre les douleurs musculaires, les brûlures, les chocs, les tendons distordus… on peut qualifier cette discipline de masochiste. Et très exigeante.

Regarde.

fullsizerender

Les progrès n’en sont que plus exquis, et rendent fière.

Alors voilà, la vie passe à toute blinde et ça ne laisse pas beaucoup de temps pour écrire. Faut choisir : devenir une (vieille) pro de la barre et défier la gravité et la feignasserie ou prendre le temps de vivre des trucs suffisamment intéressants et nouveaux pour en tirer des textes passionnants.

Genre PAS comme celui-ci, tavu.

Je discutais ce midi avec l’homme courtois, et il riait en disant que j’avais trouvé la plénitude, l’harmonie amoureuse et sexuelle, et que c’était précisément dans ces moments là qu’on n’avait plus rien à dire. Juste à savourer.

Il y a peut-être de ça.

Trop heureuse pour transformer mes tripes en jolis mots ? Ou trop prise par la tornade du quotidien qui empêche de… laisser naître la poésie ?

Peut-être un peu des deux.

Mais en attendant je progresse en pole, et quelque part, ça compense.

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Jazz tango

Contact-Me Trio

Il prétend que c’était écrit sur sa fiche mais comme je suis une tanche, je ne l’ai pas vu. Pourtant j’ai fouillé, je voulais en savoir le plus possible sur ce beau garçon qui avait l’air d’être taillé pour moi.
Peut-être que ça m’aurait refroidie, d’ailleurs. Bêtement. Peut-être que je l’aurais imaginé uniquement en quête de plan cul (je ne suis pas à l’abri des clichés) alors que je cherchais sinon un amoureux, au moins un mec qui deviendrait un pote et avec qui éventuellement je baiserais puisque c’est le cadre qui me correspond le mieux.

Ça faisait un petit mois qu’on s’était sauté dessus et qu’on aimait bien remettre le couvert quand nos emplois du temps respectifs de darons travailleurs à temps plein et habitant à une heure de route l’un de l’autre nous le permettaient, et je ne sais plus pourquoi, je lui ai demandé s’il avait déjà couché avec une prostituée.

–  « Oui, quand j’étais plus jeune, pourquoi ?
– Non, comme ça, ça m’intéresse. Et quel genre, du coup ? Escort, tapin de rue…?
– De tout, des putes de luxe aux camionnettes en passant par celles du Bois… mais que des meufs, hein !
– Ok, ok. Mais même si c’était pas le cas, tranquille, hein. J’m’en fous moi, tant que tu traites bien les gens…
– …
– …
– Bon en fait, pas que des meufs. Des mecs, aussi. Enfin des trans.
– Ah ouais ?
– Ouais, mais c’était pas moi qui prenait.
– Ok ok… »

Je souriais, mi-émue, mi-intéressée.

Un ange est passé.

– « Je sais pas pourquoi je te mythonne : je couchais avec des trans, dans tous les sens du terme. Et j’ai aussi couché avec des mecs, plein. Le seul truc, c’est que je ne suis jamais tombé amoureux d’un homme, et je ne pense pas que ça pourrait m’arriver. »

J’étais touchée qu’il me fasse suffisamment confiance pour me raconter ce pan de sa vie. D’autant plus que c’était vraisemblablement une première, l’homme ayant toujours gardé cela secret : ni sa famille, ni son ex-femme ni aucun de ses potes n’était au courant. Pas tant par honte que par instinct de survie et pour simplifier son existence ; il vivait d’ailleurs très bien avec sa face cachée.

De ce jour, je lui ai régulièrement posé des questions sur sa sexualité singulière et assumée. Ça me chamboulait, dans le bon sens du terme, j’avais envie de savoir, de toucher du doigt cette part de lui (hu hu hu). Je lui ai dit que ça me chatouillait même d’en parler ici, que j’avais mille choses à dire sur ce que ça remuait en moi, mais que certains de mes potes me lisaient et que donc son secret serait exposé…

« Ça ne me pose aucun problème », m’a-t-il dit, semblant même content d’être enfin transparent et accepté comme tel par sa meuf et son entourage, précisant qu’il avait certes caché cela à ses proches mais que s’il s’était fait griller, il aurait assumé.

Du coup, presque à chaque fois que je parlais de mon nouvel amoureux à quelqu’un et notamment de notre compatibilité sexuelle certaine, je ne pouvais m’empêcher de vanter son ouverture d’esprit et d’évoquer ses multiples expériences.

Je crois que j’étais admirative.

Pas tant de la quantité, même s’il a bourlingué. Plutôt de la qualité, de son approche solaire et généreuse du sexe, qui faisait écho à la mienne, qui résonnait dans ma tête, mon corps et mon cœur.

J’étais heureuse d’être tombée amoureuse d’un homme formidable… et bisexuel.

Jazz-tango, en argot.

Jolie expression. Même si perso, je préfère le tango. Et me sens plutôt très hétérosexuelle.

Pendant ma grossesse, excepté au deuxième trimestre (celui qui rime avec une certaine lubricité), j’avais clairement la libido au fond des chaussettes. Je me disais même intérieurement que je comprendrais qu’il aille coucher ailleurs, si possible avec un garçon d’ailleurs (une sombre histoire de rivalité moindre), rapport que j’étais pas franchement un cadeau niveau horizontalité même si on pratiquait, rapport aussi qu’on s’est toujours dit que chacun fait ce qu’il veut avec ses cheveux tant qu’il protège l’autre de l’angoisse, de la tristesse et des MST. Et qu’il a l’honnêteté de rompre si l’amour ou le désir ne sont plus.

Je lui avais finalement dit et il m’avait répondu que les garçons ne lui manquaient pas. Que si d’aventure il couchait avec un, il me voudrait dans les parages.

C’est comme ça, d’ailleurs, qu’on a commencé à causer triangle équilatéral en bagnole un jour de juillet.

Un dimanche où je bossais sur la putain de thèse, il s’est éclipsé pour me laisser tranquille en me disant qu’il allait se faire un petit sauna.

Gay.

Ça m’a un peu perturbée, je dois dire – de la théorie à la pratique il y a parfois quelques ajustements à éprouver. J’ai senti une petite vague de sanglots monter sans exploser (les hormones, c’est pas tout le temps génial) puis je me suis trouvée un peu con vu ce que je défends intellectuellement. J’ai été regarder le site dudit sauna – j’y ai appris ce qu’était un glory hole jésumarijosèf ! -, ça m’a fait un peu marrer et j’ai décidé que ça ne m’inquiéterait pas.

Ça a plutôt marché.

Le soir venu, je lui ai demandé s’il ne s’était pas fait draguer de ouf puisqu’il est super beau et du genre à plaire aux pédés. Une vraie question, hein, pas une agression.

Il a rigolé, répondu que si un peu mais qu’il avait décliné. Et m’a répété qu’il n’avait pas envie de coucher avec un garçon sans moi.

J’ai décidé de le croire en me disant que même si c’était faux (ce que je ne pense pas), je m’en foutais et que ça réveillait juste ce qu’il fallait de jalousie en moi. Pas celle qui ronge mais celle qui donne envie d’être la meilleure. Notamment au sujet des pipes, mais pas que.

Il y est retourné une seconde fois et mon esprit intranquille m’a joué des tours parce que le lendemain au réveil, c’est-à-dire plus de quinze heures après sa session vapeur, j’ai eu l’impression qu’il sentait le sperme. Alors que j’ai un odorat de pacotille, que je l’avais embrassé moult fois la veille sans rien remarquer et qu’il avait en plus pris une douche depuis.

La puissance du cerveau qui s’angoisse, quand même…

D’ailleurs il s’est bien marré quand je lui ai raconté. Moi aussi.

On a beau tenir plein de beaux discours sur l’ouverture d’esprit, parfois le centre émotionnel déraille et complique ce que l’on pensait simple et clair comme de l’eau de roche.

Et puis l’idée de rencontrer son ami R. a fait son chemin.

J’ai quand même précisé à mon amoureux qu’il était possible que je ne gère pas si bien de le voir faire du sexe avec un homme. Que je pensais que si, mais que malgré mes grandes théories, ces petits épisodes de trouble incontrôlé signifiaient peut-être un fossé entre mes tripes et mon cortex.

Il m’a rassurée, me disant qu’il se passerait ce qu’il se passerait, qu’il n’y avait aucune obligation, qu’on pouvait se contenter de boire un coup à défaut d’en tirer un et que si finalement on s’y frottait, je pourrai à tout moment exprimer mon malaise si malaise il y avait.

Une immense bouffée d’amour m’a envahie… Cet homme a tout compris.

Alors je me suis lancée.

J’avais prévu une date qui était censée tomber pile poil sur la bonne tranche de ma temporalité mais mon corps ce petit malin a décalé mon cycle et mes règles ne sont pas arrivées comme je l’imaginais. J’ai cru qu’on allait devoir annuler – j’ai rien contre le sang, mais pour un premier rendez-vous à trois, c’est ptet pas l’idéal -, puis comme ça durait j’ai eu peur d’être enceinte. Jusqu’à me rappeler que l’allaitement fout le boxon dans les hormones, ce qui m’a détendue.

J’ai même estimé que c’était plus intéressant, finalement, de vivre cette expérience hors période équatoriale histoire de ne pas être juste animale et de profiter aussi d’une excitation plus cérébrale.

Et puis le jour J est arrivé.

Mon mec, qui était tout heureux à la perspective de l’après-midi à venir (parce qu’on a calé ça à un moment sans enfants mais aussi sans fatigue)(à 22 heures, je m’écroule), me lisait les sms de son pote au fil de l’eau. Qui semblait finalement bien plus timide que je ne me l’étais imaginé.

« C’est un plan direct ou on a le temps de faire connaissance avant ? Parce que je crois que je vais avoir besoin d’une petite bière pour me détendre », s’inquiétait-il par écrit.

Et mon mec de le rassurer sur la coolerie du moment prévu et sur l’absence totale de pression.

Tout en me faisant des câlins aussi tendres qu’allumeurs.

Au bout d’un moment, on a toqué à la porte. Et j’ai décidé que c’est moi qui irai l’ouvrir.

On s’est souri. Joli garçon. Moins mon style que mon mec, mais une sacrée bonne tête. Et puis le trac de l’autre, moi, ça m’émeut.

Les gars se sont claqué une bise chaleureuse, ça faisait un bail quand même… j’ai sorti des verres pour l’apéritif et je me suis préparé mon petit thé à la menthe.

Alors on a commencé à causer, de tout de rien, dans une ambiance sympathique… puis par cercles concentriques de plus en plus petits, à se rapprocher de notre sujet.

Finalement, de le sentir un peu réservé, moins conquérant, ça m’a aidé à sortir de ma propre timidité.

Mais je savais que la difficulté première, c’était la bascule (comment veux-tu comment veux-tu). Passer de la papotade à la gaudriole en douceur.

On était au bord quand mon téléphone a sonné.

La crèche.

LA CRÈCHE, bordel de Dieu.

J’ai montré l’écran à mes deux gaillards en me marrant, dubitative sur la possibilité de poursuivre notre parenthèse enchantée. Genre le sort qui s’acharne.

Ma fille pleurait, rien de grave mais si à tout hasard j’étais dans le coin, que je n’hésite pas à venir la chercher un peu plus tôt que dans deux heures.

J’ai fait ma mère indigne et j’ai promis d’arriver dans une heure.

Tu peux appeler les services sociaux si tu veux.

J’ai raccroché en riant. J’avais enfin ma bascule.

« Bon c’est pas tout mais l’heure tourne, les mecs. »

Ils se sont levés tout sourire et m’ont entraînée dans ma chambre.

J’en ai embrassé un, puis l’autre. Ils se sont embrassés à leur tour. L’un plaqué contre mon ventre et l’autre contre mon dos nous nous sommes étreints, nos mains courant sur nos corps, s’immisçant sous nos vêtements, joli ballet de bras emmêlés.

Libérés de nos étoffes, nous avons collé nos peaux les unes aux autres et j’ai étrenné ce nouveau sexe dans ma bouche alors que mon amoureux me caressait tout en se redressant sous les mains expertes de notre invité.

Nous avons tourné, j’avais à cœur de ne laisser personne de côté et c’était du coup très confortable de savoir que mes deux complices pouvaient s’entreprendre.

Nous avons exploré tous les recoins de mon lit, mes yeux étaient clos pendant que je sentais une main tenant mes cheveux et un sexe qui me creusait, tantôt sur le dos tantôt sur le ventre ou le flanc, j’entendais les soupirs virils des hommes, devinant ce qu’ils se faisaient même s’ils sont restés très mesurés.

Pendant que mon amoureux dansait entre mes jambes pour me faire l’amour, j’engloutissais à nouveau le sexe de notre ami, me découvrant brûlante, le cerveau allumé et la peau transpirante, envahie par de chaudes pulsations…

Puis j’ai senti son buste se pencher vers mes seins sans cesser ses va-et-viens, son souffle de plus en plus proche, sa bouche qui s’invitait là où j’étais en train d’œuvrer dans l’obscurité de mes paupières toujours fermées. Nous nous sommes embrassés puis je lui ai cédé ma place et j’ai enfin osé.

Je l’ai regardé.

Et j’ai souri, émue et heureuse.

Et j’ai vu le regard rieur et bienveillant de notre ami posé sur moi qui observais mon amoureux occupé à lui donner du plaisir. Boucle et volupté.

Et nous avons repris notre valse à trois temps, notre jazz syncopé, notre tango langoureux… jusqu’au point d’orgue harmonisé, au rythme des spasmes de l’un contre mon bassin et des jaillissements de l’autre sur mon dos.

C’était beau, c’était doux, c’était bon, c’était chaud.

Et comme nous n’avons pas pu tout explorer, nous nous sommes juré de rejouer notre partition tout bientôt.

Car c’était aussi très prometteur…

(Et quand je suis arrivée à la crèche, ma fille ne pleurait plus depuis belle lurette)

 

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Mimolette

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Attention, ceci est un titre à circonvolutions.

C’était il y a plus de 2 ans, quelques mois avant que je rencontre mon mistalovalova.

J’étais un peu sombre, rapport que la vie n’était pas bien simple, et un jour de sommet hormonal, j’avais écrit un billet tout foutraque que je terminais en disant vaguement que j’avais envie de niquer mais que je ne voyais pas avec qui.

Pas que personne ne voulait de moi, hein ! Dois-je te rappeler que je suis de la bombe baby ? J’ai pas le monde à mes pieds, non, juste ce petit talent de savoir être désirée par quelques garçons qui m’aiment et que j’aime. Beaucoup.

Mais il y avait ceux dont je ne voulais pas, ou plus, ceux qui étaient trop loin, ou trop complexes, et surtout ceux qui étaient bien en main, certains fidèles et d’autres moins mais dont je ne voulais pas risquer de compliquer le quotidien.

Au petit matin du jour suivant la publication de mon texte, je reçus un mail hilarant d’un lecteur me proposant ses services. Des mots qui me firent éclater de rire – le bon, celui qui baume le cœur – et du coup titillèrent ma curiosité.

Nous avons échangé pendant quelques jours, ça m’a donné le sourire et même un peu le rose aux joues, alors j’ai accepté de le rencontrer. Sa description pouvait être tout à fait mon style ou pas du tout, c’était vraiment à double tranchant, et il refusait de m’envoyer sa photo sur le thème « soyons fous, vive les surprises ! »

Je trouvais ça rigolo de ne pas savoir à quoi m’attendre, et puis le mec me faisait vachement rire, et tu sais ce qu’on dit. Surtout que les mormones étaient bien au taquet. Et que j’ai des lunettes, if you know what I mean.

Bref, un vendredi soir, j’allai au Dirty Dick, un bar de Pigalle au nom qui ne détonnait pas avec la gouaille de mon interlocuteur.

En arrivant, je l’ai reconnu tout de suite et j’ai vu que sa description à double tranchant ne tombait pas exactement du bon côté de mes goûts. Mais il se trouve que l’homme avait un blog que j’avais un peu potassé en amont et qu’il n’avait pas l’air d’être le dernier à baiser. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, je n’attache pas tant d’importance au physique. Je veux dire, j’ai eu plein d’amants avec qui je n’aurais jamais imaginé horizontaliser (ou autres) quelques mois avant de me faire délicieusement ferrer.

La timidité, le mystère, la bienveillance, une gueule cassée, une fêlure, la lubricité, une audace, la tristesse, le talent des mots, l’humour… sont autant de petits riens et de grands quelques-choses qui peuvent me faire basculer.

On a bu un verre en papotant, de ci, de ça, puis nous sommes sortis sans piper mot concernant la suite des événements. Nous marchions tranquillement sur le terre-plein central du boulevard qui me ramène vers chez moi pendant que je fumais mon petit tarpé, et, arrivés vers Barbès, il m’a demandé s’il passait chez moi.

Sans être totalement convaincue, j’ai décidé de laisser faire les choses et de voir si un émoi allait naître en moi.

J’avais besoin de sentir mon sang frémir dans mes veines.

Passé la demi-heure de courtoisie, il s’est penché et m’a embrassée. J’étais toujours un peu frileuse, mais vu que je n’avais jamais baisé avec un inconnu et que celui-ci était ma foi bien sympa, je me suis dit pourquoi pas.

A 35 ans, il était temps de sortir du cocon des amis-amants et d’affronter le soufre du monde extérieur.

On a roulé vers mon lit, on s’est frottifrottés, dévêtus, papouillés, mais vraisemblablement, son sexe ne répondait pas. Du tout.

Moi, pas bégueule, j’ai usé de mes doigts sur mon intimité juste sous son nez pour l’exciter, je lui ai offert ma bouche dont on m’a souvent vanté les vertus, mais rien à faire, malgré ma pugnacité, la chose restait inerte.

Il a commencé à paniquer, me disant que c’était la première fois de sa vie que ça lui arrivait, alors qu’il avait graaaaaave envie de me sauter… qu’il était dégouté.

Je le croyais, en plus. Qu’il avait grave envie et qu’il n’était pas coutumier du genre.

Apparemment, je fais parfois cet effet aux garçons.

Je suis même presque sûre que cet homme sait y faire avec les zouzes. Mais pas ce soir-là.

Il a voulu taper un trait de C. Perso j’étais pas sûre que ça soit l’idée du siècle vu la situation, mais je n’ai rien dit, me contentant de refuser de l’accompagner.

Du coup on est repassé dans mon salon, et moi j’étais pépouze, hein. Malgré la foirade. Je ne lui en tenais évidemment pas rigueur (ha ha ha) et j’essayais d’éviter qu’il soit mal à l’aise, mais pas facile.

Il tournait en boucle sur LA rchouma de sa vie.

J’avais beau lui dire qu’on s’en foutait, que c’était pas de l’ordre de la rchouma, le mec ne débloquait pas.

Il a voulu ré-essayer, mais moi, merci, j’avais plus envie. Aucune punition, hein, juste que le train était passé, j’étais fatiguée et je ne voulais surtout pas d’un truc laborieux. Pas le cœur à besogner.

Il ne l’a pas très bien pris, faut dire…

Je l’ai gentiment invité à partir. Et j’ai été dormir.

Après cela, on s’est envoyé quelques mails. Il voulait remettre ça rapport à sa dignité, mais pas moi parce que ce qui prime, coco, c’est mon désir, pas ton égo (soit dit sans méchanceté). Il me faisait néanmoins toujours beaucoup rire même si j’étais dans la position très délicate de celle qui cherche à dédramatiser la situation (pourtant vraiment pas dramatique), qui doit trouver l’équilibre subtil entre le je-te-rassure-c’est-pas-grave-et-je-n’ai-aucune-envie-de-me-moquer-de-toi, le je-comprends-que-ça-t’ait-chiffonné-on-parle-de-ta-bite-quand-même et le non-non-aucune-condescendance-ne-transforme-pas-ton-sentiment-de-honte-en-paranoïa-juste-passe-à-autre-chose-bordel.

Je vous jure les gars, c’est pas simple de trouver le bon ton quand vous semblez au fond du trou (toute ressemblance avec un jeu de mot de mauvais goût serait purement fortuite).

Alors que ça peut très bien se passer.

Par exemple, avec mon amoureux, les premières fois qu’on a baisé, pareil, il n’arrivait pas à bander. Enfin disons plutôt qu’il n’arrivait pas à connecter nos sexes. Il était tout vaillant dans ma gorge, mais dès qu’il s’agissait d’entrer dans mon ventre, ça se compliquait.

Trop de pression, apparemment à cause que je lui plaisais.

Pas facile d’être un garçon, parfois…

Alors ses doigts et sa langue prenaient savoureusement le relais, en attendant le retour du soldat.

Il l’a pris cool, moi aussi, et ça a fini par rentrer dans l’ordre suffisamment rapidement pour que le début de crainte que ça fasse tout foirer s’échappe de nos esprits.

Même le troisième larron lors d’un récent après-midi fort plaisant (je te raconterai) a connu quelques baisses de forme à base de mi-molle*, alors qu’il était hyper saucé par l’idée de triangulariser. Comme quoi on peut être un expert de la gaudriole, avoir expérimenté le cul en long, en large et en travers et soudainement être assailli par la timidité.

Il était un peu embêté mais ça ne nous a pas empêché de jouir tous les trois dans la joie et la bonne humeur.

Et de se promettre un reviens-y, parce que je te rappelle que j’ai des projets, moi.

En rapport avec le Nord, le Sud et le septième ciel.

* Ça y est, le titre, tu saisis ?

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22 mois

dcu-trio

Promis après j’arrête avec les titres anniversaire. Mais je t’avais prévenu, j’ai un truc avec les dates et une mémoire d’éléphant. Que je subis et aussi que je cultive, parce que vu comme ça peut être encombrant parfois, autant que ça serve le reste du temps.

22 mois, donc.

Non, c’est pas l’âge de ma fille, faut suivre, là-bas, au fond. Elle a même pas encore de quenottes, même si elle a déjà les sympathiques symptômes avant-coureurs, à base de maladies qui t’empêchent de dormir et de popopopo liquide liquide liquiiiiide.

Ouais, ami de la poésie bonsoir, et spéciale dédicace à ce gros punk de Joey, pour ceux qui connaissent leurs classiques (sinon, écoute Ma Benz, espèce d’inculte). Team Didier, d’ailleurs, si je veux coller à l’actualité de la plus haute importance. Même si c’est moche de taper et que j’aurais aimé qu’il ne tombe pas dans ce piège. Mais team Didier quand même et sus aux petits sournois qui tentent de camoufler les humiliations sous le trop facile argument de l’humour-vide-de-toute-drôlerie-en-plus.

J’aime pas les sournois. J’aime les punks.

Mais je m’égare.

Donc 22 mois qui n’est pas l’âge de ma fille, c’est le temps qu’il nous aura fallu, à mon mistalovalova et moi, pour aboutir notre petite ascension nordiste.

Mazel tov, psartek, toussa toussa, non ?

Sérieux, ça fait quatre ans que j’en cause, et même si j’ai deux ans d’avance sur mon planning (j’avais calé le truc pour mes 40, j’en ai 38 demain)(soit dit en passant), il était temps que ça se passe vraiment, de façon cool et librement consentie.

Alors voilà, comme ma fille qui n’a ni dents ni 22 mois est entrée à la crèche (je tiens à remercier tout particulièrement ces parents qui ont eu l’immense délicatesse de se casser vivre à Bangkok en milieu d’année, reconnaissance éternelle à jamais au-delà de l’infini), et que je n’ai pas encore repris le boulot (vive la France, vive le troisième enfant), et que mon mec est en horaires décalés que c’est relou d’être réveillée à 5 du mais que c’est cool de le retrouver à 15h, j’y ai dit « tiens, mais oh, et si on passait la seconde ? »

Non parce qu’avant j’avais mis la progression sur pause : c’est compliqué de se lancer dans de l’alpinisme de haut niveau quand on ne sait jamais à l’avance si la baise va être interrompue dans 30, 15 ou 4 minutes par un bébé qui pleure.

Ouais, j’ai besoin d’avoir l’esprit tranquille pour ouvrir tous mes chakras.

Donc on la jouait efficace mais sans risque, et c’était fort plaisant, j’ai d’ailleurs toujours défendu les baises simples et rapides.

Et puis j’ai redécouvert l’existence du temps libre (que ma reprise du boulot prévue dans un mois va réduire à néant mais life is life nana nanana).

Donc la seconde nous passâmes.

Surtout qu’un certain bras droit de mon homme, dont l’initiale est aussi un R, a refait surface sur le thème « Hey, salut, si vous êtes toujours saucés pour tricoter à trois, je suis là »…

Et moi j’étais toujours saucée. Mais vu que le R-troisième-du-nom est semble-t-il un super chaud de la chaussette et un gros routard du cul, je trouvais con de ne pas être en mesure de profiter pleinement de toutes les configurations possibles.

Parce que je te rappelle que moi, le Nord, d’accord, mais uniquement en version sudiste. Genre la rencontre des Chtis et des Marseillais, la pluie et le beau temps, le beurre et l’argent du beurre, bref, la double sinon rien.

Ouais. J’assume.

Et que donc avant de m’attaquer à la double entreprise par deux humains faits de chair et de sang, il fallait que je potasse un peu mon sujet. Avec objet. Et mon homme, ce merveilleux professeur. Histoire aussi de réussir à tenir l’acrobatie du trio plus de deux minutes, rapport que je peux monter vite, parfois.

Alors voilà, on s’y est collés, joyeusement. Un beau jouet tout en verre au midi, et mon amoureux au septentrion. On a pris notre temps (l’homme est très doué pour ne pas brûler les étapes), et hormis le passage où il a libéré le Texas pour mieux entreprendre le Minnesota avant de l’envahir à nouveau (j’ai été obligée de prendre une carte pour cette métaphore)(et décidément, un seul point cardinal sollicité m’est désagréable quand les deux me sont délicieux)(je ne saurais expliquer pourquoi), c’était vraiment chouette.

Et moins déroutant que je ne le craignais.

« A qui sait attendre, le temps ouvre ses portes », dit un proverbe qui me semble totalement à propos.

Me voilà donc prête pour la grande farandole.

Que j’appréhende un peu, puisque ça devrait être moins light que mon unique expérience en la matière, mais je crois bien que j’ai hâte.

Ah oui, parce que je t’ai pas dit, mais mes cycles sont revenus. Avec leur lots de montées hormonales.

Ça donne chaud, ça fait faire des rêves pas très catholiques.

Et ça redonne envie d’écrire.

 

 

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Un an et une heure

Le ballon rouge

Dans la nuit du 11 au 12 décembre 2014, je me suis réveillée à trois heures du matin après quelques heures de sommeil tourmenté et une soirée à sangloter. J’avais appris que j’attendais des jumeaux – comme mon intuition me le soufflait à l’oreille depuis quelques semaines – alors que je n’étais pas en mesure de les accueillir correctement. Imaginer le futur qui m’attendait vu ma situation (seule avec mes deux grands au quotidien, mon amoureux et père des deux têtards absent une semaine sur deux) m’avait plongée dans une angoisse incommensurable et je hurlais intérieurement contre la vie qui se jouait de moi.

En me réveillant au milieu de la nuit, ce qui ne m’avait même pas effleuré l’esprit pendant une dizaine d’heures s’est imposé à moi comme l’unique solution. Et j’ai décidé de me séparer de mes Minuscules. Le cœur en miette : je rêvais de jumeaux depuis toujours.

Je suis retombée enceinte assez rapidement, et même s’il y en avait encore deux au départ, l’un d’entre eux a eu la politesse de s’effacer pour laisser toute la place à l’enfant que je pourrai recevoir dans de bonnes conditions.

Un an et une heure exactement après cette douloureuse décision, et alors que je pensais accoucher une semaine plus tôt, j’ai fissuré la poche des eaux dans lesquelles nageait ma petite fille.

C’était une première pour moi, qui n’avais jamais perdu les eaux autrement que quelques dizaines de minutes avant la naissance de mes enfants. Et même si c’est probablement un hasard absolu (je suis une mécréante terre-à-terre), je ne peux pas m’empêcher de penser que cette durée d’une précision déroutante était celle qu’il fallait à mon corps et mon âme endeuillés, et que ma petite a sagement attendu que ma psyché soit déblayée des fantômes du passé.

Elle est née presque 24 heures après, à minuit dix le lendemain. Juste assez pour avoir sa propre date d’anniversaire, vierge de toute tristesse.

Oui, j’ai un truc avec les dates. Une mémoire infernale. Je me souviens de tout. Les jours de la semaine, les nombres. Souvent c’est chouette. Parfois c’est lourd à porter.

Accueillir un enfant en sachant que c’est le dernier, ça fait drôle. Et ça pousse à profiter de chaque instant. Je n’ai de cesse de me dire – presque sans aucun pincement au cœur – que cette jolie moue, ce cri ou cette façon de s’étirer comme un petit chat sont des moments dont il faut savourer la substantifique moelle, car un jour ils ne seront plus.

C’est mon dernier. Notre dernier. Raisonnablement.

Et comme mon amoureux est formidable, il a décidé de faire une vasectomie. Me libérant ainsi des relouteries de la contraception, et assurant pour lui un total contrôle de sa vie d’homme. J’en suis toute émue. Il est moderne, autonome, responsable.

Et je pense que si les hommes imaginaient à quel point la contraception peut – parfois – compliquer la vie des femmes (leurs humeurs, leur corps, leur libido…), ceux qui sont certains de ne pas ou ne plus vouloir d’enfants devraient y songer. Au lieu d’attendre après leur compagne pour gérer le problème, et d’éventuellement l’accuser de leur avoir fait « un enfant dans le dos », ce qui, si on a quelques notions d’anatomie, est évidemment impossible, la face nord ne menant pas à Rome malgré ce que prétend le dicton.

Ha ha ha.

En parlant de ça, j’ai repris du service précautionneusement (tout a l’air de marcher), et mon amoureux m’a promis un univers de plaisirs nouveaux et de volupté pour célébrer le retour de la femme érotique. Ravivant tout ce que nous avions commencé à aborder, en théorie ou en pratique.

La femme érotique a donc hâte d’être un peu moins fatiguée par sa fonction nourricière, même si elle adore ses nouveaux seins et regarder sa petite les téter goulûment.

Affaire à suivre.

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Visuel extrait du court-métrage Le Ballon rouge, d’Albert Lamorisse.

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Onze jours

Onze jours.

Onze jours que je l’ai accueillie, ma petite nénette, ma boulette de chaleur.

Voilà qui donne une saveur toute nouvelle à cette période de Noël qui a toujours eu un goût amer – merci ma famille dysfonctionnelle.

Je ne vais pas te faire le récit par le menu de la naissance de mademoiselle Ka (j’adore les histoires d’accouchement avec tous les détails, je ne suis pas sûre que ça soit ton cas…), mais je peux quand même te raconter qu’alors que j’ai cru que ça allait se passer tout pas comme je voulais (des mois que je fantasmais ce dernier accouchement, oui oui, le dernier, a priori c’est sûr, mister R coupe le robinet en avril)(j’y reviendrai), ce qui m’a valu une petite coulée de larmes de déception au petit matin, finalement tout s’est bien terminé.

SANS PÉRIDURALE.

(Un des trucs que je désirais très fort)

Je l’écris en majuscule parce que psartek quand même. Ça fait putain de mal c’t’histoire.

Mais c’est quand même mieux sans. Même si ça sonne chelou.

Et puis ma fille est la coolerie incarnée. Pour l’instant en tous les cas, pourvu que ça dure.

Faut dire que quand on a commencé par un difficile (doux euphémisme, je l’ai compris à la naissance du deuxième, c’est confirmé aujourd’hui)(j’ai pensé à l’époque que l’adage « un bébé dort vingt heures sur vingt-quatre » était la plus grosse arnaque du monde, après la série Lost), on goûte particulièrement la vie avec les suivants.

Je plains ceux qui ont commencé par les plus faciles.

Même si j’en ai bavé, il y a sept ans et demi.

Bref, je suis totalement amoureuse de cette enfant. Et toujours de mon homme. Qui le vaut bien.

Et puis… quel bonheur de NE PLUS être enceinte. Redécouvrir sa capacité respiratoire, localiser ses organes aux bons endroits. J’ai même l’impression d’avoir une zézette de jeune fille, après l’avoir vue enflée pendant des mois (pour ne plus la voir du tout, vers la fin). A l’extérieur en tous les cas. Faut que je vérifie l’intérieur dans quelques semaines, mais – merci maman – j’ai normalement un périnée en béton armé, alors je ne m’inquiète pas trop.

En parlant de béton armé… tu verrais mes nichons ! J’avais prévenu mon mec dont les deux premiers enfants n’ont pas été au sein, il n’en revient toujours pas.

Ce qui est con c’est qu’il ne peut pas trop y toucher. Trop douloureux.

Mais ça va s’organiser, ils vont dégonfler, je vais arrêter de saigner… j’ai hâte de me remettre en selle. Lui est au taquet, et toujours aussi respectueux de mon petit rythme. Du coup il me tarde de profiter de ma nouvelle mobilité.

Bref… la vie est belle.

Joyeux Noël.

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8 mois

Bon bon bon, ça fait deux bons mois que je n’ai pas écrit par ici, mais faut voir les mois, aussi.

Le nouveau boulot qui s’est intensifié et continue de me plaire, même si je n’avais aucun doute là-dessus. Je suis ravie de cette évolution, et des quelques pépettes qui vont avec.

Ma maison dans laquelle j’ai fait faire de gros travaux me permettant de passer de 40 m2 à 55 m2, stadire un palace, avec en plus une IMMENSE chambre pour moi et mon homme présent une semaine sur deux. Il a donc fallu préparer le chantier, vivre le chantier, ne pas trop stresser sur le retard du chantier (rapport qu’il y a eu forcément plus de trucs à faire que prévu)(temps quasi-doublé, facture idem)(glurps), et surtout, peindre-lessiver-ranger-trier-trimer après le chantier, avec les mômes dans les pattes et échéances à respecter. Ce que je viens de terminer (aidée, bien entendu). Sur les genoux. Mais je love mon home sweet home (et mon homme sweet homme qui a été exemplaire, as usual). Et je remercie la montagne de taf que ça m’a demandé, qui m’a permis de ne pas trop penser à tous ces sympathiques récents événements. Disons qu’au lieu de rafraîchir la page 843 fois par jour, je ne le faisais que 20 fois, certes parfois à 3 heures du mat tout en faisant des listes de trucs à faire dans la casbah, mais c’était moins pire que de tourner en boucle sur les chaînes d’information continue, autrement dit SATAN.

Alors me voilà, crevée, c’est vrai, mais à 8 mois de grossesse bien tapés, enfin installée et prompte à glander un peu en attendant de mettre au monde une future petite femme libre.

Car c’est une fille, joie bonheur et allégresse.

Qui aura donc quatre grands frères ravis d’accueillir une petite sœur, une mère libre et indépendante et un père capable de se bagarrer si nécessaire mais qui aime plus que tout les femmes libres et indépendantes.

Cette petite part dans la vie avec les meilleures cartes possibles.

C’est ce que j’aime imaginer.

A partir de maintenant, elle peut arriver à tout moment. J’espère plutôt dans deux semaines rapport que c’est pas tous les jours qu’on est payé à rien foutre sans nourrisson pendu au sein et que j’aimerais en profiter un peu. Mais la valise est prête, donc moi aussi.

Petite fille, je t’attends.

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(et vive la cellulite !)

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Le corps

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Alors voilà, parfois on a l’esprit tout bouillonnant, genre pump-it-up, hormones au taquet et idées orientées, genre projets en pagaille à horizon ce-soir à base de mec-je-vais-te-faire-hululer-à-la-lune-et-moi-je-chanterai-à-la-tierce, et puis d’un coup il est 22 heures et on n’a qu’une envie : aller se coucher.

Pour plein de raisons, d’ailleurs. Parce qu’on est trop fatiguée d’avoir passé des nuits à brider son inclination naturelle à se mettre sur le ventre puisqu’on NE PEUT PLUS se mettre sur le ventre, et que du coup on baille tous les deux mots, incapable de terminer un seul putain d’épisode d’Orange is the new black. Ou alors parce qu’on a le dos en vrac avec comme un besoin vital de se faire dévisser le sacrum – je parle au sens propre – et que la position assise devient un calvaire alors je te parle même pas de celle qui rend hommage à mon ami Snoop. Ou encore parce que le moindre mouvement donne l’impression que le bassin se disloque et fait résonner la symphyse pubienne comme si elle avait besoin de crier au monde entier qu’elle existe.

Sérieux, mon corps de femme enceinte n’est pas hyper sympa avec moi. Je le savais, hein… Mais du coup, neuf mois, c’est un peu long. Même si je vise huit et demi en me basant sur la racine carré de l’hypoténuse de mes précédentes expériences multipliée par l’âge du capitaine.

Et je ne te parle pas de la zézette toute enflée (pour le bonheur certain de mon homme) aux lèvres péniblement ourlées offrant une étrange impression d’ouverture perpétuelle, ni des muqueuses qui s’enflamment dès qu’on souffle dessus un peu trop fort, ni de… non rien.

Bref, du coup, parfois, il faut composer et force est de constater que certains jouets tout lisses semblent de temps à autres plus acceptables qu’une anatomie pourtant pas rugueuse pour un sou.

Ça rend imaginatif, tu me diras.

Et ça tombe bien, mon amoureux l’est et ne prend pas ombrage des aménagements souhaitables suite à ces quelques ponctuelles blessures de guerre.

Je dois même dire qu’il a le positionnement parfait : il reste chaud comme la braise, continuant de m’érotiser dès qu’il le peut, et ne me met aucune pression.

Du coup, ça donne envie.

Mais ce qui est con c’est que c’est de moins en moins ponctuel, en fait. Les douleurs au squelette, en tous les cas.

Alors que mon cortex, lui, a plein de trucs en tête. Notamment des désirs qui, je l’admets, se conjuguent au masculin pluriel.

Don’t judge me, j’y peux rien c’est la faute à Voltaire, en tous les cas mon cerveau qui me fait tomber dans le ruisseau et surtout mon chéri qui est ouvert à tout, totalement partant et même clairement en mesure d’organiser des choses rocambolesques.

Des avantages de s’amouracher d’un aventurier.

Ça a failli se faire en juillet, d’ailleurs. Mon dos était toujours mon pote, mon utérus n’occupait pas encore 80 % de mon espace vital, et surtout, mes enfants étaient en vacances. Du coup je renouais avec le temps pour soi, la glande, et les nuits presque ininterrompues (faut pas déconner, j’avais quand même une vessie) de plus de sept heures.

J’ai laissé entendre que c’était possiblement now or dans un an, alors mon mistalovalova a contacté celui qui pouvait éventuellement être son bras droit. Enfin « bras »… tu vois, quoi. Ambiance « en souvenir du bon vieux temps », et aussi parce que ledit bras droit, ami de mon amour au demeurant et au courant de mon existence, avait paraît-il exprimé une curiosité bienveillante à mon endroit en proposant fort courtoisement de me rencontrer à l’occasion.

Invitation déclinée alors par mon chevalier servant.

Sauf que l’homme est lui-même doté d’un bras gauche, enfin je veux dire d’une douce avec qui il partage tout, du loyer à la couette en passant par les tierces personnes lors d’ébats multi-dimensionnels.

Et moi je ne suis pas encore prête à livrer mon corps et mes orgasmes à des mains féminines, toutes expertes et adorables soient-elles.

D’ailleurs, dire que « je n’ai pas d’élan pour ça » serait plus proche de la vérité. Encore moins quand mon corps et moi on n’est pas trop copains. Rapport aux douleurs et aux neuf kilos.

Du coup j’ai fait ma malotrue en expliquant que je voulais bien, dans un premier temps en tous les cas, rencontrer l’un sans l’autre et tenir le rôle principal de la pièce. Même si je sais que, cette fois-ci, les mâles sur scène seront susceptibles d’improviser un duo et de s’émouvoir l’un l’autre.

Ce qui m’intrigue indéniablement…

J’avais un peu honte, mais je savais que la politesse n’avait pas son mot à dire dans l’histoire. Que faire quelque chose dont je n’avais pas envie au nom de la bienséance était une idiotie contreproductive, qu’il valait donc mieux assumer la goujaterie de mes désirs quitte à prendre le risque que ceux-ci restent au rang de fantasme inassouvi.

Je continue de penser que mieux vaut un rien qu’une envie sexuelle gâchée par un mauvais alignement des astres.

Et effectivement, ça n’a pas pu se faire en juillet, l’homme devant prendre le temps d’exposer la situation à son officielle – le couple est libre ET transparent -, et d’être persuasif.

Je l’avoue, j’ai eu un petit moment de grosse frustration. Je venais de laisser passer le seul créneau possible pour vivre une expérience qui ne fait pas du tout partie de mon quotidien, et je savais que les mois à venir ne seraient pas franchement propices à ce genre de parenthèse.

Et puis j’ai digéré. Riant même d’avoir pu imaginer que ça se ferait vraiment.

Les vacances ont eu lieu (aussi chouettes que des beaux jours en Corse, aussi ingrates que trois semaines à gérer quatre enfants fort sympathiques mais quatre enfants quand même), et vers la fin, mon homme a reçu un mail indiquant le feu vert de la taulière.

Ah.

J’avais un peu clos le sujet dans ma tête, moi.

Sauf qu’à la rentrée, j’en ai délicieusement rêvé. Et que le même jour, le larron libre comme l’air nous a relancés.

Du coup ça m’a re-travaillée. Fort.

Recherches de gifs animés sur le net incluses.

Dont quelques-uns m’ont… pfffiou, légèrement énervée.

Mais voilà, il y a la logistique : j’ai mes enfants minimum six nuits sur sept, sans rythme établi ce qui complique une possible organisation en amont ; je suis en plus de celles qui ne savent pas le jeudi si elles seront Docteur Jekyll ou Mister Hyde le samedi qui suit ; et je m’écroule de toutes les façons de fatigue le soir où je suis libre.

Et puis notre possible invité a une vie, et ne passe évidemment pas ses journées à attendre qu’on le siffle. Du coup la fois où j’ai chuchoté un « Demain…? », il avait piscine. Forcément.

J’ai beau me dire que ça serait chouette que la chose se passe avant la grande traversée des crevasses et des nuits hachées, histoire de me nourrir d’un truc fort et fou les jours où je ne me rappellerai même plus l’orthographe du mot libido, je rechigne à la mettre sur pied comme si c’était un rendez-vous professionnel.

En attendant, mon ventre grossit à vue d’œil. Mon cul et mes cuisses aussi. Mon dos hurle de plus en plus. Mon estomac est entré en conflit territorial avec mes poumons. Ma mobilité est un lointain souvenir.

Et quelque chose me dit que ça ne va pas s’arranger tout de suite.

Et qu’après, ça sera du pire. Avec plein d’amour, de sérum phy et de régurgitation, mais pas dans la même veine cérébrale.

L’avantage d’être une multipare, c’est qu’on connaît la suite du film.

Du coup, ben… je pense que ça sera dans un an.

L’avantage, c’est qu’en attendant, je peux imaginer tout ce que je veux.
Et même en profiter pour allumer mon amoureux.

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